les dépêches Jeudi 21 Juin matin, Trump Deglobalisator, le Grand Déglobalisateur!

Nous avons maintes fois expliqué et démontré que la globalisation en tant que processus était en train de régresser. Elle a commencé à régresser dès l’échec des politiques de reflation post-crise avec des réunions de type G7 ou G-machin de plus en plus en plus inefficaces, puis cela s’est accéléré avec la fin des concertations réelles et leur remplacement par des concertations simulacres masquant mal l’unilatéralisme américain. Et ensuite l’éviction de ceux qui refusaient de s’aligner.

L’étape suivante fut franchie lorsque les stratèges américains ont volu réaffirmer le leadership et l’ordre issu de la seconde guerre mondiale, ils se sont alors heurté à la résitance de la Chine, de la Russie et de certains pays dits de l’Axe du Mal. Ce  qui était une compétition stratégique encore pacifique mais musclée s’est transformé en une guerre froide. En ce moment les USA sont en train de disloquer le monde , l’Europe , les alliés traditionnels sont la cible des Américains, et Powell dont la politique monétaire est une agression contre les Emergents ose dire: qu’ils se démerdent ils ont été prévenus. La Chine essaie d’amortir les coups mais elle est ébranlée. On sent que sa patience a des limites.

Si vous relisez  l’histoire (1) de la période 1947/1948  , période de la naissance de la guerre froide et de sa montée envahissante, vous serez frappés de la similitude organique, interne entre ce qui s’est passé alors et ce qui se passe maintenant.

Bien entendu ne lisez pas les manuels de l’establishment, ces manuels bidons de propagande qui cherchent à perpétuer l’idée que c’est la Russie qui est responsable de cette montée, avec la création du Kominform et le choix Tchécoslovaque, non lisez les travaux sérieux qui montrent bien que ce sont les USA , qui ont crée de toutes pièces ce syndrome afin de cliver le monde entre le bons et les méchants , afin d’isoler l’URSS et d’affirmer leur ordre et ce au  moment ou ils prenaient le contrôle de l’Europe dévastée par le plan Marshall et la réconstruction de l’Allemagne comme rempart face aux soviétiques. Et ce au grand dam des Italiens et des Français , ou du moins de ceux qui n’étaient pas dupes.

La fabrication des conditions de « la guerre froide »

Les USA ont réussi à l’époque le coup de maitre de faire passer ce qui était déja une simple action défensive de l’URSS, qui ne voulait ni ne pouvait préparer une guerre, ils ont réussi à faire passer cela pour une menace. Le coup de la Tchécoslovaique, cousu de fil blanc a servi à monter les opinions publiques contre l’URSS et à en faire l’ennemi mondial numéro un , comme cela se fait maintenant.

Lisez l’histoire de cette période avec ce regard et vous serez sidéré de la similitude; même besoin de dominer, de forcer à l’alignement et de reprendre en mains face a des partis communistes européens encore très forts suite à la guerre et à la résistance et la construction de l’ennemi se fait exactement comme on le fait depuis 5 ans.

Vous remplacez les communistes d’alors par les populistes, identitaires, conservateurs  et russophiles de maintenant et vous avez l’éclairage qui convient pour trouver les grandes similitudes.

La catastrophe de la guerre 39-45 étant remplacée par celle de la Grande Crise Financière. On a les guerres que l’on peut dans ce monde de simulacre. Mais la GFC a touché de plein fouet le Centre et ce qui se passe n’est pas répétition à l’identique car les USA sont affaiblis, leurs rivaux ont monté en force et ce ne sont pas des assistés marshalliens et ils se rebellent. ils ont de la fierté. Comme le dit Poutine a quoi nous servirait la sécurité si la Russie n’existait plus? Les rebelles au lieu d’accepter la Pax Americana ,  l’extension de la domination américaine qui serait la solution pour qu’ils sortent de la crise, les rebelles entendent s’y opposer et l’objectif d’un monde multipolaire est redevenu prioritaire pour eux. Nous sommes comme en 1947 dans un affrontement , les uns veulent étendre l’unipolarité et les autres le refusent et se posent en rivaux.

Reflechissez bien et surtout ajoutez dans l’équation cette question des opinions publiques internes et de l’enjeu qu’elles constituent ; on retrouve le clivage avec les sympataies d’une partie de l’opinion pour les rebelles- les russes- et le ralliement à l’ordre marchand et financier dominant de l’autre , ordre  qui masque l’unipolarité américaine.

