Editorial: Et vous, vous pourrez rentrer chez vous et dire à vos enfants: j’y étais! Debout!

La grande absente de la crise politique en cours, c’est l’opposition de gouvernement comme on dit. C’est du vide, de la non-existence sidérale. Il n’y a pas et plus d’opposition républicaine. Elle n’a rien à dire, elle a coulé, sans armes et sans bagages; plombée par sa seule stupidité et sa veulerie historique.

Ah les petits calculs et les médiocres ambitions! Les Ex sont fourvoyés , égarés dans les calculs personnels pour échapper à la prison, les autres grenouillent rêvant de ramasser le pouvoir par défaut, une fois de plus grâce à la disposition calamiteuse de l’échiquier politique.

Il n’y a plus, depuis longtemps de droite d’alternance, elle a cessé d’exister le jour ou le concept d’UMPS a été forgé: à partir du moment ou il n’y a pas d’alternative , il ne peut y avoir d’alternance. Je soutiens que le système politique dans lequel les partis n’ont ni identité, ni programme clair et cohérent conduit à la chienlit et à la révolte : les demandes populaires ne sont plus prises en compte, le peuple est orphelin.

Personne ne prend en charge la détresse, l’humiliation que provoque l’entre soi des élites narcissiques et nombrilistiques. Chacun y va de son narcissisme, de ses ambitions personnelles et biens sur les suiveurs suivent: il est tellement avantageux de participer à une écurie présidentielle, au partage des dépouilles et du butin. Bande de voyous va!

Quelle piètre réponse que celle des Juppé, Raffarin, Wauquiez qui consiste à salir , à balancer des tombereaux de merde sur ceux qui sont laissés pour compte. A les nazifier, à les fasciser. Ceux là manquent à leur simple devoir non pas politique, mais d’humanité. Tous ces gens en costume trois pièces seront jugés par l’Histoire et elle sera autrement dure avec eux car elle, elle n’est pas financée par le Medef, ses satellites et le mégacapital.

La droite dite de gouvernement, mais plutôt droite de prébende,  n’a rien à dire: rien sur le fonctionnement de la démocratie sous Macron, rien sur la réforme de la construction européenne, rien sur la politique étrangère de soumission, rien sur le scandale que constitue la dérive des médias, rien sur la partialité de la justice, rien sur les erreurs de la gouvernance de Macron, rien sur les inégalités … rien de rien. Rien sur rien.

Elle a perdu la confiance et surtout elle s’en fiche, car elle continue de croire comme on le fait depuis des décennies, depuis Giscard et Ponia, que le pouvoir en France  se gagne  par défaut; il suffit de se mettre en  face de celui qui est aux affaires pour ramasser la mise.

La carence  de la fausse droite a bien sur laissé la place à ce  que l’on appelle, pour les salir et decrédibiliser, les extrêmes.

Ah ce qu’il est utile ce mot « extrême » puisqu’il comporte en lui même, sans rien ajouter, sa propre condamnation! Dans ce monde médiocre, ce monde du juste milieu c’est à dire du trou du cul, tout ce qui est extrême est rejeté. Donc il suffit de coller l’étiquette. Elle colle toute seule! Il n’y a même pas besoin de lutter contre eux, les extrêmes, ils sont auto-dégradables grâce aux miracles de la polysémie, de la verticalité du sens  et des associations d’idées. Car bien sur on pense aux Goulags, aux Camps de Concentration! Les extrêmes ne peuvent être porteurs  de la mesure n’est-ce pas?

L’opération d’extremisation de la vraie opposition est venue de loin, elle a été amorcée par Mitterrand puis validée par les médias du Patronat. Je peux en attester pour y avoir participé du temps de Mitterrand et Bérégovoy. Ils ont financé et se sont coordonnés avec les extrêmes. L’extrêmisation, c’est à dire l’opération de  rejet hors de la démocratie et de la république a été faite avec l’aide du Très Grand Patronat car en France il n’y a pas de petit patronat, il est sous la tutelle du Medef, il n’ a même pas une représentation autonome!

On a entré dans le crane des Français d’une part que tout ce qui n’était pas UMPS était extrême et que d’autre part les extrêmes, c’est sale.

Résultat on a institutionnalisé, pérennisé  le face à face UMPS/Le Pen.

Ce face à face est devenu une structure permanente, sous jacente de la démocratie avec pour conséquence l’installation définitive  au pouvoir d’un marécage nauséabond  de grenouilleurs politiques soumis à la fois au monopole de la Grande Administration et au verrouillage souterrain de la ploutocratie.

Il n’y a pas d’alternance parce que le système républicain a été manipulé, modifié, tordu pour qu’il n’y en ait plus, voila le grand secret. Et bien sur si vous le dites , on ne discute pas avec vous, on vous baillone avec l’étiquette de complotiste!

