Essai. Message au Gilets Jaunes: les élites, on le ne les  déboulonne pas, elles se suicident.

Très souvent j’en reviens à cette question: que faire?

Tout échoue, tout se retourne en asservissement redoublé, y compris cette folie superbe des Gilets  Jaunes qui est devenue quasi un acte gratuit surréaliste. Les chants désespérés ne sont ils pas les plus beaux?

La question de notre époque est celle que personne ne pose car elle déborde d’évidence, elle aveugle, elle crève les yeux: « pourquoi est-ce  que cela  ne marche pas? »

Ni les critiques du néo-liberalisme, ni les critiques du pseudo socialisme de gôche  ni celles du marxisme light, ni celle du societal transgressiste bidon ne marchent: tout tombe non pas à plat mais dans le cloaque du marais.

Ma proposition est la suivante :

Si la critique de ces idéologies externes , de ces idéologies formulées, écrites, exprimées, ressassées,  ne fonctionne pas c’est  parce que  l’idéologie du système qui nous emprisonne est ailleurs; hors de portée, parce qu’elle est dans la tête des gens elle les habite, ils en sont traversés.

L’idéologie qui les asservit; c’est eux, c’est en eux!

C’est la névrose qui les fait vivre, jouir, mourir, qui les angoisse quand elle faiblit, qui les submerge et donne un pseudo sens, qui ne leur appartient pas, à leur vie. Et ce pseudo sens ils y tiennent, ils s’y accrochent comme les Vieux de Jacques Brel s’accrochent à leur fauteuil avant la mort. En l’attendant.

Ils  sont aliénés dans le paraître , le par-être, l’être -par, dans le miroir du monde, pas dans l’Avoir tout à fait, non c’est trop superficiel, ils sont aliénés dans le monde du paraître qui  fait d’eux des habitants d’un imaginaire construit, produit par d’autres.

L’idée de la société de consommation qui aurait intégré toutes les couches sociales et brisé les antagonismes,  les auraient rendues dociles est une idéologie néo libérale venue des Etats-Unis avec le mythe de la fin de l’Histoire.

Les pauvres, les déclassés, les marginaux, les laissés pour compte, les super exploités  ne consomment pas mais pourtant  ils habitent le monde de la consommation et de son manque , ils y aspirent .

Les Autres produisent non seulement les richesses, les manques, les jouissances, les frivolités, mais aussi le monde que les damnés, les sans-dents habitent, ils produisent leur vie .

Le jeu de l’idéologie moderne, post-moderne, l’idéologie néo, c’est un jeu de miroir dans la bouteille; c’est plus qu’un décervelage , c’est une fabrication du cerveau lui même, d’un nouveau cerveau dont le mot « conditionnement » ne constitue qu’une approximation trompeuse. Non, on n’est pas conditionné, le conditionnement laisse le sujet intact, non:  on est  autre, étranger à soi même, à ses déterminations propres.

L’idéologie a pénétré les inconscients et à ce titre elle est hors d’atteinte de la volonté consciente. On ne peut lutter contre le non-su, contre l’enfoui. Et quand on croit s’en échapper, ce n’est que par nuances, un peu comme le font ces rebellocrates qui nous trompent et se trompent eux même.

Cette idéologie trompe  la bourgeoisie elle même, et elle n’est guère heureuse, elle vit dans l’angoisse, elle vit dans la perversité du « toujours plus » dont elle ne tente de s’échapper que par la transgression libidineuse, ludique, la consommation sans fin, l’accumulation  sans limites, les shots de vodka comme Castaner au soir de la répression du samedi. Et DSK qui se pose et se réalise  en humiliant les plus faibles dans un hôtel de luxe en les forçant à la fellation.

Le ruse du système c’est de détourner l’attention, de faire regarder là ou cela n’est pas!

L’idéologie qui permet l’asservissement et le maintien d’un ordre social inique et pervers n’est ni dans les discours officiels ni dans ce que l’on voit: elle est dans ce que l’on ne voit pas, dans le poison que l’on injecte quotidiennement dès le plus jeune  age et ensuite en continu.

L’idéologie est dans la pratique, dans l’insertion dans le langage, dans la pratique des moeurs, dans la publicité, dans l’excitation perpétuelle du besoin subjectivisé sous forme de désir, dans le decervelage par la peur, par les émotions, dans le fascisme culturel et la dictature intériorisée de la bien/rien pensance.

