Trois ans, un bien triste bilan pour la France

Quand on lit les résultats des sondages, on ne sait trop qui blâmer : les sondeurs qui posent des questions idiotes, les élus qui sont incapables de satisfaire les aspirations de leur électeurs, les français qui sont inconséquent et qui voudraient tout sans douleur , le système qui dysfonctionne, la République qui n’a de démocratique que le nom etc etc.

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Les sondeurs ne réfléchissent pas ; ils ont une vision superficielle de l’opinion, de l’actualité. Et leur travail n’est pas d’animer la démocratie mais de trouver quelqu’un pour faire de la recette et assurer leur subsistance. Sonder n’est pas un sacerdoce, c’est un métier, comme politicien ou journaliste.

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Les élus sont incapables de satisfaire les aspirations des citoyens, on ne peut plaire aux électeurs et en même temps les gérer. Gérer c’est choisir et faire des mécontents et quand tout est mauvais, on mécontente sinon tout le monde, mais de plus en plus de gens. Heureusement , les élus s’en fichent,  ils savent que la mémoire du peuple votant est courte. Quelques mois.

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Les français sont inconséquents, ils croient aux miracles, ils croient ceux qui leur disent que l’on rase gratis et que ceux qui doivent payer, ce sont les Autres, or peu a peu tout le monde paie. Ce sont des enfants entretenus dans l’infantilisme. Celui qui vote est infantilisé, c’est le sens des campagnes électorales. Il faut émouvoir, faire rêver, surtout pas penser. Etre adulte c’est choisir, faire son deuil d’un certain nombre de choses, c’est un jugement d’impossible, or les citoyens veulent tout sauf être adultes, ils veulent une chose et son contraire, l’alternance simultanée comme l’a si bien dit un auteur lors de la cohabitation.

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Le Système, ils ne savent pas ce que c’est qu’un système, tout ce qu’ils connaissent c’est l’Autre, le bouc émissaire, l’étranger, l’émigré, le patron, le chef, le riche … Le citoyen est incapable de comprendre ce que c’est qu’un système, comment la société fonctionne et quelle est la logique de ce fonctionnement. Bien sur on ne veut pas qu’il comprenne, sinon au lieu de pratiquer l’alternance politique, il ferait la révolution, il changerait de système.

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La République démocratique, il ne sait ni ce qu’est que la République, car elle est devenue un slogan publicitaire vidée de tout contenu, même Sarkozy s’en empare ni la démocratie car il a compris que certains étaient un peu plus égaux que les autres .

Bonne lecture !

« 81% des Français estiment que le bilan des trois de François Hollande à L’Elysée est négatif, selon un sondage CSA pour Atlantico publié samedi.
Même s’il reste négatif, ce chiffre est en baisse de cinq points par rapport à mai 2014. En outre, 19% (+ 5 points) jugent positif le bilan du président élu le 6 mai 2012.
Interrogés sur les deux principales raisons pour lesquelles ils portent un jugement négatif sur le bilan de François Hollande après trois ans de présidence, près de sept Français sur dix (69%) mettent en avant l’absence de résultats sur le plan économique et social.
42% avancent une personnalité et un comportement qui ne sont pas à la hauteur de la fonction présidentielle, et 41% l’absence de réforme en profondeur du pays.
A défaut de résultats tangibles sur le plan économique et social, le chef de l’Etat peut toutefois se prévaloir d’une amélioration significative de son image auprès des Français: 45% (+ 6 points) le jugent sympathique, 38% (+ 6) honnête, 32% (+ 6) courageux et déterminé, et 28% (+14) à la hauteur des événements.
Une solide majorité des personnes interrogées (81%) ne souhaitent pas que M. Hollande soit candidat en 2017. 18% sont d’un avis contraire et 1% ne se prononce pas. »
Sondage réalisé par internet du 28 au 30 avril auprès d’un échantillon représentatif de 995 personnes. Méthode des quotas.

