Billet. Aucun rapport entre Trump, Reagan et Thatcher, comprendre le paradoxe Trump.

Nous soutenons qu’il n’y a aucun rapport entre Trump d’un côté et Reagan et Thatcher  de l’autre. Reagan a été le liquidateur avec l’aide de la Fed du Rockefeller capitalisme. Exactement comme l’a été Thatcher. Ils ont été les instruments du courant de pensée issu de Friedman et de son idéologie particulière, personnelle du Marché. Il s’agissait de faire advenir le Système du Marché, de sortir de la politique implicite des revenus et du dirigisme qui étaient inclus dans ce système.

Tout cela été permis par la Révolution théorique des banques centrales. Les déficits n’ont pas d’importance tant qu’il y a une demande d’actifs financiers pour financer ces déficits. En somme si Reagan a pu financer ses déficits c’est parce que la demande des créanciers , l’offre de leurs ressources étaient présentes. Un déficit, c’est …un actif.. pour une certaine classe de capitalistes.

Trump c’est la volonté de s’écarter des valeurs et des signaux produits par les marchés afin de mener une politique volontariste. Une politique volontariste c’est une politique dont le but est de faire faire aux agents économiques, ce qu’ils ne feraient pas spontanément. Il faut chez Trump tordre les bras du marché tout comme les « Rino », les républicains de Rockefeller voulaient le faire .

Le trumpisme suppose le retour du politique, le retour au pouvoir de l’état, le retour à l’isolement qui permet de lutter contre les indications et les valeurs du marché, tandis que Reagan et Thatcher pointaient vers l’affaiblissement de l’état, du gouvernement et de la nation pour laisser s’établir des valeurs sur un marché, sur des marchés de plus en plus larges et finalement globaux.

C’est parce que près de 10 ans après la crise, que pour les besoins du raisonnement nous datons cette fois de l’apogée des prix du housing, en l’été de 2006, c’est parce que 10 ans après, la reprise économique n’est pas là et que le corps social se disloque, que le système tente une volte-face. Trump c’est la reprise  en mains contre la dictature du marché. C’est le constat d’échec du marché et du Friedmanisme qui ont  produit Trump.

Attention!  Cela ne veut pas dire que l’économie de marché a échoué, absolument pas et au contraire: cela veut dire que la conjonction d’un côté d’une idéologie du marché et de  l’illusion de la toute puissance des banques centrales à s’opposer aux aléas, aux cycles,  de la conjoncture et de la croissance a produit un monstre. Le marché plus la monnaie dirigée: cela ne marche pas.

Ce monstre c’est le système klepto du capitalisme financier, le « capitalisme monopolistique d’état  et de banque centrale réunis ».

Le mythe que l’on vous sert aussi bien aux USA qu’en Grande Bretagne et en Europe selon lequel la solution ce sont les réformes, n’est qu’une construction intellectuelle de la kleptocratie , de ce capitalisme pervers, dénaturé,  afin de tenter de se défendre et de conserver ses positions.

Les réformes  n’ont qu’un objectif : défendre un ordre social en sacrifiant une composante de cet ordre social,  les classes moyennes, le Tiers-Etat. Le mythe des réformes est produit par la volonté de sauvegarder le taux de profit et la masse des profits malgré l’accumulation excessive de capital inefficace, improductif,  de capital fictif et de capital  de poids mort.

Toutes les réformes se réduisent à une hausse du taux d’exploitation du travail et à l’augmentation de sa précarité et donc à l’assouplissement  des échines. C’est le projet des européistes, des Fillon, des Macron et autres . C’est le retour en arrière imposé par le capital financier, inefficace, improductif, par la dette…

Les Etats -Unis eux, tentent déja une autre expérience qui , si elle était menée à son terme et donc accompagnée par une nouvelle politique de la Fed , aboutirait à une sorte de Contre-Révolution anti Friedman, anti financière , nationale, inflationniste et donc destructrice  indirectement et aveuglément d’ordre et de capital ancien.

Mais cette Contre Révolution , paradoxe, n’est pas claire, pas décantée car elle est menée par une partie des élites anciennes, de ces élites qu’il faut détruire. Elle est ambiguë et sera très imparfaite.

L’enjeu des premiers mois de Trump, c’est la décantation,  c’est de savoir de quel côté il va basculer: faire alliance totale avec les classes moyennes, nationales,  ou bien se faire absorber, castrer,  mettre au pas par l’establishment.

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