Les dépêches vendredi 29 juin, un accord bidon sur l’immigration

Ne prenez jamais les commentaires qui suivent les réunions européennes pour leur valeur faciale. Ce sont toujours des trompe l’oeil qui ne résolvent rien.
Ces trompe l’oeil sont destinés aux opinions publiques afin de les persuader « que l’Europe, cela marche ».
Ce n’est qu’avec le temps que l’on mesure la portée des échecs des uns et des autres. Les informations dans l’actualité sont concues pour ne pas … informer.assez vagues pour que chacun y trouve son compte.
Les pots aux rose seront révééls ces prochains jours par nos « amis » britanniques, eux se chargent de décaper méchamment, en particuler le Financial times et Open Europe.

De premiers doutes commençaient à émerger sur l’accord bouclé dans la nuit de vendredi entre les dirigeants de l’UE sur les migrations, certains d’entre eux se montrant déjà peu enclins à faire preuve de solidarité quant à la prise en charge des arrivants réclamée par l’Italie, qui avait menacé de faire capoter le sommet.

Comme à leur habitude, les dirigeants des quatre pays du groupe de Visegrad (Pologne, Hongrie, République Tchèque et Slovaquie) ont refusé de prendre activement part à la politique d’accueil : dans la matinée, ils insistaient avant tout sur l’abandon de la solidarité imposée avec des quotas.

« Il est clair que la relocalisation des migrants ne pourra pas s’effectuer sans l’accord préalable et le consentement des pays concernés. Ainsi la Hongrie restera un pays hongrois et ne deviendra pas un pays de migrants », a renchéri le Hongrois Viktor Orban.

« En ce qui concerne les quotas volontaires, je serai très prudent », a également averti son homologue Slovaque Peter Pellegrini.

Le compromis, conclu à 04H30 du matin (02H30 GMT) après neuf heures de discussions, propose une « nouvelle approche » avec la création de « plateformes de débarquements » de migrants en dehors de l’UE pour dissuader les traversées de la Méditerranée.

Pour les migrants secourus dans les eaux européennes, des « centres contrôlés » sont proposés, que les Etats membres mettraient en place « sur une base volontaire », et d’où une distinction serait faite « rapidement » entre migrants irréguliers à expulser et demandeurs d’asile légitimes, qui pourraient être répartis dans l’UE, là aussi « sur une base volontaire ».

L’accord appelle aussi les Etats membres à « prendre toutes les mesures » internes nécessaires pour éviter les déplacements de migrants entre pays de l’UE, ces « mouvements secondaires » convergeant souvent vers l’Allemagne, où ils sont au coeur du débat politique qui fragilise Angela Merkel.

Un avertissement est en outre lancé aux ONG. « Tous les vaisseaux opérant en Méditerranée doivent respecter les lois applicables et ne pas obstruer les opérations des gades-côtes libyens ».

« L’Italie n’est plus seule », s’était alors réjoui le chef du gouvernement populiste italien Giuseppe Conte. Mais l’Italie, pays de première arrivée en Méditerranée avec la Grèce, Malte et l’Espagne, restera en charge des arrivants débarqués sur ses côtes.

Ainsi la France et la Belgique annonçaient clairement la couleur vendredi matin. « La France n’est pas un pays de première arrivée. Certains voulaient nous pousser à cela, mais j’ai refusé », a insisté le président Emmanuel Macron à son arrivée pour la reprise des travaux du sommet européen.

Le Premier ministre belge Charles Michel a été tout aussi catégorique. « Tant que l’accord de Dublin (sur les règles pour la prise en charge des demandes d’asile) n’aura pas été réformé, il n’y aura pas de solidarité », a-t-il déclaré.

La Belgique est l’un des huit pays de l’UE à avoir accepté de prendre en charge les rescapés du navire humanitaire Lifeline autorisé à accoster sur l’île de Malte après avoir été refusé par l’Italie. « Cette opération ne sera pas renouvelée avant une réforme de Dublin », a averti Charles Michel.

