Editorial. Le Grand Transfert n’est rien d’autre que votre contribution à votre servitude et à votre sécurité.

Le Grand Transfert, nous y sommes.

Nous sommes dans  la phase II: celle au cours de laquelle les « mises » vont été confisquées, ratissées. Un colossal entonnoir a été mis en place au lendemain de la GFC, la Grande Crise Financière, afin de diriger l’épargne des citoyens vers des lieux ou elle allait devenir bio-dégradable.

On  a détourné l’argent des livrets, des placements sans risque, de tout ce qui est fiduciaire afin de le drainer vers les marchés. Nous avons toujours expliqué que la fonction des marchés est de « bio-dégrader », c’est à dire de mettre du « variable » sur du « fixe ». Le fixe ne peut être dégradé , dévalorisé car c’est un contrat, mais si vous mettez le contrat sur un marché, il cesse d’avoir une valeur fixe, sa valeur se transforme en prix et le prix devient soumis à la loi de la concurrence, de l’offre et de la demande, sa valeur s’ajuste à ce que les opérateurs pensent qu’il vaut. On passe de l' »objectif » du contrat au « subjectif », au « relatif », du marché.

Vous mettez  une dette de 100 sur un marché, vous déclarez que cette dette n’a qu’une chance sur deux d’être honorée et immédiatement le marché met cette créance à sa valeur théorique: 50.

La fonction des marchés est de rendre variable ce qui est  fixe, conventionnel, fruit de la relation entre les personnes. C’est de dévaloriser les promesses, de les mettre à un niveau compatible avec la réalité. Le marché quand on le laisse jouer son rôle et effectuer son oeuvre est un lieu de découverte des vrais prix. Le vrai prix, c’est celui qui est « soutenable » maintenant, économiquement en  fonction de la situation de la sphère réelle. Le vrai prix c’est celui correspond à la somme des flux que l’on peut raisonnablement espérer lorsque l’on détient un actif financier, une promesse qui est la somme de tout ce que l’on peut attendre.

C’est pour cela que jusqu’à maintenant on a « rigged », faussé les marchés. On les a empêchés de remplir leur  mission, dès 2008/2009  en injectant de la monnaie, des digits ou autres.  On a  faussé les valeurs d’échange, créé de la monnaie, on a « printé », on a soutenu artificiellement les cours du portefeuille mondial, on a fait des QE et mis les taux à zéro pour donner de fausses valeurs. On a remplacé les valeurs économiques, fondamentales, par des valeurs financières pures et on a libéré le champ financier de la pesanteur, on l’a libéré de toute limite: on l’a laissé léviter. Ce faisant on a sciemment, cyniquement faussé les marchés et fait en sorte qu’ils s’établissent  à un niveau, niveau très supérieur,  qui ne correspondait pas aux promesses implicites, qui ne correspondait pas aux flux que le réel allait sécréter.

On a libéré la finance de tout ancrage, de toute limite, on l’a libérée de la pesanteur afin que par arbitrages successifs et par contagion, tout s’établisse à un niveau supérieur au niveau spontané découlant de l’activité économique. On a créé un monde entier, de proche en proche, de fausses valeurs en soufflant sur le feu de la grande de forge monétaire: le printing.

Le « règne » du marché est un trait de génie des stratèges de l’élite, le marché permet de dicter, ce que les élites veulent dicter, il permet de fixer des valeurs et des prix à des niveaux qui ne correspondent pas aux vraies valeurs mais correspondent au niveau utile, nécessaire pour maintenir au système la possibilité de durer et de se reproduire.

Nous ne sommes pas en économie de marché bien sûr, nous sommes en économie  de  marché manipulé, dirigé, construit, piloté  car le prix essentiel , le prix qui sert à  mesurer les prix,  le prix de la monnaie et sa quantité sont fixés par l’élite! L’un des Rothschild disait que celui contrôle la monnaie contrôle le pays, c’est vrai maintenant, mais au niveau mondial.

