Europe avancées modestes montées en épingle

Les dirigeants européens se sont entendus vendredi sur quelques avancées modestes pour réformer la zone euro, mais ils ont pour l’instant laissé de côté la proposition franco-allemande de budget, chère à Macron.

La discussion à 27, sans le Royaume-Uni, s’est tenue à Bruxelles, au lendemain d’une première journée de sommet marathon dominée jeudi par les défis migratoires.

Les chefs d’Etat et de gouvernement de l’UE appellent dans leurs conclusions à renforcer le Mécanisme européen de stabilité (MES) — le pompier de la zone euro pour les crises de la dette — et à travailler sur un calendrier dans la perspective d’un Fonds européen de garantie des dépôts (ou Edis).

Ces deux points — le premier assez consensuel, le deuxième beaucoup moins — devront être achevés d’ici un prochain sommet de la zone euro fixé à décembre 2018.

Mais l’idée d’un « budget » pour la zone euro, ardemment défendue par Macron et qui a reçu le soutien nuancé de la chancelière  allemande Angela Merkel, ne figure pas dans les conclusions.

Cette proposition à forte portée symbolique, car il s’agirait de renforcer la solidarité financière entre les pays riches et les pays plus pauvres de la zone euro, rencontre depuis plusieurs mois une hostilité persistante de la part de certains  Etats membres, Pays-Bas en tête. Une partie importante de l’opinion publique allemande y est également opposée.

« Je déteste les symboles. On parle ici d’argent réel, payé par de vrais contribuables », a affirmé le Premier ministre néerlandais Mark Rutte à l’issue de la discussion.

« Pour le moment on a déjà un budget de la zone euro: les 200 milliards d’euros dépensés dans les fonds structurels, les fonds de cohésion ou la politique agricole » au sein du budget de l’UE, a-t-il ajouté, précisant qu’avant toute discussion, il attendait de savoir « ce qui se trouve derrière » la proposition franco-allemande.

Macron doit se contenter  d ‘un succès de façade

Cette idée est incluse dans une feuille de route pour réformer la zone euro définie il y a une dizaine de jours à Meseberg, près de Berlin, par Merkel et Macron.

Les deux dirigeants défendent un budget de quelques dizaines de milliards d’euros, qui pourrait être utilisé en cas de crise ou de choc économique.

Il est évident que la modestie des sommes en jeu s’interprete comme un concession symbolique de Merkel à Macron mais ne correspond pas à quelque chose d’opérationnel.

Ils ont présenté vendredi leurs idées à leurs pairs, dans l’espoir qu’elles servent de base aux futures discussions sur la zone euro.

« Il y a trois mois, tout le monde disait: +Jamais vous n’aurez un accord ne serait-ce qu’avec les Allemands sur un budget de la zone euro+ », a observé vendredi Macron, qui compte désormais surfer sur la dynamique franco-allemande.

Le président français –« en rien fétichiste » selon lui– insiste sur le fait que sa proposition n’a pas été enterrée par l’UE, puisque les Etats membres se sont indirectement engagés à continuer à en discuter dans les prochains mois.

« Le texte agréé ce matin vise explicitement l’accord franco-allemand », ainsi qu’une lettre écrite par le président de l’Eurogroupe Mario Centeno pour préparer la discussion « qui parle d’un budget de la zone euro », a-t-il expliqué.

« Nous allons maintenant travailler pour construire sur cette base un accord européen », a ajouté  Macron.

Selon lui, « tout le monde est d’accord pour dire que nous avons besoin d’une fonction qui vienne stabiliser, qui permette plus de convergence et qui permette d’investir ».

Sa partenaire allemande Angela Merkel n’a cependant pas été d’une grande aide dans cette croisade, elle qui a uniquement rappelé vendredi la nécessité de « renforcer la compétitivité de la zone euro et sa convergence », sans jamais prononcer le mot budget.

Avec leur feuille de route, la France et l’Allemagne, les deux principales économies de la zone euro, entendent profiter de la fenetre qu’ouvre  l’embellie  économique pour compléter l’architecture  incomplète de l’Union .

Quelques nouvelles européennes

Forte baisse des émissions de dette de l’Italie:

June 26 – Financial Times (Kate Allen): « Italian debt sales are at their lowest levels since the height of the eurozone crisis six years ago, as the lingering political tensions weigh on investor sentiment. With just two trading days to go until the end of the first half of the year, Italian borrowers have sold €45bn of syndicated bonds since the start of 2018, 36% down on the same period last year… Italian corporate debt sales are down 45% year on year, according to Dealogic, while Italian financial institutions have sold 21% less debt than in the first half of 2017. Syndicated debt sales by the Italian government, agencies and supranationals are 42% down year on year. »

Italie, la France ennemi  numero Un

June 23 – Reuters (Valentina Za, Marine Pennetier and Mathieu Rosemain): « Italy on Saturday said ‘arrogant’ France risked becoming its ‘No.1 enemy’ on migration issues, a day before European leaders convene in Brussels for a hastily arranged meeting on the divisive topic. In answer to comments by French President Emmanuel Macron, who said migration flows toward Europe had reduced compared with a few years ago, Italy’s Deputy Prime Minister Luigi Di Maio said Macron’s words showed he was out of touch. ‘Italy indeed faces a migration emergency and it’s partly because France keeps pushing back people at the border. Macron risks making his country Italy’s No.1 enemy on this emergency,’ Di Maio wrote… »
Immigration pas de solution européenne, des accords bilatéraux:
June 23 – Reuters (Gabriela Baczynska and Robert-Jan Bartunek): « German Chancellor Angela Merkel said… she would seek direct deals with separate European Union states on migration, conceding the bloc had failed to find a joint solution to the issue threatening her government. Since Mediterranean arrivals spiked in 2015, when more than a million refugees and migrants reached the bloc, EU leaders have been at odds over how to handle them. The feud has weakened their unity and undermined Europe’s Schengen free-travel area. »

Tariffs de Trump, rodomontades :

June 23 – Reuters (Mathieu Rosemain): « The European Union will respond to any U.S. move to raise tariffs on cars made in the bloc, a senior European Commission official said, the latest comments in an escalating trade row… ‘If they decide to raise their import tariffs, we’ll have no choice, again, but to react,’ EU Commission Vice President Jyrki Katainen told French newspaper Le Monde. ‘We don’t want to fight (over trade) in public via Twitter. We should end the escalation,’ he said… »

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