Editorial Le marché global des actions : 76 trillions… vive les crises! Yellen ma douce colombe!

Avertissement:

Ce texte est important. Il essaie de pointer le changement, l’inflexion que Yellen est obligée de faire subir à la doctrine. Personne ne semble analyser les propos de Yellen au dela des effets boursiers qui enrichissent les ultra riches.

Yellen:  ‘I do believe part of the weakness in inflation reflects transitory factors, but well recognise that inflation has been running under our 2% objective, that there could be more going on there.’ 

Je résume en quelques  lignes l’essentiel :

En 2009 les autorités sous la conduite de Bernanke et selon sa doctrine on mené une politique monétaire non conventionnelle qui devait permettre:

1) de rebondir et de retrouver le taux de croissance historique

2) d’échapper à la déflation et de porter l’inflation au taux minimum de 2%.

La croissance n’a pas rebondi. On est entrée dans une sorte de pataugeage (muddle through ) décevant. La Fed a alors inventé la théorie de la croissance lente , durablement ralentie , ce que l’on a appelé le New Normal, le Nouveau Normal .

L’inflation a refusé d’accélérer. Elle n’a pas retrouvé le niveau des 2%, sauf un seul mois, exceptionnellement, à la faveur du pétrole.   Yellen vient d’inventer une nouvelle économie, une économie dans laquelle l’inflation est elle aussi durablement faible.

Conclusion: ces gens ont échoué. Ce ne sont pas leurs remèdes qu’ils remettent en question, mais le monde extérieur !  Et plutot que de le reconnaitre  ils disent: ce n’est pas nous qui nous sommes trompés, c’est l’économie, le monde qui ont  changé!

Face à leur échec , ils font ce que font tous les pouvoirs: ils disent c’est ainsi il faut s’habituer. C’est, comme le fait Macron en matière de terrorisme l’argument des incapables ; il faut s’habituer à vivre avec.

Nous sommes gouvernés par des incapables, des menteurs et usurpateurs, par de fausses élites.

********

Le PCE, l’indice préféré de la Fed pour mesure l’inflation, il semble rechuter apres une hausse transitoire provoquée par la reprise des prix du pétrole l’an dernier  

pce price index 1

Avec les récentes performances, voici un nouveau record pour le marché mondial des actions: une capitalisation boursière de 76,3 trillions. Une hausse de 1,55 trillions cette semaine!

76,3 trillions, c’est plus que  l’équivalent de tout le GDP mondial soit 102% .

Merci Yellen!

La semaine boursière a été dominée par l’incroyable intervention de Yellen: elle a surpris le monde financier en tenant des propos de colombe, « dovish ».

Bien sur vous en avez à peine entendu  parler dans vos médias grand public au service de l’ultra minorité kleptocratique. Pourtant les propos de Yellen sont quasi révolutionnaires, ou plutôt faussement révolutionnaires et nous les appellerons des propos révisionnistes.

La phrase importante prononcée par Yellen c’est : je  reconnais que l’inflation est en dessous de nos objectifs de 2% et que cela pourrait continuer, il pourrait y avoir autre chose ... l’inflation basse pourrait inciter la Fed a modifier son cheminement et altérer la trajectoire de la normalisation.

Ce sont des propos qui, en un sens nient la rareté, nient la finitude du monde réel de la production: les risques d’inflation c’est à dire de déséquilibre entre l’offre et la demande ont disparu. C’est la « nouvelle économie », l’économie du futur, celle dont l’essentiel de la production, est sorti de la rareté. Ce n’est même pas parce que l’on a repoussé les limites, non, c’est tout simplement que la notion de limite a disparu: l’offre est infinie. C’est le nouvel horizon, la Nouvelle Frontière qui est dépassée. Le symptome, le reflet de cette mutation dans la nouvelle économie, c’est l’indice boursier des FANG, on ne le comprend que si on adjoint aux analyses boursières la nouvelle conception révisionniste de Yellen. La valorisation des FANG est une sorte d’appréciation modérée, prudente  de l’infini qui est devant eux. Cette semaine le Nasdaq a fait un bond de 3,2% ce qui porte ses gains depuis le début de l’année à plus de 20%!

