Les dominants préparent des parades concertées, au niveau du système. Etapes vers les mesures d’exception.

Je monte cet échange avec notre Lecteur « H » parce qu’il est intéressant et qu’il donne l’occasion d’aborder la question des inégalités.

Je pressens que le thème des inégalités va devenir central. Il va occulter tous les autres en vertu d’une manoeuvre qui est en gestation depuis deux ans, c’est à dire depuis que l’on sait que les politique monétaires sont un échec et que leurs conséquences non voulues sont la production accélérée d’inégalités entre ceux qui sont près des guichets du crédit gratuit, « produit de luxe » et ceux qui n’y ont pas accès car insuffisamment solvables.

L’inégalité c’est de l’économie politique et précisement avec l’échec des économistes et les conséquences de cet échec, l’économie redevient politique. Ce que nous avons toujours soutenu, mais c’était un peu tôt.

L’avantage pour les dominants de s’emparer du thème des inégalités et des laissés pour compte est multiple:

-il leur donne bonne conscience cynique, il les valide et cela n’est pas sans importance au sein de leur classe de dominants, on veut toujours avoir bonne conscience même quand on est un scélérat.

Ils vont faire un amalgame honteux et malhonnête  comme vient de le faire Lagarde entre inégalités et corruption comme si les deux étaient de même nature et de même qualification morale. Ils vont pénaliser les tentatives de résister aux prédations.   

-la lutte contre les inégalités va valider toutes les mesures d’exception; en leur temps elles ont validé aux USA la confiscation de l’or par exemple! Or nous allons vers des mesures d’exception, Ron Paul a raison. La lutte contre les inégalités donne les mêmes droits abusifs que les guerres.

-elle agite le chiffon rouge des conséquences et des effets et ainsi elle occulte les causes des inégalités croissantes  qui sont la globalisation , la financiarisation et enfin les pseudo-remèdes à la crise

-le thème des inégaltés laisse le système intact, préservé et bien entendu il va se transformer en nouvelles taxes et prédations ce qui va faire plaisir aux gouvernements dépensiers, augmenter leur pouvoir de contrôle et de prédation, bref cela va renforcer le socialisme-dirigiste-constructiviste-étatiste; là ou vont les ressources va le pouvoir

-il favorise les accords internationaux et les actions communes, le « one world » , on le voit avec l’affaire de la pression de l’Union pour imposer sa loi à l’Irlande, voir le discours récent de Juncker.

-il va permetrte la convergence honteuse des sociale-démocraties de droite et de gauche sur la base d’un objectif commun « noble » et donc il va favoriser l’alliance scélérate contre les populistes, extremistes et libéraux et libertaires 

-il va diviser les opposants aux dominants  car sur la question des inégalités on empêche de faire la jonction entre le populisme de gauche et celui de droite. La lutte contre les inégalités trace de nouvelles frontières au sein de la société civile ce qui brouille les clivages et favorise les dominants. Diviser aide à régner.

Peu de gens  osent comme moi se déclarer en faveur d’un monde  inégalitaire parce que c’est le monde réel et que c’est le seul garant de l’existence possible de la liberté! Corriger le réel implique l’usage d’une force et d’une violence dont il faut bien que quelqu’un soit dépositaire et ce quelqu’un finit toujours par s’ériger en classe privilégiée , par vous tyranniser, confère l’Union Sovietique.

Qui oserait comme je le fais , défendre l’idée que la lutte contre les inégalités implique toujours la montée d’une Nomenklatura qui se donne, qui passe pour l’autorité qui va s’en charger. Pour lutter contre l’inégalité naturelle, il faut remettre le pouvoir à une autorité qui toujours en abuse. La lutte contre l’inégalité revient toujours à en créer une autre beauoup plus tyrannique car elle donne le pouvoir à ceux qui disent vouloir s’en charger.

Notre lecteur « H »:

Bonjour,

« Les troubles sociaux ne font que commencer, la stabilité sociale est en phase de détérioration. Les consensus s’effondrent et les réponses des gouvernements sont inadéquates: ils veulent aller plus loin dans tout ce que les citoyens refusent! Pour l’instant les systèmes électoraux se disloquent, le bi-partisme croule, les politiciens traditionnels sont rejetés, mais cela tient encore parce que les peuples espèrent que cela peut changer grâce aux élections. Que se passera-t-il si les élections sont truquées, contestées, ou simplement décevantes? »
On va le voir rapidement avec ce qui se passe actuellement en Autriche et le nouveau report des élections présidentielles: « L’élection présidentielle en Autriche reportée à cause d’un défaut de fabrication des bulletins de vote » (http://www.huffingtonpost.fr/2016/09/12/election-presidentielle-autriche-report-probleme-fabrication-bulletins_n_11971668.html).

