Billet: Pourquoi Macron insulte le peuple

Lisez ce texte, derrière l’anecdote, il permet de comprendre la situation politique moderne et post moderne. Il est essentiel pour comprendre le futur politique de Macron, du macronisme et de la fausse droite. Il permet aussi de comprendre l’impasse  dans laquelle se trouvent les ex socialistes  du type Hamon et leur  frères ennemis Insoumis.   Ce texte suggère aussi que si le Front National se met au travail et dépasse la contradiction entre le Le Penisme et le Philippotisme , il a un bel avenir devant lui, il chevauche des forces porteuses. 

En suggérant que des salariés feraient mieux d’aller chercher du travail plutôt que de « foutre le bordel », Emmanuel Macron a suscité des critiques de plusieurs membres de l’opposition dans la soirée de mercredi.

Des heurts ont éclaté mercredi après-midi entre les forces de l’ordre et des salariés de GM&S qui souhaitaient s’entretenir avec le chef de l’Etat lors de son déplacement à Égletons (Corrèze) sur le thème de la formation professionnelle. Des images tournées par BFMTV montrent une conversation entre Emmanuel Macron et Alain Rousset, président de la région Nouvelle Aquitaine, qui évoque les difficultés de recrutement de l’usine d’Ussel (Corrèze) du fabricant de produits en aluminium Constellium.

« Il y en a certains au lieu de foutre le bordel, ils feraient mieux d’aller regarder s’ils peuvent avoir des postes là-bas. Parce qu’il y en a qui ont les qualifications pour le faire », répond le président de la République.« C’est pas loin de chez eux », poursuit-il.

Vous noterez que lorsque l’on est en colère, le vernis craque, on perd  la retenue, le bon langage; bref on révèle la personne que l’on est. On soupçonnait que Macron n’était pas ce qu’il prétendait être lors de la campagne, on en a la preuve.

Ce n’est pas la première fois que Macron tient ce genre de propos insultants pour les travailleurs et les petites gens. Sous le coup de l’énervement, le vernis marketing a souvent craqué. Les commentateurs, tout en étant partagés sont passés, comme d’habitude, à côté de la signification politique profonde des écarts de Macron.

Entendez nous bien , il ne s’agit pas ici dans cette analyse critique de prendre parti sur le contenu des propos de Macron et de se ranger soit du côté de Macron soit du côté des travailleurs. Non il s’agit de faire ressortir la modernité des attaques récurrentes contre ce qui était auparavant sacré, bénéficiaire d’un mythe: le travailleur.

Il s’agit ni plus ni moins que  d’ouvrir le débat qui n’a jamais été ouvert lors des élections, celui de la position de la gauche vis à vis du monde du travail. Il s’agit de comprendre la cassure en trois du parti socialiste: les soutiens de Macron, les rebelles type Hamon et les Insoumis de Mélenchon.

Il s’agit de montrer que le Macronisme est provisoire, que c’est un moment de l’histoire politique et qu’il va se fracasser sur les prises de conscience. Surtout si comme il l’a fait et le refera, il se laisse emporter à révéler  ce qui doit rester caché: la gauche n’est plus la gauche, la gauche a congédié le monde du travail, la gauche a trahi ce que l’on appelait auparavant le peuple, la gauche est passée de l’autre côté, du côté de la post-modernité.

Nous soutenons que même Mélenchon n’est plus la gauche, il est lui aussi un avatar post-moderne. Il est post-moderne et  n’ayant ni perçu ni résolu les contradictions, le Melenchonisme n’a pas d’avenir. En mot, nous affirmons que ce qui est de gauche, ce n’est pas ce qui invoque ou convoque le peuple, mais que c’est ce qui en est le prolongement, le reflet, le fer de lance. L’émanation. Mélenchon ne représente pas le peuple, il l’exploite dans sa dimension politique, il s’en sert. Pour être de gauche il faut être fier non pas de ce que l’on est, l’intello masturbateur, mais de ce que le peuple est. Il faut être fier du peuple réel, pas du peuple imaginé. Il faut cesser d’imaginer un peuple fantasmé que   l’on peut  représenter pour le défendre. Voila le mot: » défendre ». Défendre le peuple, ce  qui est la dérive de Melenchon et de ses  amis dans les syndicats; défendre  c’est le contraire de faire la guerre, d’attaquer. Ceux qui attaquent ce sont ceux qui sont au dessus, supérieurs et ceux qui se défendent ce sont ceux qui sont au dessous, inférieurs.

