Schauble, Merkel bienvenue à Macron, mais reddition d’abord!

 

Angela Merkel a  adoubé    Macron lundi  sur son projet de « refondation » de l’Europe en crise.

Macron a la confiance de 25% des Français au plus, mais il est investi de la confiance totale des Allemands. Et ceci même si leurs projets de sortie de crise sont un peu différents.

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Leur première entrevue depuis l’élection du président  était très attendue car les projets de réforme de l’UE évoqués par Emmanuel Macron durant la campagne électorale avaient suscité beaucoup d’intérêt  à Berlin.

Au final, compte tenu de ces contraintes politiques sur le plan intérieur, la chancelière a fait le maximum pour lui faciliter la tâche sans rien lacher.

« Nous sommes à un moment historique de l’Europe » avec « la montée des populismes » et le risque de « délitement » de l’Union, a martelé Macron après leur entretien. « Nous avons besoin d’un temps historique qui sera un temps de refondation » du projet européen, a-t-il ajouté.

Vous remarquerez l »absence d’allusions aux vices de la Construction Européenne, l’absence de diagnostic. Ce qui vient en premier, c’est la montée des populismes et bien sur il ne s’agit surtout pas de s’interroger sur les causes de cette montée du populisme: échec économique, chômage, inégalités, remplacisme, contrôles, impôts, absence  de démocratie, appauvrissement , chute de l’euro de 1,37 à 1,09 dollar ,etc etc. Bref pas question de remettre la pendule au milieu du village de revenir à la vérité, au sérieux et bien sur à la démocratie.

Cela commence mal! C’est leur confiance entre eux qu’ils recherchent, pas la nôtre et déjà, il semble bien qu’ils ne l’auront pas.

Le chef de l’état n’a pas hésité devant la presse à appeler Angela Merkel à ses responsabilités. Cette relance de l’Europe passe aussi à ses yeux par un « travail de conviction » de la chancelière à l’égard de son opinion, a souligné Emmanuel Macron. Une allusion aux réticences traditionnelles de l’Allemagne au sujet des projets de refonte de la zone euro, Berlin redoutant au final de payer pour les autres. Ce qui est incontournable dans une Union Politique, aucune monnaie commune ne peut fonctionner sans transferts en raison des divergences au sein de l’ensemble! 

Pour rassurer, le nouveau chef de l’Etat a promis des réformes en France, s’engageant à « restaurer une confiance pleine et entière » avec l’Allemagne. Donnant donnant, « nous allons faire suer le burnous des Français », mais en échange nous allons vous demander un peu de solidarité ; et un peu plus de croissance, de laxisme budgétaire et d’accepter les dérives monétaires prolongées . Bref soumission, austérité et régression pour les faibles et un peu de laissez-aller pour les forts, un peu de laissez-aller et de charité! On verra plus bas que les Allemands ont répondu « nein »;

Macron a été accueilli à la chancellerie par les applaudissements et les cris enthousiastes d’une petite foule tenue à l’écart, d’où émergeaient des drapeaux français, allemands et européens et une banderole avec ces mots: « Au nom de l’amitié ».

Réforme des traités

De mémoire des journalistes allemands, l’accueil réservé à Macron par le public est du jamais-vu, sinon pour la venue de l’ancien président américain Barack Obama. Au début de leur entretien, la chancelière est même sortie sur le balcon de son bureau pour saluer la foule. Normal , la Chancelière a beaucoup payé de sa personne et ses médias  aussi pour faire élire Macron.

Illustration la plus éclatante de leur volonté commune : la chancelière, jusque-là très réticente, a lâché que « du point de vue allemand, il est possible de changer les traités si cela fait sens » en Europe. Cela n’engage à rien puisque la veille Schauble disait: changer les Traités est impossible car il faudrait consulter les peuples et ils diraient « non »! Bref elle accepte ce qu’elle reconnaît comme impossible! Ah les braves gens!

Les projets de refonte de Macron concernant le fonctionnement de la zone euro impliquent pour la plupart un changement de traité, toujours risqué/impossible  car il nécessite une ratification de l’ensemble des pays européens.

Macron s’est cependant efforcé de rassurer son hôte allemande en affirmant qu’il était opposé à l’idée d’une mutualisation des dettes « du passé » des pays de la zone euro, un chiffon rouge en Allemagne. Sur ces bases de refus de l’Allemagne on ne peut ni résoudre les problèmes de l’Italie, ni le probème de la situation fragile et mensongère des banques euros criblées de dettes pourries ; pas d’union bancaire réelle et pas possibilité de garder le poids mort Italien.

