Le budget de Macron; une occasion tristement manquée.

Selon un sondage ViaVoice publié mi-septembre dans ‘Libération’, 53% des Français interrogés considèrent que la politique économique profite aux “catégories les plus aisées”.

Bien entendu les critiques portent sur les apparences, pas sur l’essentiel. Les Français ne sont sensibles qu’aux mesures symboliques parce que personne ne leur explique les autres, celles qui constituent le fond de la politique de Macron. En fait on méprise les populistes, mais « on » se rallie à ce que les populistes ont de plus simplet , les critiques superficielles qui passent à coté de l’essentiel.

Honte au système politique connivent et surtout aux corps constitués qui ne font pas leur métier d’éclairer les débats publics.

Or ce sont les autres, les orientations générales, qui sont déterminantes. Le fond de  la politique de Macron c’est:

-accélérer la modernisation conçue comme destruction des droits acquis et des structures traditionnelles, en particulier salariées.

-augmenter la part des profits dans le produit National, réorienter le revenu national

-détruire les formes dépassées du capitalisme français

-détuire ce qu’il considère comme les zombies du système français

-réduire ce qu’il croit être les rentes immobilières car il n’a pas compris que l’immobilier est un complément de l’investissement productif. Il est pris dans le vieux mythe Saint Simonien/Polytechnicien  .

-réduire la charge « des vieux » car il considère qu’ils sont privilégiés par nos systèmes de répartition, dans le cadre de la dégradation de la pyramide des ages:  il faut donc leur en reprendre un peu, sinon le plus possible

-laminer les épargnants les moins sophistiqués en les forçant à se laisser exploiter par la prise de risque laquelle n’est que l’autre nom pudique de la prise de pertes.

Bref ce qui est critiquable c’est le fond , l’inspiration ordo-libérale laquelle a pour objectif non pas d’adapter la France mais de donner des gages aux Allemands  afin qu’ils acceptent les réformes que propose Macron qui espère plus de solidarité et de transferts. Plus fondamentalement, le budget de Macron est une étape qui repose sur une conception du progrès et de la modernité économique et sociale et c’est cela qu’il faut faire comprendre , c’est cela qui doit être visé par les analyses et les critiques.

C’est l’orientation générale de l’action de Macron qui doit faire l’objet d’un débat, pas les mesures en elles même qui ne sont que de médiocres déclinaisons  contingentes; ces mesures pourraient être autres, le problème est ailleurs.

La suppression de l’impôt de solidarité sur la fortune (ISF) et son remplacement par l’IFI, concentré sur les seuls biens immobiliers et la « flat tax » à 30% sur les revenus du capital ont fait enfler cette réputation de « budget des riches », et suscitent même les critiques dans les rangs de la majorité présidentielle.

« Moi, je prétends avec beaucoup de tranquillité et de détermination que nous présentons un budget équilibré », affirme  Edouard Philippe.  « On supprime l’ISF parce que ça ne marche pas. Parce qu’on a fait fuir le capital. Ce chiffre devrait vous faire réfléchir : en quinze ans d’ISF, on a fait partir 10.000 contribuables représentant globalement 35 milliards de capital », poursuit-il. Au lieude saisir l’occasion d’expliquer, de faire monter la conscience des citoyens, Philippe, s’inscrit dans le débat supericiel, dasn le populisme. Il rate une belle occasion pédagogique.

Un peu de démagogie ne nuit jamais !

A propos des signes extérieurs de richesse, et de la proposition de taxer le « luxe ostentatoire », le chef du gouvernement semble avoir entendu les élus : « Il existe des taxes spécifiques sur ces biens mobiliers, par exemple sur les grosses cylindrées polluantes ou les yachts. On peut parfaitement les augmenter. On est ouverts à la discussion au Parlement », affirme Edouard Philippe.

Les malheureux députés d’En Marche passent à coté de tout, absolument tout: « quand on lui montre le ciel, l’imbécile regarde le doigt » peut on dire à leur propos.

Macron ne fait pas mieux avec ses pélerinages démagos 

Accusé d’avoir mis au point un budget pour les riches, le chef de l’Etat a renoué lui aussi avec le terrain social ces dernières heures (Sic) . Emmanuel Macron a rencontré mardi des salariés du groupe d’électroménager Whirlpool à Amiens (Somme) avant de se rendre au nouvel entrepôt du géant américain Amazon, à Boves. Mercredi, il est attendu à Egletons (Corrèze) pour une visite centrée sur la formation professionnelle, qui pourrait être perturbée par des salariés de l’équipementier automobile GM&S.

Le Macronisme va éclater par ce qu’il repose sur un malentendu et une fiction; le budget et sa discussion aurait pu être une opportunité.

