Editorial: Surperformance US, dilemme, contagion, la stabilité financière est menacée

Quand la Fed a commencé à créer de la monnaie, à « printer » des liquidités et à baisser les taux, un mouvement pervers s’est mis en branle: l’argent et les capitaux ont quitté les USA afin de trouver de bonnes rémunérations ailleurs. Il y a eu comme l’on dit des « fuites » dans le système.

Ce qui fait que beaucoup de mesures non conventionnelles américaines ont profité au ROW, au Reste du Monde. Les capitaux suivent toujours et surtout dans un monde globalisé, la ligne de plus grande pente du profit facile.

La Fed avait conçu un entonnoir au profit du système américain et en fait cet entonnoir a été détourné au profit des endroits ou la rentabilité était plus élevée.

C’est ce que l’on a appelé pudiquement la « search for yield », la course, la concurrence pour le rendement des capitaux. Les émergents, les fonds spéculatifs, les monnaies autres que le dollar, les véhicules douteux , tout en a été affecté, « boosté », inflaté. On a construit un système mondial de myriades de bulles. Jusqu’à fin 2017, tout était en bulles.

On comprend que vue des Etats Unis, cette fuite des capitaux vers les rendements élevés à l’extérieur soit considéré comme un pillage: le reste du monde a pillé la monnaie américaine, parasité sa stimulation,  et s’est servi d’elle pour entetenir ses folies spéculatives.

Je me souviens de la réaction du patron de la Fed de New York, il a reconnu le phénomène et l’a déploré mais il a expliqué que plus tard lors de la reprise américaine, les USA bénéficieraient d’un retour au bercail des capitaux pillards, pilleurs. Selon lui le système américain était le système dont la profitabilité était la plus élevée et les risques les moins grands et à la sortie, les capitaux reviendraient bonifier la reprise . Et c’est ce qui se passe.

C’est le bon sens. Surtout quand on a un Trump qui rend le monde incertain et dangereux: les capitaux fuient cette fois le reste du monde!

Trump d’ailleurs l’a (enfin) compris et c’est ce qu’il a exprimé après  son revirement de position à l’égard du change américain. Au  lieu de chercher à favoriser sa baisse,  il le voit mainteant sous un autre angle; il considère que c’est un vote de confiance à l’égard des USA;  il ne déplore plus sa hausse comme il l’avait fait stupidement au début. Pour vanter sa politique il n’a pas hésité ces dernières semaines à comparer la bonne tenue de la devise américaine à la déconfiture du Yuan  chinois.

Les émergents sont en crise, la Chine a bien du mal à éviter les fissures, l’Europe doute. Tout cela est bon pour les USA lequels bénéfices de ces renrées de capitaux frileux alors que le ROW s’assèche.

D’ou ce que avons épinglé sous le nom de la « grande divergence », d’ou le conundrum, malgré la politique plus restrictive de la Fed, on constate  en effet le maintien d’une grande aisance monétaire et financière , d’ou la bourse a des niveaux records.

Cette situation ainsi décrite prolonge le cycle de croissance des USA, rend ineffective la politique de resserrement de Powell et elle contribue à fragiliser le système puisquelle enrtetient les bulles financières du marché américain.

Plus l’économie américaine prolonge sa croissance alors que les capacités disponibles se réduisent, alors que l’emploi se rapproche du plein emploi, alors que  les risques de surchauffe se précisent  plus le besoin de hausse les taux se renforce.

C’est une terrible contradiction, un terrible antagonisme. Le resserrment de la politique amricaine précipite les craquements du reste du monde!

Il a 20 ans Greenspan s’est trouvé confronté au même problème. Il s’est posé la question de savoir si les USA pouvaient rester une oasis de prospérité dans un monde de plus en plus fragile et vulnérable. Bref il s’est posé la question de savoir si ce que j’appelle la « grande divergence » pouvait entrainer le système americain vers le bas en retour. Bref il s’est posé la question des risques de contagion des difficultés du reste du monde aux Etats Unis. Cette question est d’autant plus pertinente que le rêve de 2017 d’une croissance mondiale synchroisée est évanoui; plus personne n’y croit. il y a d’un cote les USA qui vont bien et puis les autres qui rament.

Le commerce et l’activité globale sont en berne.

Ce qui gouverne la conjoncture globale c’est la Fed. Directement et surtout indirectement.

Elle monte les taux retire des liquidités par le biais de la réduction de la taille de son bilan;  Trump ponctionne les capitaux mondiaux pour financer ses déficits accrus, le dollar monte, il se raréfie, le « dollar » funding » devient problématique. Ca c’est l’effet indirect.

Tous les aspects de la politique americaine concourent au même effet: ils asphyxient le reste du monde et surtout les pays les plus vulnérables et par contrecoup les acteurs financiers, monétaires et bancaires les plus fragiles. Les primes de risque se tendent, les refinancements sont compromis alors que les échéances sont colossales. Le stress est palpable.

Des maisons comme  JPMorgan Chase  et  BlackRock Inc. croient à la contagion , laquelle se propagerait non par le biais des économies, mais par le biais financier.

Neel Kashkari de la Fed de Minneapolis  croit à la contagion économique: “There are countries like Turkey and others having political challenges, economic challenges,” “Those could lead to some type of contagion around the world potentially. And then maybe if we have companies exporting to emerging markets, they could be directly affected by that.”

Il n’y a pas que la Turquie qui souffre, l’Inde également et c’est un élément du système bien plus important. Tous les pays qui dépendent pour leur financement de capitaux extérieurs sont en difficulté.

Powell est forcément en difficulté. Certes il va persévérer dans sa politique de hausse des taux graduelle dans les procahines semaines, mais au dela pourra t-il continuer? Les chiffres économiques de ces derniers jours et en particulier les chiffres manufacturiers vont dans le sens d ‘un renforcement de la nécessité de monter les taux et de continuer ensuite. Ces chiffres américains trop bons pourrait on dire, ces chiffres ont précipité un nouvel affaiblissement des émergents.

Les chiffres de l’emploi qui viennent d’être publiés vont dans le sens de la nécessité du resserrement avec un chiffre du mois d’Aout de 201 000 qui porte la moyenne de créations à 185 000 et des salaires en hausse de 2,9%. Les hausses de salaires sont au plus haut de neuf ans.

La surperformance de l’économie américaine continue. 

 

 

 

 

 

 

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