Le marché est une escroquerie, il n’est pas le reflet des préférences individuelles statistiquement dispersées comme l’enseignent les livres,  il est le reflet du désir ou des besoins de l’élite. Pourquoi? Parce qu’elle détient  le contrôle de l’instrument de mesure, de l’étalon des  prix, de sa quantité disponible et de son « decay », c’est à dire de sa bio-dégradabilité par l’inflation par exemple ou …par les marchés.

Digression. C’est pour cela que les « modernes » veulent qu’il existe partout un vrai marché du travail , afin de pourvoir le déprécier (déprécier le travail) , le dévaloriser en fonction de la concurrence mondiale, en fonction de la concurrence des machines et des robots.

Un marché financier efficace c’est un marché qui met les actifs financiers au niveau ou ils deviennent « honorables », au sens de compatibles avec les performances de l’économie réelle. C’est la même chose pour le marché du travail , il faut le mettre à un prix, à un niveau compatible avec la reproduction du système.

Un marché du travail efficace, c’est un marché qui met le prix du travail à un niveau compatible avec le prix des biens et des services qu’il sert à produire, avec les prix pratiqués sur le marché global et qui permet la mise  en valeur du capital avec un taux de profit compatible avec le taux de profit moyen exigé par le marché mondial.

La concurrence mondiale des capitaux implique la concurrence mondiale des forces de travail et comme ceci n’est pas encore réalisé, il faut soutenir, maintenir une fausse valeur des actifs financiers malgré un taux de profit insuffisant , une fausse valeur du capital pour qu’il ne se dévalorise pas, pour qu’il ne se détruise pas et qu’ainsi soit maintenu l’ordre social ancien qui convient aux élites dominantes. Ceci est une digression qui a pour seul but d’éclairer cyniquement la fonction de ce que l’on appelle les marchés et aussi de tracer une piste de réflexion entre quatre  données: le prix des actifs financiers, le taux de profit, le prix du travail et l’opérateur qui  sert à tout manipuler, la monnaie. Fin de la digression.

Bref si nous poussons l’audace et le cynisme, la fonction du printing monétaire est en fait de s’opposer à la destruction/dévalorisation / dépréciation du capital ancien,  rendus nécessaires d’abord par la tendance à la baisse des profits puis par l’excès de capital fictif improductif. Le tout en attendant le grand choc, celui qui permettra de faire chuter le coût du travail et de le mettre au niveau bas, qu’il doit avoir en  fonction de la concurrence globale et du progrès de techniques et des processus de fabrication. En passant le Revenu Universel est une ruse du capital, comme les indemnités chômage, pour faire accepter le non-emploi qui découle de la situation décrite ci dessus. C’est bien une mesure sociale démocrate destinée à sauver le capitalisme kleptocratique! A désamorcer le combat contre cette forme scandaleuse de capitalisme,  non légitime.

Dans le système présent, les riches essaient de maintenir le rapport de forces en leur faveur, tandis que les laissés pour compte, les déplorables essaient de reconquérir le pouvoir, par les Brexit, les Trump, les Wilders, les Le pen , les Beppe Grillo etc. L’enjeu des élections  c’est cela: la poursuite ou non du Grand Transfert et de la paupérisation des masses.

Les élites et leur complices ne sont pas « méchantes », elles n’ont pas conscience de leur vilenie historique car elles sont plongées dans une culture, dans des idéologies  qui masquent ces phénomènes. Elles ne font pas le mal  volontairement elles sont persuadées d’avoir raison comme l’on dit. Persuadées presque de faire le bien pour tous! Les élites sont produites par le système pour le défendre, voilà pourquoi les théories conspis sont fausses et sont une impasse, les élites ne sont pas méchantes volontairement et sciemment. Elles font comme le dit le patron de Goldman  Sachs: « God’s Work », l’oeuvre de dieu. Presque comme Greenspan en son temps et comme Macron/Rothschild. Ils sont les gestionnaires apparents d’un système qui les dépasse, comme les grands prêtres d’avant dans les religions.

