Les premiers mois qui ont suivi le référendum ne sont pas significatifs.
Nous lisons dans la presse MSM cette imbécillité: « le Brexit digéré »! Comment peut on confondre le vote pour le Brexit, puis la formalité de l’Article 50 avec le Brexit lui même? C’est un mystère, mais il en dit long sur les capacités de la presse à rendre compte des faits. Encore plus sur sa capacité à les analyser et encore plus à les commenter.
il n’y a pas de Brexit, tout ce qu’il y a c’est l’envoi ce jour, d’un courrier ! Cela rappelle cette émission de télé ou un soit disant économiste a osé dire, « l’économie britannique est tout à fait bien il n’y a aucun effet négatif du Brexit ». La réalité est qu’à force de penser faux, les commentateurs en arrivent à ne plus penser du tout.
Ce qui s’est révélé faux, ce sont les avertissements alarmistes des partisans du remain, ils ont agité le spectre de l’effondrement avant le referendum, comme le Trésor britannique et la Banque d’Angleterre et ils se sont ridiculisés. Voila ce que c’est de crier au loup de manipuler pour influencer les suffrages. C’est le retour de bâton, sévère et mérité. Tous ces gens ont comme la BCE et les élites européennes en ce moment, perdu de vue leur mission qui est d’éclairer les votes et ils se sont déconsidérés en voulant les tripatouiller. Au moins en Grande Bretagne les élites comme Haldane à la Banque ont reconnu leur erreur.
Hélas, ce n’est pas parce que les manipulateurs se sont trompés et qu’il n’y a pas eu de catastrophe qu’il n’y en aura pas. Personne ne le sait, mais le plus probable est qu’il y aura une période très difficile. Les économistes ont beaucoup de défauts mais il y a des choses qui sont sures dans les théories et elles ne sont pas affaire de croyance ou d’opinions, mais de données concrètes. La croissance et les niveaux de vie ne tombent pas du ciel. Il y a des variables qui comptent.
On a terminé l’année sur une note ferme en Grande Bretagne. les services ont galopé et se sont retrouvé au plus haut de ces dernières années; l’industrie manufacturière aussi. La construction après une hésitation a rebondi. Les ventes d’autos ont enregistré un record avec 2,69 millions d’unités. Il y a eu une sorte de boom post référendum dans les activités de service. En particulier dans les secteurs de la communication et des loisirs.
En fait les prévisionnistes se sont totalement trompés sur les réactions du public, comme ils s’étaient trompés sur le résultat du référendum: ils se sont plantés sur la consommation des ménages et leur appétit pour dépenser. Le vote au lieu de détruire la confiance et d’inciter à la prudence a débloqué les consommateurs, les a libérés.
La baisse de la Livre, l’afflux de touristes , la baisse des taux de la Banque Nationale ont incité les gens à dépenser plus, à anticiper sur leurs dépenses! On a puisé dans les épargnes, réduit les économies, pris du crédit, le taux d’épargne a chuté à 5,6% contre plus de 6%, soit 6,1% les mois précédents. Ce en sont pas les revenus réesl qui ont progressé, non, ils ont reculé.
En raison de ces comportements, l’année 2017 s’annonce plus difficile: on ne peut puiser éternellement dans les bas de laine d’une part et d’autre part le pouvoir d’achat disponible a été amputé par la hausse des prix au rythme de près de 3%. Le pouvoir d’achat réel recule. Les dépenses d’investissement sont en baisse par rapport à l’année précédentes, la productivité se traîne. Les déficits publics s’accroissent au point que l’on prévoit une forte hausse des besoins d’emprunt du gouvernement dans le moyen terme. Les derniers comptes courants font ressortir un trou de 5% du GDP.
L’année 2016 et l’année 2017 ne sont et ne seront pas vraiment significatives de ce que sera l’influence du Brexit sur la Grande Bretagne, car il y a l’inertie des affaires, la vitesse acquise, les projets qui sont dans le pipe line. Si il y a une cassure, ce sera plutôt entre 2017 et 2018. Entre la rentrée 2017 et l’été 2018; entre temps on aura eu une idée sur la tournure que prennent les négociations avec l’UE.
Même les propos des uns et des autres ne sont pas significatifs, ce sont des gesticulations, des postures. Personnes ne sait si on va vers un hard Brexit ou pas; personne ne connaît les mesures que prendra le gouvernement Britannique pour mitiger les effets négatifs de la sortie. Il peut agir sur les investissements, la compétitivité, la fiscalité …