Billet. Les pauvres coûtent trop cher, salauds de pauvres !

J’aime évoquer la fameuse exclamation de Jean Gabin dans la traversée de Paris , avec Bourvil: « salaud de pauvres ».

Elle intervient à un moment ou les pauvres se montrent abjects dans le film. Le film est tout sauf moralisateur  ou humaniste, il me fait penser à Ayn Rand et aux objectivistes. Gabin est plutôt de ce coté, pas compatissant , c’est un homme viscéralement de droite. D’une belle droite, celle des mecs, des hommes, on dirait maintenant des machos. Gabin, Un homme en langage de voyous. De grands, de superbes voyous. Du temps ou ils avaient de la classe et de la morale. A cette époque, ils ne parlaient pas, même quand ils « tombaient », ils avaient un sens de l’honneur. Maintenant il faut cogner sur les « voyous » pour les forcer à se taire, à arrêter de parler, ils sont intarissables. Avec Gabin, on est dans un registre qui est à l’opposé de la victimisation des tarlouses et autres donneuses.

C’est une association d’idées toute personnelle, mais elle a ses raisons que la raison certainement ignore.

Le célèbre « salauds de pauvres » a souvent été attribué à Coluche, ce qui grâce au tour de passe passe de l’humour, permet de rendre l’exclamation acceptable. Coluche c’était cette hypocrisie sournoise, géniale qui permettait à l’auteur, anarchiste en diable, de se situer aux frontières de l’inconscient et la communication. C’est grâce à cette ambiguïté qu’il a pu être récupéré par les  malfaisants de tous poils dont la quintessence est incarnée par cette bande de chanteurs profiteurs style enfoirés des  « restos du coeur ».

L’humour est une forme de distanciation, de neutralisation qui permet de faire passer les choses n’est ce pas? L’humour est une façon de tricher, de dire tout, en ne disant pas, tout en disant  et donc de s’exonérer de l’énormité de ce que l’on ose dire. les humoristes sont des tricheurs, cela leur vient à l’esprit comme dirait Freud, donc cela leur appartient, mais ils se permettent d’énoncer en faisant croire que ce qui parle ce n’est pas eux , c’est le talent, le vocabulaire. Mais la réalité est que ce qu’il disent vient d’eux et si ils ne le pensaient pas, il ne le diraient pas. Utiliser l’humour, ‘est un procédé, une réaction, une précaution secondaire de lâche pour dire tout en se tirant des flûtes.

 

Le porte-parole du gouvernement, Benjamin Griveaux, a balayé samedi les critiques de François Pinault sur le manque de compréhension d’Emmanuel Macron pour « les petites gens », en épinglant les techniques du milliardaire pour échapper à l’impôt.

« De la part de quelqu’un qui pendant longtemps n’a pas payé d’impôts, je ne suis pas certain qu’il comprenne lui-même les petites gens », a ironisé Griveaux, invité sur Europe 1 à commenter les propos du fondateur du groupe de luxe Kering.

Griveaux est soit ignorant soit lèche bottes: il ne critique pas Pinault de la façon qui conviendrait car le scandale Pinault ce ne sont pas les impôts, mais l’origine de la fortune familiale. Tout comme celle des  Arnault. Elle est due à un cadeau de la clique des politiciens et des banquiers du pouvoir, les Crédit Lyonnais et Lazard frères.

En 1999, le Canard enchaîné avait révélé que Pinault avait échappé à l’impôt sur la fortune en 1997 via un système de déductions. En 2002, le milliardaire avait versé 450 millions d’euros au fisc pour apurer un certain nombre de montages financiers litigieux, dans le cadre de la donation partage de son groupe à ses enfants.

Le président Emmanuel Macron « ne comprend pas les petites gens », a affirmé dans un entretien au magazine M du Monde, l’homme d’affaires réputé très proche de l’ancien président Jacques Chirac et qui avait confié en 2012 avoir voté pour François Hollande. « J’ai peur qu’il mène la France vers un système qui oublie les plus modestes », a ajouté celui qui figure parmi les plus grandes fortunes de France.

Ca c’est de l’humour; sur.

