Editorial: sur la route qui conduit à la destruction de la monnaie. Ai-je encore dix ans d’avance? Non, moins !

Si vous lisez attentivement les nouvelles, les comptes rendus de conférences, les éditoriaux, les op-ed etc vous constatez que le monde bruisse de débats sur la question des remèdes à la prochaine crise ou plutôt au prochain ralentissement économique.

Des très grands comme Krugman ou Summers ou Rogoff ou encore Blanchard participent à ces débats .

Il est à peu près acquis que les élites ont cessé de croire à l’efficacité des mesures purement monétaires. La Transmission ne se fait pas. Elle ne le disent pas clairement, car cela nuirait à leur autorité, mais cela se déduit de leurs recherches; elles explorent  autre chose.

Cet autre chose qui est exploré c’est le remède budgétaire, l’accroissement des dépenses du gouvernement, le creusement des déficits. L’accroissement des dépenses du gouvernement constitue une distribution de revenus, elle met la monnaie directement entre les mains des agents économiques, il y a Transmission.

Lors de la première phase de la crise on est parti sur l’idée que les déficits étaient une arme efficace certes, mais d’usage limité.

Les travaux de Rogoff et Reinhart avaient, malgré des erreurs de méthode et surtout de calculs, établi que si les déficits dépassaient 100% du GDP, alors ils devenaient nocifs et contreproductifs. Des keynésiens bon teint comme Summers et Krugman ont toujours soutenu que cette limite des 100% était idiote et que l’on devait faire plus; selon eux, on n’en faisait a pas assez. Vous connaissez la rengaine de tous ces gens , Draghi compris: si cela ne marche pas ce n’est pas parce que l’on s’est trompé mais parce que l’on n’est pas allé assez loin.

Maintenant que le risque de récession approche, que ce risque est effrayant car il menace tout l’édifice  financier avec des actifs surévalués et mal classés , tout en « mismatch », on se rapproche des vues de Krugman et Summers et on tourne autour de la question d’une nouvelle vague de dépenses budgétaires financées par la dette.

Le raisonnement est le suivant:

-nous sommes en longue stagnation, longue dépression séculaire

-il n’y aura pas de retour de l’inflation à horizon visible

-les taux d’intérêt dits naturels R* vont rester très bas

L’idée est que les taux d’intérêt étant bas et devant rester bas, les charges d’intérêt sont supportables et on peut continuer de s’endetter sans courir de grands risques.

On peut donc coupler d’un côté une nouvelle vague de déficits budgétaires et des émissions de dettes publiques au delà des normes historiques. 

L’expérience des dix dernières années semble aller dans ce sens car!

-les expériences monétaires n’ont pas provoqué d’inflation des prix des biens , services et salaires malgré des stimulations colossales

-les agents économiques ont continué de financer les déficits malgré des rémunérations réelles très faibles  voire spoliatrices

-l’étranger a continué d’accepter le dollar malgré la hausse vertigineuse du total de bilan de la banque centrale américaine et le money printing apparent forcené. .

Bref on flirte avec l’idée que l’on a trouvé le Graal , le free lunch , le repas gratuit perpétuel: « il est inutile de se préoccuper des dettes car si on inonde le système d’assez de monnaie, cela ne va pas pousser les taux d’intérêt à la hausse, au contraire;  les banques vont constituer des réserves massives qui vont exercer une pression persistante à la baisse des taux »

« Don’t worry about debt, because enough money flooding the system will not push interest rates higher but rather lower as banks take on massive reserves to put out the bid that’s pushing interest rates persistently lower ».

Vous remarquerez que c’est fini on ne parle plus du tout de l’épargne, de l’investissement comme les keynésiens  en parlaient encore il y a 10 ans, on ne dit plus que les taux vont rester bas parce que les courbes d’épargne et d’investissement vont se déplacer vers le bas, on  ne dit plus comme le disait Greenspan qu’il y a dans le monde un excès d’épargne face à une insuffisance de l’investissement, on ne dit plus que les asiatiques et les pétroliers épargnent trop etc.