Cette idéologie, comme je le dis, est rusée, elle se met hors d’atteinte en  nous faisant croire qu’elle n’existe pas, elle prend la forme impersonnelle du « il faut » comme on dit « il pleut’. Et quand elle émerge, par faille du contrôle social, par lapsus,  alors on la diabolise, on dit que c’est le diable alors que c’est une inversion/projection: le diable c’est cette possession par le diable qui ne se donne ni à voir ni à comprendre.

je suis très pessimiste quant au volontarisme, je le dis souvent; le salut ne peut venir de la volonté  et des actions conscientes des hommes; ces deux illusions s’inscrivent elles même dans la névrose, dans la  bouteille, dans l’imaginaire du système;

Le changement ne peut venir que de l’évolution du Réel lui même, de ses contradictions organiques incontournables, de la rareté intrinsèque du monde qui fracasse les illusions de toute puissance des élites. Le réel c’est le surgissement d’un jugement d’impossible, il impose un constat d’impossible qui conduit les élites à devenir de plus en plus  inefficaces, perverses, inadaptées, destructrices, qui les conduit à devenir schizophrènes.

On le ne les  déboulonne pas, elles se suicident.

Recette de médiocrité.   changer soi même plutôt que l’ordre du monde

Recette de liberté    changer soi même pour que l’ordre du monde change.

 

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11 réflexions sur “Essai. Message au Gilets Jaunes: les élites, on le ne les  déboulonne pas, elles se suicident.

  1. L’écclésiaste

    01 PAROLES de Qohèleth, fils de David, roi de Jérusalem.

    02 Vanité des vanités disait Qohèleth. Vanité des vanités, tout est vanité !

    03 Quel profit l’homme retire-t-il de toute la peine qu’il se donne sous le soleil ?

    04 Une génération s’en va, une génération s’en vient, et la terre subsiste toujours.

    05 Le soleil se lève, le soleil se couche ; il se hâte de retourner à sa place, et de nouveau il se lèvera.

    06 Le vent part vers le sud, il tourne vers le nord ; il tourne et il tourne, et recommence à tournoyer.

    07 Tous les fleuves vont à la mer, et la mer n’est pas remplie ; dans le sens où vont les fleuves, les fleuves continuent de couler.

    08 Tout discours est fatigant, on ne peut jamais tout dire. L’œil n’a jamais fini de voir, ni l’oreille d’entendre.

    09 Ce qui a existé, c’est cela qui existera ; ce qui s’est fait, c’est cela qui se fera ; rien de nouveau sous le soleil.

    10 Y a-t-il une seule chose dont on dise : « Voilà enfin du nouveau ! » – Non, cela existait déjà dans les siècles passés.

    11 Mais, il ne reste pas de souvenir d’autrefois ; de même, les événements futurs ne laisseront pas de souvenir après eux.

    12 Moi, Qohèleth, j’étais roi d’Israël à Jérusalem.

    13 J’ai pris à cœur de rechercher et d’explorer, grâce à la sagesse, tout ce qui se fait sous le ciel ; c’est là une rude besogne que Dieu donne aux fils d’Adam pour les tenir en haleine.

    14 J’ai vu tout ce qui se fait et se refait sous le soleil. Eh bien ! Tout cela n’est que vanité et poursuite du vent.

    15 Ce qui est courbé ne se redresse pas et ce qui manque ne peut être compté.

    16 J’ai réfléchi et je me disais : C’est moi qui ai fait grandir et progresser la sagesse plus que tous mes prédécesseurs à Jérusalem. J’ai approfondi la sagesse et le savoir.

    17 J’avais à cœur de connaître la sagesse, de connaître aussi la sottise et la folie, et j’ai su que cela encore était tourment de l’esprit.

    18 Beaucoup de sagesse, c’est beaucoup de chagrin. Qui augmente son savoir augmente sa douleur…

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    1.  » Qui augmente son savoir augmente sa douleur « .
      Actuellement, c’est exactement cela. La lucidité ne rend pas heureux (se)… Je pense que c’est ce refus d’affronter la réalité qui explique le comportement autiste de beaucoup, même si le mouvement des GJ atteste d’une prise de conscience.

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  2. A. Soljenitsyne à lire sur le site lesakerfrancophone.fr

    http://lesakerfrancophone.fr/lacte-daccusation-prophetique-de-soljenitsyne-a-loccident-en-1978

    La Crise vient de loin…, de la Renaissance.