Yellen se laisse aveugler par tous ces biens/services  nouveaux issus des nouvelles technologies, qui aspirent, qui sucent le pouvoir d’achat des gens; cette nouvelle économie, cette économie du vent,  qui pompe le pouvoir d’achat et ne laisse plus rien disponible pour les achats et modes de vie traditionnels. La nouvelle économie se dilate, l’économie traditionnelle se contracte. Le pouvoir d’achat étant absorbé par la « nouvelle économie », la demande adressée à  l’économie traditionnelle faiblit puisque les revenus salariaux n’augmentent pas, il s’ensuit une déflation structurelle que l’on retrouve dans les CPI, les indices de prix du peuple. Car les indices de prix sont par essence populaires. Presque conçus  pour les pauvres.

Dans l’univers des élites et des ultra riches en effet les biens et services dont le peuple a besoin, l’économie des besoins, cela n’existe pas, ils ne la voient pas! Cette rareté là, ils ne la connaissent pas. Ils vivent ailleurs. Eux ne connaissent pas l’économie des besoins, ils ne connaissent que l’économie du désir. Rien d’étonnant si les propos de la colombe ont suscité une nouvelle envolée boursière du secteur technologique.

Des propos de colombe, ce sont des roucoulements, des propos doux à l’oreille des marchés financiers. Ce sont des propos qui conviennent aux ultrariches, car ils annoncent une nouvelle vague de gonflement (fictif) de leur fortune. Il y a ceux qui achètent des biens dont ils ont besoin avec leur salaire et ceux qui achètent tout , le luxe, les bateaux, les avions, les propriétés d’exception,  le nouveau, le pouvoir, avec l’effet de richesse tombé des mains de Yellen et de ses complices.

Les uns végètent avec leur salaire, les autres gaspillent les plus values, le produit des IPO et le produit des buy backs!

Yellen et ses complices donc  promettent le maintien de l’abondance des liquidités, l’argent quasi gratuit et surtout l’assurance que cela va durer: donc elle entretient la spéculation à la hausse sans risque. Le FT , le Financial Times: “Fed Chair Yellen’s Inflation Concern Buoys Markets.”et  Bloomberg: “S&P 500 Hits Record as Inflation View Turns Iffy” ne s’y sont pas trompés.

L’inflation ou plutôt son absence a donc été au centre des propos de Yellen et des analyses des spécialistes.

We are watching inflation very carefully,’ Ms Yellen said… ‘I do believe part of the weakness in inflation reflects transitory factors, but well recognise that inflation has been running under our 2% objective, that there could be more going on there.’

Nous surveillons l’inflation a -telle dit, je continue de penser qu’une fraction de la faiblesse de l’inflation est due à des phénomènes transitoires, mais je reconnais que l’inflation est en dessous de nos objectifs de 2% et que cela pourrait continuer, il pourrait y avoir autre chose .

Yellen ajoute que cette inflation faible pourrait conduire à se poser des questions et surtout remettre en cause le cheminement de hausse des taux envisagé jusqu’ici! Elle va surveiller tout cela de près pour voir si elle continue à stagner.

Financial Times (Sam Fleming): “Janet Yellen acknowledged… that the US’s persistently subdued inflation could raise questions about the Federal Reserve’s current path of gradually raising interest rates and vowed to watch prices ‘very closely’ for signs they were stagnating.

Pour ceux qui n’aurait pas compris le Fedspeak, elle précise que l’inflation basse pourrait inciter la Fed a modifier son cheminement et « altérer la trajectoire de la « normalization »: « below target inflation would alter the trajectory of Fed normalization ».

Elle enfonce le clou, mais toujours en langage codé:« the fed is currently near neutral rate ».  Ce qui veut dire que les taux actuels ne sont plus très stimulants que si on les montait encore on risquerait de devenir  restrictif!

