Supplique des paysans à Macron

Macron recevait lundi matin des représentants du monde agricole en crise, une dizaine de jours après un arbitrage contesté du gouvernement sur les aides européennes.

Au centre des entretiens qui devaient durer environ une demi-heure chacun, la revendication pour les producteurs d’un « juste » prix face aux exigences de la distribution ou aux demandes de l’agroalimentaire. En clair, les représentants des paysans demandent ce que l’on appelle une politique des revenus, ce qui est exactement l’opposé d’une agriculture fondée sur les marchés et les prix de marchés. Ils plaident pour le maintien ou le retour à l’exception française auprès de quelqu’un qui s’est donné comme objectif de la laminer au nom de la compétitivité d’une part et de la soumission  aux ordres de l’allemand Schauble  d’autre part.

« Il faut faire en sorte que, demain, nous ne perdions plus de paysans », a plaidé Jérémy Decerle, des Jeunes agriculteurs, à la sortie de son entretien avec Macron.

Il lui a rappelé que la France avait perdu un quart de ses paysans au cours des dix dernières années et appelé à des mesures pour relancer « l’attractivité » d’un secteur qui traverse depuis plusieurs années une crise profonde.

« Nous sortons de trois ans de crise pour l’élevage, les céréaliers aussi depuis deux ans », a renchéri Bernard Lannes, président de la coordination rurale, deuxième syndicat agricole.

Il ne vient à l’idée de personne que l’aspect marché/compétitivité est contradicoire, antagonique du modèle fraçais et que la seule voie possible est celle qui consiste à séparer l’aspect social de l’aspect compétitivité et pour cela de mettre en place une veritable politique sociale fondée sur l’accompagement de la paupérisation des agriculteurs. Aider socialement les agriculteurs paupérisés vaut au moins autant qu’aider  les  migrants!  Commencer par aider les siens, c’est bien.

Lannes a exprimé le voeu que les Etats généraux de l’alimentation permettent de « réorienter l’alimentation » mais, selon lui, cela ne peut se faire sans modifier la PAC (politique agricole commune européenne), « ultra-libérale ».

La Coordination rurale, qui souhaite un « plan Marshall » pour l’agriculture, souhaite aussi demander à Macron d’intégrer le Haut-conseil de la coopération agricole pour « lutter contre les dérives de certaines coopératives » qui « ne défendent plus les intérêts de leurs adhérents ».

Les organisations ont également abordé la question de la répartition des aides européennes, tant la décision du ministre Stéphane Travert de rééquilibrer les budgets cette semaine a suscité de fureur, aussi bien dans le monde agricole que chez les ONG environnementales.

Travert a décidé de transférer une partie des aides européennes du « pilier 1 » de la politique agricole commune (aides à l’hectare) vers le « pilier 2 » (développement rural, aide à l’agriculture de montagne, installation des jeunes agriculteurs, aide à la bio).

La Confédération paysanne souhaite également que soit « enclenchée la transition de l’agriculture » vers un modèle plus durable.

Le Modef souhaite pour sa part mettre l’accent sur la crise de l’élevage et la situation épineuse des producteurs de palmipèdes face à la grippe aviaire, et demander une révision de la loi de modernisation de l’Economie (LME).

La présidente du premier syndicat, FNSEA, Christiane Lambert, a déjà été reçue le 18 juillet, avant le démarrage des Etats généraux.

Publicités

2 réflexions sur “Supplique des paysans à Macron

  1. L’éternelle supplique et chaque année de pire en pire, Macron rien de bon à attendre de ce larbin qui se croit intelligent parce qu’il a fait les grandes écoles de l’uniformisation de la pensée et parce qu’il a un peu trafiqué dans la finance… Rien de bon à attendre d’une pays qui n’a toujours pas réalisé qu’il n’a plus d’indépendance qu’il s’est vendu à plus riche que lui et que c’est celui là qui impose tout parce que le français n’a pas le cran de dire NEIN avec toute l’Europe du sud ….On ne fait pas une union quand on est faible avec plus fort…

    J'aime

  2. Bonsoir
    Notre modèle agricole issu d’une civilisation au moins bimillénaire a reçu l’avertissement de la faucheuse en 1905, avec l’entrée en scène de la physique moderne et le premier coup fatal en 1914:nous sommes sortis du monde classique, celui de Rome et de Newton, à cheval, au rythme de la course des astres, et sommes entrés dans notre ère au rythme du moteur à explosion. Nos agriculteurs sont les derniers survivants- témoins d’un monde à l’agonie, the last remnants of a discarded hord. Le futur proche appartient aux exploiteurs agricoles ( exploitant est une tartufferie de syntaxe oh combien révélatrice) alliés dépendants des chimistes des semenciers et de ceux des laboratoires pharmaceutiques: il faudra bientôt désormais payer une rente pour survivre à notre alimentation. Ce système aura au moins le mérite de pouvoir contrôler totalement la population mondiale:d’abord par les média et en cas d’obstination à ne pas adhérer, pas d’antidotes pour les récalcitrants. C’est plus rentable qu’un conflit nucléaire qui anéantit sans profit les cheptels de consommateurs et pose un problème sanitaire insoluble en terme de gestion des centaines de millions de « dommages collatéraux » en putréfaction.
    Bonjour chez vous.

    J'aime

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s