Le parti socialiste a trahi le peuple, cela est évident pour presque tous les observateurs, mais Mélenchon c’est pire, car tout en ne l’ayant pas trahi il se trompe de peuple, il se trompe sur le positionnement de son parti vis à vis du peuple. Il n’aime pas le peuple tel qu’il est, non il aime l’Idée que lui se fait du peuple et concernant le peuple réel, il le défend avec condescendance, avec mépris comme on défend les opprimés quand on se croit fort et supérieur.

Quand on fait remarquer que Mélenchon est intellectuel par exemple, c’est cela que l’on cherche à exprimer: une position pas claire vis a vis du peuple. Ce peuple, si il l’aimait, s’il y croyait, il le respecterait même quand il va chez Marine et vote Front National. Ce qui n’est pas le cas.  Mélenchon ne se rend pas compte que lorsqu’il insulte les beaufs il insulte ceux qui sont encore chez lui et il insulte ceux à  qui il  devrait obéir. Le peuple dans sa grande sagesse spontanée, non intellectualisée a bien compris qu’il y a trop d’étrangers en France, que les modernistes sapent les bases de la famille, de la nation, des solidarités  et que ceci  est précisément l’un moyens pour les dominants de dominer. Le peuple comprend que l’atomisation, la transformation de tout en marchandise, tout cela signe sa défaite, son déclin, son affaiblissement. Sa régression.

Mélenchon n’a rien compris au fond. Lui qui prétend se réclamer de la lutte des classes n’est, sous une autre forme, qu’un misérable transfuge socialiste qui lutte contre les discriminations, pour le remplacisme, pour le droit-de-l’hommisme, pour le sans-papierisme » et autres balivernes post modernes. La lutte des classes, c’est autre chose que le Mélenchonisme! Nous soutenons que que le Mélenchonisme n’est pas de nature différente du Macronisme. les propos que Macron tient sur le peuple, Mélenchon les tient sur la partie du peuple qui ne va chez lui. Les autres il les flatte en les méprisant.

Dans l’ancienne idéologie de gauche, du temps ou le socialisme était inspiré par le monde du travail et était porteur du changement social, le travailleur était sacré, il avait toutes les qualités , il était porteur de l’avenir radieux de la société socialiste. Et cela le transfigurait. Il suffit de regarder l’art , les sculptures et les peintures de l’époque soviétique. On savait bien que le travailleur concret n’était pas parfait, qu’il avait souvent retourné l’exploitation à son profit, qu’il cherchait rendre le travail abstrait par les arrêts maladies, par les indemnités chômage abusives, par tout un ensemble de mesures qui étaient en quelque sortes des abus de droits conférés  aux salariés par les conquêtes sociales. Mais on disait que c’était un moyen de faire payer le capital, de l’affaiblir, de le forcer à réduire son profit. En ce temps là, tout le monde savait qu’ une partie du monde du travail profitait en quelque sorte de l’état providence et en abusait. Mais c’était un principe; pas de critique, silence les abus sont marginaux, ils sont pour la bonne cause,  et il ne faut pas en parler. C’était en général, la tâche des petits patrons plus ou moins catalogués comme fascisants de s’indigner de tout cela, de critiquer le parti pris de l’inspection du travail, de maudire  les syndicats et de salir les travailleurs. Maintenant c’est la gauche qui le fait!

