Edito: la mère de toutes les bulles, c’est la monnaie et son avatar les fonds d’état. Début de prise de conscience?

Les investisseurs commencent à s’inquieter pour les fonds d’état. Le 10 ans US a mauvaise allure et on a passé les 3% fatidiques. Nous pensons que ces investisseurs ont raison de s’inquiéter car la siuation actuelle n’est pas comparable à celle des années précédentes; cette année avec la forte hausse des taux courts, il y a une alternative pour mettre son argent au chaud , sans risque. On est d’autant plus tenté de dégager un peu le 10 ans US que le dollar a cessé de monter: on perd sur le taux et on perd sur le change!

Hausse brutale des taux du 10 ans US

Une configuration interessante

Comme des moutons, les commentateurs, y compris les plus prestigieux font assaut de prévisions de crise financière.

C’est à qui ira de son apocalypse.

Vous savez que nous avons une piètre opinion des Cassandre car ils ont trompé le public depuis 10 ans et l’ont empêché de comprendre le système nouveau dans lequel nous vivions, un système dans lequel la monnaie a changé de nature.

La monnaie est devenue un jeton , une abstraction sans référent comme le Bitcoin. Elle est suspendue dans les airs, sa lévitation reposant sur le maintien de l’offre et de la demande.

Le maintien de la demande de monnaie a rapport avec ce que l’on appelle la confiance c’est à dire l’illusion que les banquiers centraux savent ce qu’ils font. Il faut noter d’ailleurs, car on l’oublie, que tant que les gens ont peur, ils demandent beaucoup de monnaie… c’est la prudence qui gouverne la préférence pour la liquidité, et on leur en donne .. et ils la stockent soit sur leur compte bancaire soit sous forme d’actifs financiers, actions, obligations, fonds d’état  etc.

Cette  nouvelle nature des monnaies a produit une nouvelle nature de tous les actifs financiers, en chaîne. La monnaie bancaire, les actions, les obligations, le crédit, tout cela est monnaie et quasi-monnaie, money-like et appartient à un ensemble gouverné par les rendements et les risques qui y sont attachés.

Ce système est neuf et il tient tant que la demande de monnaie de base ou la demande de biens réels reste maîtrisée, c’est a dire tant que l’argent reste piégé dans le système.

Le piège majeur du système est actionné  par le paradigme du risk-on/risk-off.

Selon  ce paradigme quand la dislocation menace, on ne sort pas de l’ensemble des quasi monnaies, non, on achète des emprunts d’état et donc l’argent reste piégé. Le système peut continuer à tourner même dans les cas de crises, disons mineures ou moyennes puisqu’il va s’engouffrer dans le réservoir des soi disant placements sans risque, les fonds d’état!

Si cet argent achetait de l’or ou demandait à être échangé contre de la base- money il faudrait refaire ce que l’on a fait depuis 2009, du printing, des QE, de la répression  etc.

Tout changerait et le système sauterait. Le système repose sur une pyramide et  la pyramide est sur la pointe.

Quant la grande dislocation arrivera, les banques centrales devront fournir des quantités  colossale de base- money  et tous les véhicules réels verront leur prix s’envoler.

Je soutiens que le système issu de la crise repose sur la demande de monnaie et singulièrement sur la demande de quasi-monnaie sans risque c’est à dire sur la demande de fonds d’état.

C’est parce que l’on a peur que l’on se réfugie dans les fonds d’état et c’est parce qu’ils sont très demandés que l’on peut en émettre beaucoup… beaucoup trop c’est à dire au delà des capacités de remboursement. Au delà de la possibilité de taxer les gens pour honorer ce qui est émis.

La bulle primaire, la bulle mère, the mother of all bubbles, ce sont les emprunts d’état. Depuis la  crise   c’est la bulle de ce qui est demandé sans s’en rendre compte: la monnaie et son avatar les emprunts d’état.

Il faut que vous compreniez clairement ceci  et que compreniez aussi que les emprunts d’état ce sont des monnaies, des monnaies à maturité non zéro. La monnaie à maturité zéro de l’Italie ne peut pas baisser car ce n’est pas la monnaie de l’Italie c’est l’euro, mais la vraie monnaie italienne ce sont les  BTP, les emprunts d’état , et cette monnaie, elle, elle  est dévalorisée, dépréciées, dévaluée.

C’est ce que je veux dire quand je dis que la crise qui était périphérique s’est rapprochée du Centre, le Centre étant le couple maudit banque centrale/gouvernement. .

Depuis la crise, présenté autrement,  le modeste deleveraging du secteur privé a été compensé et au delà par le leveraging accéléré des gouvernements et de leurs banques centrales.

Le monde global « pour tourner » a besoin coûte que coûte de créer au moins $8 trillions de crédit, d’où qu’il vienne, public, privé, ménages, corporate, institutions  qu’importe .

En dessous de 8 et même de 10 trillions de production de crédit le monde saute. C’est marche ou crève. Les USA eux, ont besoin de $2,5 à 3 trillions de crédit pour tourner. En 2018 c’est le gouvernement qui a fait l’appoint avec les déficits et les émissions de Treasuries pour combler le déficit de Trump. Trump a fait ce qu’il fallait  pour sauver l’Expérience de la Fed et autoriser la modeste normalisation de sa politique monétaire.

Trump a fait ce qu’il fallait le bougre. Et tout le monde le critique!

 

En Prime

https://www.bloomberg.com/news/articles/2018-09-19/treasury-yields-take-flight-setting-up-big-shorts-for-rewards

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Une réflexion sur “Edito: la mère de toutes les bulles, c’est la monnaie et son avatar les fonds d’état. Début de prise de conscience?

  1. En France, le détournement de fonds est structurel, culturel et systémique : 57% du PIB en dépenses publiques non seulement pour acheter la paix sociale (des millions de ponctionnaires inutiles paresseux improductifs) mais également pour assurer des niveaux de vie astronomiques aux zelites fonctionnarisées planquées dans l’anonymat et jamais contrôlées fiscalement.

    Capitalisme d’état, connivence, on se sert des 20 ou 30 ke de revenus fixes par mois qu’on prélève sur la bête (alors qu’il faut 8 à 10 millions de capital actuellement pour de tels revenus vu les taux), on passe les plats aux gros entrepreneurs (btp, luxe, pharma, pétrole) en échange d’ un poste pour le fiston ou la petite dernière ou d’une propriété aux Antilles ou au Brésil ou autres avantages en nature, on permet l’évasion fiscale (pardon, loptimisation) discretement ordonnée, on met en coupe le territoire et les meilleurs terrains sont préhemptés,..

    Les français moyens sont de tels ânes qu’ils ne se rendent pas compte qu’ils sont traités de façon comparable aux déportés des Antilles par les békés. Le français moyen est un nègre blanc.

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