Première épreuve pour Macron, le volet européen

Le programme de Macron s’articule autour de deux idées qui se soutiennent et se complètent : d’une part un ensemble de réformes libérales ou ordo-libérales en France et d’autre part un approfondissement de  la Construction Européenne .

En matière intérieure, il entend rompre avec les principes du modèle français, avec les avantages acquis, et tout ce qu’il considère comme des obstacles à la modernisation, la compétitivité et l’investissement. Son analyse est superficielle, économiste, façon Medef, ce n’est pas une analyse historique ou culturelle. Il se sépare de Hollande en ce sens qu’il abandonne le libéralisme dit social. Le pari sur ce point est que les réformes vont se traduire, vont produire une amélioration fondamentale de la situation du pays sous les aspects souhaités par l’Allemagne: déficits, dettes, suppression des rentes, niveau de vie trop élevé etc.

Sous les aspects français, il est évident que la réussite se mesurerait à la régression du chômage, à la reprise de la croissance. Rien de tout cela n’est critiquable sauf à avancer l’idée que tout cela n’est pas la cause des problèmes français et que les résultats ne seront pas au rendez vous. Ce type de réformes asymétriques, cela ne marche pas. C’est notre analyse.

La hausse du taux d’exploitation de la main d’oeuvre, est , pour nous une impasse sauf si elle est couplée avec une destruction considérable de capital fictif/capital improductif, un allègement très significatif du poids du secteur public et un retour à un système incitatif en matière d’épargne et d’investissement.

Pour être efficaces, justes, défendables politiquement, les réformes doivent être totales, insérées dans un dispositif d’ensemble cohérent qui traduit une conception, une philosophie. Ce n’est pas le cas. Les réformes structurelles sur les retraites visent à répartir la pénurie et celles sur les charges sont une simple fiscalisation/transfert qui complètent la hausse du taux d’exploitation de la main d’oeuvre par une action sur les rémunérations indirectes.

Au plan européen, le mal est devenu très profond, c’est pire que le désamour, c’est la cassure, le divorce, l’hostilité. On aime l’euro, on déteste l’Europe.  L’esprit européen, l’élan ont disparu et au lieu de rapprocher les peuples, l’idée même européenne les divise, les monte les uns contre les autres. Les gens ne supportent plus ce que’ l’on appelle le déficit démocratique, ils le manifestent dans les élections mais également dans la vie quotidienne, dans les conversations. L’Europe est devenu bouc émissaire. Ils ne veulent pas plus d’Europe, ils en veulent moins. Ils veulent, si ils sont encore pour l’idée européenne, une véritable re-fondation sur des nouvelles bases, ils veulent que l’Europe bascule et qu’au lieu de marcher sur la tête, elle revienne s’installer sur ses pieds, sur les pieds populaires. Le peuple a compris que l’Europe avait reconstitué une classe de privilégiés dont les nobles sont les fonctionnaires européens et les peuples les manants. Ces nobles ont accumulé un capital considérable sur le dos des peuples et il faut les déloger. C’est le point central; moins d’Europe et plus d’efficacité. Par ailleurs ils souhaient un réquilibrage politique , moins de poids Allemand et que l’on revienne à une logique plus coopérative, moins dominante. Le pointillisme ils n’en veulent pas et il faut un choc.

L’approfondissement de l’Europe façon Macron est une fuite en avant par le haut et à ce titre elle est une erreur colossale. Ce sont des idées qui ne vont pas le sens de la résolution des  contradictions ressenties par le peuple, mais dans le sens de la seule vision des élites. Et cela ne marchera pas. D’autant que l’Allemagne, va ếtre à nouveau gouvernée par Merkel , Schultz semble avoir échoué, elle restera fidèle à sa volonté de puissance, au soutien de ses retraités, elle  refusera toujours de payer pour les autres, pour les pays du Sud. Ce qui laissera le système boiteux. Les actions de Macron pourraient être facilitées si Schauble acceptait de sortir de ses règles budgétaires dogmatiques et autorisait une dérive significative des dépenses allemandes, qui accélérerait la croissance en Europe, mais à ce jour il persiste à refuser cette voie.

A ce stade nous pensons que Macron se fait des illusions et que le soutien de Merkel est purement politique, cosmétique, elle ne dit pas non aux propositions de Macron, mais elle refusera de lui donner ce qu’il veut vraiment en échange:  le rééquilibrage de l’euro entre le monétaire et le fiscal. Et puis il y a  la situation des autres pays, elle n’est tenable que grace à l’utilisation du bilan de la BCE pour soutenir les dettes des pays périphériques, si ce soutien disparait, les marchés de dettes gouvernementales vont se remettre à diverger et la question monétaire va revenir au premier plan.

Macron se lance dans l’arène européenne pour tenter de relancer l’UE. Pour son premier Conseil européen, jeudi et vendredi à Bruxelles, le chef de l’Etat plaidera pour un ministre des Finances de la zone euro, une  défense européenne, des frontières communes mieux protégées, des armes anti-dumping et la lutte contre le « dumping social » en Europe, en durcissant les règles sur les travailleurs détachés.  Une Europe renforcée mais « qui protège » sera le seul rempart aux populismes et au rejet de l’UE, a-t-il réaffirmé dans une interview mercredi à 8 journaux européens.

