Iran: rebellion européenne, simulacre?

La volonté de rebellion européenne face à la rupture unilatérale de l’accord JPCOA avec l’Iran est un simulacre car les Européens n’ont aucun moyen pratique et concret de s’opposer aux USA. Les textes, les juridictions, les moyens de controle qui permettent aux USA d’imposer leurs volontés sont en place et si il y a effectivement rebellion des européens, alors ce sera parce que  Trump lui même l’acceptera .

On a le choix entre le simulacre de rébellion Européen ou le simulacre d’imposer sa volonté de Trump!

BRIUXELLES (Reuters) – L’Union européenne continuera à respecter l’accord sur le programme nucléaire iranien dénoncé mardi par les Etats-Unis et s’assurera qu’aucune des sanctions européennes levées depuis son entrée en vigueur ne sera rétablie, promettent les Etats-membres dans un communiqué conjoint.

« Tant que l’Iran continuera à respecter ses engagements dans le domaine nucléaire (…), l’UE continuera à appliquer pleinement et efficacement l’accord », peut-on y lire.

« La levée des sanctions est une composante essentielle de l’accord (…) L’UE souligne sa détermination à faire en sorte qu’elle perdure », ajoutent les Vingt-Huit.

L’accord sur le nucléaire iranien « n’est pas mort » en dépit de sa dénonciation par les Etats-Unis, a déclaré mercredi le ministre français des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian.

Il a annoncé des contacts prochains des Européens avec la République islamique dans l’espoir de le sauver.

Interrogé sur RTL, il a indiqué que le président Emmanuel Macron devait avoir un entretien avec son homologue iranien Hassan Rohani dans l’après-midi et que les chefs de la diplomatie de France, d’Allemagne et du Royaume-Uni rencontreraient lundi des représentants iraniens.

« Non, cet accord n’est pas mort », a-t-il dit en soulignant que les inspections de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) depuis 2015 avaient montré que l’Iran respectait ses engagements.

« Nous voulons rester dans cet accord, faire en sorte aussi que l’Iran y reste, que l’Iran fasse preuve de retenue », a ajouté le ministre. « Il faut que les Iraniens poursuivent cette détermination à rester dans l’accord en échange d’avantages économiques que les Européens vont essayer de préserver (…)C’est l’intérêt de l’Iran ». L’Iran a fait preuve de retenue par la bouche de Rohani lui même.

Sur ce dernier point, Jean-Yves Le Drian a indiqué que le gouvernement réunirait « dans les jours qui viennent », les entreprises françaises qui ont signé des contrats avec l’Iran « pour essayer au maximum de les préserver » des sanctions que les Etats-Unis vont rétablir.

Sur France Culture, le ministre de l’Economie et des Finances, Bruno Le Maire, a déclaré qu’il aurait un contact d’ici la fin de semaine avec le secrétaire d’Etat américain au Trésor Steve Mnuchin pour voir ce qui peut être sauvé.

Il s’agit de « regarder ce qui peut être fait d’un point de vue très technique, (à savoir) est-ce qu’on prend ce qu’on appelle des « clauses grand-père », si des accords qui ont été déjà signés depuis longtemps vont continuer à s’appliquer, si on peut envisager des exemptions », a-t-il dit.

Bruno Le Maire a précisé qu’il aurait aussi des entretiens avec ses homologues européens « pour voir quelle réaction nous pouvons avoir face à ces sanctions », dans lesquelles il ne voit pas seulement un problème économique limité aux entreprises désireuses de s’implanter en Iran.

« Ça fait des Etats-Unis le gendarme économique de la planète et je considère que ça n’est pas une situation qui est acceptable », a-t-il indiqué.

La découverte de Le Maire est un peu tardive, cela fait longtemps que les USA se sont arrogé le droit unilatéral et impérial en matière économique, monétaire et financière! Et cela a été accepté! Ce genre de déclaration est trompeur et fait croire à une possibilité de rebellion alors que l’Europe n’en a plus les moyens, nous sommes allés trop loin dans la dépendance. La première mesure à prendre pour retrouver une liberté de manœuvre est la désintrication bancaire! Nous n’en sommes pas à la veille.

En prime: La désunion européenne, c’est l’Italie qui avait raison.

https://www.al-monitor.com/pulse/originals/2018/05/iran-european-union-eu-italy-e3-trump-deadline-sanctions.html

« However, despite the E3’s efforts, the other 25 EU member states failed to reach a unanimous decision required by EU regulations to approve new restrictive measures against Tehran. On March 19, prior to the EU Foreign Affairs Council meeting in which the issue was first discussed, the bloc’s foreign policy chief Federica Mogherini stressed that there was not going to be “a proposal of sanctions, additional sanctions against Iran.” On April 16, in the last formal meeting on the EU agenda before Trump’s deadline, the union failed once again to reach consensus on the matter, though diplomats involved in the deliberations noted growing support for new sanctions.

Italy is leading the skeptical camp on additional bloc-wide sanctions against Iran.

Similarly to the E3, Italy is eager to safeguard the JCPOA. Prime Minister Paolo Gentiloni argued, “The international community should ensure that the Joint Comprehensive Plan of Action remains a success story in the framework of global efforts to counter the proliferation of weapons of mass destruction.” Rome shares the E3’s concerns over some of Tehran’s regional policies and is willing to continue working with its European partners to address them. Indeed, it was in the latter context that Italy joined the E3 to form the so-called EU/E4, a format established on the sidelines of the Munich Security Conference in February to engage with Iran on regional issues, with Yemen being a high priority.

But despite the similarities between Italy’s stance on Iran and that of the E3, the picture is entirely different when it comes to sanctions.