« Le surréalisme involontaire recèle des ressorts comiques qu’il était temps d’explorer. Nul doute que seuls les milliardaires peuvent comprendre les autres: la commisération procure un supplément d’âme qui ne s’achète pas », avait riposté dès vendredi le chef de file des députés LREM Richard Ferrand sur Twitter

Est ce que nous sommes dans l’humour?  Bien sur! Pinault,  s’est enrichi cyniquement par le népotisme  chiraquien et le clientélisme fabiusien sur le dos de la collectivité avec la Chapelle d’Arblay . Il a grugé les pauvres.

Deux ans après avoir repris l’affaire pour un franc symbolique, l’affairiste François Pinault vient de revendre le premier groupe papetier français à deux groupes scandinaves, le suédois Stora et le finlandais Kymmene. L’Etat qui touchera un quart de la plus-value réalisée par Pinault devrait donner son accord à cette opération qui prend l’allure d’un véritable scandale. En effet dernière entreprise française à produire du papier journal la Chapelle-Darblay a reçu 2,3 milliards de francs d’aide publique pour se moderniser. Rappelons que contre l’avis de Laurent Fabius, avec la CGT les travailleurs du groupe s’étaient mobilisés pour sauver l’entreprise.

Et encore, le vol du public !

«Nous ne sommes pas dans une République bananière !» En voulant défendre sa famille face à ceux qui déplorent le poids de l’amitié Chirac-Pinault dans l’affaire Executive Life, François-Henri (le fils de François, devenu PDG de la holding Artemis) a choisi hier matin, sur Europe 1, une expression malheureuse. Car si Executive Life est exemplaire de quelque chose, c’est bien des relations incestueuses entre les pouvoirs publics et les milieux économiques. On y trouve des réseaux d’amitiés communs, des hommes qui font carrière en passant du privé au public et réciproquement. Mais aussi une imbrication totale entre les intérêts financiers de l’Etat et ceux de groupes privés, voire d’individus. Qui fait qu’aujourd’hui, même si cela apparaît scandaleux, le gouvernement n’a pas intérêt à lâcher François Pinault.

«Envergure inhabituelle». Pour comprendre ce paradoxe, il faut replonger dans les relations entre le Crédit Lyonnais et Pinault, son principal client, au début des années 90. La banque publique, présidée alors par Jean-Yves Haberer, finance à fonds perdus tous les affairistes de la place de Paris, tandis que Pinault construit sa fortune en ponctionnant les subventions de l’Etat (comme lors du rachat de la Chapelle-Darblay). Les deux hommes ne peuvent que s’entendre. Executive Life scelle leur alliance, formalisée dans un protocole d’accord secret signé en décembre 1992. D’un côté, la banque, via sa filiale Altus dirigée par Jean-François Hénin, vend à Pinault un portefeuille d’obligations risquées («junk bonds») appartenant à Executive Life et s’engage à lui vendre la compagnie elle-même. De l’autre, elle rentre au capital de deux des holdings du groupe Pinault, Financière Pinault et Artémis.

Les conditions sont très favorables pour l’homme d’affaires : le Lyonnais lui prête l’argent pour financer ces acquisitions, s’engage à «compenser toute perte de valeur du portefeuille» et, plus tard, à «prendre en charge» les conséquences en cas de contentieux. La banque y trouve son compte : elle se conforme aux lois américaines, puisqu’elle n’est plus propriétaire (illégal) du portefeuille de «junk bonds» de la compagnie d’assurances et fait apparaître des plus-values pour les comptes de 1992. Cet accord n’en est pas moins exceptionnel, comme l’indique alors un cadre du Lyonnais, qui relève que cette «association de facto entre un individu et une banque» est «d’une envergure inhabituelle, peut-être même sans aucun précédent». Ces relations vont encore s’approfondir avec l’arrivée de Jean Peyrelevade à la tête de la banque : Pinault entre à son conseil d’administration. Son bras droit, Patricia Barbizet, lui succédera jusqu’en 1999.

Par un échange de bons procédés, quand la justice de Californie commence (fin 1998) à enquêter sur Executive Life, Barbizet prévient le ministère de l’Economie des risques énormes de cette affaire. Dominique Strauss-Kahn, alors à Bercy, mettra beaucoup de temps à s’en rendre compte. Il fait confiance à un proche, Raymond Lévy, qu’il a nommé au Consortium de réalisation (CDR) (1), pour gérer le dossier. Lévy, ancien administrateur du Lyonnais du temps d’Haberer, tente d’exonérer la banque… en chargeant Pinault et Hénin. Il transmet à la justice américaine des preuves accablantes pour eux. Stratégie qui s’avérera catastrophique : le procureur de Californie, Jeffrey Isaacs, utilisera ces documents pour se retourner contre le Lyonnais et le CDR. De son côté, Pinault négocie une immunité pénale, en échange de son témoignage qui rejette la faute sur le Lyonnais.

