Billet à lire, (non technique), le conclave des papes de la monnaie.

Cette semaine, les papes de la monnaie se réunissent en conclave à Jackson Hole.

Ce n’est pas image ou comparaison facile, non, c’est une façon d’aller à l’essentiel: les banquiers centraux se réunissent solennellement , comme les élites le font à Davos, pour administrer la bonne parole, leur parole d’Evangile. Ce  sont les grands prêtres d’une religion, d’un ensemble de croyances, qui leur servent à imposer un ordre du monde d’autant plus résilient et féroce qu’ils le font passer pour révélé.

Ils font passer pour du Savoir, ce qui n’est que croyance.

Les grands prêtres de la monnaie administrent le surproduit mondial, je serai tenté de dire la part maudite, celle du grand gaspillage qui permet à nos sociétés de fonctionner selon une certaine architecture. En tant que grands prêtres , ils n’ont pas besoin de s’attribuer une part de ce surproduit ou de cette part maudite, non car ils ont l’essentiel, ce qui donne tout le reste: le pouvoir. On ne leur demande pas de rendre des comptes, ils sont indépendants. Powell a le pouvoir de faire chuter Trump, Draghi a celui de s’opposer aux rebellions démocratiques en Europe, etc.

Ces chefs illusionnistes  ont leurs initiés, leurs fidèles et eux  sont récompensés si ils diffusent et mettent en acte la bonne parole, si ils effectuent ce que l’on nomme en langage d’initié « la transmission ».  Car les prophéties de ces faux prophètes ne se réalisent que si elles sont crues; ce sont des « self-fulfilling prophecies », elles sont auto réalisatrices. Si ils disent que les taux d’intérêt doivent baisser, alors ils ont une cohorte de croyants qui s’efforcent de les faire baisser; si ils disent qu’ils doivent monter, alors il y a des prêtres/gourous  qui annoncent qu’ils vont monter et ils montent. Quand les prophéties ne se réalisent pas, c’est la faute au monde réel, il est imparfait, récalcitrant, non conforme, non croyant, il se permet des « conundrums ».

Lors du dernier symposium, les grands prêtres étaient sûrs que la croissance allait être durablement ralentie , guère plus de 2%, la fameuse stagnation séculaire… et depuis,   notre Trump a tout bousculé: on a une croissance record, supérieure à 4%! Un chomage inexistant, bien en dessous le fameux chômage dit naturel! Ce chiffre trop faible du chomage leur pose problème.

Leurs messes, leurs lieux de culte ce sont les marchés et ceux qui comprennent la bonne parole sussurée en langage abscons, hermétique, et qui s’y conforment, ceux là, qui ne combattent ni la Fed ni la BCE, ceux là ont droit au partage de cette part maudite. Ils ont droit à une part du pouvoir, aux richesses, aux femmes et bien sur maintenant aux hommes, il faut vivre avec son temps!

Je soutiens depuis longtemps que la monnaie est le Grand Mystère de notre temps. Un mystère qui n’est guère enseigné et qui est même dissimulé, même dans les écoles qui forment les sous-grands prêtres: seule une super élite auto-cooptée a accès aux mystères de la monnaie. Pour les autres on enseigne une vulgate qui a pour fonction non pas d’éclairer le réel, mais de le masquer. Les théories monétaires enseignées dans les écoles, les facultés et autres sont des escroqueries intellectuelles qui perdurent parce qu’elles bénéficient de l’Autorité.

La religion de l’argent dématérialisé, tombé du ciel en apparence repose sur une croyance populaire qui est que l’argent est un « en soi », qu’il a une valeur en lui même  comme du temps de l’or, mais non l’argent, votre argent ce ne sont que des jetons dont certains se sont attribué le droit de les produire selon les besoins de leur ordre. Vous comprenez mieux maintenant leur hostilité à une monnaie qui ne dépend pas d’eux comme le Bitcoin.