Le système du Robin des Bois à l’envers est  presque logique, c’est presque une Nécessité! Il faut que le peuple subisse le Grand transfert, qu’il réinvestisse ses acquis afin de perpétuer le système qui assure certes son oppression, mais  aussi sa sécurité. Nous sommes bien dans un néo féodalisme. Qui se transpose aussi au plan mondial: les USA impériaux veulent à la fois nous dominer et nous protéger mais que nous payions pour cela! La fable « le loup et le chien » ou « le chien et le loup ».

Vous séparer de vos patrimoine par la fiscalité, par la spoliation de votre épargne, par les coups d’accordéons des marchés, c’est pour votre bien, pour que le surproduit social puisse se réinvestir dans le maintien de l’essentiel du système et que ce système puisse continuer sa fonction qui est de  se reproduire, d’enrichir les élites et de dominer les serfs en leur promettant de les défendre contre eux même.

Le Grand Transfert n’est rien d’autre que votre  contribution à votre servitude et à votre sécurité.

 

 

 

 

 

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3 réflexions sur “Editorial. Le Grand Transfert n’est rien d’autre que votre contribution à votre servitude et à votre sécurité.

  1. « On a créé un monde entier, de proche en proche, de fausses valeurs en soufflant sur le feu de la grande de forge monétaire: le printing. »

    Cette métaphore est très bien trouvée, bravo ! Elle est infernale, au sens propre du terme et elle résume bien votre article, je trouve.

    Le système est diabolique, je le pense depuis longtemps, même si les maîtres n’en ont peut-être pas conscience.

    Et leur destruction ultime est celle de la famille. Ce n’est pas un hasard si tout d’abord il y a eu le « mariage pour tous » avec cette volonté de maintenir le mot « mariage » avec tant de férocité (et notez maintenant la haine de certains journaux pour les manifestants de Fillon qui iront au Trocadéro, déjà déconsidérés (et dégradés aux yeux du public) comme des bigots « anti-mariage-pour-tous », avant même que la manifestation de soutien à Fillon ait lieu) puis, dans le programme présidentiel de Macron à présent, le souhait de séparer l’imposition de chaque époux (à quoi bon se marier, dès lors ?).

    Dès que cet ultime rempart de la famille sera tombé, qu’il n’y aura plus seulement qu’une juxtaposition de petits démons égoïstes (ou de personnes paumées, de femmes élevant seules leurs enfants, vulnérables à souhait…) qui pourront être soumis à la loi du totalitarisme marchand, de petits démons prêts à être exploités, déplacés au gré des emplois (encore une idée Macron), isolés (le Diviseur est aussi le nom prêté à Satan), les Maîtres auront vraiment parachevé leur oeuvre.

    Oh, certes, un autre système familial surgira, issu d’un autre concept économico-religieux non occidental, car la nature a horreur du vide. Mais les maîtres n’y songent pas, ou refusent d’y penser. Leur haine de cet Occident chrétien est ancré en eux, au point d’en oublier que celui qui le remplacera sera bien plus dangereux pour eux. Mais après tout, à quoi bon s’en soucier encore ?

    Pardon pour cette digression maladroite sur votre texte brillant, mais ma colère face à la situation du monde est sourde, et vous l’exprimez dans vos textes bien mieux que nous tous. Avec les mots qu’il faut.

    Je tenais à vous adresser encore un immense merci, car j’ose imaginer ce qu’il vous en coûte d’abnégation et de discipline pour nous former (informer) quotidiennement alors que rien ne vous y oblige. Tel un moine-soldat.

    Et pour tout cela, nous tous ici vos lecteurs fidèles, nous vous en sommes infiniment reconnaissants.

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  2. Oui merci, d’autant que vous aviez raison concernant Fillon: en gagnant les primaires il s’est fragilisé.
    J’espère que vous aurez encore raison quand vous dites que le peuple aura le dernier mot lors de ces élections…

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