Accords d’immunité. Avec l’arrivée de Laurent Fabius à Bercy, Pinault trouve une écoute très attentive. Fabius a choisi un ancien de son groupe, Bruno Crémel, pour diriger son cabinet. L’un de ses proches, Serge Weinberg, dirige Pinault-Printemps-Redoute. Conséquence, l’Etat français choisit comme avocat Alain Maillot, un associé de Jean-Michel Darrois, l’avocat de… Pinault. Le CDR est mis sous tutelle, et le cabinet de Laurent Fabius négocie un accord avec le procureur de Californie pour solder l’affaire au pénal contre 100 millions de dollars. A cause du 11 septembre 2001, puis de la campagne électorale française, ce deal ne sera jamais ratifié.

Avec Chirac réélu à l’Elysée en 2002, Pinault ne peut trouver meilleur relais. D’autant que, début 2003, la procédure redevient dangereuse pour le milliardaire. Le procureur Isaacs menace de déchirer les accords d’immunité qu’il lui a octroyés. Ça rate, mais le cas des collaborateurs de Pinault (dont Barbizet) n’est toujours pas réglé. Le pré-accord de début septembre 2003, signé par le ministère de l’Economie est catastrophique pour l’homme d’affaires. Le CDR, le Lyonnais et la Maaf acceptent de payer 585 millions de dollars en échange de l’abandon de toute poursuite, laissant les collaborateurs de Pinault seuls face à Isaacs. Pour faire échouer l’accord, Pinault utilise son amitié avec Chirac, fait pression sur Bercy, et menace de se retourner contre eux.

Et ça marche. Le gouvernement renonce au premier accord le 17 octobre, et ne réussit pas à en signer un deuxième, mardi. «On ne pouvait pas se permettre de laisser des parties en dehors du deal, qui se seraient ensuite retournées contre l’Etat», avoue un conseiller gouvernemental. Qui, en visant explicitement François Pinault, reconnaît que l’imbrication des intérêts privés et publics est dans ce cas vraiment trop puissante. 

Nicolas Cori Libération. 

Le porte parole du gouvernement réclame la solidarité des élites et des élus sous le prétexte qu’il ne faut pas faire monter le populisme, un comble de cynisme. 

Griveaux a eu mardi à l’Assemblée un échange acide sur le sujet avec François Ruffin (LFI), qui a interpellé le « ministre de la faïencerie » et dénoncé Emmanuel Macron comme favorisant « les riches » et trouvant que « les pauvres coûtent trop cher ».

Le porte-parole du gouvernement a ainsi fustigé samedi les polémiques sur les frais de l’Elysée (vaisselle, piscine…) avivées par la formule présidentielle sur le « pognon de dingue » pour les aides sociales.

« C’est une mauvaise polémique. Si on veut continuer à faire monter le populisme et le nationalisme, on continue, on fait ça », a dénoncé le porte-parole, regrettant qu' »à l’Assemblée nationale (…) La France insoumise concentre ses questions sur ça ».

En prime, via Mises : 

Les répartitions, la redistribution, la sécurité sociale, tout cela c’est, ce sont des créations du Big Business, des milieux d’affaires pour reporter les charges sur les gouvernements sur la collectivité, pour pourvoir cyniquement augmenter le taux de profit de leurs affaires et faire taire les pauvres. C’est une arme du Big Business contre les petites entreprises plus faibles. Pour désamorcer. Une forme  de corporatisme de classe . La redistribution flirte avec le fascisme.

 

« In a story that could only happen in 2018, septuagenarian Bernie Sanders took to twitter to agree with someone called Cardi B – who my teenage daughter tells me is a popular singer – about the importance of strengthening Social Security.

Sanders claimed that Social Security enables seniors to “retire with the dignity they deserve,” while Ms. B praised FDR for its creation.

Of course, Social Security needs “strengthening” because, by some estimates, it has long-term unfunded liabilities of $34 trillion, and will “officially” be insolvent by 2034.

The commonly held belief is that Social Security was created by FDR as a compassionate, “progressive” program to help older people feel more secure in their retirement.