Rendez vous compte si les gens normaux venaient à comprendre que la monnaie, bien commun qui ne tire son utilité que d’être acceptée par les peuples,  rendez vous compte si on s’apercevait qu’elle est accaparée.

Accaparée de la même façon que les tyrans et dictateurs accaparent  le pétrole et les ressources naturelles de leur pays. Une classe de gens accaparent le bien commun: la monnaie.

Rendez vous compte du scandale si cela se savait que les banques ont le droit divin de créer la monnaie, de la mettre au monde simplement en accordant des crédits à qui ils veulent,  par un jeu d’écritures en  comptabilité à partie double! Comme ils le font depuis dix ans en inflatant leurs bilans.

Et cette monnaie , cela ne leur suffit pas de s’être attribué le pouvoir de la créer, de la diriger, de fixer son prix, c’est à dire son intérêt,  non ils veulent la privatiser totalement! Ils veulent que seule subsiste la monnaie bancaire, celles des comptes bancaires de dépôts, et supprimer la vraie monnaie, la votre, les espèces. Ils ont tué la vraie monnaie celle qui ne dépend de personne, l’or, ils veulent tuer celle qui dépend du souverain, et que seule subsiste celle qu’ils émettent à volonté. Pas de concurrence, ils veulent le monopole absolu.

Les espèces  c’est la monnaie du peuple puisque c’est la monnaie souveraine, celle de la signature de l’Etat,  du Trésor Public; mais elle leur fait ombrage car elle peut être demandée, stockée,  et concurrencer celles des banques, celle que l’on vous fait passer pour monnaie et qui n’est en fait que créance sur une banque commerciale plus ou moins solvable.

Vous ne le savez pas, mais ce que vous croyez être votre argent en dépôt dans une banque n’est pas un dépôt, régi par les lois sur les dépôts, non, c’est un prêt, une créance sur votre banque. Si vous perdez confiance dans le secteur bancaire et ses tours de passe passe, vous pouvez encore retirer votre argent,  vous pouvez préférer les espèces, mais ce droit là, ils demandent, ils exigent qu’il soit supprimé: vous devez être prisonner du secteur bancaire.

Pire en demandant la suppression des espèces, ils veulent que chaque transaction, par le plastic par exemple leur permette de préleevr une dime, un impôt. Ils veulent la monnaie payante, auto dévalorisante puisque si on s’en sert, on paie une commission.

Ah les braves gens.

La monnaie, la finance, la banque, tout cela, qui passe pour modernité est un ensemble idéologique construit pour extraire, pour confisquer une partie  du pouvoir d’achat de vos salaires.

La monnaie, la finance, c’est la forme moderne, dans nos sociétés évoluées, de la bonne vieille exploitation qui sévissait dans le monde du temps de l’industrie. L’exploitation s’est déplacée, elle a mutée, elle a suivi la ligne de la pente de l’abstraction et de la complexité, elle ne se donne plus à voir, elle est logée, incrustée dans la monnaie.

En Prime

Bloomberg: Big Questions on Global Economy Hang Over, Jackson Hole gathering.

  • Fed watchers on lookout for signals on rates, balance sheet
  • Emerging markets will grab attention, but unlikely to sway Fed

Summer break for central bankers ends this week when their leaders gather Friday and Saturday for the Federal Reserve’s annual policy symposium in Jackson Hole, Wyoming.

With Fed Chairman Jerome Powell set to deliver a Friday morning speech, investors will be looking for clarity on a host of issues, ranging from the likely path of interest rates and balance sheet policy, to Powell’s take on emerging-market turmoil.

The Kansas City Fed, which hosts the symposium, will release the schedule of speakers and list of participants Thursday at 8 p.m. New York time.

The conference’s official theme is the economic impact of superstar firms like Amazon.com Inc.

The Fed is widely expected to hike rates for a third time this year in September, but a fourth move in December is less certain. It’s also unclear how far officials will go before at least pausing in their gradual upward march.
Powell added haze to the picture in July when he told U.S. lawmakers that gradual rate hikes were appropriate “for now.”

