Après 2,8 trillions de ce qui prétend être un stimulus, Draghi refuse d’assumer

La Banque centrale européenne a  brossé un tableau nettement assombri des perspectives de croissance et d’inflation.

« Quand vous êtes dans le noir, vous faites de petits pas. Vous ne courez pas, mais vous bougez », a commenté devant la presse  Mario Draghi, croyant justifier ses décisions . On ne voit pas très bien le sens ou la logique de ce commentaire.

La BCE a commencé par repousser à 2020 le moment de relever ses taux d’intérêt,  alors qu’elle se donnait jusqu’à présent « l’été 2019 » pour horizon.

« Cette décision me paraît sage et nécessaire pour atténuer la menace d’un ralentissement économique », a salué Marcel Fratzscher, président de l’institut économique berlinois DIW.

Par ailleurs, l’institut de Francfort a lancé une nouvelle vague de prêts géants et bon marché aux banques, entre septembre prochain et mars 2021, avec à chaque fois une échéance de deux ans.

Une rechute évidente

La BCE entend ainsi « préserver des conditions de crédit favorables » et une « bonne transmission de la politique monétaire » à l’économie, c’est-à-dire la redistribution de ces liquidités sous forme de crédits aux entreprises et aux ménages.

« Ces mesures ne sont pas, en tant que telles, une énorme surprise, mais le moment choisi l’est », observe Carsten Brzeski, économiste de la banque ING.

La zone euro n’est  pas menacée dans son ensemble d’une récession, dont le risque demeure « faible » aux yeux des banquiers centraux, a martelé jeudi Mario Draghi.

Mais la  région subit depuis des mois des « risques » croissants, allant des tensions protectionnistes aux inquiétudes géopolitiques, en passant par les turbulences dans certains pays émergents.

La BCE n’attend plus que 1,1% de croissance en 2019  et 1,6% en 2020, contre 1,7% pour les deux années lors de ses précédentes prévisions communiquées en décembre. Pour 2021, elle table toujours sur 1,5%.

L’institution monétaire a également dégradé ses prévisions d’inflation, renonçant implicitement à son pari de ramener d’ici 2021 la hausse des prix au niveau « légèrement inférieur à 2% » fixé par son mandat.

Ainsi et malgré la bonne tenue de l’emploi et la progression des salaires, la BCE ne table plus que sur 1,2% d’inflation cette année, 1,5% l’an prochain et 1,6% en 2021, contre respectivement 1,6%, 1,7% et 1,8% annoncés en décembre.

L’euro baisse à son plus bas niveau depuis quatre mois face au dollar, pendant que les indices boursiers piquaient du nez en Europe.

Afin de maintenir des conditions favorables de financement, elle devrait continuer à réinvestir son stock d’obligations à échéance « bien au-delà » de la date à laquelle elle aura commencé à relever les taux d’intérêt.

En résume  un échec lamentable que Draghi refuse d’assumer:

En rouge la courbe du bilan de la BCE

En blanc un indicateur qui préfigure l’économie!

Une réflexion sur “Après 2,8 trillions de ce qui prétend être un stimulus, Draghi refuse d’assumer

  1. Pour les élections européennes, le nouveau « héraut » de la renaissance de l’Europe, va machiaveliquement opposer les progressistes aux rétrogrades nationalistes en éludant ce rôle criminel de la BCE et mortifère de l’euro pour notre économie.

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