Les dépêches, le tail risk augmente

La Fed vient de hausser ses taux, ce qui signifie qu’elle a l’intention mener une politique moins stimulante. Si on accepte le cheminement que Yellen a exposé, nous entrons dans un vrai cycle de hausse des taux qui doit finalement les porter à 3% en 2018 ou 2019. Il est évident que ceci modifie considérablement le contexte et la situation de l’investissement en valeurs mobilières: à terme, la search for yield, la recherche à tout prix du rendement va s’estomper sinon disparaitre. Compte tenu du niveau très élevé atteint par les valorisarions et de cette perspective de normalisation monétaire, il est rationnel de réduire l’exposition des portefeuilles et de conserver de la poudre séche. C’est la raison pour laquelle depuis plusieurs jours, sinon quelques semaines nous multiplions les articles fondamenataux destinés à attirer l’attention des vrais investisseurs sur cette perspective. En effet nous  affirmons qu’en investissement,  dans une perspective de long terme, il n’y a aucun intérêt à s’engager, tout est trop cher et le risque de chute intercalaire dans une perspective de 12 ans est colossal.

Nous nous abstenons de donner des avis  en trading en général car ceci n’est pas du domaine de la prévision ou de la logique, la spéculation  est affaire de préférence pour le jeu. D’appétit pour le jeu.

Jusqu’à présent l’appétit pour le jeu est resté élevé et même si l’unanimité des marchés s’érode, les indicateurs restent plutôt positifs. Que ce soit sur l’extension, sur les primes de risques, l’intérêt spéculatif reste assez généralisé; bien entendu les secteurs et valeurs liées aux taux sont délaissés et cela crée une forte divergence au sein des indices larges comme celui du NYSE. Certains observateurs ont tendance à négliger ce phénomène, nous ne le faisons pas. Nous considérons que c’est important. Certes la hausse des taux longs depuis juin a été bien absorbée par les marchés, le 10 ans du Trésor US a passé les 2,60% sans déclencher de ventes , mais cela ne veut pas dire qu’il n’ y aura pas un jour ou l’autre des effets de seuil et si les 2,60% étaient un point critique, les 3% en sont un autre. Selon nous les 3% sont possibles et si cela se produisait , ce niveau pourrait provoquer un choc.

En trading, notre opinion est la suivante: le risque d’un choc brutal, d’une prise  de conscience violente et cumulative n’est plus exclu. Ce que l’on appelle le « tail risk » a considérabelemnt augmenté. Le tail risk c’est le risque à faible probabilité d’apparition, mais à très forte conséquence .

Voici les raisons de cet avis:

-Tout va bien, beaucoup considèrent que le ciel est bleu

-Les opérateurs et le public, tout le monde est du même coté du bateau

-Les prises de conscience sont des phénomènes brutaux, imprévisibles

-Les élites se sont trompées sur l’incidence du Brexit, elles ont prévu le pire et c’est le meilleur qui est arrivé. A un tel point que beaucoup ne croient plus aux conséquences  négatives du Brexit: ils ont tort,  elles sont devant nous, elles arrivent et ce sera comme un coup de tonnerre. S’agissant du Brexit, sans être pessimiste ou critique il faut savoir que nous entrons « dans le dur ».

-Les élites se sont trompées sur Trump, elles ont été prises à contrepied et le Trump Rally par sa durée, son ampleur a créé des illusions, des promesses qui ne pourront être tenues, c’est la raison même. La croissance anticipée de 2 à 2,5% en 2017 va exercer une forte pression sur le marché du travail avec un chômage officiel à 4,6% seulement, l’inflation montera à 2/2,5% d’ici un an contre 1,7% actuellement. L’usage d’une stimulation fiscale en cette période de fin de cycle, des dépenses d’infrastructure, des rabais fiscaux, tout cela est à contre tendance et à contretemps. Il y a du souci à se faire sur les déficits et sur les budgets, et par conséquent sur la dette.

-La politique de Trump va dans le sens de la hausse des taux et de la hausse du dollar . Les conséquecnes vont en être très importantes pour les émergents et singulièrerement l’Asie. Les pays d’Asie vont souffrir, monétairement, financièrement et économiquement. Certains ont les moyens d ‘y faire face, d’autres ne les ont pas.

-La Chine est dans une situation critique, elle tente de colmater jusqu’au 19e Congrès de fin 2017. Pour des raisons politiques,  Xi tient à tenir les plans de croissance à 6,5% alors que le potentiel chinois n’est plus que de 3%, ce qui signifie un usage excessif du crédit, fragilisation du système, et maintien d’investissements et de surcapacités. Les déficits, les dettes et les créances irrecouvrables, tout est bien plus important que les chiffres publiés. La hausse des taux américains dans un régime de change de semi-peg, de peg soft au dollar est très négative pour la Chine, d’ailleurs la presse chinoise a été très violente dans ses critiques de la hausse des taux de la Fed ces derniers jours. La politique de Trump n’est pas seulement économique, il veut géopolitiquement affaiblir la Chine, au besoin en la mettant en difficulté. Voire en crise.

-Le National Trade Agenda de Trump qui a fuité dans le FT est terrible, c’est un véritable choc, la principale puissance mondiale cesse de soutenir le libre échange, elle envisage de contester le WTO et de remettre en vigueur des lois américaines . On sait que les lois américaines sont supérieures aux lois des autres pays et aux lois internationales! La supply chain mondiale n’a qu’à bien se tenir, elle est menacée de perturbations.

-L’Europe connait une embellie  économique produite par la régulation afin de passer le cap des élections de 2017, l’amélioration artificielle est censée faire passer les élections avec les dégats minimum. La reprise est faite à la main comme on dit pour influencer les votes. Les niveaux d’activité sont au plus haut de trois ans dans certains pays et au plus haut de 5 ans dans d’autres comme la France, Autriche ou Pays Bas. Une normalisation de la politique de la BCE au dela des élections en Europe s’impose, elle sera perturbante pour l’euro. Les risques de désintégration n’ont pas disparu, les problèmes n’ont pas été traités. La stabilité actuelle a été achetée par la BCE d’une part et un renouveau du laxisme budgétaire d’autre part. L’Europe vit sur une montagne d’artifices.


Au G20 enterrement du Free Trade!

 

[WSJ] Treasury’s Mnuchin Fends Off Push to Reject Protectionism

[FT] Record-breaking 2017 for ETFs fuels fears of stock market bubble

[Bloomberg] North Korea Tests New High-Thrust Rocket Engine

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