IL n’y a aucune différence  entre la politique suivie par Macron et celle tracée par Sarkozy et balbutiée tristement par Hollande. Toujours on se place  dans la continuité du quinquennat précédent. Aucune différence avec celle que Fillon avait promise au Medef lors de sa campagne. Sa promesse scélérate de Blitzkrieg contre le peuple en six mois au nom de la dette.

C ‘est la continuité:

-réformes imposées par les directives européennes, soumission aux GOPE,  hausse continue des prélèvements obligatoires, érosion plus ou moins rapide des protections sociales, baisse des dépenses de service public, pression sur les rémunérations du travail et les coûts salariaux

-la poursuite  des  orientations sécuritaires scélérates,  hypocrisie laxiste sur les migrations, destruction de l’éducation au service du patronat, (ah le capital humain),  politique étrangère de soumission atlantiste.

Les écarts réels n’existent pas, ils sont à la marge, dans le style , avec certes un mauvais  choix de style pour Macron, c’est vrai. On reste dans la ligne sur les rails et on fait le mariole en se pavanant, en se regardant dans les miroirs narcissiques, « dis maman regarde comme je suis beau! Mon phallus comme il brille! » Et il y a des imbéciles , des journalistes qui en rajoutent en essayant de promouvoir une sorte de culte de la personnalité, ne suivez pas mon regard!

La gestion de la France se fait ailleurs, dans un no man’s land d’irresponsabilité, et de non légitimité. Mais dans un monde bien humain  d’intérêt, de pognon, de capitalisation et de volonté de puissance exacerbée.

Avec Macron c’est une caricature avec ses arrogances, ses coups de menton, ses insultes, ses petites phrases ; il manie le fouet pour compte d’autrui.  La tête, bien sur est ailleurs.

Macron n’est chargé  que de la personnification et du marketing. Personne n’est chargé du coeur.  De l’humain . Il est escamoté, occulté, c’est comme si en rejetant les extrêmes hors du champ républicain on s’était donné la possibilité, du même coup de nier l’humain. On gère des ombres, des entités, des agrégats, on détache les  ombres des corps, les chiffres des hommes qui les portent, c’est le grand Pacte Faustien de la post-modernité ordo-libérale. Le grand pacte de la névrose sociale gérée pour compte d’autrui.

Hélas, le rejet vers les extrêmes, l’extrêmisation produisent un vide colossal au plan social et politique. Et ce vide il est comblé par l’irruption sur la scène du Grand Nié, du verworfen, le peuple, sa vie, ses désirs, sa sueur, ses larmes et maintenant avec les flics, son sang. Faute d’être représenté, le peuple fait retour, à sa façon sur les ronds points sur les routes, dans les rues avec un magnifique symbole, le gilet jaune.

C’est l’incroyable nullité du monde politique, sa lâcheté son absence de conscience qui a produit le mouvement de désespoir des gilets jaunes.

Un mouvement dialectique qui est certes né du désespoir mais qui est chargé de  formidables espérances. Les gilets c’est le retour de la vie en politique, la réintroduction de  l’humain, c’est la mort des chiffres et des agrégats , c’est l’irruption du vif dans le mort. C’est la preuve que les Français bandent encore. C’est la mort des chiffres que le petit comptable amoureux des mélodies romantiques germaniques s’efforce de ressusciter dans ses tristes débats au milieu des kollabos qui font la claque.

J’avoue que je n’attends rien des luttes actuelles.

Dans une optique bourgeoise il n’y a pas grand chose à espérer car d’une par les marges de manoeuvre sont étroites et  d’autre part les gilets demandent des choses contradictoires. Il n’y a pas de grain à moudre comme disait André Bergeron. Ils ne peuvent obtenir que des os à ronger à deux sous, fabriqués en Thaïlande.  Espérer des aumônes c’est se ranger; c’est rentrer dans la logique des comptables et des minables aux manches de lustrine informatisées, c’est accepter de retourner à la niche ou plutôt dans les cercueils.

Il n’y a rien à espérer car ils n’ont rien à donner, ce sont les autres, ceux qui sont invisibles, délocalisés,  ectoplasmisés, qui tiennent les  cordons de la Bourse et les livres de comples.

Quand le mouvement s’essoufflera, car il s’essouflera, ne soyez pas déçu, vous avez d’ores et deja gagné: ils ont peur.

Cela n’était pas arrivé depuis longtemps.

Vous avez semé. 

Et vous vous pourrez rentrer chez vous et vous et dire à vos enfants:

j’y étais; debout!

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11 réflexions sur “Editorial: Et vous, vous pourrez rentrer chez vous et dire à vos enfants: j’y étais! Debout!