    Extraits :

    …Elle (La renaissance) a fondé la civilisation occidentale moderne sur la dangereuse tendance à adorer l’homme et ses besoins matériels….

    Au fur et à mesure que l’humanisme devenait plus matérialiste dans son développement, il devenait de plus en plus accessible à la spéculation et à la manipulation par le socialisme, puis par le communisme. Ainsi, Karl Marx a pu dire que « le communisme est un humanisme naturalisé ».

    Est-il vrai que l’homme est au-dessus de tout ? N’y a-t-il pas d’esprit supérieur au-dessus de lui ? Est-il juste que la vie de l’homme et les activités de la société soient déterminées par une expansion matérielle ? Est-il permis de promouvoir une telle expansion au détriment de notre intégrité spirituelle ?

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  3. Le réel, la vérité, le tout dans un petit rien, juste quelques lignes, bravo !

    L’argent fera toujours beaucoup de pauvres et peu de riches mais pour la spiritualité il faut aller plus loin, bien plus loin pour dépasser les dogmes et autres religions qui nous détournent du réel.

    Ce réel qui nous renvois à nos propres faiblesses de notre toute petite condition humaine dans cet univers infini, d’une beauté incroyable, d’une bonté enivrante, d’une justesse si puissante…que toutes luttes deviennent futiles pour ces hommes d’orgueils qui nous font perdent un temps si précieux.

    Nous ne sommes pas encore dans l’insurrection, en espérant que nous éviterons le drame, car la colère et les mensonges ne font pas bon ménage.

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    1.  » Nous ne sommes pas encore dans l’insurrection…  » Ah bon ? En tous les cas, les manifestations de ces dernières semaines, avec leur cortège de blessés et de mutilés à vie, y ressemblent beaucoup ! Cela dit, ce n’est pas ( encore ) la révolution…

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  4. « La politique se contente de restreindre la guerre de tous contre tous en établissant deux classes dans la société, celle qui aura le droit d’exercer la violence, et celle qui en sera victime. L’innovation de la démocratie dans l’ordre politique est de permettre aux victimes une participation symbolique au pouvoir des dominants. La démocratie est un exutoire collectif de la libido dominandi. C’est la source de son succès universel. Que signifie en effet déposer un bulletin dans l’urne, sinon proclamer « Voici comment je veux que les autres vivent » ? Ce bulletin ne compterait-il que pour 1/100.000.000ème du résultat final, il est emblématique. Chaque enfant y découvre que lui aussi pourra participer à un grand mouvement d’asservissement de ses petits camarades, il aura la chance un jour de leur imposer son chef et ses lois. »

    Christian Michel

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    1. C’est une façon de voir le vote erroné : l’acte de voter n’est pas une compétition mais l’expression pacifiée d’un desir ou d’un refus. Et l’acceptation que mon désir n’est pas plus valable que celui de mon voisin. Parce qu’après chacun risque de payer de sa vie le choix collectif qui a été fait et cela même si vous vous êtes abstenu…

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      1. L’acte de voter est déjà la victoire.voter pour un candidat qui perd est une victoire pour le votant ( il a pu dire sa préférence) mais une défaite pour le candidat. Être découragé ou désespéré parce que le candidat que l’on préfère ne sort jamais c’est de la frustration enfantine. En fait le monde évolue beaucoup plus lentement et sûrement qu’on ne le désire.

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      2. Le vote n’est pas démocratique: il fait basculer dans la passion au sens de ce qui est passif; la démocratie c’est au contraire l’action; la participation active.

        Vous savez que je suis pour des syndicats forts, pour une concurrence extreme, féroce et pour que la politique monétaire soit orthodoxe, dure, rigoureuse afin d’obliger à la lutte pour la rareté.

        Le vrai est efficace, pas le faux ou le mensonge; la politique monétaire doit rester marquée par le vrai dont elle doit être le reflet.

        Ce qui me guide au niveau général, c’est l’adaptation, il faut preserver selon moi , les capacités d’adaptation du groupe, de l’ensemble auquel on appartient. C’est la fonction du chef dans les sociétés hierarchisées.

        Mais pour cela il faut reconnaitre comme je le fais que la vie est une lutte et que l’homme est un loup pour l’homme et que le bien , l’éthique, le juste sont non pas des données mais des résultats, des moments d’un combat.

        La vie n’a pas d ‘autre but que sa propree perpétuation, la logique de la vie, c’est de persévérer. Tout le reste est discours idéologique, imaginaire au service des dominants.

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