Dupont-Aignan a raison ! Il faut voter Marine Le Pen ! écrit Christian Vanneste

  Christian Vanneste

Député Honoraire – Président du RPF – Président d’honneur de Famille et Liberté

 De Gaulle aurait-il pu dire « La France aux Français » ?
 
Les Français découvrent la cruauté de la situation. Ils se retrouvent devant un choix par défaut entre deux candidats qui n’ont aucune expérience du pouvoir à ce niveau.

Après cinq ans d’une présidence lamentable dont les derniers chiffres du chômage rappellent l’effarante nullité, ils avaient cru voir l’homme providentiel, un gaulliste expérimenté, brillamment désigné par une primaire réussie. Son projet déployait une rigueur à la hauteur de la débâcle nationale. Il faisait appel au patriotisme et au courage. La meute politicienne et médiatique, quant à elle,  a aussitôt fait appel au travers français qui est de préférer les demi-mesures qui frappent les autres plutôt que les solutions radicales.  » Le sang, la sueur et les larmes », c’est bon pour les Anglais ! L’étoile de Fillon a pâli. L’opération montée par l’Elysée sur ses arrangements familiaux à l’Assemblée l’a rabougrie.

Sa sortie de scène avec un stupéfiant ralliement à Macron, le mondialiste qui n’avait pas hésité à salir la France en l’accusant de crimes contre l’humanité, l’a définitivement éteinte. Son gaullisme était donc une imposture. Il est vrai que Les Républicains ont tout abandonné du gaullisme ! Bien sûr que de Gaulle était souverainiste ! C’était l’axe d’une politique qui lui avait fait pratiquer la politique de la chaise vide à Bruxelles, refuser l’entrée du Royaume-Uni dans le Marché Commun, et quitter l’Otan. Le RPR qui incarnait l’héritage avait, dans ses débuts, maintenu cette ligne en prônant la préférence nationale, et en étant plutôt eurosceptique avec Pasqua et Seguin. Or par un incroyable renversement de la vérité, qui correspond bien à la post-démocratie à laquelle nous sommes désormais soumis, des gens qui n’ont jamais été gaullistes, ou qui ne le sont plus, osent aujourd’hui injurier, traiter d’imposteur Nicolas Dupont-Aignan parce qu’il a passé un accord avec Marine Le Pen qu’il soutient désormais pour la présidentielle.

Cette élection aura été d’un bout à l’autre obscurcie par un brouillard de calomnies et de mensonges.

De Gaulle aurait-il pu dire « La France aux Français » ? Telle est la question d’une stupidité abyssale posée sur France 2 à Nicolas Dupont-Aignan. Les journalistes d’aujourd’hui ont remplacé les connaissances et la réflexion par des préjugés et des réflexes. Parce que l’extrême-droite a combattu le général sur le devenir de l’Algérie, le gaullisme serait son adversaire éternel. Non, le général de Gaulle faisait appel à tous les patriotes de bonne volonté. Il y avait des hommes très à droite autour de lui à Londres. D’autres l’ont entouré pour créer le RPF en 1947. D’autres encore ont contribué à son retour au pouvoir en 1958. Les Comités de Défense de la République qui l’ont aidé à vaincre la chienlit en 1968, et que j’ai fréquentés à l’époque, n’étaient pas précisément des centristes. Quant à ce slogan, il était tellement au coeur de sa politique, qu’il n’avait pas besoin de l’énoncer, il le pratiquait.

La France aux Français, cela voulait dire deux choses : d’abord que c’était aux Français de choisir leur destin, pas à quelques Français, au peuple français ! Ce qui l’a toujours conduit à faire respecter la démocratie, au moyen des référendums notamment. On peut être conservateur, voire réactionnaire et être gaulliste, fasciste certainement pas ! C’est là que se situe la frontière.

Ensuite, cela signifiait que les nations devaient se diriger elles-mêmes, sans être inféodées à des blocs, ou à des entités supranationales. Il employait le mot « machin » pour désigner l’ONU, ce « machin » qui vient d’intégrer l’Arabie Saoudite dans la commission qui traite de la condition féminine ! La France aux Français avait dans son esprit pour corollaire l’Algérie aux Algériens. Dans la confusion mentale qui les habite, certains ont construit, à partir de là, un « de Gaulle » illusoire quasiment de gauche, mobilisé pour les droits de l’homme contre l’extrême-droite. De Gaulle était un patriote humaniste qui pensait qu’il ne fallait pas mélanger des peuples trop différents pour que chaque nation puisse garder son identité et son indépendance. Macron, mondialiste, eurolâtre, immigrationniste, communautariste, qui soumet la politique à l’économie, est aux antipodes du gaullisme. En revanche, les idées défendues par le Front National sur ces questions sont évidemment compatibles avec le gaullisme. Par ailleurs, le FN s’est efforcé de rompre avec un passé et des relations qui le rendaient peu fréquentable. Vouloir nier ces efforts quand on copine effrontément avec une gauche antinationale qu’on a fait semblant de combattre pendant des années, et cela pour préserver une parcelle de pouvoir, relève de l’imposture la plus grossière. La trahison est un mot qui résume l’histoire du mouvement fondé par Jacques Chirac en 1976 et qui a renoncé à toutes ses valeurs pour devenir une officine de placement électoral qu’on appelle Les Républicains.

Les Français sont devant un dilemme auquel l’oligarchie régnante les a conduits par ses manoeuvres.

Elire Macron serait couronner le bilan d’un quinquennat désastreux qu’une manipulation politicienne aurait ainsi sauvé. Ce serait poursuivre l’effacement de la France, et la destruction de ses bases les plus solides, comme la famille. Ce serait faire rentrer à l’Elysée le candidat de Bergé…

La machine de diabolisation du Front National est à nouveau en route. Elle ne vise pas l’intelligence, mais procède par suggestions, elle suscite le réflexe plus que la réflexion. Le comportement des élus de ce parti ne pose cependant plus de problème. En revanche, les positions économiques, sociales, sociétales de Mme Le Pen ne sont pas satisfaisantes. Elles ne mettent pas fin à la dérive suicidaire d’un Etat-Providence à bout de souffle et annoncent avec l’Europe une rupture brutale qui ne pourra pas être réalisée sans conséquences néfastes pour le pays. La France n’est pas le Royaume-Uni. Qu’il faille revenir aux monnaies nationales et reconstruire l’Europe sur d’autres bases est un objectif souhaitable, mais qu’on doit envisager de manière réaliste. Il semblerait que l’accord passé entre Nicolas Dupont-Aignan et Marine Le Pen aille, sur ce point, dans la bonne direction.

Les élections législatives doivent, de toute manière, permettre de recomposer la droite en l’appuyant sur ses valeurs authentiques, en la délestant des opportunistes prêts à toutes les compromissions. Elles seront décisives !

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