Taux: la Fed est à la fois en avance et en retard, elle est à côté de la plaque !

La Fed est très en arrière de la courbe. Pour la première fois de puis 2007 la NFD, c’est à dire l’ensemble de la dette non financière a progressé de plus de 2 trillions en un an!
Il n’y a donc aucune raison de s’étonner du Trump Rally, il est financé, solvabilisé, stimulé par le  crédit. Il a suffi d’un choc pyschologique. Nous l’avons expliqué en son temps dans un article  qui parlait de la monnaie morte ressucitée grâce aux animal spirits.
Deux trillions si vous nous suivez régulièrement et depuis longtemps, c’est notre chiffre fatidique: c’est le montant de crédit qui doit être créé dans le secteur non financier pour que la croissance roule toute seule. C’est le montant critique pour que les forces reflationnistes jouent d’elle mêmes. Nous y sommes.
Un titre de Bloomberg résume notre propos:  “Taylor Rule Suggests Fed is About 12 Hikes Behind.”. Bloomberg met le doigt sur ce qui est important: « La règle de Taylor, suggère  que la Fed a 12 hausses de taux de retard »!
Taylor est le père de la Régle du même nom, elle a été établie afin de guider la politique monétaire et les taux courts. Taylor la commente régulièrement sur son blog « economics one ». Il est partisan d’imposer à la Fed une politique fondée sur des règles et non plus sur l’arbitraire et les fantaisies de quelques hurluberlus monopoleurs.. Bien entendu nous sommes dans son camp.
La Fed nage en plein délire, elle est enfermé à la fois dans son échec et dans ses théories fumeuses élaborées de circonstance, comme celles conjointes de la croissance ralentie et du taux naturel. il n’y a bien sûr pas plus de taux naturel que de beurre en branche, même Keynes  l’écrit en toutes lettres en 1936 et ceci a été démontré archi démontré et commenté. Ann Pettifor a fait un beau travail sur ce sujet.
Il n’y a pas de taux naturel dès lors que l’équilibre général se fait non par l’épargne et l’investissement, mais par le crédit, par  la création de crédit et de monnaie de crédit. Mais nos zozos ne peuvent accéder à ces évidences car leurs présupposés théoriques, la neutralité de la monnaie, la création monétaire exogène, les anticipations rationnelles, l’équilibre en général et autres billevésées, les empêchent de penser: ils ne font que gloser les uns sur les autres.Ah la glose! Elle permet le règne de l’Autorité qui dispense de penser.
Bloomberg a aussi faux que la Fed , chacun prend un côté  de la médaille, mais chacun passe à côté de la réalité.
La réalite a deux faces, plus une tranche! La réalité c’est que l’on est en matière de politique monétaire à la fois en retard et en avance. Il est à la fois trop tôt et trop tard.
Trop tard pour le Système proprement américain et trop tôt pour le Système mondial. Les gouverneurs de la Fed oublient le Janus du système monétaire global , il est à la fois domestique et mondial. La masse monétaire mondiale est « dollar centrique », tout comme le refinancement des banques, tout comme l’appétit pour le risque, tout comme le volume des dérivés nécessaires pour faire tourner la machine,  qui conditionnnent la mise en  branle des capacités bilantielles du système bancaire. De tout ceci témoigne depuis de nombreux mois la raréfaction du « dollar » hors Etats Unis, la hausse des taux courts du marché de gros, les accidents et aberrations périodiques,  et l’évolution des swaps.
La régulation monétaire a deux visages, un aspect domestique américain et un aspect global. Il n’y a pas un système monétaire domestique américain et un système mondial, il y a un système global  plus ou moins imparfait, plus ou moins fluide et par conséquent il y a des contradictions dans toute la régulation. Ou plutot dans toute tentative de regulation. Il y a peut être trop de dollars domestiques et trop de stimulation, mais et c’est le point essentiel il n’y a pas assez de « dollars » dans le monde. Les deux aspects coexistent.
Les esprits bornés de la Fed ont abandonné la quête de Greenspan qui  s ‘interrogeait au début des années 2000 sur ce qu’était la monnaie à notre époque , ils ont abandonné la curiosité pour imposer monopolistiquement leurs vues. Et au lieu d’êrte capables d’appréhender la réalité mondiale avec le rôle de la monnaie « dollar », de l’eurodollars , de la liquidité mondiale, de la capacité des banques TBTF, ils sont retounés aux théories étroites, étriquées.
La suppression  du  calcul de M3 qui était pourtant la seule approche, imparfaite, mais correcte, pour inclure dans leur reflexion, tous les éléments de la modernité monétaire a été une terrible erreur.
« On March 23, 2006, the Board of Governors of the Federal Reserve System will ceasepublication of the M3 monetary aggregate ».  Au lieu d ‘approfondir et de s’interroger sur la modernité monétaire, la Fed a choisi d’enterrer les questions, d’éluder les problèmes que la mutation du système mondial impliquait. La crise de 2008 était déja une manifestation de cette défailance de la pensée de l’establishement monétaire! Souvenez vous, tout  a commencé … tout s’est grippé à Londres , hors des Etats Unis!

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