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Rappel historique

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« Hollande fête mercredi le troisième anniversaire de sa victoire à la présidentielle. Voici un rappel, depuis le général de Gaulle, de la situation à laquelle étaient confrontés ses prédécesseurs à pareil moment de leur mandat:
– CHARLES DE GAULLE: Premier septennat (1958-1965) – Revenu au pouvoir après une longue « traversée du désert », Charles de Gaulle doit faire face, après sa formule -ambiguë- « Je vous ai compris » prononcée à Alger en 1958, à la colère des pieds-noirs et de l’armée, qui se sentent trahis. Le 21 avril 1961 a lieu le « putsch des généraux » à Alger. Mais l’insurrection de ce « quarteron de généraux en retraite », selon son expression, échoue.
Second septennat (1965-1969): trois ans après avoir été réélu (au suffrage universel direct -une première- face à François Mitterrand), le général, en perte de vitesse, se retrouve confronté aux manifestations de Mai 68. Le pays est paralysé, de Gaulle quitte secrètement la France le 29 mai, l’espace de quelques heures, pour rencontrer à Baden-Baden (Allemagne) le général Massu. De retour à Paris, il reprend la situation en main et dissout l’Assemblée nationale (victoire écrasante de la droite fin juin). Mais c’est le début de la fin pour l’homme du 18 juin: un an après, le non l’emporte au référendum sur la régionalisation. De Gaulle s’en va.
– GEORGES POMPIDOU (1969-1974): Situation économique exceptionnelle avec une croissance de 6% par an en moyenne, ce qui situe la France juste derrière le Japon. Pompidou congédie en juillet 1972 son Premier ministre Jacques Chaban-Delmas, visé par une campagne de presse violente (sur ses impôts notamment) et dont il n’apprécie guère le projet de « Nouvelle société ». C’est encore le secret absolu sur sa maladie, diagnostiquée dès début 1971, mais ses absences récurrentes nourrissent la rumeur. Il mourra deux ans plus tard, le 2 avril 1974.
– VALERY GISCARD D’ESTAING (1974-1981): Après des mesures sociétales importantes (légalisation de l’avortement, droit de vote à 18 ans…), le plus jeune président de la République -élu à 48 ans- doit affronter les conséquences du premier choc pétrolier de 1973. Il lance avec son Premier ministre Raymond Barre un deuxième plan d’austérité en avril 1977. Depuis son départ de Matignon, Jacques Chirac, qui vient de créer le RPR, lui mène la vie dure et s’empare, aux municipales de mars 1977, de la mairie de Paris face au poulain de VGE, Michel d’Ornano. La gauche, elle, rafle les deux tiers des villes de plus de 30.000 habitants. Mais elle ne parviendra pas à transformer l’essai un an plus tard, aux législatives de 1978.
– FRANCOIS MITTERRAND: Premier septennat (1981-1988) – Après le « tournant de la rigueur » de 1983, le premier président socialiste de la Ve doit faire face à des manifestations monstres pour la « défense de l’école libre » (1,2 million de personnes dans les rues de Paris le 24 juin 1984). Le projet de loi Savary sur l’école privée est retiré, le Premier ministre Pierre Mauroy démissionne (remplacé par Laurent Fabius) et les quatre ministres communistes quittent le gouvernement. Aux européennes, le FN récolte près de 11% des voix. Deux ans plus tard, François Mitterrand devra affronter sa première cohabitation.
Second septennat (1988-1995) – Affaibli par la maladie, Mitterrand connaît un -bref- regain de popularité début 1991 après la guerre du Golfe. En mai, il remercie son Premier ministre Michel Rocard et appelle à Matignon Edith Cresson. Première femme nommée à ce poste, elle n’y restera que 11 mois, remplacée en avril 1992 par Pierre Bérégovoy. La fin de règne sera crépusculaire (affaires, suicide de Bérégovoy, seconde cohabitation…).
– JACQUES CHIRAC: Septennat (1995-2002) – Après la dissolution ratée de juin 1997, Jacques Chirac est en pleine cohabitation avec le socialiste Lionel Jospin et sa « dream team », qui bénéficient d’une nette amélioration de la conjoncture économique. Très affaibli, le président retrouve quelques couleurs au moment de la Coupe du monde de football, remportée en juillet 1998 par les Bleus.
Quinquennat (2002-2007) – Après la victoire du non au référendum constitutionnel sur l’Europe, le 29 mai 2005, Jacques Chirac congédie de Matignon Jean-Pierre Raffarin, le remplaçant par Dominique de Villepin et rappelant Nicolas Sarkozy à l’Intérieur. En septembre, il subit un AVC qui handicapera sa fin de mandat et doit faire face, en novembre, aux émeutes urbaines (état d’urgence NICOLAS SARKOZY (2007-2012): Trois ans après sa victoire à la présidentielle face à la socialiste Ségolène Royal, le « petit Français de sang mêlé » prend le virage de la droitisation avec son discours de Grenoble, en juillet 2010, où il plaide notamment pour un élargissement des possibilités de déchéance de la nationalité française. A l’UMP, certains dénoncent le poids croissant pris par son très droitier conseiller, Patrick Buisson, ancien responsable de « Minute ». Il engage aussi la réforrme des retraites, avec le relèvement progressif de l’âge légal à 62 ans ».

Une réflexion sur “Trois ans, un bien triste bilan pour la France

  1. Ce ne sont pas les français qui sont à blâmer. Ils travaillent lorsqu’ils ont du travail et quand il n’en ont pas, ils dépriment. Le problème français est la fascination des élites pour le monde anglo-saxon, un monde où ceux qui possèdent plus que les autres bénéficient de plus de considérations sociales et plus de droits, où l’on peut enjamber un pauvre en train de mourir sur le trottoir en se disant qu’il mérite sans doute ce qui lui arrive. Qui sait que les doctorants scientifiques doivent obligatoirement publier des articles en (bon) anglais pour leur thèse ? Arrive ce qui arrive dans un couple mal assorti, le divorce. Celui-ci a été Acté lors du vote sur le traité de Lisbonne par les Versaillais Sarkozy/Hollande contre le Peuple en même temps que tombait l’illusion démocratique.

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