Et au milieu de tout cela , il y a Trump lequel n’a aucune stratégie, véritable chien fou, spontex, qui aboie partout et contre tout, et même contre son camp.

Ce n’est nullement stratégique, c’est, on peut dire personnel. Personnel au sens de dire que c’est une question de personne. Trump est un grand déglobalisateur. Il est pour MAGA, l’Amérique d’abord au mépris des simulacres qui sont censés masquer l’imperium, il est contre l’ouverture des frontières, contre les échanges de marchandises déséquilbrés qui constituent l’ossature de BWII , il est contre l’immigration en tant que phénomène séculaire et contre l’Europe immigrationniste de Merkel, il est contre tout ce qui de près ou de loin ressemble à l’ouverture, ressemble à la fin des frontières que ce soit au plan social, sociétal, politique et géopolitique. C’est une question de personnalité et cette personnalité , intuitive, primaire, virevolte, dribble ses adversaires, drible le réel et même se dribble elle même pour créer un formidable chaos. Trump est le détricoteur, le destructurant type, nous l’avons compris dès sa venue aux affaires, c’est celui par qui revient ou vient le chaos.

Ce qui a été esquissé il y a 5 ans avec l’arrêt puis la désagrégation du processus de déglobalisation s’accélère.

Nous sommes dans une phase de transition, bien peu apprécient l’importance de ce qui se déroule maintenant quasi quotidiennement. La clairvoyance, l’anticipation ont disparu. Les marchés sont tétanisés , incapables , incroyablement inefficaces car tout cela les dépasse, ils sont noyés sous le flot des titres des nouvelles et incapables de discerner leur sens.  Les algos sont des constructions pavloviennes, pas des condensés d’intelligence mais des concentrés de connerie. Et puis la monnaie masque tout:  les flux de capitaux fuient ce qu’ils croient être le risque ici pour se jeter là, dans les pièges de risques beaucoup plus grands.

Les observateurs ne s’intéressent qu’à la Trade War , mais c’est toute l’action, toute l’existence même de Trump qui s’analysent de cette façon, une guerre froide généralisée qui s’inscrit dans un processus.

Et cela doit deboucher sur :

-la montée des risques, puis leur concrétisation

-la réduction de l’efficacité systémique

-la multiplication des affrontements extérieurs

-la fin des consensus bidons et de carton pate à l’intérieur

(1)

Lilly Marcou, Le Kominform, PFNSP, 1977,

Pierre Barral, La guerre froide, Armand Colin, 1984,
Gérard Bossuat, « Le poids de l’aide américaine sur la politique économique et financière de la France en 1948 », Relations internationales, printemps 1984,
Pierre Mélandri, L’Alliance atlantique, Gallimard-Julliard, 1979

Yves Durand, Naissance de la guerre froide 1944-1949, Messidor, 1984.

Thomas G. Paterson, On every front: the making of the Cold War, New York, 1979

Melvyn P. Leffler, « The American Conception of National Security and the
Beginnings of the Cold War, 1945-48 (« , American Historical Review n° 2, avril 1984
Walter LaFeber, America, Russia and the Cold War 1945-1950, New York, 1980

Daniel Yergin, La paix saccagée. Les origines de la guerre froide et la division de l’Europe, Balland, 1980

et surtout:
Joyce et Gabriel Kolko, The Limits of Power. The World and US Foreign Policy 1945-1954, New York, 1972,


  • India increased taxes on US products, in retaliation for US taxes on products partially made in India.
  • Fed Chair Powell’s remarks yesterday were consistent with a steady rate hike schedule (of course). Powell did comment that there were reports of firms cutting investment and hiring plans because of the trade uncertainty.
  • The Bank of England is not expected to do anything today, but there is a sense that the bank would like to raise rates at some point.
  • The Bundesbank’s Weidmann speaks today. The normal process is: the ECB tightens policy; ECB President Draghi sounds so dovish as to make markets question the tightening; Bundesbank president Weidmann points out that the ECB has, in fact, tightened policy.

[Reuters] Asian shares edge ahead, oil subdued before OPEC meeting

[Reuters] China commerce ministry: U.S. is unpredictable, U.S. workers to be hurt ultimately

[Reuters] China warns Washington’s trade actions will hurt U.S. workers, farmers

[CNBC] Chinese investment in the US drops 90% amid political pressure

[NYT] Trump’s Ace in the Hole in Trade War: A Strong Economy

[WSJ] Central Bank Leaders Warn Trade Conflicts Could Damage Global Economy

[FT] Turkey election: Will Erdogan’s power grab backfire?

