Billet: Il est temps de songer au grand coup de balai de ceux qui ont produit la défaite

Selon le dernier sondage OpinionWay-ORPI réalisé pour Les Echos et ‘Radio classique publié jeudi, le nouvel exécutif obtiendrait 280 à 300 députés à l’issue de l’élection législative es 11 et 18 juin prochains, sans tenir compte de l’Outre-Mer, de la Corse et des Français de l’étranger, territoires qui n’ont pas été pris en compte par l’institut parce qu’ils « répondent à des logiques différentes »…

Nous soutenons que ce phénomène est normal, attendu et qu’il était prévisible; il n’y avait que l’incroyable naïf Baroin pour imaginer le soir du premier tout, que son parti pourrait gouverner et forcer ainsi Macron à la cohabitation. Nous l’avons d’ailleurs démoli immédiatement.

Pareille erreur d’analyse a débouché sur une erreur de stratégie et si la France était un pays normal, c’est à dire un pays capable de sanctionner les inaptes , elle mettrait tout ce beau monde au chômage.

Nous soutenons que ce score de Macron ne témoignera pas d’une recomposition politique.

La recomposition politique est souhaitable, mais  pour qu’elle ait un sens et soit durable il faut qu’elle se fasse selon des lignes de forces programmatiques d’une part et selon des alliances sociales d’autre part. Or ce n’est pas le cas puisque nous ne sommes pas sortis  la mystification. Les prises de conscience n’ont pas eu lieu. Les cristallisations ont avorté. La clarification n’a pas eu lieu. Elle ne pourra maintenant avoir lieu que lors de la révélation de l’échec de la gestion Macron, lors de l’écroulement du mythe de la convergence européenne  et malheureusement la France et les Français auront encore trinqué entre temps.

L’un des obstacles a la vraie recomposition est le bastion verrouillé du Front National; la boutique Le Pen a fait la preuve de se limites historiques et elle doit laisser la place à une formation conservatrice capable de nouer des alliances, d’attirer des cadres  de valeur. La seule stratégie possible est celle sortie du ghetto .

La gauche marginalisée

La majorité absolue (tous sièges compris) est de 289 sièges, l’assemblée comptant au total 577 élus. La droite LR-UDI obtiendrait 150 à 170 sièges au Palais Bourbon, tandis que le PS et ses alliés auraient 40 à 50 sièges, la France insoumise 20 à 25 sièges et le FN décrocherait 10 à 15 sièges.

En termes de suffrages, REM est crédité de 27% des intentions de vote au niveau national au premier tour, contre 20% pour la droite et le FN, loin devant La France insoumise (14%) et le PS (11%).

REM a nettement progressé depuis la veille du second tour, qui a donné une large victoire à Emmanuel Macron face à Marine Le Pen. L’enquête OpinionWay-ORPI estimait alors le nombre des députés En Marche entre 249 et 286.

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7 réflexions sur “Billet: Il est temps de songer au grand coup de balai de ceux qui ont produit la défaite

  1. L’élection de Macron, l’idée même qu’il ait pu oser se présenter comme candidat, sanctionne la longue désacralisation de la fonction présidentielle dans l’inconscient du bon peuple. Comme vous le disiez: il n’y a plus de confiance et surtout plus de respect.
    L’écroulement s’est précipité quand les gens ont vu avec Sarkozy qu’une caricature de manager pouvait prendre le poste et se comporter comme un beauf quelconque pur rien, ou avec Hollande qu’un digne représentant du microcosme politicard pouvait promener sa bonhomie incompétente et vicelarde pendant 5 ans sans la moindre sanction..alors, pourquoi pas n’importe qui ou n’importe quoi ?

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  2. Sur les 290 sièges de REM, s’il y a une 50aine de frondeurs après quelques mois, cela reviendrait à perdre l’assemblée.
    Le Sénat étant déjà (quasi) acquis à LR avec les grands électeurs, ça reviendrait à une cohabitation, plus le risque de motion de censure en cas de troubles/réformes…

    Ensuite, je suis moins catégorique que vous sur Baroin qui joue plus le long terme (régionale / présidentielle) et ne se mouille pas vraiment en ce moment. Ses sorties sont rares et son discour n’est que de facade
    Sa mission n’est que d’éviter l’effritement du parti, en pariant sur le fait que la dualité de Macron fasse imploser son alliance politique qui finirait complètement désynchronisée.

    En revanche, je vous rejoins sur le FN. MMLP a d’ailleurs bien expliqué la problématique de la recomposition du parti dans sa récente interview à Valeurs Actuelles. Son analyse est étonnament fine et lucide pour une personne d’un si jeune âge.

    Au plaisir de votre prochain texte et bon weekend.

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    1. Je me fiche de la carrière de Baroin et de ses éventuelles vues à long terme! Ma préoccupation c’est 2017 et 2018 avec l’échéance de l’approfondissement de la construction européenne.

      Je m’oppose à une intégration selon l’ordre voulu par les Allemands, je refuse l’ordo-libéralisme. je ne defends qu’une chose: c’est la souveraineté du peuple et un système politique bottom-up par contraste avec un système politique top-down.

      Mon projet est un projet de société civile qui remonte du bas vers le haut et non pas une société regulée au profit d’une élite par une nomenklatura éclairée. Je veux une société civile qui produise le politique et non une politique qui produise la société civile.