En clair la Fed a developpé ces derniers temps une nouvelle conception de ce qui est « normal' » et donc de ce qui constitue la « normalisation ». Et ceci impliquera de ne plus chercher à faire accélérer l’inflation car la raison pour laquelle elle est faible n’est pas seulement transitoire, elle est structurelle, c’est la « nouvelle économie ».

L’argument pour monter les taux plus avant disparait pour ainsi dire!

Son interprétation de la situation économique la conduit à considérer que peut être on n’a plus besoin de monter les taux autant qu’on l’avait cru, et que donc c’est déja la fin de la hausse des taux!  Dans tous les cas il ne sera pas nécessaire de les monter encore beaucoup et plusieurs fois. Les prix à la consommation, les CPI sont très sages et  les risques sont peut être durablement limités: donc pas besoin de resserrer beaucoup les taux puisqu’il n’y a pas de risque.

Chute de la probabilité de nouvelle hausse des taux en 2017

Cette analyse révisionniste, si elle est suivie d’effets au niveau de la régulation des prochains mois, va produire une nouvelle vague de spéculation boursière.

Au niveau du Système, c’est une véritable catastrophe car elle supprime les limites à l’expérience monétaire en cours depuis 2008. Elle retire la borne qui la limitait; le risque d’inflation du prix des biens et des services.  Si ‘l’inflation est durablement faible, si le risque d’inflation disparaît dans le système alors, on peut continuer la politique monétaire non conventionnelle, arbitraire, à l’infini; on peut soutenir le prix des actifs financiers éternellement, on peut enrichir les ultra riches et leur permette d’attirer à eux les richesses réelles du monde entier  par les effets de richesses tombées du ciel, au détriment de ceux qui n’ont que leur revenus salariaux. Ceux ci n’acquerront  jamais de biens , de patrimoine, ils resteront prisonnier du petit crédit. Ils  n’accéderont pas à la liberté, ils resteront serfs. Les classes moyennes non seulement ne deviendront pas supérieures, mais elle régresseront.

C’est une analyse révisionniste infâme qui n’impose aucun retour en arrière, qui pérennise la situation scandaleuse et inique qui prévaut depuis 2008/2009.

En bref et c’est mon message à tous les Cassandre qui trompent le public depuis des années: « la normalisation , limitée, ne signifie absolument Grande Réconciliation. » 

Philosophiquement cette posture révisionniste coupe le lien qui bridait/ancrait  la politique monétaire, elle permet de la suspendre dans les airs et d’ignorer le monde réel puisque dans la nouvelle économie la rareté disparait, la digitalisation, les digits,  les services bidons, la gig économie, le pseudo festif, tout ce qui en découle est infini.

C’est le nouveau mythe de la modernité qui rend tout surabondant et même l’homme, le travail humain; l’homme n’a plus d’utilité que comme unité économique qui absorbe les productions et c’est pour cela qu’il faut installer le Revenu Universel. L’homme cesse d’être utile pour produire, il n’est utile que pour fournir un débouché!

A la limite on peut imaginer un théoricien qui va nous dire: plus besoin de s’inquiéter des revenus salariaux, si ils sont insuffisants il n’y a qu’à les compléter par les prélèvements sur les gains boursiers des  riches, lesquels gains pourront être produits à l’infini par la monétisation, par la politique monétaire non conventionnelle. Pourquoi pas? A ceci je répondrai que c’est déjà ce qui se fait, j’y reviendrai bien  sur un de ces jours.  Je suis un précurseur de ce type d’analyse paradoxale.

Comprenez bien  l’idée est audacieuse et difficile à assimiler mais ce que suggère Yellen est quasi aussi important que la coupure du lien en  1971 entre l’or, l’ancrage de la monnaie et le dollar. Si la nouvelle économie peut produire une offre sans limite alors on peut la monétiser sans limite voila ce qui est au fond du révisionnisme de Yellen. Présenté autrement pour les familiers du marxisme, Yellen fait une avancée vers un système de pensée d’ou disparait la Loi de la Valeur. Suprème adaptation, pour ses besoins de reproduction,  du capitalisme financier.