On notera au passage l’argument retenu qui, pour moi, en dit long sur la panique qui règne dans les milieux « autorisés ».
Je suis assez pessimiste pour 2017 que ce soit au plan politique ou au plan économique. Je n’évoque évidemment pas l’élection assez possible de Trump aux USA qui provoquerait un séisme dont on ne mesure pas encore les conséquences {cf le billet de Charles Gave « Les casseroles de madame Clinton » (http://institutdeslibertes.org/11482-2/)}.

Bonne journée

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  1. Le pouvoir des autorités n’est pas de résoudre les problèmes, mais de les repousser.

    Au plan économique elles sont en train de préparer de nouvelles mesures pour, comme l’on dit « taper dans la boite de conserve »; on voit les pointes de l’iceberg ici et là.

    Au plan politique vous avez noté le nombre de fois ou les institutions internationales, les « think tanks » abordent la question des inégalités, c’est maintenant un « topic », une tarte à la crème. On étudie des mesures qui auront pour objectif de redistribuer, de faire du social pour calmer les « laissés pour compte ». Cela devrait, selon les promoteurs de ces mesures, désamorcer les perceptions, et c’est tout ce qu’ils cherchent.

    Il y a déja une campagne mondiale qui va dans ce sens, c’est la campagne qui vise à prélever plus sur les sociétés en les diabolisant comme Apple etc. Il y a un double objectif, celui de récupérer des fonds et de stigmatiser pour donner des gages populistes et nationalistes.

    Cette orientation est une grave erreur car l’argent va tourner moins vite, un peu comme cela s’est produit quand Obama est arrivé et qu’il a voulu s’attaquer aux entreprises, il a du rapidement faire machine arrière.

    La lutte contre la fraude par exemple fait que l’argent ne sort plus, il s’enterre en attendant des jours meilleurs, cela ralentit les transactions et tout se passe comme si un nouveau « mur de l’argent » était érigé. Regardez la chute du luxe partout pas seulement en Chine.

    Les autorités devraient lire « la fable des abeilles » de Mandeville.

    L’erreur de la redistribution comme solution est une erreur théorique considérable car le vrai problème économique c’est l’insuffisance de profit en regard de  la masse colossale de tout ce qui prétend au statut de capital, or la redistribution va accélerer l’érosion des profits! Cela semble paradoxal, mais la science est paradoxale.

    Ce qui apparait, l’insuffisance de la demande, recouvre l’insuffisance de revenus, qui recouvre l’incapacité du système productif à distribuer plus de revenus et en même temps à investir rentablement.

    La redistribution accrue va , après un « boost » trompeur, un coup de whisky, re-précipiter la crise.

3 réflexions sur “Les dominants préparent des parades concertées, au niveau du système. Etapes vers les mesures d’exception.

  1. Bonjour,

    Merci de cette publicité à laquelle je n’aspire pourtant pas.
    L’actualité vous donne raison puisque ce matin, j’entendais Nicolas Doze aux Experts nous informer que Bercy songeait fortement à limiter voire interdire les retraits intempestifs ou trop importants sur les contrats d’assurance-vie avec des fonds en euros: « « …Nous ne croyons pas cependant à un scénario de faillite : les pouvoirs publics disposent d’outils pour l’éviter, par exemple en interdisant les retraits sur des contrats d’assurance pendant une durée de quelques mois… »… C’est sûr que si personne n’a plus accès à son argent, par définition, il ne peut pas y avoir de faillite de votre compagnie, surtout si cette dernière est autorisée à ne plus vous verser et vous rendre votre argent. Cela dit, je me pose tout de même une question. Quelqu’un est-il capable de m’expliquer quelle est la différence entre ne plus avoir mon argent parce que la compagnie a fait faillite, et ne plus avoir mon argent parce que la compagnie l’a bloqué pour ne pas faire faillite ? » (http://www.economiematin.fr/news-inquietude-epargne-fond-euro-assurance-vie-investissement-sannat) . Chypre aurait du nous servir d’alerte.

