Un industriel tchèque dans Le monde … synergies hmm, hmm…Pigasse joue au Monopoly. Rififi en perspective.

Matthieu Pigasse, le président de la banque d’affaires Lazard Frères SAS, est entré en négociations exclusives avec le milliardaire tchèque Daniel Kretinsky pour lui revendre une part minoritaire de la holding qui porte sa participation dans le capital du journal, lit-on sur le site internet du quotidien du soir. http://bit.ly/2yKG23O

« Un des actionnaires majoritaires du Monde, Matthieu Pigasse, négocie la revente d’une partie de ses parts à l’industriel tchèque Daniel Kretinsky, selon nos informations, confirmées par M. Pigasse », écrit le quotidien.

« Celui-ci est entré en négociations exclusives pour céder entre 40 et 49% de sa société Le Nouveau Monde, créée pour détenir sa participation dans Le Monde, qu’il contrôle aux côtés de Xavier Niel, le fondateur de Free (groupe Iliad).

Le banquier d’affaires de Lazard cherchait ces derniers mois à trouver un partenaire pour l’épauler financièrement, ajoute Le Monde. « Mais il assure qu’il a l’intention de garder le contrôle du Nouveau Monde, ainsi que de sa société de médias Les Nouvelles Editions Indépendantes (Les Inrocks, Nova…). Et aussi de rester le cogérant du Monde (à travers la société Le Monde Libre) ».

L’industriel tchèque est dirigeant du groupe énergétique EPH et du premier groupe de médias de son pays Czech Media Invest (CMI).

Il est aussi devenu propriétaire de Marianne et d’une partie du pôle magazine du groupe Lagardère.

« Complémentarités et synergies opérationnelles »

Une source officielle tchèque a affirmé, mardi 16 octobre au Monde que l’intention de M. Kretinsky était de « racheter Le Monde ». L’industriel est dirigeant du groupe énergétique EPH et du premier groupe de médias de son pays, Czech Media Invest (CMI). Il est aussi devenu propriétaire de Marianne et d’une partie du pôle magazine du groupe Lagardère.

Dans un communiqué, Les Nouvelles Editions Indépendantes ont confirmé des négociations exclusives avec le groupe CMI, en vue de « la conclusion d’un partenariat stratégique » qui « permettra aux deux groupes de bénéficier de leurs expertises respectives dans le domaine des médias en Europe, de faire ainsijouer leurs complémentarités et de générer des synergies opérationnelles ».

L’offensive de M. Kretinsky dans les médias français soulève des questions.

Avocat ayant fait fortune dans l’énergie, il était, encore récemment, inconnu en France, même s’il a effectué une partie de ses études de droit à Dijon, à l’université de Bourgogne. « Je suis francophone et francophile », expliquait-il en avril au Figaro, dans sa seule prise de parole médiatique.

Sa filiale CMI – détenue à 50 % – possède en République tchèque trois quotidiens, dont le tabloïd Blesk, des portails d’information et vingt-neuf magazines, ainsi que des titres féminins et des revues.

Elle a été bâtie à partir du rachat, en 2013, des actifs en République tchèque des groupes de presse suisse et allemand Ringier et Axel Springer, pour un montant de 170 millions d’euros. Mais en France, le groupe de M. Kretinsky n’est apparu dans le paysage médiatique que ces derniers mois.

Lire (en édition abonnés) :   Daniel Kretinsky, l’ambitieux milliardaire tchèque à la conquête de la presse de l’Ouest

Son groupe énergétique, EPH, est très puissant en Europe de l’Est et a pris des positions en Allemagne, au Royaume-Uni et en Italie.

Il a notamment investi, à contre-cycle, dans le charbon.

Et il possède également 49 % du gazoduc Eurstream, l’un des principaux points d’entrée du gaz russe dans l’Union européenne (UE).

Mais M. Kretinsky a, en République tchèque, plutôt une image de proeuropéen.

Dans l’Hexagone, il ne possède pas d’actifs significatifs, pour l’heure.

Lire (en édition abonnés) :   Le charbon et le gaz, les paris rémunérateurs du groupe de Daniel Kretinsky

Rachat en avril de « Marianne »

En avril, M. Kretinsky a racheté les radios de Lagardère Active en République tchèque, Pologne, Roumanie et Slovaquie pour 73 millions d’euros. Puis, dans la foulée, CMI est entré en négociations exclusives avec le groupe français pour l’acquisition de ses titres de presse magazine dans l’Hexagone, dont l’emblématique Elle (ainsi que Version Femina, Télé 7 Jours, France Dimanche, Ici Paris, Public, Art & Décoration).

Pour apaiser les craintes des salariés liées à la réputation de cost killer de l’homme d’affaires tchèque, Arnaud Lagardère a assuré, lors de l’assemblée générale du groupe, le 3 mai, que M. Kretinsky a « l’avantage de ne pas être un opérateur en France » : il « aura besoin de toutes les femmes et les hommes, il n’y aura pas de synergie comme pourrait l’envisager un autre acteur présent en France et qui pourrait avoir le réflexe de réduire les effectifs », a-t-il dit.L’acquisition est en train d’être finalisée et pourrait intervenir début 2019.

Daniel Kretinsky s’est également offert un journal français d’un autre genre, l’hebdomadaire d’opinion Marianne, dont le propriétaire cherchait un repreneur. Rapidement, il a nommé comme directrice Natacha Polony, l’éditorialiste souverainiste, malgré certaines résistances en interne.

Interrogé en avril, la filiale médias CMI affirmait vouloir « chercher des opportunités d’investissement dans toute l’Europe ». Dans Le Figaro, en avril, M. Kretinsky avait expliqué ne rien « exclure pour le futur, que ce soit en France ou en Europe ».« Mais notre priorité est la France », avait-il ajouté.

 

 

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s