En tant que classe élue, fer de lance du changement et surtout en tant que clientèle politique, le travailleur était parfait, une vraie idole, bref nous le répétons, un mythe. Le travailleur a été magnifié pendant des decennies. Le travailleur, lui dont la gauche vantait l’instinct révolutionnaire,  a perdu son statut! Le mythe s’est effondré. Déboulonné comme la statue de lénine.

Le mouvement ne s’est pas fait d’un seul coup et il serait intéressant d’en retracer l’histoire, ce que nous ferons peut être un jour, mais en attendant il faut retenir l’essentiel: le fer de lance de la révolution, la classe élue s’est retournée en son contraire: le beauf, le facho, le primaire, celui qui tire au flanc, celui qui vote populiste. Le phallus brillant au centre des idéologies de gauche s’est retourné en son contraire classique: le trou du cul, la merde. Avant, le prolétariat brillait tous ses feux et guidait l’Histoire, maintenant , il montre sa veulerie, son cul merdeux, nazifiant. Comprenez bien le retournement, il ne s’agit pas d’inverser le processus de l’histoire et de dire que le prolétaire vote Front National et que c’est pour cela qu’il devient un beauf, non c’est l’inverse; c’est parce qu’il a perdu sont statut sacré, respectable, admiré, que le prolétaire, qui reste toujours le prolo, a compris et qu’ il change de représentants, il va vers ceux qui prennent en compte ses revendications, sa souffrance, ses rancoeurs. C’est le retournement du statut du travailleur qui a fait la montée du Front National; abandonné , méprisé par la gauche moderne et post-moderne le travailleur est allé voir ailleurs, là ou il était accueilli, respecté.

Si vous ne comprenez pas cela vous ne pouvez pas comprendre la mutation politique française, l’échec des soi disant socialistes et le Macronisme.

Mélenchon ne peut représenter les travailleurs car son choix universaliste, mondialiste, sans frontiériste  le met du coté des dominants. Mélenchon ne veut pas payer le prix, se salir les mains, les mettre dans la merde que constitue le peuple dans le monde post-moderne. Même corrigé pour le rendre moins dur, le choix de l’immigration, du remplacisme va contre les interêts de la classe des travailleurs. Mélenchon accepte une partie du capitalisme , la partie mondialisée universalisée, sans se rendre compte que la classe des travailleurs  n’en veut pas elle! Mélenchon  ne comprend pas que ce qu’il soutient, l’immigration, les sans papiers, les damnés de la terre, le libéralisme des moeurs,  le progressisme sociétal, tout cela est précisément ce sur quoi le capitalisme mondialisé fonde sa force et sa pseudo légitimité! C’est ce sur quoi le capitalisme mondialisé s’appuie pour tromper son monde et récolter des voix comme celles des islamistes, des LGBT, des banlieues…

La gauche , Macron, Mélenchon   n’acceptent pas de respecter le souhait profond de la classe des travailleurs, qui est un souhait réactionnaire, souhait réactionnaire contre le progrès des techniques qui le met au chômage, souhait réactionnaire contre la mondialisation avec  les importations de marchandises et de main d’oeuvre, souhait réactionnaire contre la perte d’identité et de solidarité, souhait réactionnaire contre la dissolution des  moeurs, de la morale et des certitudes.

La diabolisation  du peuple qui fleurit dans le discours des soi disant progressistes   n’est au fond pas très différente, sauf de nuance et de degré de ce que Macron exprime quand il s’oublie, pas différente du mépris que les  bobos expriment l’égard du peuple réel. Le peuple est franchouillard, voila ce qu’il faut admettre et si il est  porteur du changement c’est en tant que ce qu’il est et non pas en tant que ce que les progressistes voudraient .