Non tout cela est terminé, on a sauté le pas nous sommes dans des systèmes de pure monnaie de crédit,  de crédit totalement libre, débridé.  Car on a remplacé l’épargne définitivement par le crédit et c’est l’offre de crédit et la politique de la Banque Centrale qui décident des taux.

Nous avons changé de système! Il faut dire que Keynes l’avait pressenti, lui qui disait que dans un système dominé par le crédit, les taux d’intérêt n’étaient pas gouvernés par l’intersection des courbes d’épargne et d’investissement. Keynes avait fort justement introduit à cette  époque le concept de préférence pour la liquidité. Quand la préférence pour la liquidité est forte, c’est dire quand la frugalité est élevée, quand on a des tendances déflationnistes, alors il suffit de créer de la monnaie, on inonde; elle est conservée car on préfère la monnaie aux biens et services; et conservant cette monnaie on essaie de la rentabiliser, de lui faire faire des petits  en achetant par exemple des emprunts d’état. Du risk-off.

Par la prise de contrôle  total de la politique monétaire, des taux, du système bancaire et surtout des marchés nous avons changé de système: on peut se passer de l’épargne et donc   elle n’a plus besoin d’être rémunérée.

On ne vous donne plus rien pour récompenser votre acte d’épargne, pour encourager votre abstinence, vous l’avez remarqué. Différer sa consommation, être prévoyant ne rapporte plus. Il faut dire aussi que les pouvoirs politiques vous préfèrent dépendants, l’échine souple!

Et comme l’épargne c’est ce qui est la pierre angulaire des classes moyennes , on peut donc éliminer, les classes moyennes, se passer d’elles . Se passer de l’épargne c’est échapper à la rareté  de l’épargne c’est à dire au pouvoir de classes moyennes.

Il fut un temps (années 1920 et 30)  ou on parlait de la dictature des Porteurs de Bons, c’est à dire du pouvoir des épargnants  sur la politique et les politiciens , c’est fini!

Et de même il y a 20 ou 30 ans  on parlait des « bonds vigilantes », et il n’y a a plus de « bonds vigilantes » . Ils sont matés. Même les Chinois avec leur masse d’emprunts d’état US ne font plus peur aux gouvernements américains!

Trump a tout compris! Il sait qu’il peut leur serrer le cou , contrairement à ce que pensaient ceux qui n’ont rien compris au système, les Chinois ne peuvent utiliser l’arme de leur trésor de dettes américaines. Si ils essayaient de le faire on leur rirait au nez et en plus on les sanctionnerait!

Les politiciens avec l’aide de leurs associés des banques centrales se sont affranchis des citoyens épargnants, ils ont coupé la laisse qui permettait de  les contrôler.

Comme Nixon a libéré le dollar de sa servitude à l’égard  de l’or, ce qui lui a permis d’en émettre autant qu’il le voulait, sans limite, le couple Gouvernement/Banque Centrale s’est libéré des limites de l’épargne pour financer ses besoins.

Trump a fait un trillion de déficit et cela n’a rien changé, le déficit a été financé. Du coup on se dit: pourquoi ne pas aller plus loin, pourquoi ne pas faire 2 trillions et pourquoi pas 3? Si on va dans cette direction les espoirs de ceux qui pensaient contrôler Trump par le financement de ses déficits s’effondrent.

Vous commencez à mieux comprendre le lien entre toutes ces choses; les dépenses, les budgets, les déficits , les financements, les émissions de dettes, les contrôles des politiciens…Les politiciens et les banquiers centraux ont quelque chose en commun qui noue en quelque sorte leur complicité: ils ont horreur de la finitude, des limites.

Celui qui contrôle la  monnaie contrôle la politique. Le contrôle de la monnaie est par construction, par essence anti-démocratique: le politicien si il bénéficie de la complicité des banquiers est inamovible; il peut distribuer les largesses, le pognon pour acheter les élections sans compter !

