La faiblesse du modèle allemand devrait être devrait être au centre des débats électoraux, seul Mélenchon en tient compte.

Les promesses des candidats sont des forfanteries, c’est l’Allemagne qui commande, le quinquennat de Hollande l’a prouvé.

Une nouvelle passée quasi inaperçue en  France a retenu notre attention cette semaine: l’Allemagne a dégagé son plus gros surplus depuis la réunification, son troisième surplus consécutif, avec 24 milliards d’euros. Par simple jeu d’identités, il y a un lien entre d’un côté le surplus budgétaire des finances allemandes et l’excédent du commerce extérieur, cet excédent est colossal, il représente 8% du GDP soit 270 milliards d’euros. Le secteur privé allemand a enregistré une épargne d’environ 250 milliards d’euros.Les Allemands exportent donc 270 milliards d’euros de capital. Tout cela c’est de la stricte comptabilité, c’est la transcription des identités de la comptabilité nationale.

Le problème est que les Allemands défendent une conception économique « orthodoxe », inadaptée au caractère systémique de l’organisation globale contemporaine. Ils veulent l’imposer à l’Europe. Pourquoi? Parce que l’Allemagne ne veut pas payer.

Selon Schauble , tous les pays européens doivent suivre ce modèle, s’aligner sur l’Allemagne. Cela  implique l’austérité, car il faut épargner plus, cela implique la compétitivité c’est à dire la baisse des coûts de production, la hausse du taux d’exploitation des salariés, cela implique la réduction des déficits fiscaux etc tout coule de source dans ce cadre.

Cela coule de source sur le papier, mais pas en pratique! Car pour passer d’un déficit budgétaire à un excédent, il faut une déflation considérable , sauf si on réussit à sécréter un excédent extérieur tout aussi considérable, c’est à dire sauf si on pille la demande des autres. Mais comment le faire si on a abandonné l’outil monétaire et celui du taux de change? Comment le faire si l’austérité imposée brise le consensus social, crée un climat  d’affrontement et d’incertitude qui détournent de l’investissement? La règle européenne imposée par les Allemands  et surtout Schauble est suicidaire socialement . Elle est suicidaire internationalement également.

Les règles budgétaires sont faciles à tenir pour les Allemands qui sont dans un cercle vertueux, et ont de gros excédents extérieurs, elles sont très douloureuses  pour les autres.

La politique imposée par les allemands oblige les pays européens à se fixer comme objectif de produire des excédents extérieurs et c’est ce qui se passe comme en témoigne le graphique. Il montre bien la rupture de 2012. La zone euro enregistre un surplus croissant à l’égard du reste du monde, depuis 2012 et cela va s’accélérant.

Le modèle allemand est un modèle qui appliqué aux autres européens , sans transfert et sans solidarité repose :

-1 sur la destruction et la fragmentation sociale des pays traditionnellement déficitaires de l’eurozone

-2 sur l’affrontement avec Trump qui considère  à juste titre ce modele comme un modèle mercantiliste de pillage.

La nouvelle donne des Trumponomics rend ce modèle encore plus dangereux et vulnérable.

 

Evolution des comptes courants européens: des déficits aux excédents 

 

 

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