L’appétit pour le jeu n’est plus ce qu’il était. C’est bien une alerte.

Le célèbre Farrell avait coutume de dire: ce ne sont pas les nouvelles qui font le marché, mais le marché qui fait les nouvelles. C’est ce qui nous a toujours guidé; nous pratiquons le contrepied intégral des théories de l’efficience des marchés. Et cela nous a toujours bien aidé.

Ici, ce que nous voulons souligner c’est le fait que le sentiment sur les marchés devient aigre, on sent que le « mood » n’y est plus et quand le « mood » n’y est plus alors, les nouvelles deviennent mauvaises.

Le Buy the Dip, les achats en baisse sont moins francs, moins convaincants. On n’a pas encore peur, mais on doute. Oh juste un peu mais comme cela faisait longtemps que l’on n’avait pas douté cela doit être signalé.

Ici les mauvaises nouvelles s’accumulent parce que les marchés commencent à se fissurer . Ils subissent des chocs négatifs à répétition. Avant il y a quelques semaines ils les auraient encaissé  sans sourciller , maintenant ils y prêtent attention. Ce qui est important ce ne sont pas les nouvelles, mais le fait que l’on y fasse attention. Le téflon, la couche de téflon s’est usée. C’est fini!

-Le fond c’est la multiplication des signes de nouveau régime monétaire. La hausse des taux à venir en décembre, les perspectives de Taper en Eurozone et la hausse des taux en Grande Bretagne. Et puis bientot l’érosion des « liquidités banques centrales » par la réduction du bilan des institutions concernées. On le sait depuis longtems, mais maintenant on y croit, et on ne parle ; c’est un phénomène de prise de conscience.

-Le fond c’est le passage de quelques  hirondelles d’inflation. une hirondelle ne fait pas le printemps, mais ces derniers jours il y en eu plusieurs qui pointent vers (enfin?) un dégel de l’inflation, en Grande Bretagne, au niveau des prix à la production ici et là. Les éventuel signes d’inflation font craindre une accélération des hausses de taux.

-Le fond c’est l’incertitude réelle sur les perspectives d’inflation! Eh oui cela est contradictoire avec ce qui est dit ci dessous, mais en Bourse, pas besoin d’être cohérent et une partie des investisseurs craint l’accélération de l’inflation tandis qu’une autre partie pense que c’est exclu et cette absence de consensus indispose car on ne sait plus quel scénario retenir. Ceux qui doutent de la validité de la courbe de Phillips ont peur d’une rechute et d ‘un retour de la deflation; ils mettent en avant l’aplatissement de la courbe des taux.

-Le fond c’est le décrochage des obligations Junk et high yield qui se confirme avec la hausse des CDS, les assurances contre le défauts. Leur décrochage est historiquement un indicateur avancé de difficultés sur le marché des actions car il y a une relation mathématique entre les deux assets.

-Le fond c’est l’attention nouvelle à la situation financière mauvaise de certains secteurs commeles cartes de crédit et  le crédit automobile américain.

Forte hausse des détauts sur le crédit auto

-Le fond c’est la situation fragile de secteurs comme les Télécoms surendettés, avec des cash flows incertains et surtout en baisse.

-Le fond c’est General Electric qui coupe son dividende

-Le fond c’est Tesla qui déçoit sans cesse, son patron qui n’arrête pas de mentir et de tricher

-Le fond c’est la Chine qui donne des signes économiques négatifs; on ralentit fortement après la reprise artificielle de 2016 prolongée pour le Congrès du Parti Communiste. Le marché redevient turbulent. Comme cela fait suite à un avertissement terrible du patron de la Banque Centrale, on y fait attention.

-Le fond c’est l’idiotie de la soi disant réforme fiscale de Trump qui ne peut rien apporter de positif, même et surtout si elle se fait

-Le fond c’est l’incertitude majeure qui suit le coup d’état qui ne dit pas son nom en Arabie Saoudite par un ambitieux  belliqueux et sans expérience

On pourrait continuer l’énumération, il y a de la matière, mais ce que l’on retiendra c’est le fait que l’unanimité haussière a disparu : il y a des pans du marché qui vacillent. C’est la preuve que l’esprit de jeu a fléchi, que l’appétit pour le risque n’est plus ce qu’il était.

On a une vraie bouffée de risk-off. Et comme les valorisations sont excessives, absurdes, et que tout le monde le sait eh bien si le jeu disparait, si les rêves s’écroulent cela peut faire mal.

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