Le malentendu c’est qu’il se présente comme  unifiant, qu’il réunit droite et gauche, au dessus des clivages, alors qu’il très profondément clivant au profit d’une classe très minoritaire

La fiction c’est celle qui est constitué par le rêve de la gauche bobo, la gauche progressiste de pouvoir tromper longtemps le peuple des salariés . Ceci se manifestera par la rupture de Macron avec les anciennes structures du socialisme issu du travail.

On ne peut prétendre représenter le travail; quand on le détruit au nom d’une société dont le postulat est le post-travail.

Avec le budget on a raté l’occasion d’un début de dévoilement.

En prime 

Moscovici parle  d’intelligence (sic), nouveau chantre de l’ordo-libéralisme imbécile, la règle c’est la règle(1)

Comprenez nous bien, notre critique de  l’ordo libéralisme n’est pas absolue mais relative: il est imbécile de mener une politique ordo libérale dans un monde soumis à la dérive des anglo-saxons qui ont fait du déficit spending leur principe de gestion. En étant ordo libéral, on se met dans une situation relative défavorable; les autres attirent à eux les richesses réelles et celui qui, faible comme la France ne le fait pas, laisse la richesse aux autres.

Le Bloc-Or/Euromark est une diotie sans nom.  L’ordo libéralisme ne convient qu’à  l’Allemagne car son système est historiquement  structuré pour en profiter. En revanche un pays comme la France qui n’a pas le même système et n’a aucune chance de l’avoir un jour s épuise à vouloir suivre les règles ordo libérales. Suivre ces règles c’est  organiser le glissement régressif, c’est se portugaliser façon Salazar.

La France ne peut se redresser que grâce à une douce dérive financée, protégée monétairement,  avec l’aide de ses partenaires allemands. Mais voila les Allemands n’ont nullement l’intention d’aider la France à se redresser et Moscovici est leur complice .

Les dogmes Allemands sont adaptés à l’Allemagne, mais ils ne peuvent être adoptés par d’autres qui eux sont en situation différente. Tout le monde ne peut être excédentaire, il faut, si les uns ont des excédents, que d’autres aient des déficits. La question est de savoir si les deficts sont porteurs, si ils sont utilisés intelligemment ou si ils sont gaspillés. Le combat qu’il faut mener Monsieur Moscovici, consiste à  peser sur l’Allemagne pour qu’elle accepte ses responsabilités européennes et mondiales; qu’elle réduisent ses excédents et mette son épargne au service du rééquilibrage, d’abord européen puis ensuite, on verra. Moscovici non seulement est un idiot mais un …

Le commissaire européen aux Affaires économiques, Pierre Moscovici, a appelé mercredi la France à poursuivre la réduction de son déficit public, même après avoir passé sous la barre des 3%, tout en assurant que Bruxelles fera preuve « d’intelligence » et de « souplesse ».

« Une fois sous les 3%, le déficit budgétaire doit continuer à baisser et à baisser significativement », a affirmé le commissaire lors d’une audition à l’Assemblée nationale où il a rappelé que les engagements européens de la France l’obligeaient à réduire son déficit, même s’il passait sous les 3% cette année.

« Les règles ne sont pas plus faciles que celles qui s’appliquent jusqu’à 3% », a-t-il insisté, soulignant qu’elles contraignent les pays à réduire le déficit à un rythme de référence de 0,6% par an pour les pays à « dette publique élevée » comme la France dont elle frôle 100% du PIB.

La dette française « devrait être toujours au-dessus de 90% en 2022 (…), alors que celle de l’Allemagne sera revenue sous 60%, ce qui est le seuil prévu par les traités européens », a expliqué M. Moscovici.

Le commissaire s’est toutefois déclaré favorable à « une interprétation intelligente des règles », car si la France « optait pour un respect très littéral de la règle de 0,6% par an, alors il y aurait un effet négatif sur la croissance française » et la zone euro.

« Il faut donc faire preuve de souplesse et d’intelligence », a-t-il assuré, soulignant que la France prévoit une réduction du déficit de 0,1% en 2018, soit « le maximum de déviation autorisée sur deux années consécutives par rapport à la norme de 0,6% ». « En d’autres termes, c’est acceptable », a-t-il ajouté.

(1) Le titre original de cet ajout était: Moscovici cire les pompes

Je l’ai trouvé adapté mais de mauvais gout;

Moscovici a déja présenté sa candidature pour être le futur ministre des finances de la Zone euro si les propositions de Macron sont  suivies. Pour être ministre des finances , il faut donner des gages d’orthodoxie et de soumission aux allemands, ce qu’il fait par ces déclarations.

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