L’Allemagne, la névrose des règles. Du vice Allemand au mal Français

 

Les tensions autour de l’Italie sont remontées d’un cran,  Bruxelles ayant entamé un bras de fer avec la coalition  au pouvoir en Italie, dont le projet de budget ne respecte pas les règles européennes.

Je n’irai pas plus loin car tout est dit, le mot sacré est prononcé: règles.

Le respect absolu de la règle, la primauté du mort sur le vivant est une névrose.

Une névrose allemande qui explique en partie les horreurs nazies justifiées lors des procès par le règlement, l’ordre et l’autorité. Ce qui a , partiellement, conduit au nazisme, c’est l’obéissance, il suffit d’écouter les documents des grands procès. L’obéissance absolue n’a non seulement pas disparu en Allemagne après la guerre, mais au contraire elle a été sacralisée, enfouie, ancrée, encore plus dans l’âme Allemande.

L’obéissance est un des piliers du système Allemand  avec la rédemption de la culpabilité par le travail, l’universalisme étriqué des philosophes de la trancendance   et l’orthodoxie monétaire libérale qui affirme le dogme de la  séparation radicale entre domaine politique et domaine monétaire.

La rigidité de l’Allemagne est sa protection contre ses mauvais démons ainsi exorcisés.

Cette séparation du monétaire et du politique est purement idéologique,  d’une idéologie rigoureuse, philosophique, étayée par des siècles de réflexion sur l’ordre.

L’Europe a depuis sa création un vice, et c’est un vice qui lui a été transmis par les Allemands, ce vice c’est la névrose; et c cette névrose repose sur le caractère  sacré des règles; l’obsession du respect de la règle. Elles n’ont pas besoin d être justifiées, refondées non elles s’imposent parce que ce sont les règles. La règle est un en-soi. La Loi c’est la Loi.

Et la puissance économique Allemande, a rencontré la demande de la bourgeoise des pays du sud: cette demande qui est d’imposer à la masse, au peuple, des règles. Les règles de l’Allemagne sont la protection contre les « braillards ». Je l’ai entedu formulé de façon plus diplomatique de la bouchede VGE en son temps!

Quand on relit l’histoire de la période des années 30 et singulièrement celle des Quatorze Mois de Démence de l’expérience de Léon Blum, on comprend cette demande d’ ordre, par exemple, de la bourgeoisie Française. Elle est traumatisée et elle se jette dans les bras des Allemands pour être protégée. La bourgeoisie Française, celle du patronat de la CGPF et des deux cents familles  demande l’ordre, le respect des règles , la fin des manifs et du pouvoir de la rue. Elle se rallie au libéralisme parce qu’il prône la séparation de l’économique et du politique.

Je vous conseille la lecture de Paul Lombard, Quatorze mois de démence aux Editions de France.

L’ordre, le respect absolu des règles même les plus absurdes, c’est typiquement un vice allemand, un vice que l’on retrouve au fil des siècles, un vice qui a été décrit abondamment et documenté chez de nombreux auteurs. Le vice allemand c’est la tête, la raison, l’impératif de la raison et des principes. Le vice Allemand c’est la transcendance de la règle. Même si cela conduit à des catastrophes, même si cela viole la morale et les impératifs les plus simples de l’humanisme.

Et puis  il y a le mythe du libéralisme : basé sur la croyance que la séparation radicale entre domaine politique et domaine monétaire aurait été la raison principale du succès économique de l’après-1945, ce mythe a engendré une focalisation totale de toute la vie publique allemande sur la « compétitivité » internationale, expliquant ainsi la rigidité avec laquelle l’Allemagne défend la politique de l’austérité et l’autonomie de la BCE, même si cela réduit les États plus faibles à un statut de semi-province.
Lire:   http://www.atlantico.fr/decryptage/obsession-allemande-respect-regle-contre-honneur-national-grec-en-quete-grandeur-pourquoi-crise-grecque-est-plus-economique-2233192.html#XeBV0ImTaqRqZwMW.99

L’obsession de la règle  débouche sur  la politique du pire, c’est l’Allemagne qui crée les crises !

