Le charme semble rompu sur les marchés, c’est la faute à la Fed

Voir notre article: « Un peu de fruits dans le bol de punch » dans le service 

Le charme semble rompu sur les marchés. Les commentateurs et les gourous veulent en imputer la responsabilité aux incertitudes politiques.

On avance les incertitudes américaines, les incertitudes européennes, les problèmes avec la Chine, etc. Tout est bon, tout y passe. Toutes ces choses sont connues depuis longtemps; il n’y a aucune raison pour que les opérateurs fassent semblant de les découvrir aujourd’hui. En bourse, il en va souvent ainsi; on impute les mouvements que l’on ne comprend pas à l’actualité apparente qui fait les titres des journaux.

Une chose est sûre; on était sur un petit nuage. Ce que l’on appelait le Trump rally était essentiellement fondé sur les animal spirits; des animal spirits soufflés, inflatés par l’espoir. Cet espoir a été douché par l’échec sur le vote du Healthcare.

Tout cela nous semble constituer des prétextes. Le fond de la situation que l’on s’efforce d’oublier, c’est la politique monétaire de la Réserve Fédérale. Nous avons, dans un article récent, traité cette question en insistant particulièrement sur deux idées.

  • la première est que la hausse des taux qui a été opérée le 15 mars a été un échec dans la mesure où elle s’est traduite non par un resserrement financier, mais par un désserrement.
  • la deuxième est que la Fed souhaite calmer l’exubérance des marchés et qu’elle s’inquiète maintenant de l’écart grandissant entre tout ce qui est constitué par l’humeur, par le « soft », par les opinions et de l’autre, la réalité.

Ayant constaté l’inefficacité de sa politique sur les taux, elle a décidé de lancer le débat sur les choses sérieuses: la taille de son bilan. Depuis le 15 mars c’est le thème qui revient le plus souvent dans les discussions et les conférences auxquelles participent les gouverneurs.

A la faveur de ces discussions et de ces conférences, l’idée d’une prochaine réduction de la taille du bilan s’implante. Vous pouvez être sûrs que d’ores et déjà les grandes maisons, si elles ne l’ont pas déjà fait, sont en train de faire tourner des modèles pour simuler la réduction de la taille du bilan de la Fed et en tirer des conclusions sur les conséquences que cela aura sur la valeur des actifs financiers. Pareil modèle existe. On en a vu publiés par le PIIE, le Peterson Institute.

La conjonction d’un chemin de hausse des taux qui mènerait ceux-ci à 3%-3,5%  et d’un rétrécissement de la taille du bilan qui se traduirait par une offre accrue sur les actifs de long terme provoquerait selon nous une baisse quasi mathématique de la valeur des actifs longs. Un modèle approximatif et imparfait par exemple nous suggère qu’à un délai de deux ans on pourrait très bien aboutir à une réduction du niveau du S&P 500 de 20 à 30%. Ceci peut se faire gentiement ou brutaleme,t, tout dépenb du doigté de la Fed et des circonstances extérieures.

« La normalisation de la politique monétaire de la Réserve Fédérale passe par la poursuite du relèvement graduel des taux directeurs, mais aussi par la réduction de la taille du bilan de la banque centrale US, qui pèse 4.500 milliards de dollars… C’est le double message de la Fed que les investisseurs ont un peu de mal à digérer ce jeudi . La banque centrale américaine qui a beaucoup dépensé pour atténuer les effets de la crise financière de 2008, cessera les rachats les titres arrivant à échéance… Cela réduira du même coup la demande globale .

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