Patrimoine, l’impossible réduction des risques, nulle part ou se cacher

Lisez d’abord soigneusement ce texte, puis vous lirez notre analyse critique à la fin.

« La diversification dans un monde post-Brexit

Il a d’abord été question de Grexit, puis est survenu le Brexit.

L’aggravation du risque politique en Europe est indéniable, mais le sentiment qui a conduit au vote en faveur du Brexit est également perceptible dans la majeure partie du monde. Les politiques menées par les partis politiques établis ont engendré un sentiment de renforcement des inégalités dans un certain nombre de pays. Une grande partie des pays à forte population se sentent exclus et demandent désespérément un changement.

Ce sentiment a nourri l’ascension de personnalités politiques populistes telles que Donald Trump, le candidat républicain à la présidence des États-Unis et Marine Le Pen, la chef de file du Front National en France, tous deux véhiculant des récits attrayants visant un avenir plus prospère. Ces politiciens soutiennent généralement la mise en place de barrières commerciales comme rempart contre la concurrence étrangère et présentent l’immigration comme un problème majeur.

Cet agenda hostile à la mondialisation économique a d’importantes répercussions pour les marchés financiers. L’immigration a dopé les bénéfices des entreprises dans de nombreux pays en apportant un vaste réservoir de main-d’œuvre. Les progrès du libre-échange ont accéléré la croissance économique mondiale, ce qui joue également en faveur des marchés boursiers. Les actions comme de nombreuses autres classes d’actifs devraient faire preuve de volatilité au gré de chaque avancée ou recul des perspectives électorales des politiciens populistes, mais aussi de chaque proposition de politique qu’ils préconisent en cas d’accès au pouvoir.. Cela se traduit par une augmentation des risques sur les marchés actions et réduit potentiellement les perspectives de rendements.

Parallèlement, les performances potentielles des emprunts d’État sont extrêmement faibles. Le Brexit a entraîné la chute des rendements des emprunts d’État britanniques à 10 ans à des niveaux historiquement bas, inférieurs à 1 %. Ceci s’explique en grande partie suite à l’assouplissement de la politique monétaire de la Banque d’Angleterre, alors que l’incertitude née du Brexit devrait probablement avoir un impact sur la croissance économique.

Les répercussions de la sortie du Royaume-Uni de l’UE vont bien au-delà des marchés britanniques. Janet Yellen, présidente de la Réserve fédérale, a averti avant le résultat du référendum que le Brexit pourrait « affecter négativement les conditions de financement et les perspectives économiques aux États-Unis » – maintenant les rendements du Trésor à un niveau bas. Plus généralement, si le populisme réduit la croissance mondiale, les rendements des obligations de par le monde vont rester durablement bas, comme en attestent l’Allemagne et le Japon qui affichent tous deux des rendements obligataires négatifs. Cette faiblesse des rendements obligataires pèse également sur les perspectives des obligations d’entreprise de catégorie « investment grade ».

Face à la détérioration du rapport risque-rendement des actions et aux faibles performances des emprunts d’États, que peuvent donc faire les investisseurs pour obtenir une croissance régulière ?

La diversification est l’une des réponses possibles.

Il existe un éventail de plus en plus large d’opportunités d’investissement distinctes des classes d’actifs traditionnelles qui offrent un potentiel de rendement attrayant mais des moteurs de performance différents. Cette approche est parfaitement adaptée à une ère d’instabilité, ayant amplement démontré sa capacité à générer de solides performances mais aussi une volatilité plus faible que d’autres stratégies – améliorant encore le profil risque/rendement.

Les classes d’actifs vecteurs de diversification englobent les infrastructures qui offrent des flux de trésorerie à long terme relativement stables avec une exposition économique limitée. Elles comprennent également diverses formes d’opportunités de crédit procurant un rendement supérieur, parmi lesquelles les obligations high yield, les titres adossés à des actifs (ABS), les prêts et les prêts entre particuliers, sous réserve de vérifications d’usage poussées. Les obligations des pays émergents ont également connu un regain de faveur cette année car la persistance d’un environnement de taux d’intérêt en baisse favorise leurs économies.

Cependant, le Brexit pourrait également rendre certains investissements plus attrayants, en raison notamment de la dépréciation de la livre sterling. Par exemple, le marché du logement étudiant haut de gamme destiné aux étudiants étrangers pourrait être stimulé, le nombre de ces étudiants étant plus susceptible d’augmenter que de diminuer après la décision du Royaume-Uni de sortir de l’Union européenne. Ils bénéficieront en effet du coût de la vie plus bas dans le pays découlant de la baisse de la livre sterling et le gouvernement britannique pourrait redoubler d’enthousiasme pour les accueillir dans l’hypothèse d’une politique d’immigration davantage ciblée sur les compétences, un choix que de nombreux politiciens conservateurs ayant voté en faveur du Brexit appellent de leurs vœux. Il en résulterait une augmentation de la demande de logements étudiants de qualité, relativement peu nombreux, ce qui soutiendrait la hausse des loyers dans le secteur.

Nous ignorons si l’année 2016 marque la fin de la période de néolibéralisme économique entamée durant les années 1980. Quelle que soit la réponse à cette interrogation, nous devons d’ici là nous attendre à de la volatilité. Lorsque les marchés se montrent volatils, la nécessité d’une approche diversifiée n’en est que plus pressante. »

Analyse critique

Le texte ci dessus est un texte disons publicitaire élaboré par Aberdeen asset management. Nous l’avons choisi parce qu’il est bon, clair et représentatif  de ce que vous entendrez chez les bons gérants professionnels. Si on les écoute, alors que les contre-performances sont généralisées, la solution est de diversifier ses portefeuilles. Ce qui est extraordinaire, c’est qu’ils osent dire cela alors que la tendance lourde est  à la négation des bienfaits de la diversification, à la gestion passive, à la disparition de la sélectivité! Pour parler vulgairement, « tout marche ensemble ».

