Le populisme au contraire cherche à protéger la culture historique ancestrale, les communautés et il oppose les règles de la société profonde , de la famille , du village aux lois du marché, aux revendications universalistes et au mouvement d’extension de la marchandise. Les enquêtes sont très probantes sur ce sujet, le rejet de l’immigration forcenée n’est pas motivé par ses incidences économiques mais par le refus de voir sa culture disparaître, par l’angoisse de devenir étranger chez soi.
Droite et gauche sont des marqueurs horizontaux, statiques alors que le populisme dans sa version actuelle est un marqueur vertical, dynamique, un marqueur qui trace une ligne de partage entre les laissés pour compte, les classes moyennes d’un coté et le 1% et ses alliés de l’autre .
Ce n’est pas un hasard si ce marqueur vertical recouvre plus ou moins celui de l’attitude face à la globalisation, face à l’ouverture, face à la négation de la différence homme-femme et face à toutes les autres tartes à la crème du post-modernisme. Dans son mouvement pour se défendre, pour se reproduire face à la baisse de la profitabilité et face à la montée du surendettement, le capital, les 1% et leurs alliés ont voulu briser les frontières, les barrières aux échanges et à l’extension de l’exploitation. Les 1% sont pour le libre échange sans obstacle qui permet à la fois de vendre les marchandises qu’ils produisent et en même temps de les faire fabriquer ailleurs, là ou cela coûte moins cher. L’ordre ancien se défend par l’extension du libéralisme en certains endroits encore archaïques et la mutation du libéralisme en néo-libéralisme et hyper-capitalisme en d’autres endroits , ailleurs.
Si la globalisation et l’ouverture sont les voies explorées par les 1% pour maintenir leur ordre social alors il parait nécessaire, évident, dialectique, que les 99% eux vont se positionner contre cette tendance à la globalisation et à l’ouverture . Action, réaction, résultante.
Les découpages ne sont bien sur pas aussi net que celui à la hache des 1% face aux 99% car la société issue de l’ordre ancien est mystifiante, elle a produit une culture sociale-démocrate pourrait on dire qui lui permet de se maintenir, de s’avancer masquée et d’enfumer. La culture sociale-démocrate aussi bien de droite que de gauche a produit grâce à la propagande, à la publicité, à la télé, à l’école, à la législation etc , elle a produit une société civile aliénée, étrangère à elle même qui vit dans le mensonge et s’en trouve bien , confortable, tous comptes faits.
L’ordre dominant produit le système dominant lequel produit la culture dominante laquelle culture reproduit la domination, la boucle est bouclée. Tout cela se retrouve au centre de l’échiquier politique et forme le camp des bien pensants, le camp du bien, le camp des moutons et fiers de l’être car ils pensent être dans le sens de l’histoire, vous savez, la modernité, …
Le système fonctionne par le mécanisme du rejet des populistes , rejet des extrêmes, rejet des alternatifs. Il fonctionne sur la base d’une démocratie réduite aux acquis de la consommation, qui ne retrouve, le jour des urnes que moins de la moitié de la population certes, mais une moitié assez homogène pour donner une légitimité à un pouvoir minoritaire. La division droite-gauche bidon sert énormément à la fois parce qu’elle mystifie les électeurs, mais aussi parce qu’elle permet des discours salaces et cyniques puisque unifiants racoleurs comme ceux des Macron, Juppé et autres. Dans ce système pourri le vainqueur ramasse tout, tous les pouvoirs, comme dans le capitalisme financier ou « the winner takes all », mais tout en étant fondé sur la division et l’affrontement, il se permet de tenir des discours au dessus des clivages, des discours ni droite ni gauche. On bénéficie du clivage droite-gauche mais en même temps de sa négation!
Les 1% et leurs alliés ainsi que les bien pensants qui ramassent les miettes se déconsidèrent chaque fois qu’ils sont au pouvoir, c’est la logique d’un système fondé sur la surexploitation et la régression: à l’usage il apparaît pour ce qu’il est! Ainsi vient le temps de ce que l’on appelle l’alternance.