Hélas pour notre Macron il est ; il n’est que chef d’état européen et les Allemands sont là et ils sont orthodoxes! Ils veulent bien libérer la monnaie et les dettes juste ce qu’il faut pour faire tenir la Construction Européenne qui leur sert si bien, mais ils ne veulent pas libérer assez pour légitimer les gouvernements nationaux, ils mettent des  limites réglementaires aux déficits.  Les Allemands veulent bien que l’on enserre la Contruction Européenne dans un cordon monétaire protecteur par les largesses contrôlées de Draghi, ils ne veulent pas que les Italiens  et les Français prennent leur indépendance! Ils veulent les tenir en laisse, sous tutelle,  par le robinet de la monnaie, le volume des dettes, la rareté des financements des déficits.  .

Si vous nous avez suivi, vous commencez à comprendre que, de la même façon que Nixon a libéré le dollar de son lien, de sa servitude à l’égard de l’or pour en  émettre plus, on cherche en ce moment à libérer l’émission de dettes gouvernementales  de la contrainte de solvabilité.

Et là vous avez tout compris: vous comprenez pourquoi les réflexions théoriques américaines évoluent vers la MMT, vers le Chartalism puisque ce sont ces constructions intellectuelles qui permettent de perpétuer la domination américaine sur le monde.

Que dit la MMT? Elle  dit que les déficits on s’en fiche, on peut toujours créer de la monnaie donc on ne peut jamais tomber en faillite donc on ne peut jamais être surendetté donc on est toujours solvable. Et on peut faire un bras d’honneur planétaire.

Avec la MMT la puissance dominante peut:

-utiliser la dette de façon massive sans risque

-financer toutes les guerres et toutes les dépenses d’armement

-financer tous les programmes sociaux pour acheter les élections

-et surtout financer la Grande Reconversion Verte, le Green New Deal!

Il suffit d’émettre des dettes, de faire tomber le mur , la muraille qui sépare la gestion monétaire de la gestion fiscale: on monétise sans limite la recherche de la prospérité et du pouvoir. C’est d’ailleurs un peu ce que fait la Banque Nationale Suisse mais sans en abuser. On a trouvé la machine à fabriquer la richesse perpétuelle.

C’est le résultat d’une évolution historique que j’ai décortiquée depuis longtemps, mais avec moins de cynisme.

Cette évolution a commencé avec Kennedy quand il a commencé à faire pression sur la Fed pour qu’elle assouplisse sa politique orthodoxe, puis elle s’est poursuivie avec Lyndon B Johnson pour financer sa Great Society (et la guerre du Viet Nam),  qui a succédé à la Nouvelle Frontière de Kennedy. Nixon n’a eu aucun scrupule à abattre  carrément la muraille séparant le monétaire et le fiscal, déja vacillante avec McChesney Martin,  quand il a tordu le bras et menacé Arthur Burns.

La disparition de la muraille qui sépare le monétaire et le fiscal suppose un monde clos, fermé, avec dollar à cours forcé. C’est une solution dans un monde impérialiste. Il faut multiplier les guerres pour forcer au cours unique/monopolistique  du dollar. Il ne faut pas que la monnaie concernée ait de concurrent.

Il ne faut pas que l’argent puisse sortir du système il doit y rester piégé car si il sort alors il fait ressortir des dépréciations et les dépréciations enchaînent la Loi de Gresham de la fuite devant la monnaie.

Le monde actuel n’est pas contre la chute du mur entre le monétaire et le fiscal: le monde est demandeur  de dollars car il est endetté en dollars donc il est l’équivalent de short, vendeur à découvert.

Le monde a envie de glisser, pas de s’ancrer, il ne veut pas de rigueur car les arrangements sociaux sont devenus fragiles.

Les limites existent bien sur, même en dehors de la perte de confiance et les fuites hors du système, la limite absolue c’est l’offre de biens et de services: pour que l’inflation ne s’enclenche pas il faut que l’offre suive sans limite. Il faut aussi et surtout que les sociétés civiles restent  bien domptées, amorphes, serves. Il faut que les travailleurs et salariés soient durablement mis au pas.

En 2009 , j’ai analysé la crise et les remèdes qui lui étaient apportés. J’ai dit que la voie qui était suivie consistait à faire encore plus de tout ce qui  avait déclenché la crise. Pour éviter la chute du système ai-je écris il faut aller plus vite, déraper, encore plus ; il faut pour empêcher le vélo de tomber, le faire rouler encore plus vite. Il faut dégringoler la pente.