L’obsession du respect de la règle obture la pensée, elle est aveugle. Ainsi les Allemands ont déclenché la crise grecque en exigeant la participation du secteur privé aux pertes pour le principe ; l’obsession du respect de la règle domine les négociations sur le Brexit et les conduit à la catastrophe pour tous les partenaires.

Ici l’obsession des règles  va conduire à aggraver une situation italienne qui est gérable, mais avec un peu de souplesse. C’est la rigidité Allemande qui va la transformer en catastrophe.

Dans sa lettre adressée à Rome, la Commission demande à l’Italie de lui présenter ses observations avant « le lundi 22 octobre à midi ». Bruxelles dénonce un risque de « non-conformité grave » du budget italien avec les règles européennes, qui pourrait l’amener à rejeter ce budget, un événement qui ne s’est encore jamais produit dans l’histoire de l’UE…

Cherchant à calmer le jeu, Moscovici  a assuré que la Commission n’est « pas l’adversaire de l’Italie », mais « l’arbitre », qui « n’est pas populaire mais fait respecter les règles du jeu ».

Reprise de Bruno Adrie 

https://brunoadrie.wordpress.com/2018/10/23/lallemagne-contre-les-francais-un-choix-strategique-de-la-bourgeoisie-en-france-par-bruno-adrie/

Interrogée par la rédaction du magazine en ligne Atlantico qui lui demande comment elle explique la soumission des dirigeants français à l’Allemagne, la journaliste Coralie Delaume répond qu’il s’agit « à la fois d’un puissant complexe d’infériorité des élites française vis à vis du « modèle allemand », et sans doute aussi d’une volonté d’utiliser l’Allemagne comme un facteur extérieur propre à discipliner la France. Il y a quelques années, poursuit-elle, Wolfgang Schäuble (à l’époque ministre des Finances) avait osé : « la France a besoin que l’on force son Parlement à faire des réformes de structure ». La déclaration avait évidemment choqué, mais elle n’était pas si fausse. Le plus probable est que nos classes dirigeantes sont ravies de « faire des réformes structurelles pour regagner la confiance de l’Allemagne– selon une expression chère à Emmanuel Macron – et que si ça ne tenait qu’à elles, elle se passeraient même du Parlement. » »

En s’exprimant ainsi, Coralie Delaume met le doigt sur une vieille manœuvre de notre bourgeoisie nationale soucieuse de discipliner les Français, qui consiste à faire intervenir l’Allemagne afin de garantir la casse sociale et le moins-disant démocratique nécessaires à l’accroissement de ses profits.

C’est la même stratégie collaborationniste que notre bourgeoisie avait choisie en s’assurant la défaite de l’armée française devant la Wehrmacht en 1940, une défaite qui avait été pour elle une victoire puisqu’entraînant la chute d’une République qui, comme l’avait montré l’expérience du Front Populaire en 1936, était incapable de prévenir l’irruption intempestive des classes laborieuses organisées pour la lutte dans la vie sociale et politique du pays (voir Henri Guillemin,Nationalistes et nationaux 1870-1940 et les travaux d’Annie Lacroix-Riz sur la question).

C’est aussi dans un esprit de collaboration que l’armée française avait réprimé l’insurrection communarde (semaine sanglante de mai 1871) avec l’aval de l’occupant allemand.

La bourgeoisie française n’est patriote qu’en apparence et n’hésite pas à s’allier à l’ennemi si cette alliance permet de sauver ses rentes. Sa patrie, c’est son argent (ainsi que le nôtre, qu’elle nous vole grâce à la mainmise qu’elle a sur l’État).

La domination allemande, quelle que soit sa forme, a été et reste un recours utile qui permet de paralyser la démocratie et de faire taire les revendications des classes laborieuses.

