Election, le front ne bouge pas, guerre, si on peut dire, des tranchées

Il n’y aura pas de débat sur France 2. Cela parait définitif.

On s’en doutait! Quelles que soient les raisons invoquées, ce qu’il faut voir et prendre en compte c’est la réalité objective: il n’y aura pas de débat. Ceci fait suite à la neutralisation qui a été opérée lors des premiers débats, neutralisation qui aboutit au fait qu’en réalité dans cette campagne, eh  bien il n’y a pas d’affrontement direct. Donc rien ne peut basculer. C’est la victoire du marketing et des créateurs d’images sur les traditionnalistes qui veulent des contenus. Pas de place au hasard, pas de risque, pas d’aventure.

Dans cette formule, le système réduit ses risques: les candidats ne peuvent être mis en difficulté, il n’y pas d’imprévu qui viendrait  gacher les investissements financiers colossaux qui sont opérées. On ne gache pas des dizaines de millions d’euros sur un coup de dés, sur  un affrontement télévisé direct qui pourrait mal tourner, qui pourrait l’espace d ‘un instant tout faire basculer.

Le débat qui a opposé les onze candidats à la présidentielle mardi soir sur CNews et BFMTV n’a fait  bouger les lignes.  D’après le dernier sondage journalier réalisé par ‘Opinionway’ pour ‘Orpi’, ‘Les Echos’ et ‘Radio Classique’, les intentions de vote sont stables.

Marine Le Pen reste en tête. La présidente du Front National, Marine Le Pen, fait toujours la course en tête, étant créditée de 26% des intentions de vote au premier tour. La candidate a pourtant été la cible de ses adversaires. Nathalie Arthaud (Lutte Ouvrière) et Philippe Poutou (NPA) l’ont notamment attaquée sur son refus de se rendre à une convocation de la justice, permis grâce à son immunité du Parlement européen. « Quand on est convoqué par la police, on n’a pas d’immunité ouvrière, on y va », a fustigé ce dernier.

Nous avons expliqué en son temps que l’excès nuit en tout, la répétition des attaqques ne nuit plus à Marine, elle est devenue Teflon. Elle ne semble donc pas en pâtir, bien au contraire: Marine Le Pen réduirait même un peu l’écart au deuxième tour, face à Emmanuel Macron (40% contre 60%) ou François Fillon (44% contre 56%). Ceci n’a rien à voir avec les attaques ou avec les prestations cela a voir avec des réaménagements  internes, complexes,  de l’électorat. Il y a du brassage que les Instituts voient car ils ont des sondages détaillés, mais le public n’y a pas accès. A ce stade, ce qui est réellement intéressant, c’est la simulation de second tour. On attend toujours un frémissement significatif de ces positions pour l’instant encore  figées.

Plus que les thématiques, ce qui peut jouer maintenant, ce sont les perceptions car il y a des candicats « fragiles ». Si un candidat venait à être perçu comme ayant du plomb dans l’aile, alors ceux qui expriment des préférences pour lui, pourraient s’en détourner avec l’idée que leur vote devient inutile et qu’il  est gaché. Ils se reporteraient sur un autre , dit de second choix, un autre qui lui, serait considéré comme ayant encore des chances. Une dynamique qui pourrait nuire à un candidat « fragile » peut très bien venir se manifester au profit d’un autre. Pour nous les fragilités majeures se situent au niveau de Fillon d’une part et de Hamon d’autre part. Une consultation à deux tours dans un système quadripolaire permet des combinaisons internes qui sont mal connues puisque l’on n’en a pas l’expérience historique.

Emmanuel Macron arrive pour sa part en deuxième position, avec 24% des intentions de vote au premier tour, devant François Fillon (20%), Jean-Luc Mélenchon (15%) et Benoît Hamon (10%).

Les « petits candidats », qui participaient à leur premier débat – celui du 20 mars ayant opposé cinq participants seulement – n’ont pas renversé la vapeur.

Les « petits » stagnent, malgré un prestation jugée convaincante d’Asselineau, injustement boycotté. Il a des choses à dire pour éclairer le débat démocratique et lui donner un peu de consistance. Il faudrait trouver une solution à ce problème de ceux que l’on appelle les « petits candidats »: il y en a certains qui jouent le jeu démocratique de la présidentielle et il y en d’autres qui certes méritent d’avoir la parole et une tribune, mais dans un autre cadre.

La question d’un détournement de la fonction du débat et de la visibilité qui leur est offerte et  la question de la nécessaire expression des minorités, même marginales se posent . Comment concilier les deux?

François Asselineau est le seul à regagner un point (1%), alors que Nicolas Dupont-Aignan stagne à 3% des intentions, contre 1% pour Philippe Poutou et 0% pour Jacques Cheminade, Nathalie Arthaud et Jean Lassalle, qui perd même un point.

Campagne officielle à partir du 10 avril

Il reste environ 15 jours aux prétendants à l’Elysée pour tenter de se faire entendre. Jusqu’au 10 avril, le Conseil supérieur de l’audiovisuel impose un principe d’équité du temps de parole (qui tient compte de la représentativité de chaque parti). Chacun sa conception de l’équité, bien entendu!

S’ouvre ensuite une nouvelle période: celle de la campagne officielle, qui contraint à l’égalité du temps de parole et d’antenne.

En Prime

François Fillon a réitéré jeudi ses accusations contre le « cabinet noir »  qu’il estime être à l’origine des révélations sur les emplois potentiellement fictifs de membres de sa famille, mettant à nouveau en cause François Hollande et menaçant de poursuites judiciaires.

« Cette opération a été montée, je le prouverai », a déclaré le candidat de la droite et du centre sur France Inter.

« Le moment venu, je poursuivrai tous ceux qui sont à l’origine de cette affaire », a-t-il ajouté en précisant disposer de « toutes les indications » qui lui permettront « de poursuivre ceux qui ont fait ça ».

« J’ai les dates, les jours, les personnes qui ont communiqué les documents. Parce qu’il ne faut pas croire que je vais lâcher les accusations que j’ai lancées contre ceux qui ont déclenché cette affaire », a lancé François Fillon.

Le député de Paris, qui avait déjà laissé entendre que François Hollande pourrait être à l’origine de ce dossier, a de nouveau mis en cause le chef de l’Etat. A la question « c’est François Hollande qui a déclenché l’affaire ? », il a répondu « oui, bien sûr ». « Je me réserve la possibilité de poursuivre toute personne qui piétine ma présomption d’innocence », a-t-il indiqué.

 

 

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