Le choix binaire à cette époque était:

-soit d’accepter  la déflation avec le grand nettoyage, purger la pourriture

-soit de suivre le courant et accepter la marche vers l’hyperinflation, c’est à dire vers la destruction de la monnaie telle que nous la connaissions.

Nous y sommes. Sur la route de l’hyperinflation.

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14 réflexions sur “Editorial: sur la route qui conduit à la destruction de la monnaie. Ai-je encore dix ans d’avance? Non, moins !

  1. Bonjour Monsieur,

    Je vous remercie pour cet article passionnant.

    Je travail également sur l’évolution de la situation monétaire en ce moment.

    Je me pose une question sans doute assez bête : pourquoi les banques centrales émettent-elles des billets en période d’hyperinflation, de 4 milliards de marks ? Ou mille milliards de dollars zimbabween ? J’ai longtemps cru que c’était pour payer les dettes en monnaie de singe mais c’est faux. « En novembre 1923, la quantité de marks en circulation est 245 milliards de fois plus élevée qu’en 1914 mais le coût de la vie a été multiplié par un facteur de 1380 milliards ». L’hyperinflation n’est que la dernière manière de repousser la destruction ineluctable d’une monnaie dans laquelle les gens n’ont plus confiance et la dernière manière de collecter l’impôt et assurer la survie de l’État.

    Sans doute les grands économistes que vous nommez, Rogoff en particulier, pensent que la fin du cash et la digitalisation va permettre de controler strictement la monnaie et ainsi s’endetter à l’infini sans la peur des démons du passé mais ils se trompent. L’hyperinflation reviendra avec la Transmission budgétaire et elle reviedra parce que ce sera le seul moyen de survie pour l’État.

    Comme vous le dites, la limite, c’est le réel, la masse des biens et services en circulation. Or les Green New Deals et autres sont par définition déflationnistes en terme d’offre. N’y aurait-il pas un effet ciseau avec une Transmission budgétaire stimulant la demande pour une offre décroissante ?

    Après tout, l’endettement gigantesque des 10 dernières années n’a été possible que parce que les courroies de transmission avaient été soigneusement cassées (désindexation des salaire, désentdettement public —sauf en France)… Si on remet cette Transmission, alors l’inflation va faire son grand retour et vu la situation, le risque que cela dégénère en hyper- est grand.

    Est-ce que cette anlyse est juste ?

    Je vous souhaite une bonne soirée,

    Guy

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    1. L’inflation fera son retrour par l’offre insuffisante et les pénuries . Celles ci peuvent etre d ‘origine endogene ou exogene.

      Quand l’inflation galope, ce ne sont pas les prix qui montent mais la monnaie qui se déprecie et c’est important de bien le comrprendre.

      Les gens s’en aperçoivent et ils ne veulent plus se séparer de leurs biens réels, des marchandises etc.

      L’offre se raréfie, les pénuries s’installent, c’est l’un des points importants .

      Personne n’a envie de lacher des biens réels quel que soit le prix puisque pour les remplacer il faudra payer beaucoup plus cher.

      Pour assurer les transactions il n’y a que le cash car la dépreciation etant tellement rapide, vous ne pouvez attendre d’etre credité en compte: lorsque l’argent arrive et est disponible il ne vaut plus rien.

      Il faut alors des coupures de numéraire pour des montants de plus en plus astronomiques .

      Harry Schultz est un auteur fameux pour comprendre tout cela son ouvrage
      « panics and crashes » est génial

      Panics & crashes and how you can make money out of them

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  2. On vient sans doute rentrer dans le sprint final ou l’étape de l’alpes d’huez au niveau monétaire dans un monde qui se porte en apparence bien. Ce serait un des derniers QE avant des QE de type « hélicopter money ».

    Début Janvier, les banques centrales se sont organisées pour inonder les banques avec des montagnes de liquidités grâce au fameux et fumeux TLTRO (prêt à 3 ans quasi gratuit).