A la question posée, « pourquoi Macron et toute la gauche insultent le peuple », la réponse est la suivante: parce que la gauche a perdu la référence populaire, la référence du travail ; la référence au politique. Sa référence c’est le marché, la concurrence, le progrès, le modernisme. Bref c’est la dynamique pure, sans reflexion sur son contenu. C’est ce qu’ils croient  être la Marche en Avant.  En Marche. Et le peuple, les salariés, en tant que victimes de cette marche en avant , victimes de tout ce que cela comporte comme destruction,  sont conservateurs, voire réactionnaires. Les salariés sont la limite à la dynamique aveugle que prétedent incarner les modernistes, les progressistes, les bobos, harkis des dominants.

Dans un climat social marqué par une réforme contestée du Code du travail et la grogne montante liée à un projet de budget 2018 les propos de Macron ont fait réagir des élus de l’opposition sur les réseaux sociaux.

Sur Twitter, la députée Les Républicains (LR) des Bouches-du-Rhône Valérie Boyer et l’ex-numéro deux du Front national Florian Philippot ont dénoncé le « mépris » d’Emmanuel Macron.

Une accusation également portée par la députée La France insoumise de Seine-Saint-Denis Clémentine Autain. « Cela traduit un grand mépris de classe. Il ne cesse d’avoir des phrases injustes pour les milieux populaires. Les salariés de GM&S se battent pour leur emploi. On ne peut pas leur dire simplement qu’ils sont des fainéants », a-t-elle déclaré sur LCI.

Olivier Faure, président du groupe Nouvelle gauche (ex-PS) à l’Assemblée nationale a quant à lui dénoncé sur Twitter « le mépris social pour les ‘illettrées’, les ‘fainéants’ et les ‘riens’, et ‘en même temps’ la compassion fiscale pour les grandes fortunes ».

Egalement sur Twitter, le PS a appelé le président de la République « à rester maître de son langage et à respecter les Français ».

Intervenant sur BFMTV, la députée des Yvelines Aurore Bergé, porte-parole du groupe La République en marche (LREM) à l’Assemblée nationale, a déclaré qu’Emmanuel Macron « ne désigne personne par cette expression ». « Ce que dit le président de la République c’est assez simple : il dit qu’il y a du boulot, il dit qu’il y a de l’emploi, qu’il y a des solutions qui existent », a-t-elle déclaré.

Il ne s’agit pas de la première déclaration méprisante  d’Emmanuel Macron. Ses propos sur les salariés « illettrés » des abattoirs Gad en 2014 alors qu’il était ministre de l’Economie ou ses déclarations du mois dernier sur les « fainéants » face auxquels il ne compte rien céder en matière de réformes ont notamment suscité des polémiques.

 

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8 réflexions sur “Billet: Pourquoi Macron insulte le peuple

  1. Dans le déplacement précédent le même Macron n’a pas fait la une mais il a dit texto à Ruffin, : « Je ne vous ai pas entendu pour venir voir les petites gens….  » La condescendance de cet homme m’écœure, les énarques n’ont jamais été bons qu’à solder ou pire encore à liquider.

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  2. Les énarques c’était aussi le CREDIT LYONNAIS, qu’on arrête de nous bassiner avec le soit disant talent de banquier de Macron qui ne fut qu’un stagiaire prometteur acheté…

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  3. Micron: Des propos de petit manager comme on en est farcis dans le privé, pleins de suffisance, d’ignorance, de mensonges pour la bonne cause, de dogmes pseudo libéraux, pires que les staliniens.
    A la limite, sa remarque était bonne mais il n’est pas fondé à la dire, en tant que néo noble fonctionnaire apparatchik de la mafia politico financière, et digne porte parole d’une kleptocratie nulle, suicidaire, parasite.
    Aucun intérêt.

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  4. Cher Monsieur Bertez,

    Il faut déjà vous remercier de participer à la mise à jour quotidienne
    de notre indignation.

    Cela dit, Macron était grossier dès le départ. Durant la campagne
    présidentielle il nous a sorti un discourt composé de hurlements dignes
    d’un internement à Sainte Anne.
    Il le fait car il pense être « dans le vent », imiter Trump, pouvoir se permettre
    le mépris de ceux qui s’imaginent qu’ils ont gagné la partie, et actuellement
    c’est vrai, avec l’insolence des petits marquis bons pour la guillotine…
    Il croit même qu’il peut, sans risques, s’en prendre directement
    à l’armée.

