Le vrai, le faux, les faits, les commentaires: la route de la servitude.

Comment is free…but facts are sacred
« les commentaires sont libres… mais les faits sont sacrés »

CP Scott, 1921 Guardian editor

Quelques remarques, en vrac avant de vous livrer, ci dessous , un article intéressant. 
Vous  avez du remarquer que nous ne prenons pas position sur le débat qui agite les médias et la blogopshère au sujet des « fake news ».
Vous serez surpris de savoir pourquoi.
C’est parce que les questions de la vérité, du mensonge, de l’objectivité, du ni vrai ni faux, du sens, de l’interprétation , du déplacement, de la répétition, de la métaphore, de l’empreinte, du sens vertical, du sens horizontal, toutes ces questions sont au centre de notre activité.
La communication a toujours été notre activité principale alors même qu’elle servait des objectifs très différents: business, investissement, information, conseil politique ou social. Ou comme ici, dans ces colonnes,  discours unilatéral, bouteille lancée à la mer, balle perdue comme disait Léo Ferré. « Les balles et les mots, ça tue pareil… »
Au fil du temps, une fois assimilées les théories de la communication, ses techniques et ses limites, il nous est apparu que ce qui était important était toujours occulté: ce qui compte ce n’est pas seulement les catégories classiques du vrai, du faux, du connu, de l’inconnu, bref le contenu de la communication  etc, mais ce dont on parle pas: le désir de celui qui s’exprime, qui parle, qui écrit, qui montre.
Que l’on soit dans le vrai ou le faux, ce qui est dit exprime toujours une vérité, celle de celui qui s ‘exprime. On connait le paradoxe: le mensonge exprime la vérité du menteur. Pour parler, pour écrire, il faut en avoir envie, il faut avoir un but, un désir qui pousse à exprimer, à s’exprimer . Nous disons souvent vulgairement pour caricaturer et être compris; pour ouvrir sa gueule il faut une cause, une raison, un désir. Et c’est cela qui est important: « qu’est ce qu’il veut celui qui parle? » Il n’y a pas de pur esprit, d’amoureux de la vérité, de locuteur transparent. Tout a un biais, une courbure. Qu’est ce qu’il veut, celui-la qui affirme, celui-la qui proclame … voila les questions passionnantes.
La presse, même quand elle est de qualité est à coté de la plaque à de multiples niveaux.
Il y a le plus évident, le niveau de la compétence: les journalsites parlent de choses aux quelles en général ils ne comprennent rien. Le journalisme est bien souvent une forme, une technique qui passe à coté  des contenus. Et c’est compréhensible, le monde est complexe, tout est l’objet de spécialités et spécialisations, la politique, l’économie, la monnaie, la géopolitique…
Il y a le moins évident mais accessible: la dépendance à l’égard des sources lesquelles ne sont jamais pures, jamais dénuées d’intention, on le voit dans l’affaire Fillon entre autres: le dossier n’est pas tombé du ciel.
il y a l’économique: toujours il faudrait s’interroger sur la question de qui paie , qui finance directement ou indirectement, qui entretient la danseuse médiatique qui se trémousse devant vos yeux?
La presse, les médias vivent sur un mythe positiviste, binaire bien illustré par l’exergue du Guardian : « les commentaires sont libres,…mais les faits sont sacrés. Comme si il y avait « les faits qui seraient ce qu’ils sont » et « les commentaires qui seraient relatifs à des opinions ».
Les faits ne sont pas ce qu’ils sont, ils ne se donnent pas à voir eux mêmes, par eux même ils sont perçus, mis en forme par des outils, par des scalpels intellectuels,  qui eux même sont des produits, sont des productions d’un système. Avant d’être  des faits, ils traversent l’épaisseur du crane humain. Lequel crane huamain n’est pas une donnée, il est façonné, man made.
La question de la neutralité de l’observateur/rapporteur est occultée par les médias et cela va bien au dela de la dialectique objectivité/subjectivité. Le sujet est toujours traversé par une culture, un langage, bref il habite une structure qui lui est constitutive. Rien que choisir de parler de quelque chose est idéologique, hierarchiser l’information, la mettre à la Une ou pas est idéologique.
Vouloir le nier comme le font les professionnls c’est se poser en Grand Prêtre du système, c’est escamoter « les mystères » et se poser comme ceux qui les déchiffrent et les ordonnent. Le pouvoir des médias vient de ce statut de gérant des mystères et on comprend qu’ils font tout pour empêcher les peuples de pénétrer ces mystères, directement sans passer par l’église médiatique. Les médias avec l’aide des politiciens veulent continuer à gérer la Part Maudite du système. Le résultat, le bénéfice, la Plus -Value  étant Le Pouvoir.
 La parole des médias est une parole de Maître ; toujours.  Ce n’est jamais le Symbolique, (le Symbolique au sens du Vrai/Universel  qui s’impose à tous)  qui s’exprime, mais celui qui se prend pour le Maître. Le journaliste même bon, même compétent, même pénétré de déontologie et de morale, n’est jamais qu’un petit Maître.  Il n’est pas intermédiaire neutre, pur esprit  transparent, un oracle comme dans les religions: il est au service de …et bien souvent il est au service de sa mégalomanie, de sa médiocre volonté de puissance.
Mais le plus important n’est pas là, n’est pas dans tout ce que nous avons balayé et survolé, non le plus important c’est ce qui n’est jamais donné dans les faits quels qu’ils soient.
Les faits, les discours, les commentaires, tout cela c’est « du manifeste », du symptôme, le plus important c’est le sens. Ce qui n’est pas dit, ce qui se dissimule. Le sens du réel n’est pas une donnée. Le réel est un chaos, un chaos radical, absolu auquel nous n’avons accès que par le miracle/travail  de l’interprétation c’est à dire par la recherche critique, sans cesse inachevée  du sens. 