    « La lutte contre les inégalités va valider toutes les mesures d’exception; en leur temps elles ont validé aux USA la confiscation de l’or par exemple! Or nous allons vers des mesures d’exception, Ron Paul a raison. La lutte contre les inégalités donne les mêmes droits abusifs que les guerres. » Nous rentrons donc pleinement dans cette perspective à notre corps défendant. Qu’on se voit à gauche ou à droite, personne de sensé n’a jamais voté, je pense, pour que des politiciens amènent les pays, le nôtre en particulier, dans la situation actuelle. Je rejoins Eric Verhaeghe lorsqu’il écrit dans son billet intitulé « Cahuzac et la syndication du capitalisme de connivence  » (http://www.entreprise.news/cahuzac-et-la-syndication-du-capitalisme-de-connivence/) que, je cite, « Cahuzac a l’avantage de brutalement mettre un nom, un visage, un parcours, sur la face immergée de l’iceberg politique: l’étroite imbrication entre les élus qui gouvernent et les entreprises qu’ils réglementent et qui les financent. Le sujet unique du procès Cahuzac est là: dans l’industrialisation d’un système qui finit par dessiner la mécanique du gouvernement profond… Pour faire le sale boulot, un Cahuzac est une pièce maîtresse, une sorte de genre idéal… Il est ambitieux mais n’est pas énarque. ll a donc tout intérêt à pactiser avec le diable, car le diable peut accélérer sa carrière et lui ouvre des portes inattendues… Pour gouverner discrètement mais efficacement, le gouvernement profond a besoin d’une caste qui fait écran et qui agit loyalement dans la défense de ses intérêts… ».

    Encore un fois, il faut aller chercher chez Frédéric Bastiat l’explication de tout cela: « En résumé, s’il est vrai, comme j’ai essayé de le démontrer que la Liberté, qui est la libre disposition des propriétés, et, par conséquent, la consécration suprême du Droit de Propriété; s’il est vrai, dis-je, que la Liberté tend invinciblement à amener la juste équivalence des services, à réaliser progressivement l’Égalité, à rapprocher tous les hommes d’un même niveau, qui s’élève sans cesse, ce n’est pas à la Propriété qu’il faut imputer l’Inégalité désolante dont le monde nous offre encore le triste aspect, mais au principe opposé, à la Spoliation, qui a déchaîné sur notre planète les guerres, l’esclavage, le servage, la féodalité, l’exploitation de l’ignorance et de la crédulité publiques, les privilèges, les monopoles, les restrictions, les emprunts publics, les fraudes commerciales, les impôts excessifs, et, en dernier lieu, la guerre au capital et l’absurde prétention de chacun de vivre et se développer aux dépens de tous. » (Source : Propriété et spoliation, 4e et 5e lettres, Œuvres complètes de Frédéric Bastiat, vol. 4, Sophismes économiques et Petits pamphlets trouvé sur http://www.institutcoppet.org/2013/01/16/propriete-et-spoliation-par-frederic-bastiat).

    Bonne journée

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      1. Il est plaisant de pouvoir converser ainsi à distance et d’enrichir sa propre réflexion même si la nature du média que nous utilisons, malgré les richesses qu’il apporte, limite nécessairement le fond de nos échanges en qualité comme en quantité. Le domaine économique est loin d’être mon seul centre d’intérêt et j’ai parfaitement conscience des limites de mes connaissances en la matière. Pour autant, je crois en savoir assez pour pouvoir discerner le bon grain de l’ivraie et si je ne m’aventurerai pas sur le terrain technique de l’économie, je me sens nettement plus à l’aise en matière de philosophie économique.
        Votre blog, celui de Lupus ainsi que beaucoup d’autres offrent à celui qui veut s’instruire et apprendre des perspectives réellement passionnantes et récemment, j’ai eu l’occasion, a priori à la plus grande satisfaction de ces nouveaux lecteurs, de les faire découvrir à des étudiants spécialisés dans les sciences politiques et les relations internationales. Votre blog, ces blogs, contribue grandement à l’inversion des paradigmes qui, je crois, est nécessaire pour mieux appréhender le réel et notre monde. Qualifions cette salutaire inversion de copernicienne. Comme son illustre ancêtre, elle devrait contribuer à jeter les bases d’une pensée rénovée sur ces sujets cruciaux. J’ai la faiblesse d’aller chercher sur ces sites non pas des réponses toutes faites mais des éléments de réponse ou de réflexions bien plus élaborés que ce que je pourrai moi-même écrire, éléments qui synthétisent très souvent mes propres réflexions. Autrefois, la presse et le journalisme remplissaient cette fonction mais ce n’est hélas plus le cas. On comprend mieux les tentatives répétées et continues faites ou envisagées pour limiter l’accès à cette nouvelle connaissance tant cette dernière ébranle les situations de rentier qui fossilisent la vie publique dans notre pays et en Occident. Merci donc pour la qualité de vos papiers.

        Bonne après-midi

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