– Merkel « optimiste » –

Dans la nuit, la chancelière allemande, dont l’autorité est défiée sur la question migratoire par ses alliés de la CSU, l’aile droite de sa coalition, qui la trouve trop laxiste en la matière, s’était dit « optimiste sur le fait de pouvoir continuer à travailler ». Elle avait toutefois convenu : « il nous reste beaucoup à faire pour rapprocher les différents points de vue ».

De longues tractations ont été nécessaires pour parvenir à ce compromis, qui reste encore flou sur de nombreux points.

Emmanuel Macron a apporté quelques indications vendredi. « Les centres en Europe se feront sur une base volontaire dans les pays de premier accueil. Ils doivent dire s’ils sont candidats. Certains l’ont exprimé autour de la table. Ils leur appartient de le faire publiquement », a expliqué le chef de l’Etat français.

Le chancelier autrichien Sebastian Kurz a écarté l’idée d’installer un tel centre en Autriche. « Bien sûr que non. On n’est pas un pays qui a une frontière extérieure de l’UE, on n’est pas un pays de première arrivée, sauf si les gens sautent en parachute », a-t-il déclaré.

– Des centres hors de l’UE –

Débarquer les migrants hors de l’UE épargnerait aux Européens de se quereller pour la prise en charge de navires. Mais les contours du projet restent encore très flous, et il suscite de nombreuses questions sur sa compatibilité avec le droit international.

Le chef de la diplomatie marocaine, Nasser Bourita, a déjà fait savoir jeudi que son pays rejetait l’idée de tels centres d’accueil hors de l’UE. Le président albanais s’y est également fermement opposé.

L’une des clefs du succès du compromis trouvé par les 28 sur les migrations est la réforme de Dublin. Ce réglement impose aux pays de première entrée dans l’UE la responsabilité principale du traitement des demandes d’asile.

La Commission propose de déroger à ce principe en période de crise, avec une répartition des demandeurs d’asile depuis leur lieu d’arrivée. Mais des pays comme la Hongrie et la Pologne, soutenus par l’Autriche, s’y opposent frontalement.

L’Italie demande de son côté un système permanent de répartition, et l’abandon pur et simple du principe de la responsabilité du pays d’arrivée.

Les réactions:

L’Italie et les pays d’Europe centrale se sont réjouis vendredi du compromis conclu sur les migrations lors du sommet européen à Bruxelles, un accord critiqué par l’ONG MSF, qui dénonce « un blocage des personnes aux portes de l’Europe ».

– Autriche

« Pour la première fois, on a un accord pour des centres de refugiés hors de l’UE. C’est un grand pas. C’est seulement si nous nous assurons que les gens n’arrivent pas en Europe que nous mettrons fin au modèle des passeurs et que nous allons réduire massivement le nombre de réfugiés qui viennent en Europe. Ce qui est important, c’est une mise en œuvre rapide », indique le chancelier autrichien Sebastian Kurz, dont le pays prendra la présidence tournante de l’UE le 1er juillet.

« Il y a déjà de bonne coopération avec l’Egypte et la Libye (…) Cette coopération avec l’Egypte et la Libye, avec d’autres, nous devons l’intensifier », a ajouté le dirigeant conservateur, qui gouverne avec l’extrême droite.

– Italie

Le ministre italien de l’Intérieur Matteo Salvini s’est aussi dit « satisfait et fier pour les résultats du gouvernement à Bruxelles ».

« Finalement l’Europe a été obligée d’accepter la discussion sur une proposition italienne. Par rapport au néant des gouvernements Letta, Renzi et Gentiloni, nos nombreuses requêtes ont été acceptées. L’Italie est sortie de son isolement et joue à nouveau un rôle », a déclaré sur une radio Matteo Salvini, qui est aussi vice-Premier ministre et chef de file la Ligue (extrême droite).

Accusant les ONG d’aider les passeurs, « consciemment ou pas », il a annoncé que les ports italiens leur « seraient fermés tout l’été », y compris pour leur ravitaillement en carburant.

