Menaces nucléaires sur l’IRAN-Patricia Marins

Comme cela a été évoqué ces derniers jours, Netanyahu travaille à une opération de missiles nucléaires tactiques contre l’Iran. Ce serait différent de l’utilisation d’une bombe comme celles utilisées au Japon, conçues comme armes stratégiques pour détruire des villes entières.

Les ogives tactiques ont une puissance destructrice plus faible, généralement comprise entre 1 et 50 kilotonnes. Elles sont conçues pour éliminer des cibles militaires spécifiques sur le champ de bataille, des bases, des ports ou des colonnes blindées, sans provoquer une catastrophe mondiale instantanée. La plupart de ces missiles tactiques sont, en théorie, conçus pour exploser en vol, à plusieurs centaines de mètres au-dessus de leurs cibles, évitant ainsi tout contact avec le sol et laissant des radiations qui se dissipent en quelques semaines dans la zone touchée.

Le problème, c’est que le plan révélé par Tucker Carlson impliquerait de faire exploser la montagne Pickaxe, comme Donald Trump l’avait également promis. Ce serait une catastrophe radioactive d’une tout autre ampleur qu’une explosion aérienne à plusieurs centaines de mètres au-dessus d’une région, ce qui me paraît déjà absurde.

Tout cela est terrifiant, mais le recours à une arme nucléaire tactique bouleverserait les fondements des relations internationales. L’utilisation de missiles tactiques et d’attaques directes contre une puissance régionale comme l’Iran redéfinirait les notions traditionnelles de souveraineté étatique, de respect des frontières et, surtout, la logique de la dissuasion nucléaire mondiale.

En droit international et dans les relations entre États, la souveraineté territoriale est un pilier fondamental. Une attaque directe au moyen de missiles tactiques bouleverserait cette dynamique et mettrait fin aux lignes rouges traditionnelles. Elle démontrerait que posséder une armée conventionnelle robuste ou un vaste territoire n’empêche plus une invasion ou un bombardement direct par des forces technologiquement supérieures.

Cela consoliderait l’idée que les États peuvent violer la souveraineté d’autres pays sur la base de menaces anticipées, un précédent que nous connaissons déjà, mais qui atteindrait un autre niveau avec les armes nucléaires.

Le changement le plus dangereux concernerait la façon dont les pays perçoivent les armes nucléaires. Historiquement, la dissuasion repose sur le principe que le coût d’une attaque contre un pays est prohibitif. Si l’Iran, pays au seuil du développement nucléaire, était attaqué de manière conventionnelle et tactique, le message géopolitique serait avant tout un encouragement à la prolifération nucléaire.

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