 

 

 

 

 

 

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7 réflexions sur “L’Allemagne, la névrose des règles. Du vice Allemand au mal Français

  1. Une anecdote. Un type du village, m’a conté mon père, a été prisonnier en Allemagne. Avec d’autres prisonniers de guerre il travaillait dans une ferme de Saxe. La fermière et son père veillaient à ce qu’ils sèment bien l’engrais dans les champs. Ils les surveillaient de loin, tandis qu’eux faisaient le geste auguste du semeur.
    Bien entendu, tous les paniers d’engrais finissaient chaque année dans le lac voisin et les récoltes sont restées maigres. Mais les fermiers ne se sont jamais doutés de rien pendant cinq ans ! Les prisonniers faisaient le geste de semer l’engrais donc pour leur esprit allemand, ils répandaient forcément de l’engrais…
    Même les poissons qui remontaient à la surface du lac ne leur ont pas mis la puce à l’oreille…
    Véridique !
    Un esprit allemand ne peut comprendre un esprit italien ( ou français en l’occurrence)
    PS : en 45, la fermière paniquée a demandé leur protection contre les troupes de l’armée rouge qui avaient la réputation de violer les femmes.
    Bien entendu, nos prisonniers avaient déjà pris la poudre d’escampette lorsqu’ils avaient eu vent de la progression soviétique. Pas fous, les types, même les communistes de la bande…
    Une analyse de risques à méditer, permettez la digression, lorsque je lis à longueur de journée sur les réseaux sociaux les conneries des bobos, excusez de la grossièreté, quand aux couillons de la ville qui vont se balader en forêt alors que le fusil tonne à deux pas de là.
    En Corse par exemple, il y a très peu d’accidents de chasse… allez savoir pourquoi…

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  2. Quand on ne respecte pas la règle, le jeu est truqué en faveur de celui qui ne la respecte pas.
    Quel sens peut bien avoir le mot justice, si la règle n’a pas à être respectée.

    La règle est un engagement librement consenti au départ. Renverser la table quand on reçoit l’addition détruit toute possibilité de vie en commun. L’absence de règle, c’est cautionner la loi du plus fort et la fin de la civilisation.

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  3. Un chanteur français chantait : « La Commune refleurira »…

    Ce qui est faux.

    Mais on ne peut pas lui en vouloir car qui aurait pu imaginer dans les années 70 la tournure qu’allait prendre le monde :

    Un élevage de consommateurs (+ ou – sciemment) mal éduqués, mal élevés, nourris à la viande hachée surgelée et au pop corn ; intoxiqués de jeux vidéo, de porno, de mauvaises musiques ; affublés de frusques minables ; sans science ni conscience ou esprit, obsédés par la l’auto-reproduction à l’infini de leur médiocrité sur un internet qui, au lieu de devenir un outil de diffusion en masse de connaissances n’est plus en grande majorité qu’une poubelle sans fond sans fin sans forme…

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  4. Un article qui va dans le sens du post.
    – Faudra t il bientôt s’excuser pour avoir osé résisté à l’attaque allemande de 1914?
    – A quand la repentance nationale pour avoir « gagné » cette guerre?

    11 novembre: l’Élysee ne veut pas de célébration trop «militaire» de l’armistice
    http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2018/10/22/01016-20181022ARTFIG00001-11-novembre-l-elysee-ne-veut-pas-celebrer-la-victoire-militaire-de-1918.php

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    1. Derrière l’Histoire enseignée dans les manuels scolaires pour enfants ou dans Le Figaro, il y a l’histoire des familles qui font et défont les frontières, les marchés, les lignes de partage…

      En clair, la bourgeoise française actuelle continue d’être dans le suivisme de l’Allemagne et de Washington, à l’écoute de Bruxelles et de Berlin.

      La bourgeoisie française déteste le peuple car elle en a peur et interdit le nationalisme. Les expressions « Nation française », « Histoire de France » doivent disparaître des manuels, des articles de journaux, des esprits.

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  5. En Allemagne, une règle est faite pour être suivie.

    En France, une règle est faite pour être transgressée.

    Ces deux peuples (leurs composantes historiques passées… en cours de décomposition recomposition à force d’ouverture des frontières) n’ont psychologiquement pas grand-chose en commun.

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