Les fameux taux naturels, pure invention de l’imagination  de la bande à Yellen seraient encore plus bas qu’elle ne le pensait avant, c’est la conséquence de son avancée théorique. Donc l’épargne va pouvoir être spoilée encore très longtemps. C’est l’arrêt de mort des classes moyennes. Yellen et sa bande ont une conception de l’économie étrange, pour ces gens l’économie ce ne sont pas des personnes, des hommes et des femmes, mais des mathématiques, des corrélations, des modèles, des dérivées,  et avec cette conception, ils donnent vie à des théories totalement farfelues auxquelles ils finissent par croire eux même. Totalement farfelues, mais qui débouchent sur du totalitaire car ils ont le monople de la pensée dominante. Comme nous le disons, ils créent un monde imaginaire, de carton pate entretenu et faussement vivifié par les médias à la botte.

A cette Yellen nous ferons une remarque synthétique: avez vous observé le nombre d’heures de travail que doit effectuer un salarié moyen pour s’acheter une unité du S&P 500? Non bien sur, car le salarié n’est pas censé s’acheter quoi que ce soit pour sa retraite, il est censé tendre la main et se contenter de la retraite, sans cesse rognée, rabotée,   que le système voudra bien lui allouer ! Le peuple est fait pour vivre dans la dépendance.

Nombre d’heures de travail nécessaires pour s’acheter une unité de S&P 500 pour préparer sa retraite 

Nombre d’heures de travail nécessaires pour s’acheter une unité de S&P 500

Yellen n’a rien compris à la vraie modernité, à la production de biens sans limites comme les biens modernes issus de la technologie; elle n’a rien compris au fait que l’inflation n’était pas un phénomène domestique mais un phénomène mondial et qu’elle devait être calculée sur tout ce qui a un prix,  et que dans  ce contexte, réguler en fonction du seul CPI américain  était une énorme imbécillité. C’est le développement inégal: le cerveau de Yellen est en retard sur celui du  système mondial.

La régulation doit étre opérée non pas en fonction des CPI , mais en fonctions des prix des actifs financiers et de tous les prix d’actifs du monde entier puisque la monnaie est mondiale, et que c’est le dollar. Pourquoi ? Parce que c’est là , sur  le monde entier que se déverse, se précipite la monnaie disponible distribuée gratuitement par les banques centrales et celle produite par les banques TBTF  multipliée en fonction de l’appétit pour le jeu ! L’hypocrite appétit pour le risque qui n’est que le cache sexe de la spéculation généralisée. L’économie moderne a modifié les relations anciennes entre les conditions monétaires domestiques et les indices de prix à la consommation; l’inflation a d’autres visages , c’est toute le cadre théorique de la régulation qui doit, qui devrait  être modifié pour en tenir compte.

Yellen a tenu des propos sur l »inflation totalement et surtout fondamentalement révisionnistes. Mais vous noterez que cette attitude révisionniste va dans le sens qui lui convient et qui autorise la poursuite des politiques monétaires non conventionnllles sans limite. Elle ne revise pas le cadre analytique de l’inflation en général, non  elle reste bien à l’intérieur de la toute petite inflation modérée, celle des CPI, elle ne va pas pousser son révisionnisme jusqu’à inclure dans les mesures de hausse des prix ceux des actifs, immobiliers, financiers, boursiers, et autres!

Son interprétation de la situation économique la conduit à considérer que peut être on n’a plus besoin de monter les taux autant qu’on l’avait cru, et que donc c’est déja la fin de la hausse des taux!  Je suggère que derrière les constructions parallèles, Yellen a eu peur des craquements que l’on entendait déjà ces derniers temps sur les marchés périphériques; donc elle revient en arrière et affirme que dans tous les cas il ne sera pas nécessaire de les monter encore beaucoup et plusieurs fois. Ainsi elle a relancé les marchés.