[BloombergQ] Asia Stocks Edge Higher; Dollar, Treasuries Steady: Markets Wrap

[BloombergQ] Tech Rally Drives U.S. Stock Gains as Oil Climbs: Markets Wrap

[BloombergQ] ‘Close to a Peak’ U.S. Growth at Risk on Trade Spat, Housing

[Reuters] Top central banks see growing gloom global trade war

[Reuters] Brazil holds rates steady at all-time low despite weak currency

[BloombergQ] Emerging Markets Have Many Tools, But Few That Are Good

[WSJ] Powell Says Solid Economy Supports Further Fed Rate Increases

Publicités

4 réflexions sur “les dépêches Jeudi 21 Juin matin, Trump Deglobalisator, le Grand Déglobalisateur!

  1. Bonjour Mr Bertez,
    Merci pour votre billet: effectivement, Trump est un chien fou, un déglobalisateur mais il redonne force à la politique (ie. avant, entre les Obama, Clinton et les Hollandes de notre monde, je croyais en l’impuissance de la politique, à sa totale soumission à la nov-langue & à la pensée unique, au politiquement correcte …. à présent, je vois que l’on peut encore renverser la table! Merci Mr Trump !).

    Ce qui m’étonne dans ce mouvement de déglobalisation est que les GAFA, champions de la globalisation toute catégorie, ne sont pas touchées en bourse (au contraire, elles soutiennent le S&P 500 à elles seules) alors que les entreprises moins mondialisées (et qui devraient voir les taxes aux frontières comme de bonnes nouvelles) souffrent énormément …

    Un dernier mot sur tout ce que je lis ici et là: lorsque je regarde les commentateurs (pessimistes) US, c’est la fin du dollar qui s’annonce et il faut se réfugier dans l’euro, alors que pour les commentateurs (pessimistes) de l’€uro-zone, c’est la fin de l’€uro qui s’annonce et donc il faut se réfugier dans le dollar US … Bref, chacun voit l’Apocalypse à sa porte …

    J'aime

    1. Il n’y a nulle apocalypse en cours. les élites ont la situation bien mains , même si bien sur leur emprise se réduit progressivement. Mais ce qui peut faire basculer les choses, le cours des évènements, ce sont les forces antagoniques, les contradictions, les conséquences non voulues; mais ces antagonismes pour jouer leur rôle ont besoin d’être incarnés dans des groupes sociaux, des fers de lance . Or pour l’instant il n’y a nul grouupe social, nul fer de lance. Les plus motivés sont les victimes sans avenir, les jeunes mais ils sont fourvoyés par les vieux comme Le pen et Melenchon qui leur font mener des combats qui ne sont pas les leurs; des combats qui sont des impasses.

      Les forces qui cristalliseraient le refus ne sont pas là, elles ne sont que latentes.

      J'aime

  2. Bonjour, ce que vous dites est exact ; il est vrai que la dévastation de l’Europe et du Japon durant la WWII en ont fait des vassaux de l’ordre impérialiste Américain et que dorénavant l’affaiblissement des vassaux ne peut se faire qu’au travers de guerres économique et monétaire.Et cela est tout aussi efficace et suffisant pour maintenir l’ordre mondial américain. De plus, ce qui est formellement interdit pour nous, européens, c’est d’investir notre technologie dans les vastes espaces Russes qui regorgent de matières premières: d’où les sanctions anti-russes, la diabolisation, la guerre en Ukraine, la menace de l’OTAN aux portes de la Russie…etc..
    C’est une constante de la géopolitique Américaine en Europe…
    Cela dit, difficile de prendre Poutine en exemple comme rebelle à l’ordre Américain de la marchandise si ce n’est qu’il revendique lui aussi sa part du gâteau économique mondial..et n’oublions pas que Poutine est un mondialiste: nouvel ordre mondial( voir le discours de Valdai) à la sauce Russo-Chinoise multilatéraliste , bloc eurasiatique supranational…Peut-être apparait-t-il plus respectueux des traditions orthodoxes que ne le sont nos dirigeants occidentaux vis à vis du peuple. plus couillu ça c’est certain…LoL
    Bon WE

    J'aime

  3. Devant l’escalade de la guerre commerciale entre les USA et la Chine, pensez-vous que la Chine pourrait riposter en vendant massivement les US Bonds ? Et si la Chine devait s’en abstenir, quelles en seraient les raisons ?

    J'aime

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

w

Connexion à %s