– France

« La France n’ouvrira pas de centres » d’accueil pour les migrants qui débarquent en Europe car elle « n’est pas un pays de première arrivée », a déclaré vendredi le président français Emmanuel Macron.

Dans la nuit, il avait jugé que l’accord des 28 était « d’abord le fruit d’un travail commun ». « C’est la coopération européenne qui l’a emporté sur le choix d’un non accord ou de décisions nationales qui n’auraient été ni efficaces ni durables ».

« La solidarité que nous devons aux pays de première entrée a été actée lors de ce sommet », s’était-il félicité.

– Pologne

« Après plus de deux années de discussions difficiles, de controverses et de pressions, toute l’UE à 28 a adopté à l’unanimité la position de la Pologne et du V4 (groupe de Visegrad – Hongrie, Pologne, République tchèque et Slovaquie). Un « non » pour la répartition obligatoire et l’unanimité exigée pour réformer Dublin », a déclaré le Premier ministre Mateusz Morawiecki sur Twitter.

– République tchèque

« Les quotas ont été un sujet pendant quatre ans, mais maintenant tout le monde en a abandonné l’idée. Cela a été un gros combat à mener, le V4 s’est montré uni et nous sommes parvenus à notre but. C’est un grand succès », a déclaré après le sommet le Premier ministre Andrej Babis.

– Slovaquie

« Au sujet des quotas volontaires, je serai très prudent. J’ai proposé à mon homologue autrichien et les pays proches (nos) capacités d’accueil de 1.200 personnes, mais seulement s’ils n’étaient pas en mesure de gérer la crise. Ce serait un placement temporaire en Slovaquie. C’est tout ce que nous sommes prêts à faire pour le moment, aucun migrant ne viendra en Slovaquie sans l’accord du gpouvernement », a déclaré le Premier ministre slovaque Peter Pellegrini, cité par l’agence TASR, aux journalistes à Bruxelles.

– Conseil européen

« Il est beaucoup trop tôt pour parler d’un succès. Nous avons réussi à obtenir un accord (au sommet) mais c’est en fait la partie la plus facile de la tâche comparé à ce qui nous attend sur le terrain, quand nous commencerons à le mettre en oeuvre », a admis le président du Conseil européen, Donald Tusk.

« En outre, nous avons un message clair à tous les bateaux, y compris ceux des ONG, opérant en Méditerranée: ils doivent respecter la loi et ne pas entraver les opérations des garde-côtes libyens », a affirmé M. Tusk.

– Suède

Le premier ministre suédois, Stefan Löfven a déploré que « certains pays ne veulent même pas avoir de politique d’asile commune avec une responsabilité partagée ».

« Il est évident que nous avons un nouveau paysage politique en Europe. De plus en plus de forces réactionnaires gagnent du terrain. Ils croient plus en l’isolement qu’en la coopération et croient qu’il y a des solutions très simples à des problèmes complexes », a-t-il dit à la presse à la fin du sommet, rapporte l’agence de presse suédoise TT.

– MSF

« Les seuls composantes sur lesquelles les Etats européens semblent s’être mis d’accord sont, d’une part, le blocage des personnes aux portes de l’Europe, quelle que soit leur vulnérabilité et les horreurs qu’ils fuient, et d’autre part, la diabolisation des opérations non gouvernementales de recherche et de sauvetage », a déclaré à l’AFP la responsable des urgences pour Médecins sans Frontières (MSF), Karline Kleijer.

« Sans sourciller, ils ont formalisé (…) l’utilisation des garde-côtes libyens pour intercepter les gens et les renvoyer en Libye, tout en sachant que cela revenait à les condamner à la détention arbitraire et aux abus de toutes sortes », a-t-elle ajouté.

– Libye

L’homme fort de l’est libyen, le maréchal Khalifa Haftar, a mis en garde vendredi contre toute « présence militaire étrangère » dans le sud de la Libye « sous prétexte de lutte contre l’immigration clandestine ».



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