Le point: Bourses des signaux techniques inquiétants doivent inciter à la prudence

Il semble utile de remettre la situation en perspective car elle a évolué. Nous ne sommes plus sur la lancée, sur le prolongement des tendances antérieures. Il y a infléchissement, pause sinon rupture. Est-ce temporaire ou plus durable , nul ne peut le dire à ce stade, mais ce serait de la légèreté que de ne pas envisager la possibilité d’autre chose que d’une pause qui rafraîchit.

Il y a des signaux techniques qui sont actuellement donnés sur les Bourses etc es signaux sont négatifs. ils indiquent que l’unanimité de la hausse disparaît, il y a des divergences, il y a de la dispersion, il ya des anomalies et cela veut dire que l’esprit de jeu est beaucoup moins fort. Or l’esprit de jeu c’est ce qui permet aux marchés de léviter, de défier la pesanteur.

Nous n’entrons pas dans le détail technique, mais on peut diagnostiquer des signaux bien connus des professionnels: Hindenburg Omen, Titanic, participation dégradée, extension  réduite etc , ces noms barbares pointent une forte chute de l’appétit pour le risque.  Comme nous sommes très surévalués et que l’optimisme confine à l’exubérance, il convient de prendre ces signaux au sérieux. L’avenir ne se devine pas, il n’est écrit nulle part, mais quand la météo se gâte mieux vaut y être préparé.

Le rappel de notre position s’impose, tout comme sa mise en perspective.

Long terme: Il y a longtemps que les marchés financiers ont dépassé les bornes de la valorisation décente. Ils sont surévalués  à un point tel que dans une perspective de 12 ans, horizon normal pour une retraite ou une gestion patrimoniale familiale, il n’est plus intéressant d’investir. Le taux de rendement de tout investissement en actifs financiers sera au mieux nul , au pire négatif en réel et avec dividendes réinvestis.

Entre temps il y  aura des baisses sanglantes qui peuvent aller jusqu’à une perte de 60% du capital. Ces pertes pourront mettre en difficulté le secteur bancaire et donc provoquer des problèmes de solvabilité. Pour ces raisons le cash est l’alternative la plus avantageuse car son pouvoir d’achat va se valoriser quand la valeur des   autres placements va chuter: c’est une question de prix relatifs, on  pourra acheter plus avec le même cash. Le cash bancaire en compte étant menacé, il faut être prudent et conserver une partie en vrai cash hors système bancaire .

Court et moyen terme  La cause de la surévaluation c’est la « search for yield », c’est à dire la recherche du rendement pour les capitaux disponibles. les banques centrales ont mis en place une politique monétaire (dite politique de répression financière) qui vise à forcer les détenteurs de capitaux à rechercher du rendement à tout prix et donc à les forcer à prendre des risques et à tout surpayer. C’est la politique monétaire non conventionnelle qui a supprimé les rendements dits sans risque et pratiqué ce que l’on appelle les QE, les achats de titres à long terme par la monétisation, sorte de planche à billets. C’est cette politique qui a faussé toutes les valeurs exprimées en monnaie puisque la monnaie/crédit  est devenue surabondante et à coût nul. La monnaie s’est avilie en regard des emplois financiers plus longs et plus risqués

Cette politique touche ses limites et on parle d’en changer, De normaliser. Normaliser c’est resserrer la politique monétaire, c’est rendre les conditions financières moins faciles afin d’éviter les emballements. . Ceci veut dire que les taux d’intérêt vont monter, et les liquidités être moins abondantes dans le monde. En conséquence mécaniquement, mathématiquement les prix des actifs financiers qui ont été « boostés » par la politique monétaire vont se dégonfler. Plus ou moins vite. Plus ou moins violemment. Plus ou moins dangereusement.

Si les banques centrales conservent la possibilité de faire tout cela doucement, a dose infinitésimale, avec doigté, les risques seront peut-être contenus, limités. Ils seront pilotés. Les marchés baisseront mais ce sera dans l’ordre, pas dans le chaos. Toute accélération de l’inflation ou choc exogène pourrait remettre en question la possibilité pour les banques centrales de gérer tout cela calmement.

Il existe un autre scénario qui est l’opposé du précédent mais qui n’est pas beaucoup plus favorable. Ce scénario c’est celui du retour de la déflation. c’est le scénarionde la rechute.

Pour l’instant le scénario dominant c’est celui de la reflation car on constate une reprise économique mondiale synchronisée. Certes dans le scénario dominant l’inflation ne repart pas franchement puisque les salaires ne réussissent pas à progresser. Mais on suppose que cela finira par arriver avec la réduction des  capacités de production disponible. Tout serait en quelque sorte une question de seuil. Ce seuil ne serait pas encore dépassé, mais cela va venir.

Dans le scénario du retour de la déflation on considère que la reprise économique actuelle est artificielle , qu’elle a pour origine le « crédit impulse », la très forte création de crédit en Chine en 2016 et que ce dopage artificiel a cessé ou va cesser. En fin 2015 et début 2016, la bulle chinoise a failli crever et une action concertée a permis d’éviter le pire, mais cela s’est traduit par une création de crédit colossale. On a maintenu le dopage jusqu’aux échéances politiques de l’automne. Le dopage chinois a fait tache d’huile dans le monde global.

Le Congrès du Parti Communiste est terminé, Xi Jinping a le pouvoir absolu, plus besoin de ,créer une ambiance factice, on va revenir à une création de crédit moins laxiste et tenter d’assainir le système chinois, submergé par la spéculation. On va tenter de faire ce que l’on appelle du désendettement, du deleveraging. Les cours des matières premières vont baisser, le commerce mondial va s’affaisser un peu, ce moindre « crédit impulse » chinois va se transmettre partout.

Les politiques monétaires qui  visent à éviter l’exubérance , donc à resserrer vont faire long feu, il faudra interrompre la normalisation et par conséquent le scénario considéré comme le plus probable ci dessus va se trouver prix en défaut. La conséquence la plus claire sera un coup d ‘ arrêt à la hausse des taux longs et courts et si les actifs financiers comme les actions trinquent ce sera temporaire, , en revanche les actifs financiers obligataires/fonds d’état  connaîtront un regain d’intérêt. ils redeviendront attrayants.

Ci dessous batterie d’indicateurs chinois qui sèment le doute sur la capacité de la Chine à continuer de jouer le role de locomotive dans la reprise globale synchonisée.

Réduction du crédit impulse après le bond de 2016 et renchérissement du cout des emprunts

Une évolution de M2 qui ne va pas dans le sens expansionniste

La reprise du crédit de 2016 n’a pas duré, elle s’étiole

Aucun relais ne se dessine

Encépahlogramme plat pour le GDP

Les enquêtes précurseurs comme les PMI pointent vers le sud

La construction marque nettement le pas

Le shadow banking aussi se contracte

 

 

 

 

 

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