Hélas, les gauches évoluent car c’est le seul moyen pour elles de retrouver les prébendes, les voitures avec chauffeurs, les femmes et les minets, donc les gauches dans leur désir de reconquête étudient l’échiquier politique et elles constatent que ce qui marche, c’est … le populisme. Elles glissent donc vers ce qui paie et ce qui marche, le populisme. C’est ce qu’ont fait les Sanders aux USA, les Corbyn en Grande Bretagne et les Mélenchon en France. Ce faisant, elles ont beaucoup de difficultés à se démarquer des populistes dits de droite, normal puisqu’elles doivent séduire sur les mêmes thèmes, sur les mêmes émotions et le même non-dit. La frontière qui sépare les populistes de droite de ceux de gauche devient ténue, presque inexistante, de simples pointillés. Et c’est ce qui explique le nouveau mouvement de la propagande des centres socio-démos, des globalistes, des universalistes, des milieux d’affaires ; ils les stigmatisent comme néo fascistes!
La volonté de marquer les populistes de gauche comme néo fascistes, commence avec le thème de l’anti- sémitisme ! Voir Mélenchon avec ce qui s’est dit à l’occasion des hommages de la semaine dernière, voir ce qu’a dit Blair de Corbyn en attendant ce qui va se murmurer de Sanders. On marque les populistes de gauche au fer brun de l’antisémite, de l’ identitaire et du pro-Russe!
Riposte stratégique ou bien spontanée du système pour lutter contre ce nouveau danger? Nous avons tendance à penser que cette fois il s’agit bien de concertation pour ne pas dire de conspiration tant le phénomène est coordonné. En fait cet amalgame vise à imposer comme seule alternative les nouvelles configurations Centre droit/Centre gauche telles que celles que l’on voit en Europe, avec Macron et Merkel.
L’identité comme proposée par le progressiste Michel Clouscard comme seul moyen de réaliser le changement est épinglée comme fascisante. Des révolutionnaires comme Chantal Mouffe et Ernestau Laclau qui inspirent Podemos en Espagne et un peu Mélenchon en France sont présentés comme … fascistes, nostalgiques du nazisme. Tout comme la lutte contre les réformes néo libérales patronales destinées à hausser le taux d’exploitation.
Le système a trouvé la parade tous azimuts, il épingle tous ces gens , authentiquement au service du peuple, même si c’est de façon primaire, comme ennemis de …la démocratie… ennemis du peuple!
Le système produit les valeurs, les contrevaleurs et les étiquettes qui lui conviennent pour se maintenir et se reproduire au service de la bourgeoise internationaliste klepto, de ses alliés et de ses mystifiés.
Le dénonciation de la Troisième Voie, une voie authentiquement fasciste comme on l’a vu dans l’histoire avec le national socialisme de Hitler et Mussolilni, cette dénonciation est épinglée comme .. fasciste. Or le thème de la Troisième Voie, le thème de la dépolitisation, le thème de l’union nationale, le thème du consensus, le thème de la dictature de la modernité au service d’une entité supérieure dont l’élite est le représentant est précisément l’essence du fascisme. La démocratie ne se définit que par le combat, l’affrontement, le conflit politiquement réglé et codifié, par l’antagonisme des pouvoirs et contrepouvoirs, même chez Tocquevile, sans aller jusqu’ à invoquer Marx et la lutte des classes .
Bonjour
C’est la lutte du pot de terre ancestrale contre le pot de faire des affaires!
Merci pour ce rappel !
L’inversion de sens par ruse langagière est la première stratégie de tromperie et à ce titre , elle figure dans la Bible en Genèse, lorsque le Satan transforme l’interdit de manger d’UN arbre en totalité: » Tu ne mangeras pas de TOUT arbre du jardin… » .
Puisque nous fêtons la Pâque, rappelons cette parole simple du Maître: » Que votre oui soit oui, votre non , non; tout le reste vient du Malin ».
Cordialement.
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