Les dépêches vendredi matin, la grenouille se sent confortable!

On peut sans trop risque de se tromper considérer que la crise du Vix est passée. Le dysfonctionnement des semaines précédentes a été résorbé et la baisse, malgré sa brutalité et son ampleur n’a pas provoqué de dégagements en forme de boule de neige.

Pas d’appels de marges, pas de liquidations forcées, cette fois c’est le cas de le dire, le problème est resté circonscrit.

Les promoteurs des stratégies sur le VIX et son inverse ne désarment d’ailleurs pas, ils maintiennent leurs offres spéculatives.

Les marchés sont resté ordonnés , la contagion s’est vite arrêtée, même au plan géographique.

Les narratives , les romans que l’on écrit pour rendre compte de la situation n’ont pas été très originaux, mais ils ont joué leur role: « correction normale, les fondamentales restent bonnes », ont été les messages dominants.

Les cassandre en ont été pour leurs frais, ils ont tenté d’appuyer sur la baisse et de forcer à des liquidations de portefeuilles mais ils ont échoué, le sentiment du public n’a jamais décroché, le public est resté acheteur.

Les gourous , les patrons de  hedge fund stype Dalio n’ont dit que des imbécillités  contradictoires, donc leur importance a été réduite.

Les autorités ont bien travaillé, elles ont évité de s’affoler; elles sont restées sereines et leur sérénité a été contagieuse. Si elles avaient paniqué, alors leur nervosité aurait été interprétée comme un signe de la gravité de la situation.

Le silence de Powell de la Fed a été très positif, il a évité de prendre position et ainsi il n’a pas préempté la politique future ou même il n’a pas révélé son biais « dove » ou « faucon ».

L’économie réelle est venue au secours des autorités en ceci que les statistiques publiées ont été erratiques, allant pour les unes dans le sens de la vigueur pour les autres dans le sens de l’accalmie conjoncturelle. L’incertitude joue en faveur des autorités car elle prolonge le Goldilock. Les statistiques « hard » pointent dans le sens d’une moindre vigueur pour le moment, ce qui convient bien au marché.

Le sscénario fondamental reste peu clair; embellie  ou véritable reprise, personne ne peut trancher , il faudra que cela se décante. Cette incertitude fait douter aussi bien du scénario d’accélération del’inflation que de celui d’une resucée déflationniste. Le crédit, les ventes au détail, les heures travaillées  militent en faveur d’un ralentissement plutot que d’une accélération, mais les enquêtes d’opinion vont dans le sens de l’optimisme. On verra. Ce qui reste hors normes c’est le retard des commodities.

La liaison entre les actions et les bonds est stabilisée: l’un ne détermine pas l’autre et dans la baisse, il n’y a pas eu de fuite claire devant le risque et d’achats sur le 10 ans US.  Le rendement de celui-ci grimpe doucement vers les 3% mais sans que cela ne provoque de mouvement désordonné.

C’est la fable de la boiling frog: si vous montez la température assez doucment, la grenouille reste confortable, elle ne saute pas hors de la casserole et se trouve grillée sans réaction. Les autorités mondiales ont appris la fable de la boiling frog et elles l’utilisent dans tous les domaines. Les ingénieurs sociaux sont maîtres du jeu, ils empêchent les chocs, les réactions intempestives, ils endorment et surtout empêchent la constitution de solidarités, ils empêchent les cristallisations. Chapo, bien vu les gars!

Mon opinion est que l’accident de la semaine dernière fait partie d’un processus, d’un processus d’atterrissage mais que l’art de la gestion consiste à le faire oublier: il faut oblitérer le bon sens oblitérer les effets de prise de conscience et surtout de mémoire.

D’ici quelque temps on pourra reprendre la descente, dès que les  idiots utiles auront  oublié l’épisode précédent. La maitrise de la Com, la gestion  des perceptions sont le grand atout des autorités, elles excellent , c’est cela la gestion « soft », le « soft » pouvoir.

Pendant ce temps les rebelles vocifèrent, protestent , se défoulent stérilement devant leurs écrans, leurs Facebook et autres Twitters. Le meilleur allié des pouvoirs, ce sont les rebelles/cassandre , ils jouent leur rôle de canalisateurs, de leaders qui conduisent … dans les impasses.

Les rebelles permettent de sublimer les mécontentements de les désamorcer et donc de maintenir les dominations.

C’est vrai partout mais surtout sur les marchés! On va pouvoir ruiner les gens de façon ordonnée!


 

 

[Bloomberg] Stock Rally Continues in Asia; Yen Extends Gains: Markets Wrap

[Reuters] Japan government reappoints Kuroda as BOJ chief, picks reflationist academic as deputy

[Bloomberg] Bond Investors Pull $14.1 Billion From Global Debt Funds

[Bloomberg] Powell Seeks to Bury Era of Fed ‘Barons’

[CNBC] Mapping out China’s Belt and Road Initiative

[WSJ] Stocks Are Moving in Tandem. That Can Be Scary

[FT] Worries over interest rates spread to junk bond funds

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