Il a revanche appelé à ouvrir le débat sur de nouveaux projets d’investissement d’avenir. On revient aux tartes à la crème socialisante et keynésiennes, qui n’ont jamais donné de résultats. Décidément, on a du mal à trouver la moindre nouveauté chez Macron si ce n’est l’accord préalable pour laminer les Français au delà de ce qu’avait accepté de  faire Hollande. Macron n’est neuf que dans la mesure ou en tant que nouvel élu, il croit pouvoir profiter de l’effet de surprise et de légitimité pour serrer la ceinture d’un cran de plus.
Rentrant lui-même de Berlin pour un dîner d’adieu avec Angela Merkel, une semaine plus tôt jour pour jour, François Hollande avait préparé le terrain à ce réchauffement, assurant que la chancelière voulait « la réussite » d’Emmanuel Macron et entendait concourir « à la stabilité politique » en France. La chancelière, qui brigue un quatrième mandat lors d’élections législatives en septembre dans son pays, ne pourra toutefois politiquement faire trop de concessions à M. Macron.

« Sa marge de manœuvre est très limitée. Avec son ouverture aux migrants, elle a perdu beaucoup de capital politique et ne peut tirer trop sur la corde avec son parti de droite », confie l’un de ses ministres sous couvert de l’anonymat.

Wolfgang Schäuble vient de donner une interview à Der Spiegel.

Son entretien très publicisé, n’apporte pas en fait de nouveauté sur  la position Allemande si ce n’est le préjugé favorable à Macron. Il est chaleureux, Macron est bienvenu et Schauble se montre conciliant et constructif. Mais ce sont des mots.

Schauble dit :“Macron will ein stärkeres Europa, genauso wie die Kanzlerin und ich. Es hat mich beeindruckt, dass der neue Präsident nach seinem Wahlsieg zu den Klängen der Europahymne auf die Buhne vor dem Louvre gestiegen ist. Das war ein starkes Symbol.Ganz klar. Macron ist unser Mitstreiter.

Ce qui se traduit: « Macron veut une Europe plus forte comme la Chancelière et moi même. J’ai été impressionné qu’après sa victoire il soit monté sur l’estrade au  son de l’hymne Européen; c’était un symbole fort et clair. Macron est notre allié ».

Nous dirions plutôt, c’est notre homme dans la place!

Schaeuble about Macron

 Schäuble veut: 

“Erst mal will Macron Veränderungen in Frankreich, und dabei unterstützen wir ihn. Macron hat Mut bewiesen, indem er gegen die Mehrheitsmeiunung der sozialistischen Partei enien reform- und europafreundlichen Wahlkampf geführt hat. Nun muss Macron sehen, dass er in der Nationalversammlung für seine Pläne zur Reform des Arbeitsmarktes eine Mehrheit bekommt. Wir all wünschen, dass er dabei Erfolg hat.”

En clair, le petit Macron a fait preuve de courage, maintenant il faut qu’il gagne sa majorité sur ses projets européens et son agenda des réformes.

Mais la France doit d’abord payer, c’est à dire faire ses réformes et ensuite on verra. Et la réforme clef, c’est celle centrale du marché du travail ses « Pläne zur Reform des Arbeitsmarktes ». Les français ont ils voté pour cela? On verra! 

Le paiement, Schauble est très explicite , c’est la séquence des évènements-”Das ist die richtige Reihenfolge-  dit Schauble, d’abord les réformes en France et ensuite nous examinerons l’agenda européen ce qui veut dire que la position Allemande ne change absolument pas.

Le soutien à la position Française pour un changement dans les Traités et dans la Constitution Allemande ne peut être examiné qu’après que les pays tiers aient mis de l’ordre-allemand bien sur- dans leur maison et se soient suffisamment germanisés.

Reddition d’abord , pas d’association sur un pied d »égalité. 

 

En passant Schauble en a profité pour récuser l’idée que les excédents Allemands avaient une responsabilité dans la situation déséquilibrée actuelle.

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3 réflexions sur “Schauble, Merkel bienvenue à Macron, mais reddition d’abord!

  1. Reddition d’abord et ensuite on verra. Bien vu mais quelles alternatives? Les français ne veulent pas quitter l’euro, ils ne veulent pas remettre en cause leur social – clientélisme qui conduit à une accumulation sans fin des dettes. La perte de souveraineté n’est que la conséquence de cette veulerie. En ce sens, Macron ne fait que s’adapter à l’état d’esprit des français.

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