Avant l’intervention de Yellen, les marchés étaient hésitants, ils flirtaient avec le risk-off, les achats de protection étaient colossaux, témoignants de l’inquiétude grandissante.  Et les gourous s’inquiétaient des risques pour la stabilité financière.

Selon Bloomberg : “Fed Chair Janet Yellen says that in looking at asset prices and valuations, the central bank is ‘not trying to opine on whether they’re correct’; instead, policy makers are assessing the risk of potential spillovers« .

Quelqu’un a interrogé Yellen sur les risque financiers attachés à des marchés surévalués, elle a répondu: la banque centrale n’essaie pas de déterminer si les prix des actifs et les valorisations sont corrects , non les responsables essaient simplement d’évaluer les risques de débordement ( de contagion) potentiels en cas de cas mouvements importants » ; ce qui traduit, veut dire que la Fed se moque de la spéculation ce qui l’intéresse ce n’est pas de  la prévenir, mais d’apprécier les risques en cas de débandande boursière.  « As asset prices rise, there hasn’t been a substantial increase in borrowing, Yellen said. [The] financial system is strong and resilient.” Alors que les prix des actifs ont monté, il n’y a pas eu une hausse substantielle des endettements et c’est cela qui est important, le système financier est solide  et résistant.

En clair, dit Yellen nous nous moquons de la surévaluation et des bulles, ce qui compte ce n’est pas que les gens perdent ou gagnent de l’argent, mais qu’il n’y ait  pas une montagne de  dettes adossées aux cours de Bourse. Cette affirmation de Yellen est pur mesnonge délibéré car il ya bien une montagne de dettes et d’engagements adossés aux cours de bourse. En particulier au niveau mondial.

Nous reparlerons de cette conception totalement erronée et insuffisante. Yellen n’a pas compris que le leverage ne se limite pas aux dettes visibles qui portent le nom de dettes, mais que le système mondial des dérivés et l’ensemble de l’ingénierie financière sont en eux  même un colossal leverage que l’on ne voit pas.

Yellen ne comprend qu’une parcelle de la modernité financière. Tout comme elle ne comprend pas qu’elle conrtedit la doctrine Bernanke sur laquelle est assise toute la politique monétaire depuis 2008. Toute la doctrine Bernanke est fondée sur la conviction que la dette n’est pas importante car selon ses propres termes on peut toujours reflater le système et ainsi échapper aux conséquences des dettes et des bulles d’actifs. Ce que Yellen vient d ‘admettre cette semaine c’est le contraire de la doctrine Bernanke: on ne contrôle pas l’inflation en fait nous dit- elle! Et c’est pour cela quelle renonce implicitement à son objectif de 2%. Mais si on  controle pas l’inflation si l’inflation n’est pas seulement un phénomène monétaire que l’on peut manipuler comme on veut, alors toute la doctrine s’effondre, puisque l’on n’est plus assuré de pouvoir contrer les effets déflationnistes des dettes et « nettoyer » les conséquences  négatives de l’éclatement des bulles. L’échec à controler l’inflation et à l’imposer  quand on  a besoin est gravissime car il donne à voir  la limite des pouvoirs des apprentis sorciers.  Cet échec revèle à quel point nous vivons dans l’illusion de leur toute puissance. Nous avons tpoujours soutenu que les banquiers centraux n’étaient pas des magiciens et que ce n’étaient que des illusionnistes, des David Copperfield. On ne peut pas toujours de sortir des bulles de crédit et de prix des actifs par l’avilisssmentde la monnaie, volia ce que Yellen vient implicitement d’admettre. L’avilissement de la monnaie ne se manifeste pas là ou il serait souhaitable. C’est l’enseignement de la période. Au lieu de se résorber les bulles deviennent de plus en plus grosses et au lieu de voir son poids se réduire, le crédit voit son poids augmenter. Conclusion: les risques d’instabilité ne font que croitre.