Je soutiens exactement le contraire: il n’y a aucune place pour performer, aucune place pour se cacher, no place to hide. La diversifiaction est un leurre.

1-La corrélation entre tous les « papiers » est forte, la Macro explique quasi tous les mouvements

2-la politique monétaire globale est le sous-jacent de tous les marchés, absolument tous, c’est elle qui a fait monter tous les prix, c’est la mer qui a levé tous les bateaux. Le Treasurie à 10 ans US est une sorte de symbole du sous-jacent global, mais il n’est pas premier, ce qui est premier c’est la politique monétaire et si on veut, la crédibilité des banquiers centraux, c’est déja plus vrai. Le système est un sytème neuf en apparence, on a remplacé l’épargne par le crédit et on cherche à prolonger la durée du cycle du crédit malgré la fatigue. Le système est vieux comme le monde! Simplement il semble plus sophistiqué.

3-les taux d’intérêts nuls ou négatifs ont induit un comportement général de recherche du rendement, une concurrence effrenée pour acheter tout ce qui rapporte encore un peu et ce, au mépris  de toutes les considérations de risque, au mépris de toutes les considérations historiques. En regard des normes historiques , tout est surévalué de 40 à 50 % et plus la durée de vie de l’actif concerné est longue, plus son prix est/ sera sensible à la remontée des taux quand elle arrivera. 

4- les taux d’intérêt nuls ou négatifs ne justifient absolument pas les valorisations actuelles , c’est une erreur de raisonnement dramatique. Les actions par exemple sont un actif à durée de vie très longue, leur valorisation est determinée par les cash flows à venir, par les flux pendant toute la durée de vie que l’on peut approximer à 50 ans. Les taux bas qui servent de réference dans les calculs de valorisation et dans les argumentaires commerciaux,  ne peuvent durer 50 ans car tous les systèmes sociaux et les protections sociales sautent! Les taux zéro justifient une prime sur les évaluations historiques normales pendant la durée prévisible des taux nuls ou bas, au mieux, pendant encore 3 à 4 ans. Puis viendra la hausse et donc la prise en compte de la nouvelle réalité avec la chute des valorisations.  La hausse des taux fera chuter le prix de tous les investissements anciens par simple effet d’arbitrage et de réaménagement des portfeuilles, ce sera à la baisse le phénomène inverse de celui auquel on a assisté à la hausse. C’est mécanique et mathématique. On vendra l’ancien  qui rapporte moins pour acheter le neuf qui rapporte plus.

5-la diversificaton ne servira à rien lorsque la hausse des taux sera enclenchée, tout sera touché de proche en proche car tout a été touché de proche en proche pendant 8 ans : les bonds, les fonds d’état, le crédit, les actions… Les pertes dépendront du risque enraciné dans chaque actif et de sa durée de vie, plus ce sera risqué et plus cela sera long et plus les pertes sont colossales. La hierarchie des pertes est déjà établie, c’est déjà joué et c’est ce que bien peu comprennent: les pertes et leur hierarchie sont jouées, c’est un acquis. La seule vraie question est de savoir quel sera le détenteur final qui les subira. 

6-il faut concevoir l’investissement radicalement autrement. En terme de classe radicale. Il y a la classe des « actifs papiers » et la « classe du cash », de la monnaie. Les autorités ont retiré du portefeuille mondial des « actifs papiers » qui rapportaient du et inondé en contrepartie de monnaie qui ne rapporte rien. Cette monnaie est un mistigri dont les porteurs veulent se débarrasser car ils pensent qu’à long terme elle va s’avilir et surtout elle ne rapporte rien alors qu’ils ont besoin de revenu. Donc ils échangent ce cash contre des titres qui eux rapportent encore un peu; les autorités ayant retiré du marché les placements sans rique il ne reste que les placements à risque,  à risque de plus en plus élévé. Donc pour bien comprendre il y a deux  classes d’actifs: les actifs financiers à maturité longue et risquée et le cash qui est à maturité zéro; quand vous vous départissez de votre cash , vous enflez globalement la valeur de toute la classe des actifs papiers. La racine, le fondement de la hausse de tous les actifs financiers c’est cet arbitrage « cash contre papier » parce que le cash est surabondant et que les papiers qui rapportent  encore un peu le sont de moins en moins

7-la baisse , la ruine des détenteurs des « actifs papier » est acceptée et programmée, elle fait partie de la politique suivie. Bernanke à qui on reprochait de ruiner les épargnants a répondu: « il faut bien que tout le papier en circulation  soit détenu par quelqu’un! ».  Ce qui veut dire en clair que ceux qui se retrouveront avec le papier seront les victimes. Ceux qui auront gagné ce seront ceux qui auront vendu avant, mais il est impossible que la classe des épargnants  « sorte » , pour sortir il faut un acheteur, les acheteurs de la planète Mars ne sont pas encore là. 

8-personne ne connait la valeurd’équilibre des actifs car la politique monétaire a créé une économie fausse, dopée, avec une demande artificielle. Les chiffres d’affaires sont supérieurs à ce qu’ils devraient être. Les déficits publics « volent la demande future », ils créent des marges bénéficiaires élevées qui ne sont pas extrapolables, car sinon on tomberait dans la thèse de Karl Marx sur la tendance inéluctable à l’insuffisance de la demande et à la surproduction.

On ne le dit pas, mais nous sommes dans une crise de surproduction, c’est ce qui est occulté par la caractérisation de l’establishment qui prétend lutter contre la déflation: en réalité il lutte contre la surproduction comme dans les années 30. 

 

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