Politique : sommes nous dans la recomposition?

Les deux grands partis traditionnels sont laminés. Leur représentation à l’Assemblée est modeste et ils ne pourront semble t-il rien faire concrètement pour s’opposer aux actions et décisions du gouvernement.

D’ailleurs la question de pose, pourquoi s’opposeraient ils à un gouvernement qui mène la politique qu’eux même ont défendu? Il y a l’épaisseur d’une feuille de papier à cigarette entre le programme de Fillon et celui de Macron. Tous deux plaisaient au Medef, faiseur de rois. Les différences ne sont pas d’objectifs, mais de présentation. La présentation de Fillon était brutale ringarde en termes de communication car il était sur d’être élu, tandis que celle de Macron était soft, moderne, c’est à dire en creux, sinon creuse. Avec Macron il fallait être capable de remplir les blancs des pointillés.

On peut s’interroger sur les motivations des Macron-compatibles. Peut être sont ils persuadés pour de vrai de cette disparition du clivage droite-gauche; peut être croient ils aux fameux deux français sur trois de Giscard, peut être croient ils … c’est possible, mais peu probable. Ils sont certainement intelligents, cependant  nous n’avons entendu  aucune analyse politique de ces gens qui dépasse le niveau  du café du commerce.

Nous avons entendu des idioties du genre, il faut donner une chance à la France,  du genre la droite a échoué, la gauche a échoué donc c’est le tour du centre, allons-y. Rien qui touche de près ou de loin à une  analyse en termes de société ou de problèmes à résoudre, tout au niveau du nombril politique comme si c’était là que les  choses se jouaient. Ces gens semblent ne pas comprendre que la politique, est un discours plutôt vain sur le réel, rien de plus. C’est ailleurs que les choses sérieuses se passent. Pas dans les discours. Rien sur les diagnostics, les choix possibles, les moyens de tourner les contraintes. Accordons leur néanmoins le bénéfice du doute.

On ne m’empêchera pas de penser, que la motivation principale est le carriérisme, pour parler vulgairement, l’attrait de la soupe. Ils ont été séduits , subjugués par la réussite de Macron, ils ne sont pas capables de démystifier son succès de carton pâte  et au lieu d’en faire l’analyse serrée et critique ils se disent: il faut que je m’accroche, que je prenne le train… en Marche.

Mon sentiment est que plus que d’un choix politique, le clivage entre  ceux qui se rallient à Macron et ceux qui ne le font pas résulte de la croyance, la croyance ou pas en son succès. Ils jouent un cheval comme avant ils ont joué une écurie présidentielle.

Ceux qui pensent que Macron va réussir y vont, ceux qui sont dubitatifs attendent et ceux qui parient sur l’échec se disent j’occupe la place, je serai en position favorable quand le balancier reviendra de mon côté.

Pour moi nous sommes dans les calculs politiciens, qui n’ont rien à voir avec une quelconque recomposition. Il s’y ajoute le fait qu’il n’y a pas de chef susceptible de jouer un rôle phare et de délivrer une vision qui donne sens à l’action politique du moment.

Un autre élément  qui plaide pour le simple jeu des ambitions plutôt que sur le désir d’innover et de créer une nouvelle offre politique, c’est l’oubli total du fait majeur de notre époque: le poids des votes dits extrêmes, celui du futur ex-Front National et celui des Insoumis de Mélenchon.

Le problème politique qui est à résoudre par une recomposition est celui de la représentation de cette quasi majorité de  Français qui n’en n’ont pas, de les réintégrer au jeu républicain, de faire voter ceux qui s’abstiennent. Les mouvements actuels de scissions et clivages n’apportent rien sur ce plan. Au contraire ils alimentent le  rejet de la politique, sinon  le dégoût.

Plus que la solidité et l’ancrage, les reclassements en cours évoquent la précarité, les illusions, le bric et broc fragile. L’assemblage pourra peut être tenir jusqu’aux choix européens qui se profilent, car on peut être sûrs qu’au moins sur ce point il y a de réelles convergences européistes, mais sitôt passées ces échéances, le retour aux préoccupations domestiques fera ressortir les malentendus.

Le calendrier de la dislocation dépendra en grande partie de la conjoncture internationale: si le grain à moudre de la croissance disparaît à nouveau,  elle sera rapide. A fortiori si la fin des largesses de la BCE et le rempacement de Draghi par Weidmann sont décidés.

 

 

 

 

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