La nature politique n’a pas horreur du vide! Elle tolère les LR!

Le parti que l’on appelle les Républicains n’existe plus.

C’est une structure morte que plus rien ne vient vivifier. Ce parti n’a pas de leader digne de ce nom. Il n’a pas de ligne politique. Il n’a pas de programme. Il n’a pas de place sur l’échiquier politique.

La question du choix d’un leader pour conduire les Européennes tourne à la farce. On a l’impression d’un choix de leader par défaut. Sa fonction pour ainsi dire serait non pas de gagner les élections ou de faire un score honorable, elle serait simplement de ne pas porter d’ombre. Il s’agit avant tout de ne choisir personne qui pourrait bousculer les ambitions de Wauquiez.

Ce qui s’est passé lors de la dernière élection présidentielle n’a pas été analysé. On a vu des commentaires superficiels, des attaques de personnes, on a entendu des petites phrases. Il n’y a jamais eu ni analyse, ni diagnostic.

La stratégie est restée celle d’il y a 50 ans et qui a été théorisée par Poniatowski: en France on ne gagne jamais « pour », on gagne toujours « contre ».

Ponia signifiait par là que, dans le système français, et dans le régime ou deux partis dominent, il suffisait de se mettre en face de celui qui était au pouvoir pour remporter la mise.

Comme les Français sont incapables de continuité, ils aiment l’alternance; dans certains cas, ils aiment même l’alternance simultanée avec la cohabitation; et en se mettant face à celui qui gouverne, on a toutes les chances de l’emporter.

Hélas, les temps ont changé; la configuration politique n’est plus la même. Le bipartisme a volé en éclats. D’abord, avec le Front National monté de toutes pièces par Mitterrand, ensuite avec l’implosion du Parti Socialiste dynamité à la fois par la bétise de Hollande et l’habileté de Macron.

Les partis traditionnels qu’étaient le Parti socialiste et l’ancienne UMP sont maintenant de simples croupions. Les dirigeants de ces deux partis ne l’ont pas compris. Peut-être même ont-ils cru qu’avec la politique de Macron, ils récupèreraient leur audience antérieure.

Erreur funeste car la politique de Macron ne fait pas leur jeu, elle fait le jeu des extrêmes. Mélenchon d’un côté et Marine LePen de l’autre.

Macron mène une politique cynique, radicale; il marche sur le peuple. Ceci a pour effet de propulser l’électorat vers les extrêmes et de laisser exsangue les deux « croupions » modérés que sont le Parti socialiste et les Républicains.

La ligne de partage droite/gauche n’a plus aucun sens, elle est remplacée par deux lignes qui ne se recouvrent pas. La première est la ligne qui sépare, d’un côté le « haut » et le « bas », les dominants et les dominés, et de l’autre, la ligne qui divise le champ politique entre partisans de l’ouverture sur le monde et ceux qui veulent conserver une référence et une identité nationale.

Le jeu politique est devenu très complexe; d’une complexité qui dépasse largement les capacités de réflexion et d’analyse des dirigeants des partis croupions.

En bonne logique, pour exister, ils devraient se positionner de façon claire face à Macron et à ses supporters. Ils devraient constituer une authentique alternative. Ils en sont incapables tant par leurs caractéristiques propres que par leurs sources de financement ou que par leur recrutement. Ils ne peuvent tenir que des discours embrumés qui utilisent des éléments de langage recyclés, ces éléments dont précisément les Français qui sont dans l’opposition ne veulent plus.

Aussi bien le PS que les LR tentent de faire le grand écart, un pied dedans, un pied dehors. Le grand écart, cela consiste à soutenir la politique européenne de Macron parce que l’on est aussi européiste que lui et, en même temps, à prétendre que l’on peut avoir une influence et modifier la nature même de la construction européenne. C’est le fameux mythe du changement de contenu de l’idée européenne, l’illusion que l’on peut faire plier l’Allemagne. Les Français n’y croient plus. L’idée est maintenant bien ancrée que l’Europe est néolibérale, qu’elle est soumise aux intérêts allemands, et que personne n’est en position de force pour obtenir une évolution qui ferait droit aux demandes des citoyens qui n’appartiennent pas à l’Europe du Nord.

Les LR auraient pu tenter une réflexion originale. Ils auraient pu, par exemple, s’interroger sur les couches sociales susceptibles de s’allier et de former une base électorale et un bloc de gouvernement. Pour cela, il aurait fallu des esprits innovants, il n’y en a pas.

Les LR auraient pu aussi remettre en chantier la question de la position de la France dans le monde. C’est à dire se positionner de façon originale en matière de politique étrangère, retrouver une Vision débouchant sur un Projet. Leur atlantisme béat ne les autorise pas à tant d’audace.

Le résultat en est la situation actuelle dans laquelle tout ce que les commentateurs trouvent à dire, c’est: quelle position entre la République en Marche d’un côté et le Rassemblement National de l’autre.

La réponse à cette question, lorsqu’elle est ainsi posée, est qu’il n’y a pas de place.