    Lui et Mélanchon sont les deux faces de la même médaille. Ils se
    rejoignent dans l’immigrationisme qui veut transformer les peuples,
    les nations, en une masse indistincte de bétail interchangeable, ils
    remuent la même marmite avant que les résultats de leurs pitreries
    ne les conduisent à disparaître dans la « grande cuillère des inutiles ».

    Le fâcheux dans cette histoire tient à la peur des électeurs de quitter
    l’UE et l’Euro. Tant que le FN va danser d’une jambe sur l’autre il ne
    pourra pas l’emporter. réaliser son potentiel. Même avec une loi
    électorale plus juste, on le voit en Allemagne avec l’AFD, (encore que
    là-bas la situation soit bien plus confortable pour l’instant et pour
    une majorité de votants).
    Faute de moyens, de charisme, les doctes explications d’Asselineau
    ne passent pas la rampe.
    Quant aux protestations parlementaires, c’est franchement le
    minimum syndical, presque de l’encouragement.
    Dans ces conditions, la population qui souffre chaque jour un peu plus
    et de diverses manières, ne peut qu’essayer de ne pas perdre ce
    qu »elle a encore, et donc adopte une position conservatrice déjà
    préventivement détournée par Mélanchon.
    L’oligarchie a ses deux fers au feu.

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  5. Pour paraphraser Coluche, Macron n’est ni de droite ni de gauche bien au contraire.
    Cet énarque sorti de nulle part, – enfin si de la cuisse à Attali – propulsé par l’oligarchie ploutocratique mondialiste dans une campagne présidentielle faussée est parvenu à la fonction « suprême » comme l’on dit.
    Ceux qui l’ont choisi et parrainé l’ont choisi pour une raison simple, il a un profil particulier et idéal pour semer la confusion, diviser, défendre une chose et son contraire, casser les repères, détruire les fondements de la société…
    Il a prouvé en virant le Chef d’Etat Major des Armées qu’il était le « chef » et que quiconque lui désobéirait en subirait les conséquences.
    Il crache maintenant sur les journalistes alors que c’est grâce à leur couverture ou plutôt propagande médiatique qu’il a été élu président.
    Il passe en force lorsque ses désirs ne sont pas exhaussés et il fabule et ment quand il est mis en difficulté et que ses contradictions transpirent.
    Nombre de citoyens et notamment les électeurs qui ont voté pour lui n’ont pas pris la mesure de Macron et des conséquences qu’auraient son élection.
    …et dire qu’il est président seulement depuis quelques mois.

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  6. Bonjour
    Les dieux ne sont pas immortels: Zeus succède à Saturne lui même tombeur de Cronos.
    Et c’est un travers bien connu de l’humanité : rejeter toute réalité qui pourrait interférer malencontreusement avec la représentation que l’on se fait du monde.
    Le « prolo » fut la figure sublimée de l’opprimé pendant un temps; il n’a pas su tenir le rôle et a été remplacé par l’immigré, qui sera lui même remplacé par une autre figure souffrante dans la lutte binaire mais éternelle entre le bien et le mal qui se joue dans la tête des intellectuels.
    Vanité des vanités….
    Cordialement.

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  7. Au final, ce billet me semble bien plus celui de Mélenchon que celui de Macron, peut-être parce que ce dernier n’a pas vraiment trahi son image, il est bien dans son rôle de technocrate. Les deux circulent cependant sur le même boulevard, chacun sur son trottoir ; d’un côté le technocrate, de l’autre l’intello masturbateur. Lorsqu’on classait Mélenchon parmi les populistes, j’ai toujours été gêné, même si son bagou le situe plus dans ce camp-là, même si son socialisme affiché semblait le diriger vers la gauche, donc vers le peuple. Votre billet confirme que l’assimilation gauche-peuple ne correspond plus à la réalité politique d’aujourd’hui (Jacques Julliard ou Jean-Claude Michéa nous avaient déjà instruits sur le caractère abusif de cette assimilation).