    1. Bravo !!!

      Mais vous sortez du champ de l’économie politique pour entrer dans celui de la philosophie morale qui est encore plus incertain !

      Très ancien lecteur de « La Vie Française « …. Je vous comprends mais dois envisager de déplacer votre blog de la rubrique  » économie  » vers la rubrique  » société  » … !

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  1. Nos Pères ont résisté contre des nazis en uniforme pour leur liberté et celle de leur pays et aujourd’hui, les gilets jaunes entament une résistance , certes encore bien timide, contre des nazis en col blanc chargés de détruire ce pays au bénéfice d’une finance apatride, vampire et esclavagiste en bons traîtres qu’ils sont.

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  2. Juste l’impression que la France se divise en 2: les ‘arrierés’ (les Tuches, les Gilets jaunes); et les ‘progressistes’ ( les high-tech et affiliés…)

    Avez-vous vu le film les Tuches? C’est tellement con que perso j’ai tenu 15 mn (pas au ciné mais retransmis TV – heureusement). Franchement, avec de telles caricatures … Et ça fait des millions d’entrées…! Comment peut-on être optimiste sur la mentalité générale ( je ne m’appose pas comme exemple). Le cinéma n’est-il pas un reflet de la société quant aux succès ?

    On s’attend quasi à un raz de marée pour ‘qu’est-ce qu’on a fait au bon dieu 2’. . Encore une fois c’est un tombereau de clichés nuls et ça a un succès fou… Il y a quand même de quoi se poser des questions quant à la société actuelle.

    Avez-vous vu aussi qu’en Angleterre de plus en plus d’enfants s’estiment ‘transgenres’??? Or si on ne né pas femme (ou homme) mais on le devient ( sauf exceptions) il y a de quoi se poser des questions!

    ‘Il n’y a de vérité que du tout’ traduit bien l’état de délabrement actuel : économique, educatif, politique, social, culturel, spirituel…

    C’est un fait.

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  3. Ont ils eu peur ? Ils n’ont rien cedé et montré leur dedain.
    Le seul gain, c’est devoiler le jeu de chacun, plus d’ecran de fumée , plus d’ambiguité, : c’est eux contre les autres. La preservation de leur fortune, de leurs avantages: cest juste la fin du mensonge.
    Mais cest déjà ça !

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  4. Bonjour
    « Résultat on a institutionnalisé, pérennisé le face à face UMPS/Le Pen ».

    en 1986 33 députés fn permettent au miteux de gouverner…
    la démonstration est faite…

    31 ans plus tard présidentiel 2017…rien n’ a changé..

    oui le peuple est orphelin…

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  5. @ Dradog : je partage malheureusement votre dépit quant au niveau d’abêtissement chronique généralisé et je vais vous dire pourquoi :

    à l’occasion des fêtes, j’ai passé du temps avec mes vieux parents et par un concours de circonstance des conversations, j’ai tenu en mains des correspondances-évidemment manuscrites- de plusieurs aieuls : écriture déliée, régulière, syntaxe et grammaire impeccables, style, bon sens, humanité… L’émotion fut grande et se diffuse encore en moi.

    Et ces gens n’avaient au mieux que le certificat d’études !

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    1. Parce que nous sommes dans ce concept de ‘l’amusement généralisé’: apprendre oui mais en s’amusant etc, i-e rester dans l’infantile (d’où l’infantilité des adultes aux US phénomène de société paraît-il).

      Or apprendre et s’élever demande de gros efforts mais c’est le monde ‘adulte’ que la société actuelle veut balayer puisque considérée aussi comme violente… Aubaine pour les ‘élites’ non?! Des ‘enfants’ (en plus végétariens donc des ‘proies’) sont plus manipulables que des ‘adultes’ (carnivores donc encore ‘prédateurs’).

      C’est l’évolution actuelle de l’humanité, or il n’y a jamais de marche arrière, mais des biais oui.
      À nous, encore conscients, de nous adapter.

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  6. Bonsoir,
    Le RN (ex-FN) est une PME rentable de province.
    Elle est sur une niche du marché, elle gagne bien sa vie dans une relative discrétion. Quand un « cadre dynamique » y est embauché, il se rend compte rapidement que tous les postes clefs sont trustés par la famille du fondateur ou ses proches (enfants du dirigeants, épouse, maîtresse etc.) donc il n’y a pas d’avenir pour lui sauf si il épouse quelqu’une dans le 1er cercle…
    Remarquez cette PME est très bien là où elle est, son dirigeant sait très bien qu’il n’a pas les équipes (le staff) pour une ambition plus grande. Il a juste l’ambition de faire des coups ponctuels.
    In fine, le cadre dynamique quittera cette boîte.
    Avertissements : Toutes ressemblances avec des faits existants ne seraient que pur hasard.

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