Simple question; la Resistance contre les envahisseurs nazis aurait elle été possible dans un monde sans cash, totalement controlé, pisté, suivi et donc asservi?
Le cash doit rester la monnaie par excellence car c’est lui qui, même si on n’a rien a se reprocher , permettra un jour de se soulever contre les fascistes qui attendent leur heure.
Avoir du cash c’est etre prêt au pire parce que le pire dans le monde actuel et sur sa lancée destructrice est maintenant certain.

Le paradoxe du cash, selon Mathilde Farine : la seule monnaie vraiment libre, non personnalisée et sans fil à la patte.Mathilde Farine, journaliste économique à la RTS (correspondante à Zurich), ancienne du Temps, lauréate de l’Economic Journalism Award 2025, vient de publier Le paradoxe du cash – moins on l’utilise, plus on l’aime (Savoir suisse / PPUR, novembre 2026).
Son enquête explore précisément ce que je souligne depuis la crise de 2008 : le cash comme dernière monnaie non personnalisée, anonyme, sans intermédiaire obligatoire et sans traçabilité systématique.
On paie désormais son café avec un téléphone, ses courses avec une montre, parfois même d’un simple regard (biométrie). En Suisse, les billets quittent les portefeuilles, les distributeurs ferment et Twint explose les records.
La part des paiements en liquide est passée d’environ 70 % à 30 % en quelques années. Les imbéciles en tirent la conclusion qu’il est inutile; ils n’ont pas compris que la loi de Gresham joue à plein, la mauvaise monnaie chasse la bonne, ce qui signifie que le cash est considéré comme la bonne monnaie, on le garde, on le stocke et les autres monnaies sont juste faites pour tourner on s’en débarrasse en continu.
La loi de Gresham dit simplement ceci : quand deux monnaies circulent en même temps, on dépense d’abord la « mauvaise » et on garde la « bonne ».Aujourd’hui, c’est exactement ce qui se passe avec le cash :
- La monnaie « mauvaise » (ou moins libre), ce sont les paiements numériques : carte, Twint, téléphone, compte bancaire. Ils sont pratiques, mais traçables, contrôlables et dépendants d’un intermédiaire. On les dépense facilement.
- La monnaie « bonne », c’est le cash : physique, anonyme, sans fil à la patte. On le sort moins souvent de la poche… et on le garde.
Résultat : le cash est de moins en moins utilisé pour payer au quotidien, mais il est de plus en plus conservé. C’est précisément le paradoxe que décrit Mathilde Farine : moins on l’utilise, plus on l’aime et plus on le stocke.Les gens gardent le liquide comme réserve de liberté et de vie privée, pendant qu’ils dépensent le numérique. La loi de Gresham est là, claire et nette.
Pourtant, jamais le cash n’a semblé aussi important dans l’imaginaire et la réalité collective.
Pourquoi défend-on avec autant de ferveur un moyen de paiement de moins en moins utilisé ? Parce que le cash est beaucoup plus qu’un moyen de paiement , il n’est comparable a aucun autre. Le cash est une promesse de liberté, l’une des rares qui subsiste encore avec l’or .
Pourquoi l’abandon du liquide dans certains commerces ou services publics provoque-t-il des réactions si vives ? Farine documente cet attachement presque rationel aux billets et aux pièces. Elle montre que le cash résiste à sa propre disparition annoncée… à laquelle presque personne ne semble réellement prêt.
Dans une chronique de novembre 2025 (Faut-il sauver le cash ?, Le Temps), elle rappelle un épisode concret : le marché de Noël de la gare de Zurich avait d’abord interdit le cash. La vague de protestations a forcé les organisateurs à faire marche arrière.
Payer une bougie ou une écharpe sans laisser de traces numériques reste, pour beaucoup, un droit non négociable. Sa conclusion est simple : le cash ne disparaîtra que si on arrête de l’utiliser.
lCash = monnaie non personnalisée, sans fil à la patte. Le résumé de l’éditeur est explicite : l’argent liquide, en déclin face aux paiements numériques, reste un symbole fort de liberté et d’anonymat. Contrairement aux cartes, aux applications, aux CBDC ou aux monnaies numériques de banque centrale, le cash n’exige ni identification, ni compte, ni connexion, ni approbation d’un tiers. Il est non personnalisé par nature : le billet ne sait pas qui le détient, qui le reçoit, ni pourquoi.
C’est précisément ce qui le distingue :
- Pas de traçabilité automatique (contrairement aux flux bancaires, Twint, cartes ou projets d’euro numérique).
- Pas de dépendance à une infrastructure numérique qui peut tomber, être filtrée ou contrôlée.
- Pas de risque de gel, de restriction ou de conditionnalité (contrairement à un compte bancaire).
Farine situe le phénomène dans une longue histoire (du troc antique aux cryptomonnaies), compare la Suède « sans cash », les paiements biométriques chinois, le projet d’euro numérique et les nouveaux billets suisses.
Elle examine aussi la Suisse comme bastion relatif du cash, les raisons de sa résistance, les bénéficiaires de sa disparition progressive, le franc comme plus qu’une simple monnaie, et la spirale de l’infrastructure du cash.
L’enquête mêle reportages, anecdotes et entretiens avec des spécialistes.
En Suisse, cet attachement s’est traduit politiquement : en mars 2026, une large majorité a soutenu le principe constitutionnel de disponibilité des espèces (contre-projet à une initiative populaire plus radicale).
On aime le cash même quand on l’utilise de moins en moins.
C’est le cœur du paradoxe que Farine décortique.Pourquoi le stocker précieusement.
Mon intuition, ancienne, rejoint les enjeux que le livre met en lumière. Le cash est la seule forme de monnaie fiduciaire qui reste sous contrôle direct du détenteur, sans intermédiaire permanent. Dans un monde où les paiements deviennent traçables, conditionnables ou dépendants d’infrastructures privées ou étatiques, il constitue une réserve de liberté pratique :
- Résilience en cas de panne, de cyberattaque ou de restriction numérique.
- Vie privée réelle sur les dépenses quotidiennes.
- Absence de « fil à la patte » : pas de profilage, pas de score, pas de blocage unilatéral.
Les volumes de cash en circulation ont paradoxalement augmenté dans de nombreuses économies (Europe, États-Unis, Japon) même si leur usage transactionnel baisse : il sert aussi de valeur refuge et de réserve hors système.
Farine montre que cet attachement n’est pas seulement nostalgique ; il est culturel, politique et affectif.
Le livre ne prône pas un retour exclusif au liquide. Moi non plus! Il décrit une disparition progressive qui rencontre une résistance forte et documente pourquoi le cash occupe une place unique.
Le cash en tant que monnaie objective en en soi, sans intermediaire a été un progrès au service des individus et dans certains cas au service de la liberté collective, car celle ci ne l’oublions pas est un combat et pour combattre il faut… des sous.
Pour ceux qui partagent ma lecture – cash comme unique vraie monnaie non personnalisée –, la leçon est claire : moins on l’utilise dans le quotidien, plus il devient précieux à conserver, à défendre et à stocker avec soin.