L’exemple concret en est fourni par la Chine. On le verra d’ici quelques mois quand les grands messes politiques du Parti seront passées. Le système chinois avons nous souvent dit expose en caricature et en plus maladroit tous les vices, toutes les contradictions du système des pays développés. La bulle de crédit et d’assets est un ogre. Pour tenir, la bulle est de plus en plus exigeante, elle demande de plus en plus d’aliments et l’économie réelle nominale ne rattrappe jamais les déséquilbres, elle court derrière :  au premier semestre il a fallu nourrir l’ogre et faire progresser la production de crédit à 1,65 trillions, soit de 14% de plus que ce qui avait été le record de l’an dernier! La chine s’achemine  vers une production quasi obligatoire de crédit de 3,5 trillions au minimum en 2017, le système est devenu incontrôlable, les autorités ne font que courir derrière en feignant de le guider.

Je terminerai sur ce qui est à mon sens le plus significatif des théories actuelles, celles qui ignorent la dette, ses risques, son poids et donc son incidence sur ce qui va se passer à l’avenir.

Voici une question du sénateur Purdue.

Georgia Senator David Purdue: “Thank you for being here and for your service. I just have two quick questions. I’m very concerned about global debt. The Institute of International Finance recently reported that their estimate of total global debt is $217 trillion, or more than 300% of global GDP. Do you agree with that?

Chair Yellen: “So, I haven’t heard that number. That could be. I don’t have that number.”

Le sénateur s’inquiète de la dette mondiale: l’Institut of International Finance estime la dette mondiale à 217 trillions soit plus de 300% du GDP global, dit il à Yellen. Etes vous d’accord?

Réponse de Yellen, je n’ai pas entendu parler de ce chiffre, c’est possible qu’il soit correct, mais moi je n’ai pas ce chiffre.

Tout est dit, la dette on s’en fout!

La valeur des bonds mondiaux a progressé de 600 miliards cette semaine sur les propos de Yellen

En Prime:

Extraits des questions posées lors de l’audition de Yellen

Georgia Senator David Purdue: “Thank you for being here and for your service. I just have two quick questions. I’m very concerned about global debt. The Institute of International Finance recently reported that their estimate of total global debt is $217 trillion, or more than 300% of global GDP. Do you agree with that?”

Chair Yellen: “So, I haven’t heard that number. That could be. I don’t have that number.”

Purdue: “Of that, $60 trillion is estimated to be sovereign debt. We have about $20 trillion of the $60 trillion. With that as background, the four large central banks also have their largest historic balance sheets. Japan, China, EU and US have collectively close to approaching $20 trillion now of balance sheet size. As you talk about reducing the size of the Fed’s balance sheet, are you coordinating with these other central banks and looking at emerging market debt – particularly the $300 billion that’s coming due by the end of 2018 – relative to the size of your balance sheet here in the United States?”

Yellen: “I wouldn’t say coordinate. We try to make sure we meet regularly and discuss our policy approaches; to make sure that central banks understand how we are looking at economies and policy options. I think the major central banks understand the approach that others are taking. But trying to ask in an aggregate sense how much debt is outstanding is something we’re not doing. Our economies are in rather different situations. While we all encountered weaknesses that were sufficiently severe that Japan, the ECB, the Bank of England, the United States, we all resorted to purchases of longer-term assets to support growth. It leaves the Bank of Japan and the ECB.”

Purdue: “Are you concerned about so much of that [debt] denominated in dollars today?”

Yellen: “It is a risk. A significant amount of that is in China, but that’s not the only country where there are substantial corporate dollar-denominated debts. And certainly that is a risk that we have considered that affects the global economy.”