Italy is one of the EU countries most interested and invested into reviving economic relations with Iran in the aftermath of the implementation of the nuclear deal. In January, for instance, Italy established a 5 billion euro ($5.9 billion) credit line to cover projects and partnerships in Iran jointly implemented by Iranian and Italian companies in areas of mutual interest, though this arrangement has yet to be implemented.

However, Italian criticism of additional EU sanctions against Iran has more to do with procedural and political concerns. On the former, according to a senior Italian official speaking not for attribution, concerns were raised in Rome about the way the issue was discussed at the EU level, with attempts to skip the discussion of the statement of reasons (which take place at the Political and Security Committee of the Council) and attempts to move directly to the negotiations of the specific and concrete terms of the restrictive measures (led by the Foreign Relations Counsellors Working Party). While there is a need to speed up the procedures in light of the looming May deadline, Italy believes rushing would undermine the credibility of the union’s decision-making process. On the latter, Italy fears that additional sanctions would potentially weaken the administration of moderate President Hassan Rouhani while emboldening hard-liners in Tehran, thus facilitating a more confrontational Iranian posture toward Europe. According to the senior Italian official, such a result would indirectly limit the EU position and influence on Iran, both within the EU/E4 format and the broader economic and political engagement with the Islamic Republic, all with no guarantee that fresh EU sanctions could persuade Trump not to pull out of the JCPOA.

As such, Italy, which has been led by a caretaker government since March, does not believe the timing and the procedure for the adoption of the sanctions against Iran is appropriate for the goals the EU aims to achieve.

After failing to reach a consensus on April 16, the supporters of the E3 initiative said that their efforts will continue working to reach an agreement before Trump’s deadline. Germany’s Foreign Minister Heiko Maas, for instance, claimed, “The issue remains on the agenda.”

However, no other discussion on the matter has taken place at the EU level, perhaps because following the recent visits to Washington by French President Emmanuel Macron and German Chancellor Angela Merkel, pessimism toward the union’s ability to influence Trump’s decision on Iran has drastically increased. Thus with the deadline looming and options running out, the EU is more likely to focus instead on preparing a backup plan to safeguard the nuclear deal regardless of Trump’s decision, a goal that is shared across the union ».

Read more: http://www.al-monitor.com/pulse/originals/2018/05/iran-european-union-eu-italy-e3-trump-deadline-sanctions.html#ixzz5EzlASL8A

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6 réflexions sur “Iran: rebellion européenne, simulacre?

  1. « …car les Européens n’ont aucun moyen pratique et concret de s’opposer aux USA ».

    Je ne comprends pas la fatalité que vous annoncez. Pourquoi l’UE ne pourrait-elle pas faire front face aux US si ce n’est la volonté de l’UE de rester le vassal obéissant des US. ?

    A mon sens, l’annonce de Trump est justement le moment d’envoyer paître les US.
    Grâce/A cause de l’action unilatérale annoncée par Trump, les US viennent de se mettre au ban de la communauté internationale – hormis l’AS et Israël – en démontrant on ne peut plus clairement que les US ne respectent qu’un seul Droit, le leur, et que tout relation avec les autres Etats n’est basée que sur la coercition et non sur des relations bilatérales ou multilatérales saines.

    Les US avaient déjà fort à faire avec la Russie et la Chine. L’UE peut/doit saisir l’opportunité offerte par Trump de changer d’alliances stratégiques et ce d’autant plus que l’effondrement interne US est seulement une question de temps.

    Quel Etat peut continuer à faire confiance à un Etat qui renie unilatéralement un accord multilatéral qui avait mis aussi longtemps à être atteint ? Aucun Etat souverain digne de ce nom.

    Le commerce extérieur US est à l’agonie; les US sont ultra-dépendants de la Chine et de l’UE pour leur consommation et ne sont pas prêts de pouvoir produire ce qu’ils ne produisent plus depuis longtemps.

    Militairement, les US ont démontré des limites très préoccupantes en Syrie quant à leur prétendue puissance.

    Sur l’échiquier, les US sont en grande difficulté car ils jouent au poker menteur. Ceux qui jouent aux échecs et qui savent évaluer leurs forces et celles des adversaires ne se laissent pas berner par les boniments des joueurs de poker.

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    1. https://www.romandie.com/news/ZOOM-Macron-met-la-pression-sur-Merkel-pour-reformer-l-Europe/916698.rom
      Macron :
      « Si nous acceptons que d’autres grandes puissances, y compris alliées, y compris amies dans les heures les plus dures de notre histoire, se mettent en situation de décider pour nous notre diplomatie, notre sécurité, parfois en nous faisant courir les pire risques, alors nous ne sommes plus souverains », a-t-il affirmé.

      Y aura-t-il dans les faits un « en même temps » invalidant cet accès, voire excès de lucidité ?

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  2. Les « dirigeants » d’Europe occidentale sont bien trop pleutres ( et/ou corrompus)
    et affaiblis, pour oser sortir de l’OTAN. C’est ce que doit penser Trump.
    Mais nous n’avons plus vraiment d’intérêts communs avec lui, il nous barre
    en toute occasion. Macron vient de s’en prendre une, il a l’air vexé…
    Pourtant Trump s’attaque à l’économie de tout le continent, sera-ce suffisant
    pour faire passer les divisions au second plan? Pas sûr du tout.
    Dans cette affaire les peuples européens ont une carte à jouer.
    Davantage d »Europe? Chiche! Mais pas celle de Macron/Merkel qui n’arrive
    qu’à s’enfoncer dans la crise. Les regards devraient donc se porter ailleurs.

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