    Je me souviens de cette période que vous avez évoquée où certains meneurs de l’extrême gauche syndicale et politique avaient adopté des comportements choquants sur leurs lieux de travail. Ces comportements ont fini par avoir des conséquences. A trop se laisser aller, on perd toute crédibilité et tout respect. On ne respecte que ceux qui sont respectables, et cela demande des efforts et de la tenue. La bassesse d’âme peut bien se cacher derrière des théories, on sent intuitivement qu’on n’a pas à faire à des hommes avec qui on a envie de partir en vacances.

    Le peuple, qui est un mot au contenu incertain, parce qu’hétérogène, est-il véritablement aimable ? Hannah Arendt à qui l’on posait la question de ses sentiments envers le peuple juif, répondit : «… je n’ai jamais aimé de ma vie un peuple ou une collectivité […] Je n’aime en fait que mes amis et je suis absolument incapable de tout autre amour… »

    On peut néanmoins défendre le peuple, sans l’aimer, parce qu’on en est, parce qu’il faut protéger ceux qui sont plus faibles, parce qu’on ne peut pas faire comme si ceux qui le composent étaient quantité négligeable, parce que le parti pris de ceux d’en face est devenu étouffant et inique.

    Mais on peut le défendre dans une relation dialectique exigeante. Ne dit-on pas « qui aime bien châtie bien » ? Mais on ne peut pas espérer le changer fondamentalement en lui renvoyant une image méprisable de lui-même. On ne peut pas espérer lui faire prendre des vessies pour des lanternes, lui faire admettre que nous avons tous les mêmes intérêts.
    Aujourd’hui, le mythe historique des prolétaires de tous pays est définitivement tombé, et on se rend compte que la grande majorité des « petits » sont conservateurs. Quelle découverte ! Comment pourrait-il en être autrement, ils ne décident de rien, ne comprennent pas toujours très bien le monde dans lequel on les fait vivre, regardent passer les trains dans lesquels ils n’ont pas les moyens de monter ? Ils se savent fragiles, de plus en plus, et néanmoins ils veulent vivre, entourés des êtres qui leur sont chers, dans les meilleures conditions possibles, lesquelles ne sont pas que matérielles. Ils n’aspirent pas à la révolution permanente, car ils savent bien que les révolutions ne leur profitent jamais. Ils sont spontanément méfiants à l’égard des Idées, tellement bien maniées par ceux qui les côtoient sans les voir. Pourquoi serait-ce méprisable d’être conservateur ? Pourquoi serait-il indigne de défendre ce que l’on pense être son intérêt, plutôt que celui de l’autre ? Chesterton disait « Le monde moderne est plein d’anciennes vertus chrétiennes devenues folles » Platon, monothéismes, Mélenchon, même combat, celui du bien absolu émanant d’un arrière-monde contre le bien relatif de ce monde-ci !

    Si être de gauche, c’est d’abord et avant tout aimer le peuple tel qu’il est, alors la gauche n’a plus d’espace politique, parce que si la gauche venait à admettre que les peuples sont conservateurs, elle devrait alors se faire hara kiri.

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    1. Oui vous avez raison, partant de Macron je me suis ainsi trouvé le prétexte de procéder à cette extension de la critique. En fait le congédiement du prolétariat, des salariés et en général des classes moyennes et leur « beaufication » est devenu mon objet principal. Mais le prétexte Macron fournissait une entame!

      Je suis sur que Macron a lu et été influencé par Antonio Négri et son compère Michael Hardt. Sa conception de la modernité et ses propos montrent qu’il a lu l’Empire!

      Il semble avoir élaboré son programme à partir des mêmes conceptions sociales (hativement digérées) post-modernistes. On retrouve tout cela chez Terranova.

      ajout:
      j’apprécie votre dernière phrase!

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