La tête de liste des Républicains (LR) pour les élections européennes, François-Xavier Bellamy, qui se dit Cplus proche des thèses d’Emmanuel Macron que de celles de Marine Le Pen, illustre l’ampleur du défi à relever par un parti qui tente d’incarner une troisième voie sur l’Union européenne.

Le jeune philosophe de 33 ans a été choisi par le président de LR Laurent Wauquiez pour conduire la liste malgré les critiques formulées dans son camp contre les positions défendues par ce conservateur opposé au mariage homosexuel.

Mais l’homme est aussi confronté aux difficultés qu’éprouve son parti à surmonter ses divisions sur l’Europe, illustrées par le départ de LR de l’ancien Premier ministre Alain Juppé, ulcéré par l’euroscepticisme professé selon lui par Laurent Wauquiez.

A Menton, lors d’un conseil national le 30 juin dernier, Les Républicains ont préservé les apparences en adoptant de grands thèmes plus consensuels pour le scrutin du 26 mai, avec un accent mis sur la lutte contre la crise migratoire dans l’Union européenne.

Mais le positionnement du parti sur l’Europe reste délicat et l’électorat, selon les sondages qui créditent la liste LR de 10% environ des intentions de vote, ne le comprend visiblement pas puisque les pro-européens voteraient pour la liste LaRem et que les eurosceptiques plébisciteraient Marine Le Pen.

La troisième voie entre les positions défendues par le chef de l’Etat et par la présidente du Rassemblement national paraît introuvable dans un parti issu de la démocratie chrétienne qui a donné à l’Europe nombre de ses pères fondateurs.

« Il n’y a pas d’Europe sans le fait d’exercer en commun des éléments de souveraineté », a ainsi déclaré François-Xavier Bellamy lors d’une rencontre avec les journalistes de l’association Europresse. « Ce qui est certain, c’est qu’entre la vision d’Emmanuel Macron et la vision de Marine Le Pen, je serais clairement plutôt du côté d’Emmanuel Macron. »

SI DEMAIN…

Certes, Les Républicains combattent l’idée d’une Europe fédérale, d' »Etats-Unis » d’Europe, qui ferait disparaître les Etats-nations, ultime échelon selon eux de la souveraineté.

« Je ne crois pas à la vision proposée par Emmanuel Macron qui consiste en gros à dire que, dans la mondialisation que nous vivons aujourd’hui, l’époque des Etats-nations est terminée et que l’Europe devienne ce grand ensemble auquel nous allons transférer notre souveraineté », souligne la tête de liste LR.

Mais il ne l’exclut pas dans l’avenir.

« Aujourd’hui, ce ne serait pas souhaitable. Mais si demain on a réussi à faire progresser la conscience européenne, la conscience d’une communauté culturelle européenne, eh bien ça pourrait devenir souhaitable », dit-il.

Sur nombre de dossiers, on peine à voir la véritable divergence entre ses positions et celles d’Emmanuel Macron.

Sur le contrôle des migrations, il s’agit d’aller plus loin dans la coopération, pas de sortir de Schengen comme le voulait la droite en 2012, et de traiter en commun les demandes d’asile, ce qui n’est pas contradictoire avec la position de LaRem.

LE CAS ORBAN DIVISE

LR refuse la création d’un budget de la zone euro que Paris et Berlin viennent de proposer à leurs partenaires, au prétexte que cela conduirait à un « super Etat » mais prône néanmoins une meilleure intégration des membres de la monnaie unique.

Faut-il retirer à la Commission européenne le pouvoir de négocier des accords de libre-échange controversés, notamment avec les Etats-Unis, pour protéger l’Europe, comme le demande Marine Le Pen ? Non, répond François-Xavier Bellamy.

Renoncer au droit de veto en matière d’harmonisation des fiscalités ? Oui, comme le prône le gouvernement.

Si François-Xavier Bellamy refuse « l’armée européenne » prônée par Emmanuel Macron, c’est le terme qui le hérisse plus que le contenu, la nécessité pour l’Europe de « se saisir du dossier » avec le retrait américain voulu par Donald Trump.

Le principal grief fait à Emmanuel Macron qui, reconnaît François Xavier Bellamy, l’a « séduit » quand il a lancé En marche !, est la volonté du président français d’opposer les « progressistes » aux « nationalistes » ou aux « populistes ».

« Ça c’est le scénario qui me terrifie », dit-il, affirmant redouter le creusement des clivages dans l’UE. « L’enjeu c’est de faire en sorte que la droite relève la tête parce que si on n’y arrive pas, on finira par effectivement se trouver réduit à ce débat entre populistes et progressistes. »

 

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2 réflexions sur “La nature politique n’a pas horreur du vide! Elle tolère les LR!

  1. Ce pays est foutu vous le savez bien , une guerre perdu à toujours un cout , composez le 3945 . La syrie du sang sur les mains pour le peuple Francais , du gilet jaune au je sais pas quoi tout le monde s’en foutait .
    Pays mort , ame tordu , copycatisme , tout est faux , meme les elites sont ridicules , des petits singes , le bas les masques c’est en ce moment rien de plus .

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