La baisse de la part des salaires produit les affrontements sur le commerce mondial logiquement, organiquement

La part qui revient aux salariés (annexes inclus) américains a atteint des records de baisse selon les statistiques officielles. Elle ne représente plus que 56,5% du revenu national. En conséquence les analystes extrapolent et considèrent que ce mouvement va durer, produisant une croissance des bénéfices hors normes historiques… et que cela va justifier les cours boursiers. C’est le sens profond, pour les gens intelligents , ceux de GMO capital de Grantham par exemple, de leur affirmation: dorénavant ce ne sera plus jamais comme avant. Comprenez, traduisez les salariés ne gagneront plus jamais de quoi vivre honorablement.

N’en tirez pas la conclusion que la profitabilité de l’ensemble du capital qui prétend être honoré est en hausse exceptionnelle  , non car la profitabilité c’est le ratio des bénéfices divisés par la masse de capital engagée dans le monde global. Et cette masse progresse très vite car de plus en plus de capital se forme qui demande, qui exige sa rentabilité, en particulier le capital fictif et non productif, parasitaire. Le capitalisme c’est, sous certains aspects une course entre la masse de profit à se répartir et la masse de capital qui y prétend.

Ceux qui disent que ce n’est pas durable le disent pour des raisons morales: « ce n’est pas juste ». Leur raison en dernière analyse est politique, ils croient que les travailleurs vont se révolter. Ils croient que le populisme par exemple est une réaction contre l’appauvrissement.

Ce ne sont pas les bonnes raisons.

Le mouvement ne peut pas durer parce que, plus les revenus gagnés baissent en pourcentage et plus les consommateurs doivent recourir à l’endettement pour couvrir leurs dépenses. La baisse de la part des revenus salariés n’est possible sans déflation, que si et seulement si le pouvoir d’achat complémentaire pour faire tourner la machine économique vient d’ailleurs et cet ailleurs, ce ne peut être que la croissance des dettes ou l’exportation.

On retrouve les deux caractéristiques de la période, à savoir d’une part la croissance historique des créations de dettes et l’absolue nécessité pour le système de vendre ailleurs… Vendre ailleurs, tout le monde a la même préoccupation et ce que fait Trump n’est que la manifestation des problèmes que cela crée. Trump veut que le revenu national US profite plus au système américain et moins aux autres, Chinois, Allemands, Canadiens , Mexicains etc

Pour réaliser le profit il faut vendre ailleurs et conserver son propre marché, ne pas se faire piller sa demande par les autres, par des voyous comme  les Chinois et les Allemands mercantilistes .

Ce que fait Trump est la parfaite démonstration de la validité de l’analyse que je propose: la baisse de la part des salaires produit une insuffisance de revenus gagnés , elle produit une hausse des profits mais pour pouvoir réaliser ces profits il faut vendre; donc il faut conserver sa demande pour soi. D’ou à un certain stade du développement du néo libéralisme, la question de la contestation des échanges mondiaux, du libre échange et la tentation du protectionnisme.

Trump ne choisit rien, il est le gestionnaire, le tenant-lieu de chef  qui incarne ce besoin du système , à un moment donné de récuser le libre échange.

 

 

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