Délégitimation; seuls 19% des jeunes américains s’identifient comme capitalistes !

La déligitimation du capitalisme est l’une des conclusions régulières de nos analyses.

Ce système perd sa légitimité par sa mutation perverse vers la financialisation. La globalisation, la destruction des valeurs et des identités, la concentration des richesses, tout cela finit par saper les soutiens au système. Le système finit par ne tenir que par défaut d’une part et par le mensonge d’autre part. Son coût de reproduction en terme de création de dettes, de publicité et de propagande est devenu un problème.

La fuite en avant actuelle est contradictoire avec la soi disant volonté de lutter contre la dégradation de la planète. 

Les inégalités deviennent criantes. La regression des niveaux  depuis plus de 20ans est clairement perçue. Le système se suicide en ne produisant plus ni emplois ni revenus suffisants pour ceux qui travaillent. Il ne crée plus assez d’emplois dignes et valorisants. L’absence de perspectives pour les jeunes générations est évidente. 

Le capitalisme a pris une bifurcation mortelle en tentant de maintenir le taux de profit du capital par l’hypertrophie de la finance. Les remèdes à la crise du profit tels qu’ils ont ét conçus augmentent les dettes et donc le capital fictif qui est un poids mort. Les politique monétaires non conventionnelles et la recherche d’effets de richesse ne profitent qu’aux super riches ce qui accroit la concentration des richesses. Les progrès des techniques et des technologies sont confisquées par ceux qui monopolisent le capital par la perversion du « Winner Takes All », système dans lequel les gagnants empochent tout.

Le mythe des études et de l’éducation , le mythe de la méritocratie sont  en train de voler en éclats, les jeunes  diplomés gagnent moins que les anciens non diplomés d’il y a 20 ans.

La domination des marchés , la marchandisation détruisent les valeurs de la société et laissent les gens frustrés, sans repères et donc aigris, les cohésions se dissolvent. 

Wall Street Journal (Eli Stokols): “John Della Volpe, who has been polling millennials for 17 years, stood before about 150 students in a gleaming new center at Elon University this fall in search of an answer. In his 2016 survey for Harvard University’s Institute of Politics, 42% of younger Americans said they support capitalism, and only 19% identified themselves as capitalists. While this was a new question in his survey, the low percentage of young people embracing capitalism surprised him… ‘Maybe it had to do with the ‘American Dream,’ and how capitalism was correlated with it, but a lot of young people don’t believe in it anymore,’ said Ana Garcia, a junior at the Elon event. ‘We don’t trust capitalism because we don’t see ourselves getting ahead.’”

A lire ce dossier:

Les inégalités et l’orage à venir 

https://www.project-syndicate.org/onpoint/inequality-and-the-coming-storm-by-edoardo-campanella-2017-12?utm_source=Project%20Syndicate%20Newsletter&utm_campaign=fd98947754-op_newsletter_2017_12_8&utm_medium=email&utm_term=0_73bad5b7d8-fd98947754-93716381&barrier=accesspay

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8 réflexions sur “Délégitimation; seuls 19% des jeunes américains s’identifient comme capitalistes !

  1. Tellement vrai tout ce que vous venez de diagnostiquer … mais y a t’il une solution globale (au niveau de la planète) pour nous sortir de l’enfer que l’on nous prépare ?
    Car je ne vois pas les classes plouto et kleptocratiques renoncer à leurs avantages et main-mises sur le système … pour eux tout va bien et les maux que vous décrivez, qui sont bien réels sont les outils de leur pouvoir… ils ne sont « maux » que pour l’ex classe moyenne.

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    1. Le changement , la bifurcation salvatrice, c’est d’en bas qu’ils doivent venir. Rien à espérer d’en haut : de ce système pervers, ils vivent, ils prospèrent. Ils en croquent. C’est hic et nunc, ici et maintenant que cela se passe, dans votre vie quotidienne et ensuite eh bien cela remontera.

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      1. Je crois avant tout que si nous pouvons imaginer un sursaut il faut commencer par nommer les choses par un mot ou des mots pertinents et simples. Cette chose n’est plus du capitalisme depuis longtemps. C’est du capital à crédit. Il nous faut trouver comment l’expliquer à tous simplement et clairement de manière à ce que aucun politique ne puisse nous contredire.

        Je tiens à vous remercier encore une fois Monsieur Bertez pour le travail de vulgarisation que vous faites pour nous tous.

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      2. Vous énoncez une chose essentielle et qui est au centre de mes reflexions depuis … près de 50 ans quand j’ai travaillé avec Lucien Pfeiffer, le créateur de Prétabail. J’ai compris alors que le capital pouvait très bien évoluer et ne plus être le résultat de l’accumulation du profit et de l’épargne; il pouvait s’inverser et devenir le produit du crédit. De là à devenir le produit, sous produit de l’activité de la kleptocratie monétaire, du vol du bien commun, il n’y avait qu’un pas . Que le capital pervers a franchi et que moi également j’ai intégré dans mes reflexions. Merci de souligner tout cela.

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  2. « Le capitalisme a pris une bifurcation mortelle en tentant de maintenir le taux de profit du capital par l’hypertrophie de la finance »:pour quelle raison?Pour maintenir le système de retraite occidental (par capitalisation ou répartition,c’est le meme ponzi).

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    1. Non parce que Wall street et la City ont goûté aux flats monnaies, aux pétro dollars à mon sens et que c’était la suite logique de l’enrichissement facile via la finance. Dans tout abus si personne ne vous arrête, vous continuez et si en plus vous voulez rester maître d’un monde où vous n’êtes pas le nombre vous faites de la grenouille un Bull Market…

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  3. ‘La bifurcation salvatrice doit venir d’en bas’: il faut franchement être optimiste, je ne pense pas que les occidentaux aient encore le sens de la révolte. Ils ne l’ont plus, et tant qu’ils auront des miettes, ils ne se révolteront pas. L’esprit n’est plus là. Surtout en ce qui concerne les jeunes plutôt prêts à défendre les droits des migrants que les leurs quand ils arrivent à se détacher de leur smartphone et des télé-réalités.

    Les seules manifs sont du type bisounours avec des ‘ils n’auront pas ma haine’ !!! Non mais franchement, vous les voyez se révolter?! Avec les médias qui en plus dominent dans le même sens. La société est émasculée (je garde ce terme qui correspond aussi aux femmes) et c’est voulu avec les mariages, les adoptions, les GPA bientôt pour tous. Quelle société en fait? Perso je ne sais plus. Tout est marchandise et produit et du moment que le terme ‘c’est pour votre bien’ ou ‘c’est votre droit au bonheur’ est mis en avant, contester ou ne serait-ce que discuter de cette ‘évolution’ est considéré comme blasphématoire. Car on en est là. Tout est émasculé, déjà les affiches (Tati sans sa pipe et personne ne trouve à y redire car ‘c’est pour votre bien: fumer est mauvais’) et peut-être bientôt les films….. Nous atteignons un dangereux Farenheit, un livre l’a même décrit mais les jeunes (car une révolte vient souvent de la jeunesse) sont tellement émasculés et baignés de ‘rose’ et des ‘je suis’ qu’ils n’ont pas la tête à ça. Ou alors, s’ils sont dégoûtés du capitalisme, ils préfèrent vivre le plus en autonomie possible.

    Donc… le haut du panier a encore de quoi se goinfrer jusqu’au déséquilibre final qui ne viendra pas du bas. Mais de leurs propres excès et folies.

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