Il a aussi exposé son credo d’une Europe capable de transformer le monde et dont la France peut être un moteur, mais seulement si elle se réforme d’abord.  Ce genre d’affirmation n’est pas dialectique, mais purement réthorique. Les crises dans le monde « sont issues pour partie des inégalités profondes engendrées par l’ordre mondial, et du terrorisme islamiste. À ces déséquilibres s’ajoute celui du climat », a-t-il estimé.

Erreur profonde, les crises ont une cause, une vraie et les inégalités n’en sont que le symptôme, les conséquecnes non voulues; c’est parce que le système ne tient que par la financialisation de plus en plus extrême que les inégalités se creusent. Elle sont le résultats de la financialisation et la financialisation est le résulats des déséquilibres plus fondamenatux entre le capital, le profit et les revenus du travail. Même erreur sur le terrorisme; on ne peut lutter contre le terrorisme si on ne reconnait pas qu’il est l’une de faces de  la guerre assymetrique. Le terrorisme est éternel, il existe depuis que les forts font la guerre aux faibles.  il ne disparaitra que si on entreprend  une politique de apcification et de coexistence dans le monde; les politiques de types impériales produisent de plusen plus de terrorisme. Les analyses de Macron ne sont pas  meilleures  que celles de Sarkozy en son temps.

« Nous allons gagner cette bataille dont l’Europe porte la responsabilité » car c’est « le seul endroit au monde où les libertés individuelles, l’esprit de démocratie et la justice sociale se sont mariés à ce point », a-t-il ajouté.

Convaincu de l’importance de l’axe franco-allemand, Macron a obtenu le « soutien » d’Angela Merkel: Paris et Berlin présenteront un front uni sur la plupart des grands sujets — défense, politique migratoire, climat, lutte anti-terroriste et protection commerciale.  La chancelière allemande joue le jeu: elle s’est déclarée prête mardi à discuter des idées du président français de créer un noyau dur de la zone euro, avec un budget et un super ministre des Finances.

Le premier résultat concret du sommet, espère l’Elysée, devrait concerner la défense, avec la création du fonds européen de la défense proposé par la Commission européenne le 7 juin, qui doit mobiliser 5,5 milliards d’euros par an pour la défense européenne, avec des scénarios d’intégration militaire renforcée. Un petit pipi de chat!  « La France et l’Allemagne soutiennent activement ces propositions ambitieuses. Nous espérons que le Conseil européen validera ce choix », a indiqué l’Elysée.

L’atmosphère a changé, atmosphère, atmosphère!

En revanche, sur la limitation du travail détaché, promesse de campagne du président Macron, le Conseil européen a repoussé sa décision à l’automne.

Le sujet divise encore plus depuis que la France a rejeté mi-juin un texte de compromis qu’elle jugeait trop mou, au risque de braquer les pays de l’Est.

Macron plaide pour durcir le projet de la Commission, qui prévoit d’aligner les rémunérations des travailleurs détachés sur ceux de la main-d’oeuvre locale. Paris veut davantage de lutte contre la fraude et limiter le détachement à un an. Les élites ne se rendent pas compte de la contradiction qu’il y a a acceper la libre circulation des capitaux mais en même  temps à refuser la libre circulation des travailleurs et l’égalisation ( douloureuse) des rémunérations. L’Europe n’est cohérente que si elle accepte la tendance à légalisation des rémunérations, c’est douloureux, mais c’est ainsi. C’est une contradiction majeure qui, rien qu’en elle même signe l’imbécillité du projet.

Sur la protection commerciale, la France demandera au Conseil de renforcer les outils antidumping, un sujet qui là encore ne fait pas l’unanimité.

La tâche est ardue pour Macron car la chancelière allemande fait une fixation sur la réforme du marché du travail et l’assainissement des finances publiques. Ces deux actions sont déflationnistes dans le court/moyen terme et elle risquent de constituer des chocs non prévus à ce stade. Indépendamment du pari que l’on peut faire sur leur efficacité.

Macron sera en terrain connu, avec des dirigeants qu’il a pour beaucoup déjà rencontrés. Mais les choses sérieuses ne commenceront qu’après les élections allemandes , et la levée de l’inconnue Italien.

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2 réflexions sur “Première épreuve pour Macron, le volet européen

  1. Comme il avait été dit dans une video, ca va être un coup de com pour aider Macron. Il va revenir avec plein de promesses de l’UE. En echange, il faudra juste que les Francais acceptent de faire des efforts pour prouver leur bonne volonté. paf la casse du code du travail est acceptée. Apres quand les francais auront fait les efforts demandés, ils s’apercevront que les politiques de l’UE ne changeront pas. Les promesses n’engagent que ceux qui y croient…

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    1. C’est exactement ce qui va se passer, il y a une connivence sur notre dos entre les élites européennes, politiques et bureaucratiques. Nous sommes « gérés » et c’est là ou les théories conspi ont une valeur, elles font ressortir que les choses ne sont pas ce pour quoi elles se donnent, elles sont construites, faites à la main pour satisfaire à certains agendas.

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