Editorial: le capitalisme malgré tout, mais pur et dur !

La France est un peu sortie de sa grande torpeur intellectuelle, elle ne se lève plus uniquement pour aller au centre commercial.

Il y a  une sorte d’éclaircie, une rémission. 

Je veux profitez de l’occasion pour faire une mise au point , elle est très importante, elle est radicale . Sans cette mise au point vous pouvez vous tromper totalement sur mes analyses  et ce qui les guide. Tant qu’à me lire autant comprendre, n’est ce pas, 

D’abord je suis capitaliste, sans restriction c’est à dire que je suis pour l’accumulation privée des richesses et surtout pas pour l’accumulation publique, socialiste, dirigiste.

L’accumulation publique est toujours l’accaparement de la richesse par une caste, une classe, une Nomenklatura. Vous imaginez les investissements et les fruits de l’investissement décidés par la clique actuelle au pouvoir,  ou par Hollande et Julie Gayet , ou par la bande de Sarkozy? Le socialisme réel n’a jamais marché et le socialisme  actuel, le socialisme fabien, social démocrate est une honte au plan de la morale.  Le socialisme actuel celui du très grand capital dont il est le masque hypocrite.

On n’ a jamais  résolu ce problème . Sous prétexte d’égalitarisme, le socialisme réel a toujours débouché sur une inégalité majeure, sanguinaire, pourrie. Il débouche sur une inégalité structurelle parce que la question de savoir qui pilote  l’affectation des ressources, qui pilote le socialisme n’a jamais été résolue. Et toujours cela a  abouti aussi bien dans la version soviétique que la version chinoise, à la constitution liberticide d’un groupe de saigneurs je dis bien saigneurs.

L’appropriation privée à un coût certes mais ce coût est moindre que celui de l’appropriation publique, étatique, socialiste. Et puis ce coût au moins est compensé par une production de richesses qui est nettement plus efficace que celle du système socialiste ou dirigiste.

Ensuite je suis conscient des contradictions fondamentales du capitalisme; au fur et à mesure que le capital s’accumule il demande de plus en plus de profit, le capital est un ogre qui tel Ugolin dévore ses enfants, il n’en a jamais assez.  Et cette situation crée des crises . C’est l’évolution inégale de la masse de capital d’une part et de la masse des profits d’autre part qui produit les crises. La fonction des crises est salutaire, elles ont pour fonction de détruire le capital excédentaire, usé, inefficace. Bref les crises ont une fonction de purge régénératrice.

Enfin et hélas ,  comme les  ultra riches ont conquis le pourvoir politique ils s’opposent aux destructions de capital excédentaire  ce qui veut dire qu’ils prolongent les contradictions au lieu de les résoudre et pour cela ils ont recours à la dette. Aux dettes ce qui permet de  repousser  les limites certes, mais pervertit le capitalisme en le transformant en capitalisme financier. La dette des uns devient le capital des autres, par définition, et le système devient un système de servage. 

Moi je lutte contre le capitalisme financier parce que je suis capitaliste, pas socialiste ou dirigiste ou constructiviste ou fasciste.

L’origine la crise est dans le capitalisme c’est vrai mais les crises ont inhérentes à ce système, il faut les accepter,  et elles ont pour fonction de le rénover, de l’assainir, de l’amputer de sa pourriture, de le rendre  plus fort, plus juste, plus adapté.

Le serpent ne survie que de sa mue.

La dette , les dettes empêchent la mue du serpent!

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10 réflexions sur “Editorial: le capitalisme malgré tout, mais pur et dur !

  1. Le problème, M. Bertez, c’est de trouver une légitimité à cette accumulation.

    Et pour qu’elle soit légitime, faudrait-il encore qu’elle ait un sens.

    Et à supposer que cette accumulation soit considérée comme légitime, doit-on lui appliquer des limites et au nom de quoi (je ne pose pas encore la question du comment et de la faisabilité pérenne).

    L’un des problèmes, à mon sens, est que cette accumulation, qui place le capitaliste en position d’acheter des hommes, donc en position de pouvoir, n’apporte aucun projet à la société sinon celui d’accorder de la puissance à celui qui achète les hommes.

    Car rien ne garantira jamais que le puissant aura un projet de société.

    Rien ne justifie que l’histoire des hommes doive être conduite par un puissant ayant – éventuellement – un projet de société.

    L’un des problème du capitalisme est sa totale illégitimité, le fait qu’il ne définisse aucun contrat social viable. Et le gros problème de fond, c’est celui du travail et de la valeur (mais quelqu’un a déjà pensé à ça je crois). Qu’est ce que le travail? Comment en définit-on la valeur? Comment peut-on justifier de tirer bénéfice du travail des autres.

    Le capitalisme ne se justifie pas conceptuellement et ne se légitime pas politiquement. Dead end.

    Les projets de société sont donc rendus à des luttes entre puissances, quelles qu’elles soient, quelles que soient leurs natures sociale, économique, politique ou militaire, et quel que soit le moment historique qui en circonscrit et conditionne l’exercice.

    Voilà pourquoi je ne peux pas être capitaliste.

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    1. J’ajoute à votre phrase importante « Le capitalisme ne se justifie pas conceptuellement et ne se légitime pas politiquement. Dead end ».

      Le capitalisme ne justifie par rien, sauf ceci:

      il est un moment de l’Histoire et il passera tout comme les autres moments de l’Histoire qui sont passés et dépassés.

      Comme la pseudo démocratie qui en est le complément.

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      1. En effet, un moment de l’histoire, j’ai exactement cette approche, ayant été un grand lecteur d’Oswald Spengler. D’ailleurs, le capitalisme est apparu dans l’histoire, sous des formes conceptuellement proches de celui que nous connaissons, notamment au IIème siècle avant JC, fondé alors sur une économie à dominante rurale mais ouverte sur une spéculation qui déjà favorisait des accapareurs. Personnellement, je ne crois pas que l’histoire puisse être un jour le lieu d’aucune rédemption collective. En revanche, j’espère que de temps en temps, une certaine justice vient s’abattre sur les profiteurs.

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  2. En réponse aux deux Bruno.

    J’essaie de ne pas faire la confusion entre l’accumulation par quelques uns et l’accumulation par de nombreux.

    La seule manière d’empêcher l’accumulation par quelques uns, c’est de jouer pouvoirs et contre-pouvoirs ; réhabiliter le mot de concurrence et lui redonner vie, réhabiliter le syndicalisme et lui redonner vie.

    Tiens un beau triangle pour une approche équilibrée du capitalisme ; le capitaliste, la concurrence et le syndicalisme (le vrai, pas celui de ceux qui attendent leur job d’IGAS!).

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    1. Je vais stopper le débat sauf pour vous et Adrie puis que j’ai pris vos posts initiaux .

      Je suis pour un capitalisme pur et dur, ce qui est seul moyen dans mon cadre de pensée, de le dialectiser c’est à dire de le forcer à son propre dépassement.

      Je suis pour une lutte des classes féroce avec de vrais syndicats pas des pourris connivents comme ceux que nous avons actuellement.

      je suis pour les contre-pouvoirs, pour la recherche quotidienne du rapport de forces.

      L’homme est un loup pour l’homme; je ne parle que de l’Homme libre bien sur, les autres ne m’intéressent pas.

      La recherche du consensus c’est le fascisme car il conduit les participants au consensus à renoncer à la logique de ce qu’ils sont. Ils se nient et renient. Ils se sacrifient.

      Et de la lutte à mort sociale, jaillira le dépassement du capitalisme.

      Dans mon cadre analytique, toutes les perversions du capitalisme sont des obstacles au mouvement de l’Histoire, ce sont des tromperies hypocrites qui préservent ce que j’appelle le (des)ordre établi.

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      1. Je comprends parfaitement votre raisonnement. Pour que la mécanique action-réaction-résultante joue en permanence, il faut un cadre politique et de droit qui le permette : pouvoirs et contrepouvoirs, droit de propriété, droit de la concurrence, droit de coalition.

        Je pense que les libéraux classiques du 19 ième siècle se seraient bien retrouvés dans ce programme. C’est peut être Bastiat qu’il faudrait lire (pour ce qui le concerne) ou relire.

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  3. Merci Bruno. Enfin quelqu’un qui réhabilite ce que doit être le capitalisme sans ces effets pervers. (Renoncement des faillites par la socialisation des pertes). Le socialisme aurait du toujours se cantonner au régalien, ce qui n’aurait pas pu permettre à une caste de s’enrichir sans contrepartie. L’inégalité la plus révoltante est bien celle là et rien d’autre.

    Maintenant je comprends pourquoi j’ai toujours haie le socialisme. Il faut bien comprendre que la notion la plus importante derrière les concepts de capitalisme et socialisme est celle de la création ou non de valeur.

    Le capitalisme et cela est prouvé lui, il crée de la valeur, le socialisme n’en crée pas. C’est la raison pour laquelle, qu’elle que soit le niveau de perversion qu’a atteint aujourd’hui le capitalisme, il est de notre devoir de respecter le droit de propriété et l’accumulation privée des richesses.

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