https://scottritter.substack.com/p/sanctioning-truth
Compte rendu de l’article / entretien « Sanctioning Truth » de Scott Ritter (https://scottritter.substack.com/p/sanctioning-truth)
Le contenu du Substack est en grande partie lié à un entretien vidéo public de même titre (YouTube, ~1h09, publié fin octobre 2026). Scott Ritter s’est rendu à Bruxelles le 24 octobre 2026 pour
interviewer le colonel suisse dans la retraite de Jacques Baud. L’article et la vidéo défendent Baud en tant qu’analyste neutre et factuel sanctionné par l’UE pour avoir dit une « vérité objective » sur le conflit russo-ukrainien.
Contexte et personnages
- Scott Ritter : ancien officier des Marines et inspecteur de l’ONU (UNSCOM) en Irak, devenu analyste géopolitique critique des politiques occidentales, notamment sur l’Ukraine et la Russie.
- Jacques Baud : colonel à la retraite de l’état-major suisse, ancien analyste du renseignement stratégique, ayant travaillé pour l’ONU et l’OTAN. Auteur de livres sur le terrorisme et le conflit ukrainien. Il vit à Bruxelles. C’est un professionnel du renseignement formé aux États-Unis et au Royaume-Uni, privilégiant l’analyse factuelle et la compréhension des deux camps plutôt que le jugement moral ou la propagande.
Ritter présente Baud comme «le contraire d’un propagandiste russe». Les sanctions européennes sont décrites comme une forme de condamnation pour neutralité et objectivité.
Baud a été inscrit sur la liste des sanctions européennes le 15 décembre 2025, dans le cadre des mesures contre les « activités déstabilisatrices » de la Russie (manipulation de l’information). L’UE lui reproche :
- d’être un « invité régulier » sur des médias pro-russes (dont RT) ;
- d’agir comme « porte-parole de la propagande pro-russe » ;
- de diffuser des « théories du complot », notamment l’idée que l’Ukraine aurait orchestré ou provoqué sa propre invasion pour accélérer son adhésion à l’OTAN.
Les mesures concrètes : gel des avoirs, interdiction de voyage dans l’UE, impossibilité d’accéder à sa pension et aux moyens de subsistance. Aider Baud financièrement est criminalisé. Il est de facto confiné en Belgique sans procès, sans accès à une défense préalable. Les sanctions ont été prolongées jusqu’au 9 octobre 2027, avec une reformulation des motifs (moins de référence explicite à l’Ukraine, mention de « compromettre la démocratie »). Baud conteste et a saisi le Tribunal de l’Union européenne.
Ritter et Baud présentent ces sanctions comme une violation de la Charte des droits fondamentaux de l’UE (liberté d’expression, d’opinion, de mouvement) et comme un acte politique sans base légale solide, visant à faire taire une analyse gênante. Ritter évoque même une « condamnation à mort » symbolique, car les sanctions privent Baud de ressources et d’aide.
Points principaux de l’entretien
- Méthode de Baud : le renseignement consiste à comprendre l’adversaire (ses objectifs, sa logique, ses sources), pas à le juger ou à justifier. Il distingue le travail d’analyse stratégique (factuel, basé sur des sources vérifiables, parfois classifiées) du journalisme de titres. Il applique cette approche à l’Ukraine depuis 2017 et explique avoir anticipé des échecs dus aux biais narratifs occidentaux.
- Sur l’Ukraine : ses analyses s’appuient sur des sources ukrainiennes et occidentales (ex. une déclaration d’Oleksiy Arestovych en 2019). Il rejette l’accusation de théorie du complot et confirme n’avoir jamais reçu d’argent de la Russie.
- Conséquences pratiques : comptes gelés, pension bloquée, liberté de mouvement restreinte, livres retirés de certains rayons européens (ex. FNAC). Baud continue d’écrire et d’apparaître dans des podcasts.
- Argument central de Ritter : sanctionner quelqu’un parce qu’il est « trop neutre et trop objectif » (selon la justification évoquée de l’extension des sanctions) révèle que l’UE punit la vérité factuelle lorsqu’elle contredit le narratif officiel. C’est une attaque contre la liberté d’expression et un signe d’autoritarisme bureaucratique.
Ritter lance un appel au soutien : fonds juridique (liens PayPal et site suisse respectant les règles européennes), pression sur les élus (y compris aux États-Unis, mention de J.D. Vance), et diffusion de l’entretien.
Conclusion de Ritter
Jacques Baud est présenté comme un « homme héroïque sur le front de la liberté d’expression ». L’entretien vise à montrer que les sanctions ne reposent pas sur des preuves de liens avec le Kremlin ou de désinformation avérée, mais sur le refus d’une analyse indépendante.
Ritter y voit un précédent dangereux : punir la neutralité et l’objectivité.