Senator Bob Menendez: “Let me ask you finally, how does—we see high rising levels of household debt, widening inequality, a neutral interest rate at historically low levels. To me, it’s critical that the Fed has the ability to respond in the event of another economic decline. How does below target inflation impact household debt? And what signs do you see of inflation coming close to the Fed’s 2% target, let alone exceeding it by dangerous amounts?”

Publicités

8 réflexions sur “Editorial Le marché global des actions : 76 trillions… vive les crises! Yellen ma douce colombe!

  1. Je pense qu’elle continuera a monter les taux et qu’elle interviendra pour maintenir les cours des actions et des obligations.N’est ce pas ce que le Japon a commencé a faire?Il ne faut plus s’attendre a des marchés principaux baissiers.Bien sur c’est absurde a long terme,mais ils pensent tous faire tenir ce système de leur vivant

    J'aime

  2. Yellen est une dangereuse psychopathe criminelle, j’en suis maintenant intimement convaincu. Les physiciens de Los Alamos et le docteur Folamour sont des enfants de choeur à côté d’elle, et des conséquences que ses actes entraîneront.
    J’attendais votre interprétation de ses propos, c’est fait, et bien fait. Je ne comprends pas tout à ce que vous développez mais peu importe, j’en saisis l’essentiel. Et de fait, instinctivement, je dois avouer que ce qu’elle a dit l’autre jour m’a fait peur. Fondamentalement peur, pour la stabilité de notre monde et des conséquences dramatiques en cascade qui en découleront dans notre vie de tous les jours.
    Elle, mourra dans son lit hélas, j’en suis sûr, personne ne la jugera, elle et sa clique (BRI, FMI…) de leur vivant, car tout le système est verrouillé, fait pour qu’ils se dédouanent lorsqu’ils y aura catastrophe, et je ne crois pas que les politiques les balanceront, ils se tiennent trop par les c…lles.
    Seuls, des historiens jugeront ses actes dans cinquante ou cent ans, mais elle, et tous ses amis échapperont au jugement.
    Pas nous, pauvres mortels des classes moyennes. Oh non, pas nous.

    J'aime

  3. Bonjour,
    Whoua … c’est vraiment étonnant cette grande expérience …

    A mon très humble avis, il va y avoir un problème à un moment donné:
    Ok pour le cloisonnement du monde financier, ils nagent dans les liquidités qui ne passent pas au monde réel (pas d’inflation et surtout pas de hausse des salaires), mais ceux qui investissent dans les actions ont deux buts:
    – la hausse du prix de l’action (spéculation) -là ok ils sont servis par la politique de Yellen
    – la rentabilité de l’action, ie. liée au bout du compte à ses bénéfices et donc au monde réel.
    Ok on peut dans un premier temps réduire les dépenses, geler les salaires pour préserver ou augmenter les bénéfices des entreprises mais cela ne tient qu’un temps non ? …
    Il y a un accroissement d’offres de produits divers, très bien mais comment les acheter dans le monde réel alors que nos salaires, eux, sont finis, gelés depuis des années ? On arbitre, diminuant là pour acheter ici, mais au final il me semble que la part d’économies de nombre de personnes est très très basse.. Bref, il y a de moins en moins de réserve de cash dans le monde réel, donc pas possibilité d’acheter à l’infini ce que l’on nous propose. Cela est vrai disons pour l’occident et nous sommes dans un monde mondialisé … mais il me semble qu’il est aussi fini: sont-ce les indiens / chinois / … qui ont des réserves de cash pour augmenter les bénéfices des entreprises GAFA et autres ?

    J'aime

  4. Un grand merci pour cette synthèse de haute volée.

    Ne peut-on également interpréter les propos de Mme Yellen comme un aveu d »échec définitif de l’alibi idéologique qui servait de paravent aux QE pour les riches? Le fameux effet de richesse qui devait couler de l’économie financière vers la réelle.

    L’aveu d’échec sur l’inflation ne peut-il également se concevoir comme un début de préparation de l’opinion à un relais de la politique monétaire vers la politique budgétaire, pour faire décoller l’helicopter money et enfin créer cette inflation qui nettoierait les dettes ?