Like so many progressive programs, however, Social Security was likely the creation of big businesses turning to big government technocrats to protect themselves against competition. That’s just one of countless insights unearthed by Murray Rothbard’s book The Progressive Era.

Social Security passed in 1935, but its genesis began in 1934 when FDR “commissioned three of his top officials to select the membership of a Committee on Economic Security (CES),” according to Rothbard.

The CES was the body that would craft Social Security legislation, but more specifically, the Technical Board of the CES would be tasked with the details of the plan.

Spearheading the Technical Board was J. Douglas Brown, head of the Industrial Relations Department at Princeton — a department created and largely funded by an organization called the Industrial Relations Councilors (IRC).

The IRC “had been set up in the early 1920s by the Rockefellers, specifically John D., Jr., in charge of ideology and philanthropy for the Rockefeller empire,” reports Rothbard.

The IRC was billed as a scholarly and activist group whose mission, Rothbard describes, was to “promote a new form of corporatist labor-management cooperation, as well as promoting pro-union and pro-welfare-state policies in industry and government.”

Part of the IRC’s activities included setting up Industrial Relations departments in Ivy League schools, including Brown’s at Princeton. Not coincidentally, the other two members of the CES’s Technical Board were IRC affiliates.

Which brings us back to J. Douglas Brown.

Brown was not only backed by a powerful Rockefeller outfit, he was also influenced by hand-picked advisors to the CES, many of which were heads of big businesses. Within this context, as Rothbard notes, Brown “was particularly adamant that no employers escape the taxes of the old-age pension scheme.”

Big businesses were upset that their smaller competitors were not providing retiree pensions, and wanted to use the federal government “to force their small-business competitors into paying for similar, costly, programs.”

At the time Social Security was being developed, about 15 percent of workers were covered by a company pension plan, with a little more than 300 – mostly large – businesses offering such plans.

In his testimony before the Senate Finance Committee in 1935, Brown declared that government compulsion of universal employer “contributions” to old-age pensions would make “uniform throughout industry a minimum cost of providing old-age security and protect(s) the more liberal employer now providing pensions from the competition of the employer who otherwise fires the old person without a pension.”

Put more simply, in Rothbard’s words, “the legislation deliberately penalizes the lower cost, ‘unprogressive’ employer and cripples him by artificially raising his costs compared by the larger employer.”

It should come as no surprise, as Rothbard wrote, “the bigger businesses almost all backed the Social Security Scheme to the hilt, while it was attacked by such associations of small businesses as the National Metal Trades Association, the Illinois Manufacturing Association, and the National Association of Manufacturers.”

Indeed, big businesses “collaborated enthusiastically” with the implementation of Social Security once passed. When confronted with establishing 26 million accounts for individuals, the Social Security Board consulted the Commerce Department’s Business Advisory Committee (BAC). Big business’ handprints were all over the Committee. BAC was dominated by W. Averell Harriman, wealthy heir to his father’s railroad fortune turned banker (and future New York Governor), head of Standard Oil Walter Teagle, and John Raskob of DuPont and General Motors.

Meanwhile, BAC member Marian Folsom of Eastman Kodak was instrumental in planning the creation of regional Social Security Board centers.

Rothbard’s work lays waste to the romanticized tale of Social Security as humanitarian program to provide grandpa’s nest egg. Instead, it’s just another case of big business leveraging government to protect themselves from smaller competitors, all at taxpayer expense. »

Brian Balfour

Brian Balfour is Executive Vice President for the Civitas Institute

 

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Une réflexion sur “Billet. Les pauvres coûtent trop cher, salauds de pauvres !

  1. …. Et oui…. Toute une génération qui a bien su profiter de ses ‘relations’ pour s’en mettre plein les poches. Ecoeurant. Une véritable mafia en cols blancs…. légale celle-là. Enfin presque, mais quand on baise en grand avec des intouchables les pressions deviennent réciproques.
    … Et après on va dire: il faut bosser tu sais, si tu veux gravir les échelons….
    La vérité est qu’il faut ‘coucher’, physiquement et/ou mentalement, avec les personnes bien placées.
    Exemple actuel: notre ‘beau’ président…??
    Le summum du cynisme à la tête de l’état, élu par le ‘bon’ petit peuple bien dressé…
    …. Et après on va dire: il y a de l’espoir vous savez….
    Ah bon?! Dans une autre dimension peut-être, car dans le nôtre, personnellement, je doute fortement.

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