    Pour ce qui est de l’inflation, les institutions ont très peur de perdre le contrôle sur l’inflation et son corollaire les taux d’intérêts. Tous les outils de contrôles de l’inflation sur les commodities existent et fonctionnent très bien.

    De toute façon le système est d’une grande fragilité, un éclair pourrait être à l’origine d’un renversement aboutissant à une crise abominable.

    A quand le grand renversement de la pyramide des actifs : les premiers seront les derniers, et inversement. Le plus tard possible svp !!

    Le plus étonnant c’est que les gens ne se doutent de rien : un vrai brain washing une vrai démoralisation à tous les niveaux.

    C’est tout à fait condamnable de mon point de vue.

    Certaines videos intéressantes sur ces sujets ont seulement 3000 vues, alors que le résumé du match Barca / réal est à 1 300 000 vues !!

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    1. La chose monétaire est le mystère de notre époque, y compris pour les gens qui croient comprendre.

      Les mystères d’Eleusis!

      Ils comprennent ce qu’il y a dans les livres, mais cela n’a aucun rapport avec le fonctionnement mystérieux de la monanie! Les cours sur la monnaie sont un voile de stupidité.

      Je rappelle regulièrement ce que Greenspan a dit en 2006 et que j’ai entendu plus tard dans une conference privée: : « la monnaie je ne sais plus tres bien ce que c’est ». … « et ce qui est monnaie et ce qui ne l’est pas »!

      La création a echappé à ses créateurs, elle mute et se transmute.

      L’eurodollar/asiadollar qui est la monnaie mondiale n’est quasi ni étudié ni compris.

      Le dollar hors des USA est la monnaie mondiale, tout le monde s’en fiche! Non mesuré, non mesurable.

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  3. Bonsoir,
    @guy LF
    Exemple très terre à terre…
    Dans ma campagne depuis quelques années les agriculteurs augmentent leurs surfaces en plantation de pomme de terre car les prix sont à la hausse depuis plusieurs saisons (ils pensent bien sûr gagner en volume et en prix :)) . Sauf qu’à la récolte les rendement sont à la baisse (et donc les prix élevé, classique). C’est ainsi qu’en grande surface on trouve des pommes de terre en ce moment à 2E/kg pour les anciennes récoltes. La raison la météo en 2018, trop de pluie et la sécheresse, idem sur les dernières années. Imaginez un été 2019 caniculaire, pas sur 1 mois comme l’année dernière mais sur deux, vous aurez des prix stratosphériques sur le blé, la pomme de terre, les fruits etc. et ce sur toute l’Europe. Les prochaines émeutes de la faim.
    https://www.terre-net.fr/marche-agricole/actualite-marche-agricole/article/vers-une-production-francaise-et-europeenne-tres-mauvaise-1395-140298.html

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  4. Votre article me conforte dans l’idée que la seule manière de lutter un tant soit peu efficacement contre ce monde totalement inique et corrompu, est de s’attacher aux cryptomonnaies, en particulier le bitcoin.
    Historiquement, les métaux précieux auraient dû remplir ce rôle, mais les « autorités » ont réussi d’abord à le décorréler du dollar, puis à contrôler le cours des métaux précieux par le dollar lui-même, donc à le rendre inoffensif, à tuer son rôle de canari.

    Dans cette route qui conduit à la destruction de la monnaie, je pense quand même que dans un intervalle relativement court ( c’est ce que je recherche : quelque chose de relativement court et plutôt prévisible… Pas une extropalation de ce que l’once d’or sera bientôt à 10 000 dollars), les classes moyennes se mettront à la recherche d’un instrument capable de jouer le rôle thésaurisant de la monnaie. En fait, ils vont se rendre compte que la monnaie ne garde plus le pouvoir d’achat, que les métaux précieux sont contrôlés ( car les pouvoirs en ont peur).

    A mon sens, il restera le bitcoin.
    Ce n’est pas ce que je souhaite (j’aurais préféré que la monnaie ne soit pas massacrée), … C’est ce que je crois inévitable.
    Les autorités ne pourront pas tuer tous les canaris dans la mine.

