Billet Le capital zombie, mon ennemi c’est la sociale-démocratie

En réponse à Antoine F..

Le capital zombie est le capital qui normalement, économiquement n’est plus compétitif, n’est plus adapté, est dépassé. Par exemple une machine périmée. Par exemple un restaurant pourri qui refuse de fermer ses portes et brade les prix ce qui fait du tort aux autres, par exemple une banque ruinée mais qui continue à fonctionner grâce à l’argent gratuit de la BCE.
Le capital dépassé, obsolète, pour continuer à fonctionner prélève des ressources mais les utilise mal, il gaspille au niveau économique du pays ou de l’ensemble auquel il appartient. Une firme qui a beaucoup d ‘activités, mais conserve celles qui sont structurellement déficitaires sans raison stratégique, gaspille des ressources et ce faisant elle pèse sur le taux de profit non seulement de son groupe mais du pays.
Prenez Heuliez , cher à Ségolène en son temps; l’entrepise était condamnée économiquement , morte, mais pour la maintenir en vie on a accordé des prêts, des subventions, cela ne l’a pas empêchée de crever , elle a fonctionné en tant que zombie longtemps. Elle a ponctionné sur le capital et le profit du pays par le biais des crédits que lui ont accordé les banques, sur ordre.

Le secteur le plus clairement zombie est bien sur le secteur bancaire italien. Mais au niveau européen , sur des bases comptables et réglementaires normales, non truquées tout le secteur est zombie. Si on acceptait de considérer que les créances des banques sur certains états et gouvernements étaient irrecouvrables, ce qui est la réalité, alors on devrait déprécier ces créances, les banques concernées n’auraient plus de fonds propres, plus de capital,  et on verrait qu’elles sont zombies, mais on ne le fait pas. On maintient le mythe et on augmente les impôts sur les citoyens pour entretenir la fiction, ainsi les banques survivent malgré leur absence réelle de capital et elles ponctionnent sur le surproduit global donc font chuter le taux de profit moyen.

L’uberisation de certaines professions est en sens inverse un moyen de faire remonter le profit moyen d’un pays, car elle tue des professions anciennes, dévalorise leur fonds de commerce et en les détruisant peu à peu elles les empêchent de continuer à concourir pour s’attribuer un peu de profit. L’uberisation c’est cela: la destruction du capital de certaines professions, sa transformation en capital zombie; le détenteur continue quelque temps alors même que ce n’est plus rentable, puis il baisse les bras, le zombie meurt. Le petit zombie meurt toujours, ce sont les gros, les très gros zombies que les politiciens et banques centrales gardent en apparence de vie.
Le keynesianisme, dans sa fonction générale aboutit à maintenir en vie les zombies, la dette est le moyen, pour le capital mort, de faire semblant de se maintenir en vie. Si vous observez la masse croissante de dettes dans le système capitaliste, vous concluez que la masse de capital qui ne survit que grâce aux dettes est énorme La dette est un moyen de reculer la mort. Mais elle augmente la masse de capital fictif, non productif dans le système , donc elle rend de plus en plus inéluctable la destruction, la crise future. Augmenter les dettes dans un système de plus en plus zombie, c’est creuser de plus en plus profond … pour sortir d’un trou. Le keynésianisme c’est l’invention du capital ancien dépassé , obsolète pour continuer de prélever, c’est la défense des couches sociales qui prelèvent injustement, cela leur permet de continuer sinon à se reproduire, du moins à durer. Le keynésianisme c’est une idéologie au service de couches sociales profondément régressives. Oser le dire c’est oser un paradoxe car le keynésianisme c’est l’outil de gestion préféré des socialistes.

Le système capitaliste n’est défendable et légitime que si il est dur, impitoyable avec lui même. Le capitalisme c’est la dure sélection des plus aptes, des plus adaptés , la sélection de ceux qui pilotent, ouvrent la marche vers le futur. Le capitalisme, accomplit sa fonction   si il élimine les capitalistes les plus faibles, les moins efficaces. C’est la symétrie qui rend le système défendable: les salariés sont mis au chômage et le capitaliste est ruiné.

Le capitalisme est un moment de l’histoire, progressiste, efficace dans la mesure ou il élimine sans pitié le capital fictif/dépassé qui ne correspond à aucune utilité sociale. L’invention du keynesianisme et de la sociale démocratie empêche le capitalisme de se purger, de se régénérer , et donc elle le fait muter en un système qui devient non défendable. Nous y sommes. Si il ne le fait pas alors il évolue vers le socialisme, il devient moins efficace, plus inégalitaire, plus rentier et donc il manque à sa fonction historique qui est de produire plus et de plus en plus efficacement.
C’est ce que je dis dans un article ci dessous, on a fait du socialisme dans le capitalisme, on a socialisé le capital et ce faisant on détruit sa légitimité et sa fonction historique. Le système social-democrate, système des nègres blancs, est un système pourri, profondément conservateur qui empêche le neuf, le plus efficace, le plus adapté de naître. Mon ennemi, c’est la sociale démocratie.

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2 réflexions sur “Billet Le capital zombie, mon ennemi c’est la sociale-démocratie

  1. Merci de cette analyse si juste.

    Une réflexion m’aborde à la lecture de votre article: Uber, modèle encensé de « désintermédiation » a perdu 2 milliards en 2015 et près de 3 milliards en 2016. Elle vient exploser des modèles fonctionnels et ne voit sa survie à terme qu’avec des voitures sans conducteur. Ce genre d’entreprise et de business-model me fait penser à du lierre qui enserre et étouffe un arbre sain, vivant de sa prédation, pas d’un modèle capitaliste sain à émuler.

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    1. L’entreprise Uber n’est pas un modèle, au contraire, elle est déplorable, mais le « business model » qui fonde l’Uberisation en général est pertinent. Et c’est pour cela que Macron en est fan. En plus l’Uberisation permet de s’exploiter soi-même; de faire des heures pour un salaire inférieur au SMIC. L’Uberisation en tant que « business model » est un principe de destruction des rigidités.

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