      L’intéret général découle de la confrontation des intêrets indivividuels et non pas du savoir supérieur des élites, fussent elles franc-maçonnes, généreuses et ouvertes.

      Baroin n’est qualifié ni pour défendre le projet d’une société conservatrice, prospère, soucieuse de cohésion, ni pour être le tueur dont je souhaite la venue pour neutraliser Macron.

      Baroin est comme le regretté Michel Baroin qui m’a beaucoup aidé à mes débuts, un Fauriste, un Edgar Faure, assez plaisant, plus opportuniste qu’autre chose. Encore que Michel Baroin était très proche de Pasqua. Nous avons besoin d’un homme de conviction, de très haute tenue morale, d’un tribun redoutable, pas d’un robinet d’eau tiède à la sauce Trois Points.

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  3. Un coup pour rien. C’est le sentiment qu’on éprouve après l’élection.
    Presque comique, le déploiement de tout l’arsenal politico-médiatique
    pour en arriver à repartir pour un tour du même manège. Avec l’aide
    de la campagne cafouilleuse du FN.
    Contrairement à Bertez je pense que beaucoup d ‘électeurs ont compris
    le jeu des puissants et de leurs marionnettes, et qu’il y a quelque ironie
    à mettre aux commandes les responsables du désastre grandissant.
    Derrière quel arbre pourront-ils se cacher? Rendez-vous au premier
    49/3 , si toutefois il y en a besoin. Ou au premier accroc.

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    1. Il n’y a effectivement aucun arbre derrière se cacher.

      En revanche, il faut noter les 3 points suivants :
      1) Les français sont collectivement dans une démarche de soumission,
      2) La France est en état d’urgence, la répression violente de mouvements sociaux est possible,
      3) Les tensions inter-communautaires et inter-ethniques en France n’ont jamais été aussi hautes, nous pourrions assister à la mise en place de stratégies de la tension, qui se sont déjà vues historiquement, et notamment par la France dans ses colonies et ex-colonies.

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      1. Reprenons les trois points, en commençant par le 3 :

        – les « tensions » intercommunautaires n’ont justement pas commencé
        REELLEMENT sur le terrain. Pas de répliques aux attentats. Si le ton
        monte, c’est plutôt entre les « soumis » et leurs troupes de manifestants
        mondialistes d’un côté, et les « pas décidés à se soumettre » de l’autre
        (lesquels ne bougent plus pour l’instant).

        -Une répression violente de mouvements sociaux (pas déclenchés
        à ce jour), semble exclue, car pouvant prendre une tournure dramatique.
        Le pouvoir y est-il décidé? On l’ignore.

        -La démarche de soumission vient surtout des media. Parler « des français »
        en général c’est masquer leur division entre peureux réfugiés derrière
        Macron, et exaspérés que l’idéologie cafouilleuse du FN ne parvient à
        représenter que « faute de mieux ».

        Dans une situation dangereuse tout peut basculer très vite. Un pouvoir
        menacé peut prendre des mesures de force, de provocation, de corruption
        politique ou syndicale…Il peut aussi, mais c’est plus rare, être pris de
        vitesse par un évènement boule-de-neige.

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  4. les sondages donnent des tendances, mais le seul qui vaille c’est le dernier le jour de l’élection. Le seule chose dont nous pouvons être a priori sûr c’est que REM sera la première formation. De là à dire qu’il aura la majorité absolue des sièges… Rappelons qu’en 1988, avec un PDR largement réélu et légitime – contrairement à Macron – et un PS au faîte de son pouvoir, celui-ci et les apparentés ont obtenu 48% des sièges, obligeant le gouvernement Rocard a utiliser régulièrement le 49.3.
    Certes, si REM doit composer avec LR, ceci ne pourra s’analyser comme une cohabitation au sens strict. Après tout, l’UDF et le RPR réussissaient bien à gouverner ensemble…
    Bien entendu, cette « majorité » sera traversée comme d’habitude de tensions, mais qui seront de plus en plus vives concernant le rapport à la mondialisation, l’Allemagne, la démocratie tout bêtement, dans un contexte européen et international de moins en moins favorable (Macron reconstitue le Giscardisme mais nous ne sommes plus dans les années 70). Comment va se comporter le groupe LR, les idiots-utiles du modem qui sont à REM vont-ils craquer pour certains.
    Je vous rejoins parfaitement, l’enjeu c’est la reconstruction idéologique de la droite, à l’instar de ce que fait May au RU : parler des frontières, de protections, d’immigration sans tomber dans les caricatures du FN, sas faire du « gros rouge qui tâche » à la Sarkozy qui ne croyait pas à ce qu’il disait (et tout le monde le savait). De son côté, le FN doit terminer de se débarrasser des vieux fachos et adopter un discours euro-critique moins radical (de toute façon le temps joue pour lui sur cette question, il n’a qu’à attendre que le fruit soit mûr). Bref c’est une course poursuite entre les deux formations de droite.

    Autre point : quid du PS résiduel. vont-ils persister dans la ligne euro-nouille ou prendre acte du fait que cela les condamne à la disparition ?
    Le contexte international va agir puissamment. C’est là que ça se passe, les élections française ne sont qu’un contre-temps provincial.

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