Encore un éditorial! Comprendre le bien fondé de la lutte des gilets jaunes: ils luttent dans l’intérêt général.

Une lecture attentive de la situation dans la quelle se trouve notre pays incite à penser que la racine du mécontentement et donc du soulèvement des Français n’est pas tant dans le sort qui est fait à la France moyenne que dans le constat de l’inégalité  de traitement entre les différentes catégories sociales.

Les efforts demandés peuvent être justifiés ou non, je ne prends pas parti sur ce point; mais ce qui est trop visible c’est la dissymétrie.

On demande tout aux uns pour favoriser les autres, tous les autres:

-le très grand capital,

-les banques

-les élites,

-les politiciens

-les femmes des politiciens

-les privilégiés,

-les nouveaux nobles

-les connivents, les complices

-les nouveaux arrivants non nationaux

-les marginaux,

-les copains et copines

J’arrête la liste car vous m’avez compris et c’est encore plus net en matière de justice et de police comme on le voit avec la dissymétrie de l’affaire du boxeur, de Benalla , des violences en général . Le pouvoir sort de l’état de droit pour favoriser certains.

Dans le traitement de tous les problèmes, tout est partisan c’est à dire non conforme à l’intérêt général. Le pouvoir est sorti de l’alibi du bien public. Il montre son vrai visage de défenseur agressif , hargneux  des intérêts et positions d’une super classe.

On a beau rire des revendications contradictoires des manifestants , ces demandes expriment toutes la même chose: l’indignation face au scandale des traitements différents selon la proximité avec le pouvoir.

Les uns sont des sous-hommes, les autres des super-hommes.

J’ai mis le doigt sur une idée de portée générale dans mon dernier éditorial: le rôle du marché .

Etant partisan forcené de la confrontation dans le cadre d’un vrai marché, je relève que l’on favorise durement, autoritairement la dévalorisation des droits des salariés présents et passés , on dévalorise ces droits pour les mettre a la valeur qui découle des valeurs mondiales.

Avec la globalisation/européisation, personne ne peut le nier, tout doit voir son prix baisser. Tout doit être déprécié, c’est la loi du progrès: il dévalorise l’ancien.

On fait en sorte  que la concurrence et les mesures autoritaires fassent baisser la valeur du travail présent et passé pour tenir compte du fait qu’avec la globalisation, tout est tiré vers le bas. c’est le jeu de la concurrence et du progrès qui forcent à la productivité.

C’est le sens très profond de l’action de Macron comme cela avait été le sens profond de l’action de Thatcher laquelle est clairement et de plus en plus son inspiratrice.

Mais alors que le capital ancien, les droits des capitalistes et des financiers devraient également se déprécier, alors qu’ils devraient s’appauvrir avec la concurrence , avec le progrès des techniques et des mutations de la modernisation, on fait le contraire!

On empêche la dévalorisation du travail mort.,  la dévalorisation des dettes qui n’ont plus de valeur économique vivante. On empêche la dépréciation des poids morts. On tue le vif pour sauver l’ordre ancien enraciné dans les couches sociales qui ont conquis le pouvoir avec leur mandataire, Macron.

Macron gère pour sauver le capital mort, les dettes qui ne sont pas recouvrables et il est donc profondément conservateur, son modernisme ne s’applique qu’à vous, les plus faibles.

C’est cela le sens ultime de sa volonté de réduire les  déficits et les dettes.

Cette réduction est faite pour revaloriser l’ancien pour éviter que certains fassent faillite. Elle a pour objectif de  faire en sorte que le capital et les banques chargées de créances irrecouvrables  fassent leur plein. Faire en sorte que le taux de profitabilité remonte même si les firmes sont en réalité dépassées, zombies,  obsolètes.

Macron vous spolie et vous seuls,  pour maintenir en vie ce qui devrait dans une vraie économie de marché mourir. Je dis bien mourir, cesser de peser comme un poids mort.

On favorise les riches, les ultra riches, la haute fonction publique, les financiers, les profiteurs.  On empêche la dévalorisation de  leur fortune, de leur patrimoine et de leurs droits à prélever.

On leur accorde des rabais fiscaux, on crée de la fausse monnaie et du crédit gratuit pour maintenir la valeur de leur  capital, des droits des capitalistes et des banques.  On crée du crédit gratuit, on rachète leurs créances irrecouvrables, on instaure le bail-out perpétuel, on fait monter les Bourses, on leur accorde des valorisations bullaires.