Shutting down fake news could move us closer to a modern-day ‘1984’

February 10

Flemming Rose is a senior fellow at the Cato Institute. Jacob Mchangama is director of the Copenhagen-based think tank Justitia.

 

Remember George Orwell’s Ministry of Truth? In his dystopian novel “1984,” its purpose was to dictate and protect the government’s version of reality. During the Cold War, Orwell’s book was banned behind the Iron Curtain, because readers perceived the novel as an allegory for their own repressive regimes.

It was a serious crime to distribute information defaming the Soviet social and political system. Such criminal laws were widely used by the Kremlin to silence dissidents, human rights activists, religious movements and groups fighting for independence in the Soviet republics. Similar laws were on the books in East Germany, Poland and other Eastern bloc countries.

Thankfully, today this landscape is much changed, but increasingly there are disturbing echoes of the past. Amid a debate about the rising influence of fake news and the danger it poses to the political and social order in the West, democratic politicians in Europe have proposed sanctions — and even prison terms — for those found responsible for distributing false information.

Italy’s antitrust chief, Giovanni Pitruzzella, has said that E.U. countries should set up a network of government-appointed bodies to remove fake news and potentially impose fines on the media. Pitruzzella doesn’t hide his political agenda — he wants to target his opponents on the populist left and right. “Post-truth in politics is one of the drivers of populism, and it is one of the threats to our democracies,” he told the Financial Times.

In Germany, politicians eager to counter Russian meddling and populist movements in upcoming parliamentarian elections have issued similar calls. Justice Minister Heiko Maas argues that authorities need the power to impose prison terms for fake news on social media. “Defamation and malicious gossip are not covered under freedom of speech,” Maas said. “Justice authorities must prosecute that, even on the Internet. Anyone who tries to manipulate the political discussion with lies needs to be aware [of the consequences].”

It is understandable that liberal democracies are deeply worried about disinformation, which tears at the fabric of pluralistic democratic societies. John Stuart Mill famously argued that free speech would help exchange “error for truth” and create “the clearer perception and livelier impression of truth, produced by its collision with error.” Yet this justification weakens considerably if lies and disinformation become indistinguishable from truth. In such an environment, “Democracy will not survive a lack of belief in the possibility of impartial institutions,” political scientist Francis Fukuyama recently wrote. “Instead, partisan political combat will come to pervade every aspect of life.”

That is indeed a nightmare scenario to be avoided. But using legal measures to counter disinformation is likely to be a cure worse than the disease. One does not need to go back to the Cold War to worry about what happens when governments become the arbiters of truth.

In the past two years, Egypt has sentenced six Al Jazeera journalists to death or long prison terms for, among other things, allegedly spreading false news. In 2013, Gambia — until the recent ouster of Yahya Jammeh, one of Africa’s worst dictators — introduced a punishment of up to 15 years’ imprisonment and hefty fines for those who spread “false news,” citing a need for stability and the prevention of “unpatriotic behavior” and “treacherous” campaigns. Russia, ironically the source of so much of the disinformation menacing liberal democracies, uses broad and vague anti-extremism laws to prohibit news that the Kremlin views as propaganda — including prison sentences for social-media users who insist that Crimea is part of Ukraine.

Of course, Europe’s established democracies have little in common with the Soviet Union or other illiberal regimes. But the legal tools proposed by European politicians to suppress fake news sound alarmingly like those used by authoritarian governments to silence dissent. This is dangerous. Not only are such measures incompatible with the principle of free speech, but also they set precedents that could quickly strengthen the hand of the populist forces that mainstream European politicians feel so threatened by.

Europe may soon find itself with populists such as France’s Marine Le Pen and the Netherlands’ Geert Wilders with real power. Such leaders would draw the line between fake news and free speech very differently than mainstream politicians — perhaps aiming them at the supposedly corrupt established media rather than websites, blogs and social media trafficking in “alternative facts.” It is also unlikely that the increasingly illiberal governments of Poland and Hungary would agree with the European Commission or German Chancellor Angela Merkel on what constitutes false information or fake news.

And while the First Amendment prevents the U.S. government from overtly limiting press freedom, it’s clear that President Trump’s definition of fake news is vastly different from what his opponents or the media have in mind.

Above all, rather than strengthening established media institutions, banning fake news might very well undermine them in the eyes of the public. If alternative outlets are prosecuted or shut down, mainstream media risk being seen as unofficial propaganda tools of the powers that be. Behind the Iron Curtain, nonofficial media outlets had more credibility than official media in spite of the fact that not everything they published was accurate or fact-checked. The hashtag #fakenews could become a selling point with the public if it were banned rather than rigorously countered and refuted.

As White House strategist Stephen K. Bannon replied when asked whether press secretary Sean Spicer, after making irrefutably false statements, had damaged his credibility with the media: “Are you kidding me? We think that’s a badge of honor.”

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :