Billet: un monde de promesses

Le narrative a la mode est que les dettes n’importent pas quand on a une monnaie souveraine.

L’idée est que l’on peut toujours rembourser en monnaie de singe.

J’ai souvent expliqué que les  idées ne conduisaient pas le monde, c’est le monde qui produit les idées.

Ici la situation est simple, seul le narrative de l’establishment, c’est à dire des élites  rend tout incompréhensible. Rendons tout lumineux:

-on a eu une crise de surendettement  que l’on a reportée par un accroissement de  la masse de dettes publiques et privées

-le crise  n’a pas  été résolue, la machine économique n’est jamais repartie de façon auto-entretenue, elle a toujours besoin de dopage; il a fallu prolonger les remèdes plus longtemps que prévu

-la masse des remèdes accumulés, c’est à dire des dettes créées a cru de façon considérable, elles sont de plus en plus fragiles  et elles sont irrecouvrables selon tous les  critères connus

-les ratios  de dette sur GDP  sont pulvérisés  malgré des taux d’intérêt  voisins de  zéro; toute hausse des taux qui les mettrait au dessus de la croissanc nominale ferait sauter le système.

-alors que l’on essaie de stopper les remèdes/dopages , une crise  boursière se développe et le marché menace de ne plus être ordonné, ce qui désolvabiliserait le système bancaire et provoquerait une déflation du crédit et des prix

-la banque centrale américaine en  la personne de Powell mange son chapeau , elle fait machine arrière puis volte face: on arrête les hausses de taux,  on stoppe la réduction du bilan de la banque centrale et on réflêchit à de nouveaux moyens  de reprendre les émissions de dettes à grande échelle sans affoler le public

-on parle de MMT, on parle de plafonner le rendement des Treasuries on parle des taux négatifs,  on lance le ballon d’essai d’un objectif d’inflation supérieur à 2% et celui d’un objectif minimum de croissance nominale du GDP

Il n’y a qu’une logique qui est à  l’oeuvre derrière  les  narratives :  tenter  de prolonger la production et l’accumulation  de dettes et en particulier celles  du gouvernement car elles constituent la pierre angulaire de tout l’édifice financier (la Bourse)  et monétaire (le fractionnal banking)

Jusqu’ou ira-t-on ?

On peut aller très loin et encore longtemps  car les corps intermédaires sont complices  et solidaires et personne n’a envie de jouer au voyou, de jouer contre le Système. Ni à l’intérieur ni à l’extérieur.

Il y a cependant trois  limites:

-la première ce sont les inégalités car dans pareil système , elles galopent puisque l’argent est donné aux marchés c’est a dire aux riches et ultra riches; la limite c’est la stabilité sociale

-la seconde c’est la confiance. Les ultra riches savent qu’un jour le système va connaître une nouvelle crise terrible et certains peuvent déceler des signes précurseurs qui les conduiront à reprendre leurs billes, à jouer contre le système pour sauver leur peau. Un peu comme les Princes du temps  de John  Law ont fait en réclamant leur or , ils ont déclenché la catastrophe.

-la troisième c’est un choc exogène qui fait découvrir le pot aux roses c’est dire qui en réintroduisant la rareté des biens et des marchandises conduit les  gens à se précipiter c’est dire à exiger que les promesses contenues dans les morceaux de papier soient honorées.

 

 

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