Ceci produit une montée irrésistible des inégalités et déséquilibre nos sociétés. 

Le pire est que l’argument utilisé est faux, mensonger car ce traitement de faveur ne produit ni investissement créateur d’emplois correctement payés ni croissance productrice de richesse pour tous.

Macron détruit l’avenir.

Le pouvoir rend le système illégitime car purement exploiteur.

Les salariés  en tant que classe se paupérisent, mais en face les détenteurs de capitaux, de rentes et de privilèges eux sont gratifiés.

Pire, le comble est qu’on les détaxe, on abaisse  leur contribution fiscale! on facilite leur malthusianisme, leur évasion, on le justifie même!  Au passage on vous culpabilise et vous insulte.

C’est cette politique , politique partisane, politique de classe qui est insupportable.

C’est une politique qui divise, qui monte les uns contre les autres et qui s’aggrave du mépris dans lequel on tient ceux qui protestent.

Je soutiens et c’est pour cela que je le fais activement que les  gilets jaunes luttent dans le véritable intérêt général bien compris, non biaisé du pays.

Votre cause est juste , la votre, celle  des gilets jaunes.

 

 

 

 

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5 réflexions sur “Encore un éditorial! Comprendre le bien fondé de la lutte des gilets jaunes: ils luttent dans l’intérêt général.

  1. Bravo, bel article.
    les gilets jaunes ont le sens du bien commun, et la vision qu’il n’y a plus de pacte social à la française. L ‘analyse de Todd est juste, depuis Clovis, on prone legalite entre les patrimoines dans notre chere france.quarante ans de neo liberalisme ne peuvent pas changer des siecles de tendance egalitaire. Les ecarts de patrimoine et de revenus sont devenus injustifiables,voir meme contre productifs.

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  2. Tellement vrai mais l’indécence continue sans vergogne.

    Voir la polémique autour du salaire de Chantal Jouant, (ex) future présidente de la Commission nationale du débat public, chargée, entre autres, de piloter le Grand débat national promis par Emmanuel Macron, touchera environ 14.500 euros par mois….

    https://www.europe1.fr/politique/la-polemique-autour-du-salaire-de-chantal-jouanno-est-elle-justifiee-3834818

    « J’ai décidé de me retirer du pilotage de ce débat », a déclaré l’ancienne ministre au journal de France 2. « C’est une décision que j’ai prise parce que je crois en ce débat (…) plus que nécessaire », a-t-elle poursuivi, précisant qu’elle ne quittait pas pour autant la présidence de la CNDP. 🙂

    http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2019/01/08/97001-20190108FILWWW00327-chantal-jouanno-annonce-qu-elle-se-retire-du-grand-debat-national.php

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  3. Benjamin Griveaux, lorsqu’il était conseiller ministériel, touchait plus de 10 000 euros par mois au cabinet de la « socialiste » Marisol Touraine pour du « conseil politique ».

    Cela ne suffisant pas, il partît vendre son « influence » à Unibail (« influence », terme que l’élite utilise pour « corruption ») pour 17 000 euros par mois. Sa mission? « S’assurer que personne au ministère des finances ne propose d’abolir une niche fiscale favorable à l’entreprise. » Etc.

    Entre temps, il octroyait à son ex-futur ami Attal, Gabriel, 23 ans, aucune expérience professionnelle ni diplôme du supérieur au compteur, un salaire de 6 000 euros par mois dans le même cabinet, où il le chargeait de recruter chargés de missions – et parlementaires socialistes qui serviraient à faire en sous-main la campagne de Macron. Etc sur :

    https://blogs.mediapart.fr/juan-branco/blog/101218/sur-un-certain-benjamin-griveaux-porte-parole-du-gouvernement

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  4. On peut baisser les salaires pour etre plus compétitifs:a condition de baisser le cout de la vie proportionellement.Ceci peut facilement se faire en baissant la fiscalité et la dépense publique.

    J’aime bien les gilets jaunes qui dénoncent le gouvernement qui dépense l’argent public comme des billets de Monopoly

    Je n’aime pas les gilets jaunes qui réclament le retour de l’ISF(je précise que je suis loin d’y etre assujetti).Toute personne proposant de nouvelles taxes doit etre considérée comme suspecte.

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