“This whole issue of how they’re going to change the language of their guidance” on the path of rates, “and what ‘for now’ means is really what they need to get on to,” said Ward McCarthy, chief financial economist at Jefferies LLC in New York.

Barclays Plc Chief U.S. Economist Michael Gapen in New York said he’s keen for an update on where the Fed is headed with its balance-sheet reduction. That runoff is also reducing the level of reserves in the banking system and, by some indications, affecting the Fed’s ability to manage the benchmark federal funds policy rate.

“In that world, they are going to have to assess whether the funds rate is the right tool,” Gapen said. “Is there enough life in that instrument, and if not, what should be the policy rate?”

Trump, Erdogan, Bezos – Jackson Hole Rogues: Economy Week Ahead

Meanwhile, stress in emerging markets, particularly Turkey, is likely to generate discussion on the sidelines of the gathering. Economists predicted, however, that unless global financial conditions worsened considerably, the Fed wouldn’t delay hiking in September.

“Until this represents a proximate threat to the U.S. economic outlook, the Fed will probably not be deterred from doing the appropriate thing on the basis of domestic fundamentals,” said Carl Tannenbaum, chief economist at Northern Trust Corp. in Chicago.

U.S. economic growth jumped in the second quarter to an annualized 4.1 percent, and to 2.8 percent year-over-year. Inflation remained tame even as unemployment fell to 3.9 percent in July.

Global Risks

The global economic picture isn’t quite as rosy. In addition to emerging-market worries, widening trade disputes and hints of cooling growth in China pose risks to global expansion.

The European Central Bank has laid out a relatively clear policy path over the next year. It plans to halt bond purchases by the end of 2018, and keep interest rates at record lows “at least through the summer of 2019.” But ECB President Mario Draghi has repeatedly warned that “prominent” global uncertainties are the main downside risk to the otherwise robust expansion.

European policy makers have kept quiet through the summer break. They’ll gather Sept. 12-13 for a policy meeting and to review the ECB’s latest set of economic forecasts.

The bank’s weekly schedule indicates no Executive Board members will speak at the Jackson Hole symposium this year, though some officials are likely to attend.

Bloomberg Economics preview: Fed confronts brave new world at Jackson Hole

The Bank of Japan hasn’t commented on which of its officials might appear.

After making its most significant adjustments to policy in two years in July, the BOJ is still gauging market reaction. Governor Haruhiko Kuroda has said that the bank will re-calibrate its bond market operations over the coming months to allow for higher 10-year yields. There are expectations that the BOJ will also begin a stealth tapering in its exchange-traded funds purchases after it said the volume of buying would depend on market conditions.

The Bank of England — which is wrestling with the implications of the country’s impending departure from the European Union — hasn’t announced whether Governor Mark Carney will make it to Jackson Hole.

The key question facing the BOE is whether its decision to raise interest rates earlier this month wasn’t too hasty. With little progress achieved in negotiating a post-exit trading relationship with the EU, central bankers in the U.K. have to plan for the potential of a so-called hard Brexit.

Not to be forgotten is the official theme of the Jackson Hole symposium. Research papers being presented, and most of the formal conference discussions, will focus on increasing market concentration across developed economies. With fewer firms controlling larger market shares in many industries, economists have been studying whether that concentration may reduce competition, with negative consequences for consumers, workers and the economy.

— With assistance by Lucy Meakin, and Yuko Takeo

2 réflexions sur “Billet à lire, (non technique), le conclave des papes de la monnaie.

  1. Il n’y a pas que le public lambda à qui soit caché la nature réelle de la monnaie, c’est aussi le cas de la multitude d’employés et de cadres travaillant dans les banques, y compris les TBTF. Nous avons tous été prolétarisés, rendus inconscients, hyperspécialisés. Impossible de trouver une formation généraliste à ce sujet endéans les murs, par contre pour trouver une formation sur la diversité il y a pléthore. De toute façon ils ne forment plus. Ils engagent et licencient au besoin. A quand la fuite devant la monnaie ?

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