    Quel que soit le scénario de poursuite de la disjonction financier/réelle ou de réconciliation, les « rentiers » (lire les retraités, les qualifier de rentiers permet de justifier toutes les exactions fiscales et monétaires) et les classes moyennes en sortiront lessivés. La destruction des classes moyennes aura des conséquences graves sur la pérennité des systèmes démocratiques que nous connaissons (avons connu serait presque plus juste). Il n’est de vérité que du tout?

    J'aime

  5. Merci!
    En regardant sur la semaine les charts hebdo bunds, oat, notes ont peut pas dire que c’est l’ euphorie et loin de là, le discours de Yellen change tous les mois, elle perd toute sa crédibilité, on gère pas du 10 ans avec une girouette pareille, l’obligataire doit baisser et il va baisser.

    J'aime

  6. Bonjour,

    Yellen est une idiote, elle a été placée ou elle est pour une bonne raison : maintenir le système et les flux vers les ultra riches, les servir. On lui appris une leçon, celle du modèle faux dont elle se sert pour comprendre le monde. Elle est dans son rôle, celle d’une idiote qui répète une leçon.
    Plus le temps passe plus les dégâts d’une normalisation seront forts, plus il faut pousser le système actuel dans ses retranchements pour l’éviter.
    Il faudra probablement une cause exogène aux USAs pour faire cesser tout ça, bien que le réel n’en fasse qu’à sa tête comme d’habitude et que la dégradation continue des vrais indicateurs n’atteigne un point de bascule qui perturbera le monde suspendu de Yellen.
    Un système complexe n’est pas linéaire, des effets papillons sont possibles.
    Nous verrons.
    Cdlt.

    J'aime

    1. je ne partage pas votre jugement.

      Je suis très admiratif de la capacité technique de ces gens et j’écris souvent : « ils gérent bien ».

      Ils gérent bien en fonction de leurs objectifs, objectifs qui ne sont pas les notres et en fonction de leurs intérêts supérieurs.

      Ils gérent bien, ils pilotent bien et ce malgré l’utilisation de théories et de modèles faux.

      Pourquoi? Tout simplement parce qu’ils ont des complices, des institutions qui transmettent leurs impulsions qui font que certaines choses se réalisent par auto-réalisation, ce sont des self fulfilling prophecies.

      Mais il y a des choses qui sont superficielles, les perceptions, les opinions et les marchés et il y a des choses fondamentales c’est à dire des sphères lourdes, pesantes, des paquebots comme la croissance, l’investisssment productif, l’inflation, la productivité; et s’agissant de choses lourdes, là les choses ne se passent pas comme prévu. Le réel leur résiste.

      Les soft data obéissent, les hard data obéissent beaucoup moins;

      Yellen n’est pas une girouette, mais elle ajuste au jour le jour, façon Greenspan, elle optimise son pilotage. Un coup de gouvernail à droite, un coup de gouvernail à gauche, cela donne une impression d’incohérence mais sur le court terme cela permet d’éviter les écueils. C’est ce qu’elle fait depuis 2014.

      Elle perd toute crédibilité fondamentale (cela date de 2014) c’est vrai, mais avec l’aide des TBTF elle conserve quand même la maitrise de la surface, de l’écume des choses.

      En résumé, ils gérent bien , mais au prix d’une aggravation dramatique de la situation fondamentale et de la destruction en profondeur des bases , des fondations de nos systèmes économiques, sociaux , politiques et même moraux.

      J'aime

  7. ,,La premiere panacee pour une națion mal dirigee est l ‘inflation, la seconde est la guerre.
    Les deux apportent une prosperite temporaire, les deux conduisent a la ruine permanente.
    Mais toutes les deux sont le refuge des opportunistes economiques et politiques, »
    Enrest Hemingway, 1932
    Merci pour votre analyse attentive, le signal des problemes viendra probablement de la chine et non pas des USA.

    J'aime

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s