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  5. Le talon d’Achille du système:la création de nouvelles dettes n’est plus suffisante,il n’y a plus assez de demande pour entretenir le mouvement.

    L’augmentation des nouvelles dettes était exponentielle,puis verticale,puis…..bloquée a ce stade. .

    Ce que vous dites « les gens ne veulent plus se séparer de leurs bien réels en temps d’inflation » est très vrai.

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  6. Lawrence H. Summers

    Compte certifié

    @LHSummers
    5 hil y a 5 heures
    Plus
    Tonight, told @stevelevine @axios Future: We adopted the intermediate position, partway between the traditional advocates of austerity who think that debt is bad and those who say you can spend as much as you like because interest rates and inflation are low. 1/2

    Lawrence H. Summers

    Compte certifié

    @LHSummers
    5 hil y a 5 heures
    Plus
    You have to pay it back some day. If you borrow too much, you set the stage for hyper-inflation. We are for a balanced approach. 2/2

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  7. J’ai l’impression qu’il y a comme une tension, pour ne pas dire plus,
    entre
    – il n’y aura pas de retour de l’inflation à horizon visible
    – il y a une inflation du recours à la fabrication de monnaie, vendue à taux zero aux instituts privés qui montent des dossiers pour les uns et les autres : si j’en crois certains, on est passé en dix ans à 100 % de hausse de l’encours des dettes ,
    donc il y a de l’inflation (des dettes = de la fausse monnaie)

    mais il n’y a pas d’inflation du coût du travail de la plupart des gens.
    On paye chers des gens à la fonction inutile : conseiller, consultant, communiquant…
    On ne sort pas de la lutte entre travail et propriété privée des moyens de production.

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      1. Merci de votre geste d’ouverture
        Je me demandais s’il n’y a pas une contradiction entre les deux constats : il n’y a pas d’inflation et il y a de l’inflation (il suffit de regarder l’immobilier : sa hausse continue et soutenue est liée à l’émission de prêts, lesquels sont liés à la politique des taux bas). S’il faut mettre de plus en plus de temps pour payer sa maison, c’est que le travail n’est pas assez payé, eu égard à la rémunération du capital, c’est-à-dire de l’émission de monnaie (en gros), laquelle a été privatisée.
        D’où deux motifs politiques : lutte entre rémunération du capital et du travail, et privatisation de ce qui a été commun (privatisation des profits…).
        Merci de votre attention.

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      2. Oui je préfère cette formulation elle est plus claire.

        il n’y a pas d’inflation du prix des biens et des services parce que le pouvoir d’achat des salariés n’augmente pas.

        Mais

        il y a inflation de la valeur et du prix du capital car l’argent est distribué via le crédit, aux riches et nantis, à ceux qui peuvent acheter les biens qui representent le capital. Dont l’immobilier, les actions, les oeuvres d’art etc

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  8. bonjour
    donc si je comprends bien le plus important en ce moment c’est que
    1) – la fed rachète ses dollars (ses dettes)
    2)- il est important de ne pas augmenter les salaires…
    cordialement

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  9. Bonjour M Bertez.
    Je pense pouvoir vous dire que l’inflation a commencée. En effet, je constate que lorsque des personnes veulent faire des aménagements immobiliers sans recours au crédit, et qu’elles font appel à des intervenants comme on dit au black, avec pour ambition la qualité du travail, et la confiance totale et bien il n’y a pas de prix limite au travail. Il y a pression à la baisse, sur les prix des travaux pour les professionnels du secteur construction, quand cela s’adresse aux entreprises constituées d’esclaves immigrés non formées et sans « tradition du travail bien fait ». Mais les ex artisans ou salariés d’origine européennes qui maitrisent leur savoir faire et une certaine hauteur morale, je peux vous assurer que leur valeur marchande explose. L’inflation va se créer par le retour à des comparatifs pertinents. Non plus comparer deux but identiques mais deux moyens d’obtenir ce but. Réparer un robinet non pas pour qu’il fonctionne à nouveau un mois , mais pour avoir de l’eau 20 ans, et cela sans se créer un danger futur. La qualité va reprendre ses droits au détriment de la quantité.
    Merci de vous lire.

    J'aime

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