Billet: La Chine devant un problème existentiel . Ontologique.

Les difficultés de la Chine finissent par devenir évidentes pour tout le monde: elle est obligée  de prendre des mesures de soutien.

Les observateurs ont fini par découvrir ce qui était évident depuis longtemps: le ralentissement de la croissance, l’impasse que constituent le recours à l’endettement, la nocivité des bulles immobilières et surtout l’impossibilité de changer de modèle de croissance.

On n’arrive pas , là bas, à remplacer la croissance par les exportations et les investissements publics par la consommation intérieure. Nous le leur aurions bien dit il y a longtemps : pour que le moteur de la consommation intérieure remplace celui de l’investissement public, il faut distribuer des revenus et du pouvoir d’achat … et il faut des structures économiques différentes. Cela le système ne les a pas et  n’en est pas capable dans sa structuration même. Donc il doit se reposer sur la dette et la dette eh bien ne dure qu’un temps. Surtout quand le système est fragilisé par la raréfaction du « dollar » et la hausse des taux. Le système bancaire et financier chinois s’asphyxie, il se grippe, il ne transmet plus, le marché financier vacille…

Le gouvernement peut toujours, face à ces difficultés et face à ces contradictions recourir aux mesures autoritaires car le pays est tout a fait manoeuvrable sous cet aspect; ce n’est d’ailleurs absolument pas le fait du hasard, mais le fait d’une grande clairvoyance si XI Jinping lors du dernier Congrès s’est donné les moyens d’être de plus en plus autoritaire. Il avait compris que cela allait être nécessaire.

Il faut une poigne de fer pour « tenir » le système chinois alors que les contradictions produites par l’évolution menée depuis l’entrée à l’OMC deviennent criantes. XI a besoin de pouvoir compter sur le Parti, de renforcer sa main mise, d’accentuer le dirigisme. Il lui faut  un Parti aux ordres qui transmet les impulsions du pouvoir central. Il a  besoin de dé-libéraliser. Comme soit dit en  passant beaucoup de pays de second ordre, les vassaux qui souffrent de la crise. La France entre autres.

Nous pensons que l’on peut formuler les problèmes de la Chine et ceux des pays dominés de la façon suivante: la mondialisation, la globalisation ont produit des mouvements inégaux à l’intérieur des pays et maintenant se pose le choix: est ce que je m’ouvre totalement  et que je m’engouffre dans le global ou bien est ce que je freine, je ralentis mon insertion, et m’emploie plutôt à bien régresser derrière mes frontières?

La Loi de la valeur est à l’oeuvre et elle place les systèmes devant leurs contradictions. on ne peut dans un système ouvert maintenir des logiques et des systèmes de valeurs de catégories différents . C’est la nature du système qui est en jeu et en cause, c’est la mixité du système qui fait problème.

Le marché « bouffe tout ». Il bouffe tout de proche en proche. Par la concurrence il impose les  valeurs  de tout, y compris des hommes, il impose le taux de profit moyen mondial, il impose sa propre discipline et cette discipline se heurte à celle des politiciens. La Chine n’est protégée de la loi du marché global que partiellement, par le contrôle des mouvements de capitaux et les barrières non tarifaires, les barrières du type « muraille de verre ». Mais Trump a des conseils intelligents , il a juré d’accélérer le mouvement de capitulation du système chinois devant les valeurs mondiales en attaquant les spécificités chinoises, les obstacles à la concurrence, donc il accentue les antagonismes qui travaillent le système chinois..

Le système chinois avait choisi de s’ouvrir , mais ce faisant il est devenu de plus sensible a tout ce qui se passait globalement , surtout en raison de la contagion par la finance  et le profit. Les réserves en dollars de la PBOC ont cessé de progresser, elles sont sur une pente de régression assez forte, il faut remplacer l’accumulation des dollars par l’accumulation de créances sur l’économie domestique.   Avec la crise les craquements et fissures se multiplient et il devient de plus en plus impossible de faire co-exister les valeurs imposées par le marché global et les valeurs domestiques chinoises. La fragilité bancaire augmente les difficultés au dela de ce qu’elles devraient être, il y a amplification par le bancaire.

On se retrouve, la Chine se retrouve  avec le même problème que l’URSS en son temps, la contradiction entre l’ouverture et la nécessité de maintenir les valeurs domestiques, nationales. Le fossé qui sépare les valeurs domestiques et les valeurs globales est considérable et la politique consciente de Trump vise à augmenter,à élargir ce fossé pour faire tomber la Chine comme Reagan l’a fait de l’URSS en son temps.

La Chine est et sera victime de ce que Trotski et Mandel de la IVème  Internationale ont si bien décrit. 

La Chine tout comme les pays qui ont un système mixte et qui ne veulent pas tomber sous le joug des USA et de leurs  entreprises géantes doivent se protéger monétairement. Ils doivent rapidement mettre en place des mécanismes de création monétaire, de transcations qui evitent le système mondial des paiements et ils doivent pour protéger leur souveraineté sortir du dollar et accumuler l’or, sécuriser leur pétrole.  C’est ce que font la Chine et la Russie. C’est la Nécessité.

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2 réflexions sur “Billet: La Chine devant un problème existentiel . Ontologique.

  1. « ils doivent pour protéger leur souveraineté sortir du dollar et accumuler l’or, sécuriser leur pétrole. C’est ce que font la Chine et la Russie. C’est la Nécessité »

    Sans doute accélèrent-ils en douce la dédollarisation du monde, un mouvement stratégique subtil rendu indispensable par la politique hyper-agressive de Trump.
    Le « Joe Blow » de la rue américaine voit le Grand Blond comme celui qui est en train de restaurer sa grandeur aux USA. La cruelle réalité est que Trump pourrait être celui qui accélère le déclin et la chute de ce pays.

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  2. @ Nanker : La Chine et la Russie réussiront-elles leur tentative de dédollarisation de l’économie mondiale ?

    Entre fantasmes, menaces, tentatives et réalité, le gap est aussi important que celui qui existe entre les investissements militaires des deux camps.

    Cet affrontement hégémonique- s’il n’est pas réglé par les organes d’administration internationale- déclenchera une série de guerres tant en zone pacifique que sur les sols européens.

    Pour qui gère des fonds ou se soucie de son patrimoine, pour le présent et l’avenir proche donc, le territoire des USA demeure la zone la plus sécuritaire tant en matière de sûreté du territoire qu’en matière fiscale et economique. Ce à quoi on ajoute que tous les cerveaux et tous les fonds d’investissement cherchent en priorité des carrières et des débouchés en zone US.

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